Oldies : Un enfant de Dieu de Cormac McCarthy (Points)

Il était temps que je lise ce roman, et j’en attendais tellement que mon niveau d’exigence était énorme. Et je n’ai pas été déçu, c’est effectivement un roman énorme, dérangeant, et c’est aussi une lecture exigente, qui se mérite. Mais je vous garantis que c’est une lecture marquante, c’est le moins que l’on puisse dire.

L’auteur :

Cormac McCarthy est un écrivain américain né le 20 juillet 1933 à Providence, Rhode Island (États-Unis). On le compare régulièrement à William Faulkner et, plus rarement, à Herman Melville.

Cormac McCarthy est le troisième d’une fratrie de six enfants. Son père, juriste, travaille de 1934 à 1967 pour la Tennessee Valley Authority, entreprise américaine chargée de la gestion et du développement économique de la vallée du fleuve Tennessee. Après ses études, il rejoint en 1953 l’armée de l’air américaine pour quatre ans, dont deux passés en Alaska, où il anime une émission de radio. En 1957, il reprend ses études à l’université. Il épouse Lee Holleman, étudiante, en 1961, dont il a un fils, Cullen. Il quitte l’université sans aller jusqu’au diplôme, et s’installe avec sa famille à Chicago, où il écrit son premier roman, The Orchard Keeper.

Divorcé de Lee Hollman, il rencontre Anne DeLisle durant l’été 1965, sur un bateau en route pour l’Irlande. Ils se marient l’année suivante au Royaume-Uni. Grâce au soutien financier de la Fondation Rockefeller, il voyage également dans le sud de l’Europe, avant de séjourner quelque temps à Ibiza, où il écrit son deuxième roman, Outer Dark, publié en 1968. En 1969, McCarthy et sa femme s’installent à Louisville, dans le Tennessee. Il y écrit Child of God.

McCarthy et Anne DeLisle se séparent en 1976, et l’écrivain déménage pour El Paso au Texas. En 1979, le roman sur lequel il travaille depuis près de vingt ans, Suttree est enfin publié. Blood Meridian, roman souvent considéré comme son meilleur, paraît en 1985.

McCarthy vit aujourd’hui dans le Tesuque (en), au nord de Santa Fe, Nouveau-Mexique, avec sa troisième épouse, Jennifer Winkley, épousée en 2006, et leur fils John. Il vit dans une relative discrétion et accorde très rarement des interviews.

Son dernier roman, The Road, La Route, publié en 2006, obtient le prestigieux prix Pulitzer, et le pousse à sortir de sa campagne en accordant pour la première fois un entretien télévisé, conduit par la journaliste américaine Oprah Winfrey, et diffusé le 5 juin 2007.

McCarthy revient en 2013, en tant que scénariste de Cartel (The Counselor), réalisé par Ridley Scott. McCarthy signe là son premier scénario original pour le cinéma. Cartel raconte l’histoire du conseiller, un avocat (incarné par Michael Fassbender) profitant du trafic de cocaïne à la frontière Américano-Mexicaine.

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

À quel moment Lester est-il devenu un monstre ? Chassé de chez lui, il erre dans les montagnes comme un charognard guettant ses proies. Ses raisonnements se simplifient, les actes laissent place aux pulsions et ses gestes deviennent ceux d’un animal traqué. Un monologue où se mêlent insultes et sanglots s’élève dans sa grotte peuplée de cadavres ; le grognement à peine humain d’un enfant de Dieu.

« L’ultime musique terrestre. Celle de McCarthy, lyrique, dépouillée, tragique, est un très grand moment de littérature. » Lire

Mon avis :

Un enfant de Dieu est clairement un de ces romans que l’on n’oublie pas. A travers l’itinéraire et la vie de Lester Ballard, Cormac McCarthy nous questionne sur l’homme, sur la subtile différence entre l’homme et la bête. Car du jour où Lester est expulsé de sa maison, il va vivre dans les bois, trouver refuge dans une caverne et petit à petit devenir une bête en quête de survie.

Le style de Cormac McCarthy va osciller entre brutalité et poésie, mais jamais il ne va prendre position. L’auteur va juste alterner la narration avec des témoignages, sans toutefois le dire explicitement, ce qui fait que le lecteur cherche les explications lui-même. Chaque action est explicite, directe, il n’y a pas de place pour l’émotion, comme si on était dans un tribunal, mais un tribunal où l’accusé n’est pas Lester, celui-ci étant plutôt une possible conséquence de la société et de ses règles, un dommage collatéral. Cette volonté d’intransigeance dans le style va probablement rebuter des lecteurs, mais je le répète : c’est une lecture qui se mérite, et la découverte est au bout du tunnel. On n’y trouvera pas non plus de scènes gore ou sanglantes, tout étant suggéré plus que décrit, en une phrase.

Parfois, Cormac McCarthy nous donne des pistes, ou du moins nous donne le véritable sujet de fond de son roman, telle cette citation tirée de la page 145, d’une conversation entre deux hommes (Pour votre information, le texte est complètement respecté, recopié tel quel et ne comporte aucune ponctuation particulière signalant un dialogue) :

Vous pensez qu’à l’époque les gens étaient pires qu’ils ne sont maintenant ? dit l’adjoint.
Le vieil homme contemplait la ville inondée. Non, dit-il. Je pense que les gens n’ont pas changé depuis le jour que le bon Dieu les a créés.

De la même façon, quand j’ai tourné la dernière page du livre, je me suis retrouvé face à la couverture, devant ce titre, que finalement j’ai trouvé comme un dernier coup de poing au ventre : Un enfant de Dieu.

Il nous montre aussi les réactions des gens, de tout un chacun, méfiant envers les gens qui sont différents d’eux, la façon dont on juge les autres, de façon juste et factuelle ou bien émotionnelle. Et l’auteur ne répondra pas à la question du livre pour savoir pourquoi Lester est devenu un psychopathe, mais il nous met brutalement devant les yeux la question essentielle : Quelle est la différence entre un homme et une bête ? La société n’engendre-t-elle pas finalement ses monstres ?

Pour moi, ce roman est un coup de cœur. Le sera-t-il pour vous ?

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