Seuls les vautours de Nicolas Zeimet (Toucan)

Vous aimez Stephen King ? Pas quand il fait des livres d’épouvante, mais quand il prend le temps de regarder, de décrire la vie des gens normaux. Eh bien, ce roman est pour vous, car ce roman est tout simplement époustouflant.

Cela se passe en 1985, dans une petite ville américaine Duncan’s Creek. La petite Shawna Twitchell agée de 5 ans a disparu sans laisser de traces, pendant cette soirée du 18 juin. Sa mère Mandy était en train de s’occuper de la maison, et quand elle est revenue dans le jardin, elle n’était plus là. Comme dans toute petite ville, tout le monde va se sentir concerné. De nombreuses battues vont être organisées pour la retrouver, et tous les habitants du village vont y participer.

La police va aussi enquêter. En effet, il y a 6 mois, son mari Rory a disparu sans laisser de traces. Mandy est-elle coupable ? Ses beaux parents l’ont-ils enlevée ? A-t-elle été victime des indiens dont certains membres collectionnent des pierres magiques ? Ou bien le vieux fou Arlin l’a-t-il tuée et enterrée ? Ou bien, La faille du Diable fait-il peser une malédiction sur Duncan’s creek ?

Nicolas Zeimet va semer les pistes, en nous présentant la vie des petites villes américaines au travers de la réaction de ses habitants. Il va prendre le temps de passer en revue plus d’une dizaine de personnages, tous formidablement dessinés. Il va prendre le temps de nous montrer ce qu’était la vie avant les portables, les analyses ADN et le culte de l’argent à tout prix. L’histoire est simple, le dénouement aussi, mais on sera passé par différentes émotions pour y arriver, de l’angoisse pure à la tristesse, de la tristesse à la tendresse quand le groupe d’enfants s’amuse à se raconter des histoires d’horreur qu’ils ont eux même créées.

Pour autant, on ne pourrait y voir qu’une pâle copie du maître. Et pourtant, Nicolas Zeimet se lance dans son défi, à corps perdu et nous plonge au milieu de cette communauté, et on a vraiment l’impression de passer quelques jours en leur compagnie. Et puis, comme chez Stephen King, au détour d’une scène, il a cette faculté rare de nous sortir LA phrase qui va faire monter la pression, créer une sourde angoisse et nous bousculer dans nos certitudes.

Alors bien sur, il y a bien quelques scènes que j’ai trouvées bateau, trop faciles, mais elles ne sont pas plus de quatre ou cinq sur 470 pages. Alors, je lui pardonne ces quelques facilités et surtout, j’ai envie de tirer mon chapeau à un auteur qui a un talent fou, qui est capable de nous plonger dans les années 80, à 10 000 lieues de chez nous, et de nous donner envie de ne pas lâcher son livre, grâce à son style hypnotique.

Les éditions du Toucan ont dégotté là un auteur fantastique et je ne peux que vous encourager à le découvrir tant son roman est passionnant tant pour la psychologie des personnages que pour l’ambiance qu’il a su créer. C’est du grand art, c’est son deuxième roman, et je m’incline devant le talent de monsieur Zeimet. Merci !

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4 réflexions sur “ Seuls les vautours de Nicolas Zeimet (Toucan) ”

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