Oldies : Piège nuptial de Douglas Kennedy (Pocket)

Ce billet est dédié à Wollanup, qui se reconnaitra.

C’est en discutant avec Coco, mon dealer de livres, que j’ai découvert ce roman. Je n’en avais jamais entendu parler et il m’a dit que je devais absolument le découvrir. Ce roman, sorti aux Etats Unis en 1994, a été publié une première fois en France sous le titre Cul de sac, avant d’être repris par Belfond dans une nouvelle traduction. C’est celle-ci que j’ai lu.

L’auteur :

Douglas Kennedy grandit dans l’Upper West Side, étudie à la Collegiate School (le plus vieux lycée de New York) et au Bowdoin College dans l’État du Maine, avant de partir un an au Trinity College de Dublin en 1974. De retour à New York, il devient régisseur dans des théâtres de Broadway. En mars 1977, entre deux productions, il décide de partir à Dublin pour rendre visite à des amis. Il restera de ce côté de l’Atlantique.

À Dublin, il devient cofondateur d’une compagnie de théâtre. Il rejoint ensuite le National Theatre of Ireland en tant qu’administrateur de la branche expérimentale. Il y passe cinq années (1978-1983), pendant lesquelles il commence à écrire, la nuit. En 1980, il vend sa première pièce à la chaîne de radio britannique BBC Radio 4. La pièce est aussi diffusée en Irlande et en Australie. Suivent deux autres pièces radiophoniques, également diffusées sur Radio 4.

En 1983, il démissionne de son poste au National Theatre of Ireland pour se consacrer exclusivement à l’écriture. Pour survivre, il devient journaliste indépendant, notamment pour l’Irish Times où il tient une rubrique de 1984 à 1986. En 1986, sa première pièce pour la scène est un échec désastreux, tant critique que public. Peu de temps après, l’Irish Times supprime sa rubrique.

En mars 1988, il déménage à Londres, au moment où son premier livre, un récit de voyage, est publié. Deux autres suivront. Ces trois livres reçoivent un très bon accueil critique. Parallèlement, sa carrière de journaliste indépendant connaît également un essor.

En 1994, paraît son premier roman, Cul-de-sac. En 1997, il est porté à l’écran par Stephan Elliott, le réalisateur de Priscilla, folle du désert.

Son deuxième roman, L’Homme qui voulait vivre sa vie, connaît un succès international. Il est traduit en seize langues et fait partie de la liste des meilleures ventes.

Son troisième roman, Les Désarrois de Ned Allen est aussi un best seller et un succès critique, traduit en quatorze langues.

La Poursuite du bonheur marque un changement radical. Après trois romans que l’on pourrait décrire comme des thrillers psychologiques, il opte pour une histoire d’amour tragique. Il reçoit un excellent accueil critique.

Ont suivi Une relation dangereuse (Belfond, 2003) et Au pays de Dieu (Belfond, 2004).

Parfaitement francophone, Douglas Kennedy vit entre Londres, Paris, Berlin et Wiscasset dans l’État du Maine où il a acheté une maison. Il a été marié de 1985 à 2009 à Grace Carley, conseillère politique au Royaume-Uni, au ministère de la Culture. Ils ont deux enfants.

(Source Wikipedia)

Le sujet :

Nicholas Hawthorne a 38 ans et n’a presque jamais quitté le nord-est des États-Unis. Il mène une vie modeste en travaillant comme pigiste dans de petits journaux régionaux. Un jour, dans une librairie de Boston, il découvre une carte routière d’occasion de l’Australie. Fasciné par les grands espaces vides mentionnés sur la carte, ayant récemment démissionné de son emploi, il décide de vendre ses maigres possessions, réunit ses économies et s’envole pour Darwin. En plein été austral, il se met immédiatement à détester cette ville, ses bars sordides et ses strip-teaseuses faméliques. Il achète un combi Volkswagen à une famille d’illuminés et prend la route du bush. Mais après quelques heures de route sans rencontrer âme qui vive, une violente collision nocturne avec un kangourou va déjà lui donner envie de rentrer au pays.

Le combi réparé, Nick poursuit sa route jusqu’à Kununurra où il rencontre Angie, une auto-stoppeuse. Ils continuent la route ensemble jusqu’à l’Océan Indien, et vivent une brève romance qui les conduit jusqu’aux plages de Broome.

Nick se réveille 3 jours plus tard, sans aucun souvenir des évènements précédents. Drogué par Angie, il a été ramené jusque dans le village natal de sa conquête, Wollanup, 54 habitants et 4 familles, séparé de la ville la plus proche par des centaines de kilomètres de désert. Officiellement évacué et abandonné après la fermeture de la mine d’amiante, le village a été réinvesti par une communauté d’anciens habitants qui survit en revendant des abats de kangourous à une usine d’aliments pour animaux distante de plusieurs centaines de kilomètres. Mais la communauté idéale, oubliée du gouvernement, où la propriété privée et la détention d’argent sont abolies, s’est muée depuis sa création en enfer carcéral dirigé par les chefs de famille qui sont les seuls à pouvoir quitter le village. Seuls les jeunes en âge de se marier ont le droit de sortir de manière exceptionnelle, pour ramener à Wollanup une épouse ou un mari. C’est ce qui est arrivé à Nick, marié de force à Angie, qui se retrouve rapidement enceinte. Nick est dès son arrivée dépouillé de son argent et de son passeport, soumis à des brimades incessantes de la part de ses geôliers.

Les activités à Wollanup se limitent à vider et dépecer les kangourous et à boire de la bière par 45°C à l’ombre. Le ravitaillement extérieur consiste en des fruits au sirop, des œufs en poudre et du tabac à rouler. Mais devant la peur des patriarches de voir un des membres de la communauté s’échapper et dénoncer le camp au gouvernement, la surveillance est permanente et toute personne cherchant à s’évader risque de le payer de sa vie…

Pendant des mois, et avec l’aide de Krystal, la sœur d’Angie, Nick mettra au point un ingénieux plan d’évasion.

(Source Wikipedia)

Mon avis :

Il est bien difficile de ne pas aimer ce roman, assez court mais tout simplement génial. Car quand on le commence, on est tellement pris par les aventures de Nick qu’il se finit en deux temps trois mouvements. Ce qui est surtout surprenant, c’est l’aspect politiquement incorrect que l’on trouve dans ce roman, en même temps qu’une inventivité à la fois dans la description de ce village abandonné que dans les personnages complètement loufoques que l’on rencontre.

Ce roman est divisé en trois parties, qui le divisent en fonction du ton employé. Dans la première partie, on a affaire à un jeune inconscient, qui ne connait rien d’autre que la ville américaine où il a vécu. Il montre aussi une suffisance envers les énergumènes d’Australie, qui font rire par l’humour employé.

Puis la deuxième partie, Nick se retrouve dans ce village à l’existence impossible, un village qui n’existe sur aucune carte et le ton se fait légèrement inquiétant, mais surtout loufoque. Même si cela devient de plus en plus grinçant, l’humour décalé en fait un petit chef d’œuvre, tant l’auteur sait nous créer une population imaginaire et un décor sorti tout droit d’une imagination de grand malade. Franchement, il faut être fou pour inventer ce genre de village, où les gens vivent de kangourous et passent leur temps à boire de la bière, un village fait de quatre familles dont les plus vieux forment un conseil de direction implacable.

Le ton évolue petit à petit. Cela devient de plus en plus stressant, et si, au départ, on n’avait aucune sympathie pour Nick, on en vient à espérer avec lui qu’il se sorte de cette galère. La troisième partie est clairement sous tension. Après le rire jaune, on en vient à serrer le roman entre nos mains, surpris par ces idées qui nous font monter la tension. Car ce roman regorge de belles trouvailles. Encore une fois, on n’y trouve pas de longues descriptions, tout est dans les situations tendues. Et même à la dernière page, on crie comme Nick … Du grand art, vraiment, et un roman qui est tout simplement inoubliable.

D’ailleurs, si vous avez des idées de romans datant d’il y a plus de dix ans, pour qu’ils apparaissent dans la rubrique Oldies, n’hésitez pas !

Publicités

7 réflexions sur « Oldies : Piège nuptial de Douglas Kennedy (Pocket) »

      1. Je considère qu’il est oldies quand l’auteur n’est pas contemporain de nous… Colize qui écrit un roman qui se passe dans les années 70 ne passera pas en oldies, mais des auteurs des années 60-70; oui ! 😀

        Mais ceci-dit, chacun fait c’qu’il lui plait ♫

        J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s