L’appel du mal de Lisa Unger (Toucan noir)

Quand j’avais lu Les voix du crépuscule, j’avais été époustouflé par le talent de cette jeune auteure (elle est née en 1970) et qui compte à son actif une trentaine de romans (!!!). J’avais raté le roman suivant, l’île des ombres, mais je tenais à lire son petit dernier.

Lana Granger est une jeune femme qui a connu un drame de jeunesse : sa mère a été assassinée par son père. Ce dernier est d’ailleurs emprisonné dans le couloir de la mort. Ses appels ont été rejetés et il attend son issue fatale. Lana, quant à elle, a coupé les ponts avec son père, et elle garde de sa mère des souvenirs formidables. Sa mère voulait qu’elle soit utile aux autres, qu’elle les aide. C’est pour cela qu’elle a choisi de faire des études de psychologie, spécialisé dans les cas difficiles de psychopathes.

Dans son héritage, Lana touche une pension qui diminue avec le temps. Elle doit donc se trouver un travail pour compléter son niveau de vie. Le professeur Langdon Hewes, son professeur, conseiller et mentor lui propose de devenir baby-sitter. Et comme il a une offre, il la lui propose naturellement. En effet, Rachel Kahn veut faire garder son fils Luke, âgé de 11 ans et pensionnaire du professeur Hewes. Lana va donc voir Rachel et devient la baby-sitter de Luke, qui s’avère violent et très manipulateur.

La colocataire de Lana s’appelle Rebecca. Autant Lana est renfermée et abhorre les contacts physiques, autant Beck (le surnom de Rebecca) est extravertie. Elle a de nombreuses aventures aussi bien avec des filles que des garçons et a l’habitude de fuguer pendant quelques jours. Sauf que Lana et Beck se disputent à la bibliothèque et que Beck disparait, sans donner de signes de vie pendant plusieurs jours. La police enquête sur cette disparition, d’autant plus que quelques mois plus tôt, Elisabeth, une amie de Lana a aussi disparue et que son corps a été retrouvé en bas des marches de l’école.

A l’intérieur de ce scenario implacable, sont insérés des chapitres de journal intime d’une jeune femme. Celle-ci vient d’avoir un bébé, elle est en plein baby blues. Son mari est souvent absent, alors elle doit gérer ce petit enfant qui semble ne réagir à aucun sentiment. Mais on ne saura qu’à la fin le lien de ces chapitres avec toute l’histoire.

Dans ce genre de roman psychologique, il faut attirer l’attention du lecteur très tôt, et alimenter l’intrigue par de nombreux événements pour relancer l’intérêt. C’est largement le cas ici, et ce roman, bien qu’il soit lent, car c’est raconté par Lana, est psychologiquement passionnant de bout en bout. A tel point que l’on se laisse prendre par les filets de l’intrigue et qu’on se laisse mener par le bout du nez. Quel plaisir !

Lana étant très renfermée, elle est forcément très bavarde (dans le bon sens du terme), et elle déverse toutes ses émotions. Comme on ne voit que son point de vue, on en vient à ressentir de la sympathie et on en vient à soupçonner tout le monde. Car Lisa Unger nous pousse à déterminer ce qui se passe. On en vient à soupçonner Luke, psychopathe manipulateur en puissance, ou bien sa mère Rachel. Mais cela pourrait être aussi le père de Lana à distance, le professeur Langdon Hewes, la psychologue particulière de Lana, les amies de Lana ou même la police …

Que de pistes pour un scenario fantastique ! Car, au bout du compte, vous ne trouverez pas le bout du bout de cette intrigue, qui est un scenario qui s’avère bigrement vicieux et surtout remarquablement mené. Si le style n’a pas la fluidité et la subtilité d’un Thomas H.Cook ou d’une Megan Abbott, ce roman est clairement un excellent roman psychologique, et je ne peux que vous encourager à vous laisser prendre dans cette toile d’araignée implacable et redoutable.

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14 réflexions sur “ L’appel du mal de Lisa Unger (Toucan noir) ”

  1. Pfff ! la honte, je l’avais déjà lu et j’avais beaucoup aimé alors que c’est un roman de la série Bestsellers style Harlequin, ce que je ne voulais pas. Par la suite, j’ai lu que c’étaient les éditions Hachettes qui avaient repris la série Bestsellers. Quoi qu’il en soit j’ai dévoré le livre, et devrais le relire. D’ailleurs j’ai déjà dit que je devrais à certains moments mettre des commentaires dans les livres numériques, cela aide à en faire la critique. Conclusion, je vais aller fouiller un autre chez cet auteur.
    Je pars quelques jours en voyage, ce sera le moment d’un peu lire des romans distrayants 🙂
    Amicalement.
    Geneviève

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