Un Corse à Lille de Elena Piacentini (Ravet-Anceau)

Je l’annonce haut et fort, Elena Piacentini aura été l’auteure que j’aurais le plus lue cette année, avec l’inévitable Nadine Monfils. Les deux romans précédents, Le cimetière des chimères et Des forêts et des âmes, m’auront finalement décidé à remonter dans le temps, à acquérir puis lire les enquêtes du commissaire Leoni. Sauf que, cette fois-ci, je reprends tout depuis le début. Voici donc la première enquête du commissaire Leoni, nommé sobrement Un Corse à Lille, roman qui est paru chez Ravet-Anceau en 2008, et qui, sauf erreur de ma part, est malheureusement épuisé. J’en profite pour lancer un appel : rééditez le premier roman d’Elena Piacentini, s’il vous plait.

Le commissaire Leoni débarque à Lille après une mutation de Marseille. En même temps que lui, arrive sa grand-mère qui l’a élevé, Mémé Angèle. Entre eux, c’est l’amour filial que personne ne peut altérer. D’ailleurs, il est amusant de voir qu’ils se parlent en Corse quand ils se disent des mots d’amour. Pierre-Arsène Leoni débarque donc à Lille et est directement accueilli par des gens parlant ch’ti.

Il va faire connaissance avec son équipe, son adjoint cinquantenaire et bon vivant Baudoin Vangerghe, le lieutenant Casanova et bourreau des cœurs Thierry Muissen, le capitaine François de Saint-Venant qui est un prêtre défroqué marié et père de famille nombreuse, et le lieutenant et futur retraité Grégoire Parsky qui est un transfuge de l’armée. A cette équipe va venir s’ajouter une stagiaire Eleanore Martens, belle comme un cœur et fille de bonne famille.

Ils ne vont pas avoir l’occasion de faire connaissance bien longtemps, puisque deux affaires vont largement les occuper : Une belle jeune femme a été retrouvée assassinée dans un canal près des abattoirs. C’est probablement une prostituée mais malgré cela, Pierre-Arsène Leoni considère que cette affaire est aussi importante que les autres. Enfin, un chef d’entreprise retrouvé poignardé dans son bureau. Son corps comportait des inscriptions tracées sur le torse, et il avait été tué vraisemblablement ailleurs, étant donné le peu de traces de sang autour du corps. L’équipe de Leoni va être bien occupée.

Pour un premier roman, je dois dire qu’il m’a impressionné. Car c’est un roman policier dans la plus pure tradition, avec deux affaires principales, qui au-delà d’une intrigue fort bien menée, vient aborder des thèmes plus graves. Elena Piacentini aborde en effet le sujet de la prostitution de jeunes femmes, obligées de faire cela pour survivre, mais évoque aussi les enlèvements de ces jeunes femmes, peut-être pour pouvoir réaliser des snuff movies. Elle montre dans la deuxième enquête le monde des consultants en management, chargés d’éduquer les dirigeants inhumains et insensibles de certaines sociétés. A chaque fois, l’auteure ne prend pas partie, n’écrit pas un roman pour dénoncer, mais pour parler de sujets graves, ce que j’avais apprécié dans mes précédentes lectures.

Evidemment, le style est fluide, mais à ce point là, je dois dire que j’ai rarement eu l’occasion de lire un roman avec cette façon simple d’écrire une histoire et de la dérouler aussi facilement. Et ce qui fait la différence, c’est bien la façon d’aborder les personnages. L’auteure ne choisit pas forcément des noms faciles à retenir, mais elle met l’accent (avec subtilité) sur les personnalités, sur leur caractère. On a vraiment l’impression de vivre au milieu d’eux, et au bout d’un seul roman, de les connaitre depuis longtemps.

J’ai ainsi pu lire le premier roman de cette série, dont j’ai maintenant tous les volumes (merci Jean Michel Isebe), qui m’aura passionné puisque j’aurais mis à peine trois jours pour avaler ce polar de 450 pages environ. Tout juste pourrait-on reprocher que certains passages sont bavards, que l’auteure passe bien vite sur l’intégration d’un Corse parmi les gens du Nord, mais j’ai pour ma part été convaincu par ce roman, et il me tarde de lire la deuxième enquête de Pierre-Arsène Leoni, Art brut.

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8 réflexions sur « Un Corse à Lille de Elena Piacentini (Ravet-Anceau) »

  1. Une chronique alléchante, mon bon Pierre… Une de mes bonnes résolutions (parmi d’autres) pour 2015 est d’enfin faire connaissance avec la plume de cette auteure, forcément talentueuse si j’en crois les bruissements enthousiastes autour de ses ouvrages.
    Mes meilleurs vœux pour 2015, l’ami… 🙂

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    1. Salut Mon ami Vincent, Elena Piacentini en est à son 6ème roman et c’est une auteure parmi les plus talentueuses. Tu auras du mal à trouver celui ci mais Carrières noires, Le cimetière des chimères et Des forêts et des âmes sont disponibles. Amitiés et bonne année 2015

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