Le cannibale de Crumlin Road de Sam Millar (Seuil)

Deuxième enquête de Karl Kane (Franchement, quel nom génial pour un détective privé, un nom qui claque comme deux coups de revolver !) après Les chiens de Belfast, Sam Millar continue son cycle dédié à son nouveau personnage.

Karl Kane, qui est détective privé à Belfast, a une relation avec sa secrétaire Naomi. Alors qu’ils s’apprêtent à sortir, une jeune femme demande à le voir. Elle s’appelle Geraldine Ferris, a 17 ans, et s’inquiète de la disparition de sa sœur Martina, qui n’a plus donné signe de vie depuis plusieurs jours. Certes, Martina est une junkie, placée dans un centre d’accueil pour des gens sans domicile, elle est coutumière de fugues. Mais son absence de contacts est très inquiétante.

En cette période estivale, Karl est à la peine avec ses hémorroïdes. Sa visite au centre d’accueil ne donne rien, et sa visite au commissariat n’est pas plus engageante. Son beau-frère, par ailleurs à la tête de la police, lui signale deux meurtres de jeunes filles. Les corps retrouvés ne correspondent pas à Martina et heureusement pour Karl : des organes ont été enlevés des corps, comme l’aurait fait un boucher.

Alors que les corps de jeunes filles s’accumulent, martyrisés d’une façon toute aussi horrible, Karl va poursuivre l’enquête de son coté et être confronté à des événements qui vont le toucher de près, de trop près.

Si de prime abord, on peut penser que ce personnage n’est pas nouveau, je répondrai qu’en tant que lecteur, j’adore lire des enquêtes de détective privé, car ils sont à la fois dans le système par leur façon de résoudre les énigmes, mais aussi en dehors du système par le fait qu’ils ne sont pas obligés de respecter certaines règles auxquelles les policiers sont soumis. Et la démonstration est éloquente dans cet épisode.

On en apprend beaucoup plus sur la psychologie de Karl Kane dans cet épisode : Il est très attaché à sa fille et en veut énormément à sa femme depuis leur séparation. D’ailleurs, on va apprendre pourquoi. Et puis, il est attaché à Naomi comme un naufragé à sa bouée, même s’il garde ses secrets, sa petite vie, et qu’il ne lui dit pas tout. Pour mener ses investigations, il utilise beaucoup ses contacts à la police, s’en créé de nouveaux, mais sa principale source de progrès est surtout son intuition. Enfin, il respecte la police et la loi ; il suit le système judiciaire, jusqu’à un certain point, quand il juge que cela ne va pas assez vite. Pour autant, Sam Millar ne veut pas insérer de message dans son roman, mais il a posé les bornes de son personnage.

Il faut signaler que c’est un épisode violent, sans pour autant être démonstratif ou gratuit. Karl Kane est tout de même un personnage qui voyage dans une société de plus en plus violente, et il réagit par rapport à celle-ci. Ce qui démarque ce roman des autres du genre, ce sont ces dialogues fantastiques de naturel et ces scènes chocs inoubliables et j’en citerai trois sans pour autant vous donner le dénouement du livre : la visite dans le cinéma où Karl va, dans le noir, faire une visite des plus inquiétantes, le final éblouissant dans un lieu inimaginable et je peux vous dire que la tension est intenable, ou même la scène avec Ivana qui est plus intimiste, presqu’uniquement menée par des dialogues et fondante d’humanité.

La dernière chose que je voulais signaler est le titre français. Je trouve qu’il en dit peu et trop à la fois. Je le trouve surtout trop racoleur, alors qu’il n’y a dans le livre aucune scène gore. Le titre original The Dark Place (que l’on pourrait traduire par L’endroit sombre) est à mon avis bien meilleur et aurait mérité d’être utilisé. Bref, je conclurai par une affirmation : Je serai un lecteur assidu de la prochaine enquête de Karl Kane.

Ne ratez pas les avis de l’ami Claude et Unwalkers

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16 réflexions sur “ Le cannibale de Crumlin Road de Sam Millar (Seuil) ”

    1. Salut Claude, je t’avais donné mes impressions en avant première sur ton blog. Un nouveau détective, ça ne se refuse pas ! et là, je vais répondre à Sam Millar Himself sur FB qui se fait un plaisir d’envoyer un petit message à chaque fois ! En plus, c’est un grand homme ! Amitiés

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  1. Mon cher Pierre, après Les chiens de Belfast et On the Brinks que je viens de terminer, ta chronique me donne une furieuse envie d’éclairer cet « endroit sombre » que tu décris. Voilà une de mes prochaines lectures assurément. Amitiés.

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