Le chouchou du mois d’avril 2015

Voilà une bonne façon de conclure la cinquième année de Black Novel : parler de bons romans. Eh oui, dès le premier mai, je ferai l’annonce officielle de sa sixième année d’existence, et comme tous les ans, j’organiserai un concours. Mais vous en saurez plus le 1er mai prochain.

Deux nouvelles rubriques ont vu le jour ce mois-ci. L’une s’appelle Hommage et met en avant un auteur qui a disparu. C’est parce que j’ai eu l’occasion de discuter avec Abdel Hafed Benotman que cette idée m’est venue, et que j’ai décidé de parler de Garde à vie de Abdel Hafed Benotman (Syros). Par la même occasion, une rubrique Espace Jeunesse est venue égayer Black Novel, parce que, pour les jeunes, il sort des romans qui sont passionnants. J’ai lu et beaucoup apprécié Un cri dans la nuit de Marin Ledun (Syros), à un point tel que certains passages m’ont stressé !

Comme chaque mois, de nouveaux auteurs sont apparus ici, et L’Étrange histoire de l’ours brun abattu dans les quartiers espagnols de Naples de Antonio Menna (Liana Levi) m’a fait forte impression. C’est drôle, c’est enlevé, c’est vivant et ça donne envie de lire la prochaine production de cet auteur. Quant à Les ténèbres et rien de plus de Julia Tommas (Anne Carrère), c’est un thriller qui va ravir les fans du genre et à propos duquel j’en attendais plus. C’est stressant, ça va vite et c’est divertissant.

Black Novel parle aussi des Poids Lourds, des auteurs connus et reconnus dans le genre. Ce mois-ci, en attendant le prochain Ellroy, j’aurais parlé de La voie des âmes de Laurent Scalese (Belfond) qui est un fantastique roman, simple et beau qui est aussi un hommage au roi Stephen King. Et j’aurais été heureux de parler de deux auteurs que j’adore et qui ont sorti de solides polars, à savoir Red Fury de George Pelecanos (Calmann Levi) qui nous fait faire un retour dans les années 70, et Missing : New York de Don Winslow (Seuil) qui introduit un nouveau personnage fort excitant.

Il y a des auteurs que je suis, dont je lis les nouveaux romans, parce que, à un moment donné, leur univers s’est calqué sur ma perception et que, par voie de conséquence, je suis devenu fidèle à leur production. Il en va ainsi de Gilles Vincent à qui j’ai décerné un coup de cœur pour son impeccable et implacable thriller Hyenae (Jigal). Aller simple pour Nomad Island de Joseph Incardona (Seuil) lui nous a emmené en vacances sur une ile, dans une forme d’hommage aux séries des années 80. Une valse pour rien de Catherine Bessonart (Editions de l’Aube) est la troisième enquête de Chrétien Bompard, et je souhaite qu’il revienne avec son humour cynique et moins de déprime. Quant à La pieuvre de Jacques Saussey (Toucan), il démontre une nouvelle fois que cet auteur est une perle et probablement un des meilleurs conteurs français à l’heure actuelle.

Le titre du chouchou du mois d’avril revient donc à Trait bleu de Jacques Bablon (Jigal)   parce que c’est un premier roman, parce que son ton est personnel, parce que son auteur a su digérer la culture du roman noir américain pour en faire une œuvre totalement propre à lui, parce que j’ai été impressionné par le talent qui se dégage de ces quelques pages, parce que c’est trop bon.

Je vous donne rendez vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou, et d’ici là, n’oubliez pas le principal : lisez !

La pieuvre de Jacques Saussey (Toucan)

Jacques Saussey est un auteur prolifique, qui conte les enquêtes d’un couple de policiers, le capitaine Daniel Magne et la lieutenante Lisa Heslin. Et ce qui est remarquable chez Jacques Saussey, c’est son talent à raconter de bonnes intrigues avec un style fluide que beaucoup peuvent lui envier. Ce roman ne fait pas exception à sa bibliographie.

Jour J-5. Samir Khaleb est livreur. Sur sa mobylette, il fonce à travers les rues de Paris. Pour arrondir ses fins de mois, il en profite pour livrer des colis spéciaux. Le tout, c’est de ne pas se faire remarquer par les flics, faire comme si de rien n’était. Normalement, il repère la bonne boite aux lettres grâce à une pastille rouge collée dessus. Là, il n’y a rien. Il se baisse et n’entend pas la personne qui est derrière lui. Cela lui coute deux balles en pleine tête.

Jour J-13. Daniel Magne est de mauvaise humeur ce matin-là. Lisa et lui se sont engueulés. Quand elle va en direction de la salle de bains, le téléphone sonne. Le docteur Stéphane Marchand, de la clinique des Orchidées à Sanary sur mer lui apprend que sa mère, qu’elle n’a pas vu depuis des dizaines d’années est atteinte de la maladie de Alzheimer et qu’elle est en phase terminale. Lisa décide immédiatement de se rendre sur place. Sa mère l’avait abandonnée alors qu’elle avait 8 ans. Elle a été élevée par sa grand-mère à la mort de son père, le célèbre juge Heslin.

Jour J-4. Daniel Magne s’ennuie depuis le départ de Lisa, dont il n’a reçu que deux ou trois coups de fils. Alors qu’il est convoqué dans le bureau du chef, une mauvaise nouvelle l’attend. La balle retrouvée dans le crane de Samir a été tirée par la même arme qui a servi à tuer le juge Heslin il y a vingt-et-un ans. Pas question de le dire à Lisa. Daniel Magne, détaché au ministère va devoir mener son enquête.

Et voilà le bien humble résumé des 40 premières pages. Alors, accrochez vous parce que cela va aller vite. Et comme Jacques Saussey est très doué, il va nous balader tout au long de ces 550 pages dans un roman qui dépasse tout simplement le cadre d’un roman policier. Car il s’agit réellement d’un vrai roman d’aventures que l’on va dévorer avec une soif d’en savoir plus. C’est extrêmement bien écrit et la lecture est tout simplement délicieuse.

Et même si vous n’avez jamais lu d’enquêtes de Daniel Magne et Lisa Heslin, vous ne serez pas perdu. L’auteur ne s’appesantit pas sur leurs précédentes enquêtes, la psychologie est brossée de façon très efficace pour éviter d’en faire trop. Et bien vite, on est pris dans le rythme, emporté par ces chapitres courts qui alternent l’enquête de Daniel Magne avec celle de Lisa Heslin.

Car évidemment, nos deux flics vont se retrouver dans des imbroglios, jusqu’à un dénouement final très émotionnel et visuellement fort. Et c’est là un coup de force de Jacques Saussey : raconter deux histoires à quelques jours d’intervalles sans jamais se répéter ou délivrer des indices qui laisseraient deviner le dénouement. Je vous le dis : la construction de ce livre est un grand moment du roman policier.

En s’appropriant les assassinats de quelques juges italiens et français perpétrés dans les années 90, Jacques Saussey nous construit une enquête qui vise à montrer la toute puissance et l’omniprésence de la mafia dans la vie de tous les jours. Et ça fait froid dans le dos … L’auteur ne veut pas dénoncer, il construit une intrigue bien à lui, totalement inventée par son esprit créatif.

Personnellement, j’ai un peu regretté les chapitres où le tueur apparait, vers la fin. Je trouve que la construction s’en est trouvée ralentie, cassée. Mais cela ne concerne que 4 ou 5 chapitres, ce qui est peu au regard des 86 que comporte ce roman. Clairement, Jacques Saussey m’a encore impressionné avec ce roman, et il se pourrait bien que je reprenne un de ses romans précédents tant j’ai hâte de retrouver ces deux flics. Jacques Saussey est très fort, il le démontre de belle façon ici.

Les ténèbres et rien de plus de Julia Tommas (Anne Carrière)

Voici un nouvel auteur à épingler sur Black Novel, d’origine belge. Si vous cherchez un roman rythmé, un bon divertissement, ce roman est fait pour vous. Une fois n’est pas coutume, je recopie la quatrième de couverture car je la trouve bien faite.

Quatrième de couverture :

Qu’est devenu le corps de Peter Mulchan, le tueur en série qui a terrorisé New York ? C’est la question que se posent l’inspecteur Kenji Yoshiro, de la brigade criminelle, et le docteur Lisa Cavalcante, chercheuse en neurosciences à l’université de Columbia.

Le premier se souvient encore du jour où il était parvenu à l’arrêter. Mais, inculpé pour le meurtre de trois jeunes femmes et deux tentatives d’assassinat, Mulchan s’était suicidé dans sa cellule avant même de connaître la date de son procès. Quant à Lisa, son doctorat en neuropsychiatrie ne lui est d’aucun secours pour faire face au traumatisme qu’elle a subi un an auparavant : Peter Mulchan était un de ses patients, et c’était avec elle qu’il avait décidé de mettre un terme à ses activités de serial killer ; et pourtant, il avait tenté de la tuer. Depuis ce jour, Lisa est hantée par ce souvenir ; un éclat de voix dans la foule, le contact d’une main dans le métro, un visage entraperçu au détour d’une rue, autant de symptômes du stress post-traumatique dont elle souffre et pour lequel elle refuse de se soigner.

Alors qu’elle se réfugie dans ses travaux de recherche, déterminée à prouver que la quatrième victime du tueur en série, encore plongée dans un état végétatif, pourrait sortir du coma, l’impensable se produit. Le corps d’une jeune femme est retrouvé dans un cimetière de la ville. Les marques sur son cadavre ne laissent aucun doute : elle a été enlevée et torturée selon le modus operandi de Peter Mulchan. Troublé par la ressemblance physique de cette nouvelle victime avec Lisa, Yoshiro pense avoir affaire à un imitateur. Mais la neuropsychiatre a un tout autre avis : et si Peter Mulchan n’était pas mort ?

Mon avis :

Quand vous voyez la couverture (superbement inquiétante, soit dit en passant), vous y voyez inscrit Thriller. Je dois vous avouer que si je devais donner un qualificatif à ce roman, je dirais que c’est plutôt un roman policier rythmé. Certes, Lisa et Kenji sont à la poursuite d’un serial killer, qui semble mort a priori. Pour autant, je n’ai pas ressenti de frissons à la lecture de ce roman mais plutôt une urgence à avancer dans l’intrigue, emporté par le rythme donné à cette enquête.

Donc, nous avons un serial killer qui est sensé être mort, des corps assassinés, martyrisés selon la méthode du tueur trépassé et deux enquêteurs en parallèle pour démêler une intrigue qui peut sembler simple et connue. Effectivement, Copycat de James Patterson parle du même sujet et je me suis demandé comment l’auteure pouvait faire du neuf avec ce sujet.

En fait, je dois dire que le roman, même s’il ne m’a pas passionné, a réussi à me tenir en haleine jusqu’au bout. Je pense que cela est du à la grande fluidité de la narration, à la simplicité du style et au rythme apporté dans le déroulement de l’intrigue. Car, avec ses chapitres courts et ses phrases qui n’en rajoutent pas, le rythme de la lecture est élevée comme tout ce qui se passe dans le roman.

Si ce roman remplit son rôle de nous divertir, il faut tout de même avouer que même si l’intrigue se complique au fur et à mesure de l’avancement, celle-ci reste tout de même très linéaire. De même, les personnages sont gentils (trop) mais je les ai trouvés un peu trop lisses à mon gout. Ceci dit, pour être honnête, ce roman remplit son objectif d’être un roman divertissant.

Ne ratez pas l’avis de Tousleslivres

Missing : New York de Don Winslow (Seuil)

Don Winslow, c’est l’auteur du chef d’œuvre La griffe du chien. Et quand on a lu ce fantastique roman, on reste marqué à vie … et on devient fan de l’auteur. Alors, à chaque fois que sort un roman de Don Winslow, je me jette dessus. Certes, il y a en a de bons et de moins bons, ou du moins, des romans que j’apprécie et d’autres moins. Par exemple, Savages est un extraordinaire roman qui allie le sujet et le style totalement innovant à base de phrases ultra courtes. A coté de ça, je suis plus hermétique envers ses deux romans mettant en scène les surfers de la cote Est des Etats Unis (La patrouille de l’aube et L’heure des gentlemen).

Don Winslow a commencé sa carrière avec un personnage récurrent, Neal Carrey. Si je ne les ai pas tous lus (ou du moins je crois), je me rappelle lors d’une de ses enquêtes avoir passé un excellent moment de lecture. Il faudrait d’ailleurs que je les relise, pour voir. Avec Missing : New York, Don Winslow nous présente un nouveau personnage, Frank Decker, et on ne souhaite qu’une chose, c’est de le retrouver bientôt dans de nouvelles enquêtes. Car on y croit à fond, et on le suit les yeux fermés.

Frank Decker est un ancien soldat, revenu d’Irak, devenu policier à Lincoln. Quand il est appelé chez les Hansen, au départ, il ne s’agit qu’une affaire de disparition de plus. La petite Hailey, jouait dans le jardin. Le temps que sa mère aille chercher une cigarette dans la maison, la petite avait disparu.

Quelques heures. C’est le temps que les policiers ont pour la retrouver saine et sauve, selon les statistiques. Forcément, on soupçonne la mère, une engueulade qui a mal tourné. Mais la mère Cheryl semble accablée, inquiète. Et les policiers ne trouvent rien.

24 heures, c’est ce que les statistiques disent pour avoir plus de 50% de chances de la retrouver. On ne trouve rien dans le quartier, rien dans les environs. L’ancien mari de Cheryl semble écarté. Les policiers commencent à douter. Les battues dans les environs commencent. Rien, toujours rien.

Au bout de quelques mois, seul Frank Decker y croit encore. Il a donné sa parole à Cheryl. Il démissionne de la police et part avec ses économies, laissant derrière lui sa femme. Sa traque durera plus d’une année.

Quand un auteur sort un chef d’œuvre, on lui reste fidèle. En tous cas, c’est mon cas. Et ce nouveau roman fait partie des bons crus de Don Winslow, des très bons crus même. Il nous présente un nouveau personnage, et la mention en quatrième de couverture laisse augurer qu’il sera récurrent. Et je ne dirai qu’une chose : tant mieux ! Car c’est un personnage buté, obsédé, et droit. Il n’est pas tout blanc, loin de là, mais au moins, il s’est donné une ligne de conduite, il s’est fixé un objectif, et rien ne pourra se mettre en travers de son chemin.

Le fait que Frank Decker soit un ancien de la guerre d’Irak n’est pas un trait principal de ce roman. Certes il en parle, de temps en temps, mais cela lui sert plus comme expérience dans certaines situations que comme souvenir lancinant. En tous cas, l’auteur nous évite les écueils de nous seriner des images de cette guerre. Frank Decker est un obsédé, de ceux qui aiment le travail bien fait, et il va creuser toutes les pistes.

On pourrait trouver dans ce roman trois parties. La première est la recherche de Hailey, et ce compte à rebours déprimant, ces minutes qui passent, ces heures qui défilent et on ne retrouve toujours rien. La deuxième partie est la dérive de Frank, celle où il s’enfonce dans l’Amérique profonde, errant de village en station à essence, laissant désespérément des photos sur des sites internet spécialisés de personnes disparues. La troisième concerne l’arrivée de Frank à New York, la grosse pomme, pourrie pour l’occasion. D’ailleurs la ville n’a jamais aussi bien porté son nom, avec une peau immaculée, ne laissant pas voir les perversions qu’elle peut cacher.

Don Winslow aurait pu en faire des tonnes, nous abreuver de détails glauques et dégoutants. Il préfère utiliser un style efficace, et faire avancer son intrigue dans un style journalistique. Ainsi, la ville est décrite par une visite réalisée par un flic qui va aider Frank. Et ce qu’on va y apprendre n’est définitivement pas joli à voir. Mais aux Etats Unis, l’apparence prime sur tout le reste. La ville doit être belle et le coté sale se cache.

Vous ne saurez pas comment le roman se termine ; d’ailleurs il peut se terminer bien ou mal. En fait, Don Winslow se donne toutes les cartes en main, pour choisir au dernier moment comment il va tourner le fil de l’histoire. En tous cas, ce roman montre tout le talent de son auteur et ne nous donne qu’une envie, c’est de retrouver Frank Decker dans une prochaine enquête. Merci M. Don Winslow.

Hyenae de Gilles Vincent (Jigal)

Attention coup de cœur !

En ce qui concerne les romans de Gilles Vincent, j’en ai lu deux, et à chaque fois, je suis resté ébahi par ce talent de mener une intrigue solide ajouté à un style efficace, mêlant des phrases soigneusement choisies à des dialogues brillants. Et que dire de ses deux personnages Aïcha Sadia et Sébastien Touraine … Dans Hyenae, il fait encore plus fort !

Lundi 17 septembre, un peu avant 6 heures. Aïcha Sadia et son équipe s’apprêtent à débarquer, direction le bloc H de cet ensemble d’immeubles du quartier de La Catalane. La cible se nomme Berteaux. La porte saute, la cible est au lit avec une jeune femme, probablement mineure. Ce n’est pas l’objet de leur descente. Ils sont là pour un film qui montre le meurtre d’une jeune fille à la batte de baseball. 39 secondes d’horreur, 39 secondes d’enfer. La jeune fille, Camille Carlotti a disparu depuis 4 ans. C’est Berteaux qui a vendu le DVD. Il ne veut rien dire. Il soutient qu’il a trouvé le DVD lors d’un vol. Avant de l’emmener, Berteaux veut pisser. Aux toilettes, il arrive à passer par la fenêtre et se jette dans le vide … il a préféré se suicider plutôt que donner le nom de son fournisseur.

Sébastien Touraine se réveille chez lui, à Maussane les Alpilles. Cela fait quatre ans qu’il erre comme un spectre en peine, quatre ans depuis la mort de sa fille, tuée dans un accident de voiture, alors qu’il enquêtait sur la disparition d’une petite fille. Alors il a tout plaqué, ses amis, son métier, Aïcha avec qui il vivait. Il est venu se perde dans les Alpilles près de sa dernière petite fille Lison, quinze ans, qui vit avec sa mère. Quatre ans après, le cauchemar peut recommencer …

Si vous avez déjà lu un roman de Gilles Vincent, vous savez combien cet auteur est doué pour construire des intrigues fortes. Autour de ses deux personnages récurrents, Aïcha Sadia et Sébastien Touraine, il nous offre des polars qui se démarquent par ce style si particulier, si direct, que quand vous lisez un de ses livres, vous êtes capables de reconnaitre sa patte derrière chaque paragraphe.

Des paragraphes courts, des phrases courtes, des dialogues efficaces, cela ne pouvait que se marier avec le roman d’action. C’est chose faite ici, et je ne peux que vous donner un conseil : n’allez pas chez le coiffeur avant de le lire car ça décoiffe. De la première ligne à la dernière, on court derrière l’horreur. Nos deux personnages vont chercher un personnage machiavélique et s’enfoncer dans l’horreur … toujours un peu plus loin … toujours un peu plus profond … jusqu’au noir absolu.

Une fois le roman ouvert, vous ne pouvez plus le fermer. Car on vit à coté des personnages et le rythme est infernal. Cela ne s’arrête jamais tout au long des 210 pages. Pour ma part, je l’ai lu d’un trait, en une journée. Gilles Vincent est un boxeur, et il assène ses coups au lecteur, tous plus vicieux les uns que les autres. Et le problème, c’est que Gilles Vincent a de l’endurance, alors, quand vous arrivez à la dernière scène, vous êtes groggy, mais pas encore KO … pas encore … jusqu’à cette putain de dernière scène.

Avec un personnage mystérieux et malfaisant, on aurait pu s’attendre à des scènes gore. C’est un peu pour cela que j’avais peur de ce livre. En fait, c’est du pur roman d’action, qui fait appel à vos sentiments les plus profonds, qui joue avec ce qui vous reste de cœur. En cela, ce roman est le plus proche du film Seven (de David Fincher) que je n’aie jamais lu. Un bon polar auquel je n’ai pas trouvé de défaut, tellement prenant qu’on en oublie de dormir. Un roman dur comme la pierre, avec du sang dessus. C’est violent sans être sanglant, c’est glaçant sans être démonstratif.

Gilles Vincent nous offre là un voyage au bout de l’horreur parfait, de ceux que l’on ne peut pas oublier. Coup de cœur !

Une valse pour rien de Catherine Bessonart (Editions de l’Aube)

Catherine Bessonart a débarqué dans le milieu du polar, il y a deux ans avec Et si Notre-Dame la nuit … Et on découvrait un nouveau personnage de flic, Chrétien Bompard, anticlérical convaincu, à l’humour cynique hilarant et toujours énervé. Sa deuxième enquête La palette de l’ange nous présentait une enquête remarquablement construite, avec toujours le même principe d’un flic qui a sa propre méthode d’association d’idées pour arriver à une solution … trouvée parfois par hasard. Voici donc la troisième enquête de Chrétien Bompard, Une valse pour rien.

Chrétien Bompard déprime. Mathilde est partie, ou du moins c’est lui qui est parti. Depuis, il habite à l’hôtel, Place Dauphine, et s’est remis à fumer. Depuis aussi, ils sont redevenus amis, mais cela ne lui convient pas. Il est marqué au fer rouge par l’amour pour sa femme.

Station République. Deux hommes, Mario et Rudolf, attendent le métro, côte à côte. Ils se lèvent d’un seul geste à l’arrivée de la rame. Ils s’assirent côte à côte, et juste avant que les portes ne se ferment, une bande de skinheads débarque. Les mots fusent, on parle de noirs, de pédés, d’extrême droite et Rudolf, en sortant, lance un baiser volant en leur donnant rendez vous à la Gay Pride du lendemain.

Le lendemain, c’est la Gay Pride, avec ses musiques rythmées, ses couleurs chatoyantes et ses danses ensorcelées. Cette année, le mariage pour tous a augmenté l’animosité des uns envers les autres. La société a oublié le mot tolérance.

Eduardo, amoureux transi, va connaitre la mort et son corps va être balancé à l’eau. Alors que Bompard sort du cinéma avec Mathilde, on l’appelle et on lui signale un meurtre en plein défilé de Gay Pride. Voilà deux affaires de meurtres à résoudre pour Bompard et son équipe.

Comme dans les deux premiers romans, nous retrouvons Chrétien Bompard. Alors que dans le premier, il apparaissait sous les traits d’un homme bourru en colère, et que dans le deuxième, il était plus calme, nous retrouvons ici un commissaire déprimé. La perte de sa femme, émotionnellement, est un coup dur pour lui. A tel point que cela le hante et qu’on retrouve ce sentiment de nombreuses fois dans le livre.

On retrouve aussi son coté bordélique, ce qui est un enchantement pour nous, lecteurs. Il va à droite, va à gauche, organise des brainstormings avec son équipe, qui n’ont ni queue ni tête, dérivant sur des choses qui n’ont rien à voir avec le sujet de départ. Ces moments de délire sont du pur plaisir.

Sinon, j’ai trouvé ce roman plus compliqué à suivre que les autres. Les personnages sont nombreux, et il fait attendre quelques dizaines de pages pour s’y retrouver. L’enquête part dans tous les sens pour arriver à un dénouement bien trouvé, certes, mais que j’ai trouvé bien tortueux. Certes, Catherine Bessonart aborde des sujets importants, la tolérance des uns envers les autres, mais je dois dire que ce roman n’est pas mon préféré. En tous cas, les fans vont bien s’amuser ; pour ceux qui veulent découvrir Chrétien Bompard, il vaut mieux commencer par sa première enquête.

 L’avis de Garoupe est ici

Red Fury de George Pelecanos (Calmann Levy)

Retour dans les années 70 pour George P.Pelecanos, avec un polar de bonne facture, qui reprend son personnage récurrent de Derek Strange. Ce qui est sur, après cette lecture, c’est que l’on sent que l’auteur s’est bien amusé.

Washington, 1972. Une jeune femme débarque dans le bureau de détective privé de Derek Strange, et lui demande de retrouver une bague qui vraisemblablement n’a d’autre valeur qu’une valeur sentimentale. Elle lui annonce que la bague lui a été volée par un revendeur de drogue, Bobby Odum.

Justement, quelque temps auparavant, Robert Lee Jones débarque dans sa Fury rouge et blanche, accompagné de sa compagne Coco Watkins. Il ne croit en rien, tue pour le plaisir et pour l’argent. Il débarque chez Odum, le tue et lui prend la drogue et la bague.

L’inspecteur Vaughn va enquêter sur ce meurtre, qui va s’avérer être le premier d’une sanglante série, puisque Robert Lee Jones dit Red va suivre un itinéraire marqué de sang et de violence. Il faudra que Vaughn et Strange travaillent de concert pour arriver à mettre un terme à ces massacres.

C’est une vraie bouffée de nostalgie que ce roman. On se retrouve plongé au cœur des années 70, à suivre l’itinéraire d’un tueur qui n’a d’autre motivation que de laisser une trace dans l’histoire, et de préférence sanglante. Et l’auteur s’amuse à nous faire suivre une bague qui, en fait, n’est pas le centre de son intrigue. C’est aussi une nostalgie pour les fans de Pelecanos, au sens où il reprend un de ses personnages récurrents, Derek Strange, que l’on a pu suivre dans 4 romans que sont Blanc comme neige, Tout se paye, Soul circus, et Hard revolution (qu’il faut que je lise !).

Si l’intrigue est simple, ce n’est clairement pas la raison qui vous poussera à lire ce roman, mais plutôt cette façon si personnelle que Pelecanos a de peindre sa ville et ses habitants. Comme à son habitude, il parsème son intrigue de petits détails qui imprègnent le lecteur de cette ambiance un peu décadente que furent les années 70. C’est aussi une sorte d’annonce de l’avenir qui arrive avec l’arrivée de la drogue en masse, entre autres.

Et même si l’auteur insiste un peu trop souvent sur les pantalons Pattes d’eph’, s’il insiste sur les titres des chansons à succès de l’époque, je le trouve plus efficace quand il évoque certains résultats sportifs ou juste des habitudes que nous avons perdues comme discuter dans un bar avec des inconnus, ou bien certaines marques de voitures.

Je ne vais pas vous dire que c’est le meilleur Pelecanos, mais il fait partie de ces livres qui peuvent permettre à beaucoup de découvrir son univers et sa façon si personnelle de planter un décor, et de faire vivre des personnages, cette facilité à nous bercer avec ce style si facile (en apparence). Et puis, surtout, on sent tout le plaisir qu’il a eu à revenir en arrière, à faire revivre un de ses personnages, comme un retour aux sources, mêlé de nostalgie.

Ne ratez pas l’avis de l’ami Vincent, grand fan de Pelecanos ici

L’information du mardi : Envie de polars ?

Du lourd, du très lourd aujourd’hui pour les idées de polars. Jugez donc :

Les producteurs de Antoine Bello (Gallimard)

Producteurs

Pour ceux qui ont adoré les falsificateurs et les éclaireurs, voici le troisième volume des aventures de Sliv.

Sliv Dartunghuver vient d’accéder aux instances dirigeantes du Consortium de Falsification du Réel, organisation secrète internationale qui s’efforce de maintenir une harmonie relative sur la planète en construisant de toutes pièces les légendes dont l’humanité a besoin. Or le CFR est dans la tourmente, menacé par la divulgation de documents internes et décrédibilisé par plusieurs échecs (dont la création d’Al-Qaida, pure fiction née des cerveaux des falsificateurs du CFR dans le but de faire comprendre au monde la menace de l’extrémisme islamiste). Avec l’aide de ses amis Youssef et Maga, et de la belle et redoutable Lena, Sliv se lance dans une série de mystifications toujours plus audacieuses, qui l’entraînent de Hollywood à Hong Kong, de Sydney à Veracruz, et jettent un jour nouveau sur l’élection d’Obama, l’épidémie de grippe H1N1 et la découverte d’une fascinante cité maya. La jubilation de l’auteur à échafauder des scénarios vertigineux transparaît à chaque page de ce récit à la fois divertissant et profond.

Les variations fantômes de Régis Descott (Jean Claude Lattès)

Variations fantomes

Parution en avril 2015-04-14Ça commence par des claquements de portes. Des coups frappés contre les murs, un piano qui joue tout seul. À l’Etoile, vieux château perdu au fond des bois, les morts ne reposent pas en paix.

Pour le propriétaire, Philippe Wolf, riche financier habitué à ce que rien ne lui résiste, l’esprit qui le harcèle va devoir se soumettre – ou disparaître.

C’est, le temps d’un week-end, la mission du Dr Morel, psychanalyste devenu médium, et de ses six apprentis aux dons mystérieux. Leila, l’infirmière discrète, la belle Vicky, agent immobilier dans le civil, Luca, le cuisinier italien, ou encore Serge, le pianiste solitaire. Ensemble, ils vont devoir comprendre ce qui s’est passé entre ces murs. Mais, à mesure que les indices s’accumulent, il devient de plus en plus difficile d’échapper à leur emprise.

Le vieux médecin pouvait-il ignorer dans quel labyrinthe il entraînait ses élèves ? Vaste jeu de miroirs, théâtre d’ombres et d’illusions, ce château est une étoile noire, qui n’a rien perdu de son pouvoir d’attraction. Il ne faudra qu’une étincelle pour l’embraser tout entière.

Ombres sombres – Tome 1 de Petruccio DALL’AVA (Verone éditions)

Ombres sombres

Ouvrir le premier tome d’Ombres sombres, c’est se replonger dans l’insouciance de la fin des années soixante-dix.

Jour après jour, Paul fait le récit de son quotidien. Le jeune homme est un collégien comblé entre sa passion pour la paléoanthropologie et ses amours secrètes avec sa petite amie.

Son monde s’effondre le jour où un nouvel élève intègre sa classe. S’en suit une véritable descente aux enfers et Paul devient le bouc émissaire de ses camarades. Confronté au harcèlement, aux moqueries et à la violence gratuite, il s’enferme peu à peu dans le mutisme.

Dans une impasse, sa soif de vengeance devient alors une véritable obsession. Il va tout sacrifier pour atteindre son objectif, quitte à renoncer à ses rêves et ses désirs.

Avec Ombres Sombres, Petruccio DALL’AVA propose un récit coup-de-poing où l’on comprend que nos choix et nos décisions passées sont essentiels pour notre futur.

L’étrange histoire de l’ours brun abattu dans les quartiers espagnols de Naples de Antonio Menna (Liana Levi)

Au concours du titre le plus long, ce roman pourrait bien remporter la palme. Au concours du roman le plus drôle, il serait assurément bien placé. Alors que nombre de romans aux titres les plus farfelus les uns que les autres déferlent sur les linéaires des libraires, ce roman de Antonio Menna pourrait bien passer inaperçu. Ne vous y trompez pas, c’est un excellent roman qui vous fera passer par toutes les émotions possibles et imaginables.

Tony Perdudo est journaliste free-lance, quoique ! C’est plutôt un journaliste bas de gamme, à qui on demande de remplir les colonnes des chiens écrasés. D’ailleurs, en général, son nom est remplacé et son article réécrit. Ce matin là, à cinq heures du matin, il sort de chez lui pour se promener car il souffre d’insomnies. En plein milieu de la via Speranzella, il découvre un ours brun allongé.

Après quelques observations, il doit se rendre à l’évidence que l’ours est mort. Le petit quartier s’éveille doucement, et l’information circule vite. Il appelle son rédacteur en chef, qui lui demande de trouver un scoop sur cet ours brun, mort en pleine rue de Naples. Alors, il interroge les voisins, s’étonne que personne n’ait rien vu, rien entendu. Tony se demande ce qu’il va bien pouvoir trouver.

Du coté de la police, rien à signaler. Du coté des pompiers, rien à signaler. Il ne lui reste plus que son amie Marinella, qui est docteur. C’est elle qui autopsie la bête. Les premières constatations sont étranges : L’ours brun a été abattu de trois balles : deux dans le torse et une dernière en pleine tête. Cette méthode de meurtre correspond à ce que fait la mafia napolitaine pour punir les traitres. Tony tient son scoop. Il devrait se satisfaire de cette information mais de nombreux rebondissements vont l’obliger à se plonger dans cette enquête.

Il faut bien l’admettre, quand on suit une histoire, un personnage au profil de loser nous est forcément sympathique. Quand, en plus, il a de l’humour, le lecteur que je suis ne peut que se passionner pour ce qui va lui arriver. Le personnage de Tony Perdudo (dont le nom est proche de perduto qui veut dire perdu) est de ce point de vue exemplaire. La façon de raconter ses aventures est si réaliste que nous ne pouvons que courir après lui, en cherchant à comprendre cette histoire surréaliste et complètement loufoque.

Parmi les arguments de poids pour ce roman, il y a l’intrigue, qui va de rebondissements en rebondissements, qui nous balade d’une piste à une autre, sans que Tony ne soit jamais le maitre de la situation. A chaque fois qu’une hypothèse est avancée, tous les arguments font office de preuves, et la police est bien pressée de clore ce dossier qui finalement ne rime à rien. Et à chaque fois, une nouvel événement tombe qui replonge Tony au centre de cette enquête sans qu’il en soit l’instigateur. En ce sens, c’est très drôle, et surtout, on a l’impression d’être baladé comme une boule de flipper.

L’autre aspect que j’ai adoré est la description du quartier napolitain et de ses habitants. Antonio Menna fait la part belle aux personnages secondaires, et l’air de rien, nous présente subtilement des aspects de la vie quotidienne d’un petit quartier. De la concierge qui fait attention à tout aux étrangers qui transitent des paquets douteux, de la menace de la mafia aux policiers très indulgents, tous en prennent pour leur grade, sans pour autant que l’auteur adopte un ton agressif.

Et puis, il y a la fin, les cinquante dernières pages, qui une nouvelle fois font basculer l’intrigue vers une tension insoutenable. Ces dernières pages là, vous êtes obligés de les lire d’un coup. Et ceux qui ont peur du noir vont être servis. C’est aussi pour cela que j’ai adoré ce livre, cette facilité qu’a l’auteur d’aborder plusieurs genres, de jouer avec les codes pour finalement nous passionner quelque soit ce qu’il raconte. Ça doit être ça, le talent de conter une histoire, et Antonio Menna est un sacré conteur.

Ce roman a fait l’objet d’un coup de coeur de la part de l’ami Claude ici

Aller simple pour Nomad Island de Joseph Incardona (Seuil)

Dernière production en date de Joseph Incardona, l’auteur de Trash Circus entre autres a pour habitude de varier les plaisirs et de nous immerger dans des histoires qui, forcément, interpellent. Celle-ci ne fait pas exception à la règle.

Iris Jensen vient, en ce mois d’aout, de quitter le site du club Med. Elle est à la recherche d’un lieu de villégiature pour des vacances improvisées, car elle en a bien besoin. C’est alors qu’elle reçoit un mail, qui colle exactement à ses attentes :

Oubliez ce que vous savez des vacances,

L’ile de vos rêves vous aime déjà, Iris.

« Nomad Island Resort »

Voici donc notre gentille famille suisse en route vers cette ile, perdue au milieu de l’océan indien. Sont du voyage son mari Paul, un as de la finance, et ses deux enfants Lou, une adolescente pressée de découvrir les joies du monde adulte, et Stanislas le petit dernier qui vit dans les jupes de ses parents. Alors que le voyage est long mais se déroule sans soucis, l’arrivée est décevante car ils arrivent dans un aéroport qui ressemble plus à un hangar, et personne n’est là pour les accueillir.

Quand un autochtone arrive enfin, après une heure d’attente, les voilà partis pour un trajet dans une voiture … âgée. Le trajet est quelque peu mouvementé, et ils manquent même de dévaler un ravin. Ils arrivent enfin devant un grillage, qui selon Mike, le bellâtre qui leur explique leur séjour, est sensé les protéger de l’extérieur. Ces petits événements ne sont rien en comparaison de ce qu’ils vont vivre durant cette semaine de repos.

De Joseph Incardona, on doit s’attendre à un livre particulier … et c’en est un. On aurait pu s’attendre à un roman humoristique, et il y avait de quoi faire. Mais cela aurait pu paraitre trop facile et peut-être déjà fait. On aurait pu aussi s’attendre à une belle critique ou dénonciation de ces séjours pour gens aisés tous frais compris mais cela aurait été du déjà lu ou vu. Alors Joseph Incardona, après une introduction qui attise la curiosité, nous imagine un monde hors du temps.

Effectivement, on n’y trouvera pas d’intrigue policière, mais plutôt un portrait d’une famille aisée, qui croit que tout lui est du. Puis, cela se transforme en roman mystérieux, car on se demande ce qui s’y passe dans ce camp. Puis, cela devient un roman d’aventures quand il s’agit de s’échapper de ce camp qui s’avère une prison d’un genre très particulier. Enfin, cela se continue sur un registre de genre fantastique.

Sans vouloir dévoiler l’intrigue, j’ai l’impression que Joseph Incardona a voulu rendre hommage aux séries d’antan, qui avec une intrigue simple, arrivaient à tenir le téléspectateur en haleine avec des épisodes tous plus fous les uns que les autres. C’est d’ailleurs ce qu’arrive à faire l’auteur, arriver à semer l’incertitude, instiller quelques touches vicieuses, passer d’un personnage à l’autre tout en nous maintenant dans une incertitude grandissante quant au dénouement final. C’est un roman hybride qui oscille entre différents genres, original, très bien construit qui va à la fois vous mettre mal à l’aise et vous dérouler une histoire où finalement, le paraitre est bien loin de l’être, un sympathique divertissement en somme.

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