Red Fury de George Pelecanos (Calmann Levy)

Retour dans les années 70 pour George P.Pelecanos, avec un polar de bonne facture, qui reprend son personnage récurrent de Derek Strange. Ce qui est sur, après cette lecture, c’est que l’on sent que l’auteur s’est bien amusé.

Washington, 1972. Une jeune femme débarque dans le bureau de détective privé de Derek Strange, et lui demande de retrouver une bague qui vraisemblablement n’a d’autre valeur qu’une valeur sentimentale. Elle lui annonce que la bague lui a été volée par un revendeur de drogue, Bobby Odum.

Justement, quelque temps auparavant, Robert Lee Jones débarque dans sa Fury rouge et blanche, accompagné de sa compagne Coco Watkins. Il ne croit en rien, tue pour le plaisir et pour l’argent. Il débarque chez Odum, le tue et lui prend la drogue et la bague.

L’inspecteur Vaughn va enquêter sur ce meurtre, qui va s’avérer être le premier d’une sanglante série, puisque Robert Lee Jones dit Red va suivre un itinéraire marqué de sang et de violence. Il faudra que Vaughn et Strange travaillent de concert pour arriver à mettre un terme à ces massacres.

C’est une vraie bouffée de nostalgie que ce roman. On se retrouve plongé au cœur des années 70, à suivre l’itinéraire d’un tueur qui n’a d’autre motivation que de laisser une trace dans l’histoire, et de préférence sanglante. Et l’auteur s’amuse à nous faire suivre une bague qui, en fait, n’est pas le centre de son intrigue. C’est aussi une nostalgie pour les fans de Pelecanos, au sens où il reprend un de ses personnages récurrents, Derek Strange, que l’on a pu suivre dans 4 romans que sont Blanc comme neige, Tout se paye, Soul circus, et Hard revolution (qu’il faut que je lise !).

Si l’intrigue est simple, ce n’est clairement pas la raison qui vous poussera à lire ce roman, mais plutôt cette façon si personnelle que Pelecanos a de peindre sa ville et ses habitants. Comme à son habitude, il parsème son intrigue de petits détails qui imprègnent le lecteur de cette ambiance un peu décadente que furent les années 70. C’est aussi une sorte d’annonce de l’avenir qui arrive avec l’arrivée de la drogue en masse, entre autres.

Et même si l’auteur insiste un peu trop souvent sur les pantalons Pattes d’eph’, s’il insiste sur les titres des chansons à succès de l’époque, je le trouve plus efficace quand il évoque certains résultats sportifs ou juste des habitudes que nous avons perdues comme discuter dans un bar avec des inconnus, ou bien certaines marques de voitures.

Je ne vais pas vous dire que c’est le meilleur Pelecanos, mais il fait partie de ces livres qui peuvent permettre à beaucoup de découvrir son univers et sa façon si personnelle de planter un décor, et de faire vivre des personnages, cette facilité à nous bercer avec ce style si facile (en apparence). Et puis, surtout, on sent tout le plaisir qu’il a eu à revenir en arrière, à faire revivre un de ses personnages, comme un retour aux sources, mêlé de nostalgie.

Ne ratez pas l’avis de l’ami Vincent, grand fan de Pelecanos ici

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10 réflexions sur “ Red Fury de George Pelecanos (Calmann Levy) ”

  1. Je partage tout à fait ton enthousiasme pour ce roman de Pelecanos, en forme de madeleine de Proust. Le plaisir d’y retrouver des personnages perdus de vue…
    Et même si comme tu le dis, ce n’est pas son meilleur roman, ça reste tout de même un incomparable plaisir de lecture. 🙂

    Aimé par 1 personne

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