Missing : New York de Don Winslow (Seuil)

Don Winslow, c’est l’auteur du chef d’œuvre La griffe du chien. Et quand on a lu ce fantastique roman, on reste marqué à vie … et on devient fan de l’auteur. Alors, à chaque fois que sort un roman de Don Winslow, je me jette dessus. Certes, il y a en a de bons et de moins bons, ou du moins, des romans que j’apprécie et d’autres moins. Par exemple, Savages est un extraordinaire roman qui allie le sujet et le style totalement innovant à base de phrases ultra courtes. A coté de ça, je suis plus hermétique envers ses deux romans mettant en scène les surfers de la cote Est des Etats Unis (La patrouille de l’aube et L’heure des gentlemen).

Don Winslow a commencé sa carrière avec un personnage récurrent, Neal Carrey. Si je ne les ai pas tous lus (ou du moins je crois), je me rappelle lors d’une de ses enquêtes avoir passé un excellent moment de lecture. Il faudrait d’ailleurs que je les relise, pour voir. Avec Missing : New York, Don Winslow nous présente un nouveau personnage, Frank Decker, et on ne souhaite qu’une chose, c’est de le retrouver bientôt dans de nouvelles enquêtes. Car on y croit à fond, et on le suit les yeux fermés.

Frank Decker est un ancien soldat, revenu d’Irak, devenu policier à Lincoln. Quand il est appelé chez les Hansen, au départ, il ne s’agit qu’une affaire de disparition de plus. La petite Hailey, jouait dans le jardin. Le temps que sa mère aille chercher une cigarette dans la maison, la petite avait disparu.

Quelques heures. C’est le temps que les policiers ont pour la retrouver saine et sauve, selon les statistiques. Forcément, on soupçonne la mère, une engueulade qui a mal tourné. Mais la mère Cheryl semble accablée, inquiète. Et les policiers ne trouvent rien.

24 heures, c’est ce que les statistiques disent pour avoir plus de 50% de chances de la retrouver. On ne trouve rien dans le quartier, rien dans les environs. L’ancien mari de Cheryl semble écarté. Les policiers commencent à douter. Les battues dans les environs commencent. Rien, toujours rien.

Au bout de quelques mois, seul Frank Decker y croit encore. Il a donné sa parole à Cheryl. Il démissionne de la police et part avec ses économies, laissant derrière lui sa femme. Sa traque durera plus d’une année.

Quand un auteur sort un chef d’œuvre, on lui reste fidèle. En tous cas, c’est mon cas. Et ce nouveau roman fait partie des bons crus de Don Winslow, des très bons crus même. Il nous présente un nouveau personnage, et la mention en quatrième de couverture laisse augurer qu’il sera récurrent. Et je ne dirai qu’une chose : tant mieux ! Car c’est un personnage buté, obsédé, et droit. Il n’est pas tout blanc, loin de là, mais au moins, il s’est donné une ligne de conduite, il s’est fixé un objectif, et rien ne pourra se mettre en travers de son chemin.

Le fait que Frank Decker soit un ancien de la guerre d’Irak n’est pas un trait principal de ce roman. Certes il en parle, de temps en temps, mais cela lui sert plus comme expérience dans certaines situations que comme souvenir lancinant. En tous cas, l’auteur nous évite les écueils de nous seriner des images de cette guerre. Frank Decker est un obsédé, de ceux qui aiment le travail bien fait, et il va creuser toutes les pistes.

On pourrait trouver dans ce roman trois parties. La première est la recherche de Hailey, et ce compte à rebours déprimant, ces minutes qui passent, ces heures qui défilent et on ne retrouve toujours rien. La deuxième partie est la dérive de Frank, celle où il s’enfonce dans l’Amérique profonde, errant de village en station à essence, laissant désespérément des photos sur des sites internet spécialisés de personnes disparues. La troisième concerne l’arrivée de Frank à New York, la grosse pomme, pourrie pour l’occasion. D’ailleurs la ville n’a jamais aussi bien porté son nom, avec une peau immaculée, ne laissant pas voir les perversions qu’elle peut cacher.

Don Winslow aurait pu en faire des tonnes, nous abreuver de détails glauques et dégoutants. Il préfère utiliser un style efficace, et faire avancer son intrigue dans un style journalistique. Ainsi, la ville est décrite par une visite réalisée par un flic qui va aider Frank. Et ce qu’on va y apprendre n’est définitivement pas joli à voir. Mais aux Etats Unis, l’apparence prime sur tout le reste. La ville doit être belle et le coté sale se cache.

Vous ne saurez pas comment le roman se termine ; d’ailleurs il peut se terminer bien ou mal. En fait, Don Winslow se donne toutes les cartes en main, pour choisir au dernier moment comment il va tourner le fil de l’histoire. En tous cas, ce roman montre tout le talent de son auteur et ne nous donne qu’une envie, c’est de retrouver Frank Decker dans une prochaine enquête. Merci M. Don Winslow.

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15 réflexions sur “ Missing : New York de Don Winslow (Seuil) ”

  1. Je ne connais pas du tout cet auteur mais j’aime beaucoup ce genre de personnage et comme j’ai la chance de tomber sur la première apparition de Frank, je vais me laisser tenter! Une question? Est-ce que la Griffe du chien est un one shot? Parce qu’à te lire, il semble incontournable!

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    1. La griffe du chien est un one shot. Je pourrais t’en parler pendant des heures. Sache juste qu’à travers le combat entre 2 clans (l’un des clans est mexicain et trafiquant de drogue et l’autre américain et douanier), Don Winslow décrit 30 années de politique de pseudo lutte contre le trafic de drogue. C’est un livre de fou, qui a une puissance et un souffle rare, incroyable, énorme, gigantesquissime. C’est un livre que l’on n’oublie pas, que l’on ne peut pas oublier. Voilà

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