Chronique virtuelle : L’Alicanto de Amadeo Alcacer (Santa Rosa)

Voici un premier roman très intéressant, dont j’ai beaucoup apprécié la force de l’intrigue et sa façon de la mener.

Quatrième de couverture :

À Buenos Aires, le cadavre mutilé d’une jolie serveuse est retrouvé à son domicile. En sept mois, six autres jeunes femmes ont disparu dans des circonstances similaires. Le capitaine argentin Marquez sollicite l’aide de ses collègues de Santiago, car le meurtrier aurait commencé à sévir là-bas.

L’enquête est donc confiée à l’inspecteur Diego Alandia, un ancien soldat au passé sordide, qui subit sa vie plus qu’il ne la gère. Dans sa traque, il devra affronter un tueur particulièrement manipulateur : l’Alicanto.

L’assassin met en scène ses crimes comme autant d’œuvres d’art, tout en narguant la police à travers ses écrits. Son narcissisme est connu de tous car le criminel se sert de la tribune d’un journal pour revendiquer ses nombreux meurtres.

Les personnages ambigus se jaugent et se croisent, pour aboutir à une suite de revirements des plus inattendus. Ivres de haine et de folie, ils suivront ensemble la même quête de vengeance et de destruction.

S’inspirant de faits réels, Amadeo Alcacer, nous livre ici un récit nerveux, emporté par une trame complexe et remarquablement construite.

Mon avis :

Pour un premier roman, cette lecture s’avère intéressante. Car la construction n’est pas forcément la plus abordable, et on y trouve une réelle ambition aussi bien dans la forme que dans le fond. Car si l’intrigue est béton, on ne peut pas rester insensible à la qualité de l’écriture, dont la fluidité et la justesse d’évocation sont les principales qualités. Je parlais d’ambition, et c’est le mot juste quand un auteur décide de situer son roman dans un pays étranger. Je ne sais pas si Amadeo Alcacer connait le Chili ou l’Argentine, mais il faut beaucoup de courage pour inventer de telles situations.

On peut diviser ce roman en deux parties, voire presque trois. La première nous présente Alandia, flic chilien, détaché auprès de la police argentine pour mettre fin aux agissements d’un tueur en série, qui a priori a fait ses premières armes au Chili. L’auteur ne cherche pas à faire de Alandia un super héros, ni un déprimé. C’est un flic normal qui donne beaucoup à son travail et qui néglige sa vie de famille. Sa passion l’aveugle, et il trouve que ses collègues argentins sont mous du genou. La narration est à la deuxième personne du singulier, et cette distanciation par rapport au personnage, par ailleurs fort, m’a gêné. J’aurais préféré une narration qui m’aurait permis une identification ou tout du moins une immersion plus forte.

Puis, après avoir dépassé la moitié du roman, on passe au tueur. Là, la narration passe à la première personne du singulier. Cette partie est tout simplement passionnante, même si elle nous donne le nom du coupable. Et je me demande si une narration alternée entre le flic chilien et le tueur n’aurait pas donné plus de force au roman. Il n’empêche que l’on est réellement pris par ce roman et que l’on débouche sur un final … je ne vous dis rien !

C’est donc un roman intéressant, qui démontre tout le potentiel que l’on peut attendre de cet auteur. En tous cas, son roman est en vente en ebook à moins de 3 euros, et pour ce prix là, il ne faut pas hésiter.

http://www.amazon.fr/LALICANTO-Thriller-Amadeo-ALCACER-ebook/dp/B00JV58E5S

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