La rascasse avant la bouillabaisse de Gilles Del Pappas (Lajouanie)

Allez savoir pourquoi, je n’avais jamais lu de roman de Gilles Del Pappas. Et pourtant, ce n’est pas un débutant puisqu’il a publié plus d’une vingtaine de romans, et a voyagé pour porter la bonne parole de la création littéraire dans plusieurs pays. Et cette Rascasse est un roman d’aventures, noir, mais aussi humoristique dans lequel on rit … jaune.

Robert dit Bob tient enfin sa vengeance. Il planque devant une maison d’apparence tranquille, où va se dérouler une partie de poker clandestine, dans un quartier résidentiel de Marseille, sa ville. Ils sont cinq à se réunir ; il y a un notaire, un promoteur immobilier, un truand, une femme à la tête d’un réseau d’escort girls et un cinquième homme, la cible.

Cela fait vingt ans qu’il est parti de Marseille, pour éviter de se faire prendre, suite à un mauvais coup qui a entrainé la mort d’un flic. Alors, il traverse l’Atlantique, en clandestin, direction la Martinique. Puis, profitant d’un voilier de touristes, il reprend son bagage pour la Guyanne. Là bas, il y rencontre dans un bar un Bordelais qui lui propose de lui faire visiter l’ile. Cet homme affable se nomme Guy Descombe et lui propose une balade dans la jungle, en compagnie d’un guide. Ils tombent bientôt sur un camp d’orpailleurs et Bob découvre une autre facette de Guy : Il est violent et totalement hors contrôle. Guy s’arrange pour tuer des chercheurs d’or, voler une sacoche pleine d’or et finit même par assassiner leur guide.

Même si Bob devient riche du jour au lendemain, il se retrouve avec une compagnie dont on se passerait bien. Car Guy peut se montrer fort sympathique comme le pire des assassins. Ils sont évidemment obligés de quitter la Guyane et traversent donc le fleuve pour se retrouver au Surinam.

Ce roman se retrouve au croisement de différents genres et déroule avec une facilité déconcertante une intrigue se déroulant sur une vingtaine d’années. En fait, l’auteur passe de scènes en scènes sans particulièrement insister sur un repère Temps, mais en additionnant des scènes émotionnellement fortes ce qui nous fait ressentir beaucoup de sympathie envers un personnage qui est finalement un truand qui peut même se montrer violent et sans pitié.

Quand je parle de rencontres entre les genres, le sujet est emprunté au roman policier, le décor au roman d’aventures et le style au roman noir. Ce mélange est une vraie réussite, c’est du pur plaisir car cela va vite, et le talent de l’auteur suffit en quelques mots à nous dessiner un paysage exotique.

La même efficacité se retrouve aussi dans la psychologie des personnages. On se retrouve avec un Bob qui ne s’intéresse qu’à lui, et qui présente Guy tel qu’il le voit. Cela nous montre un homme extrêmement naïf, qui forcément va subir beaucoup de déceptions et connaitre beaucoup de désillusions.

Surtout, on se retrouve avec un roman qui se lit vite, et qui nous plonge dans l’aventure, si bien que l’on ne se pose jamais de questions. On est totalement immergé dans ce qui arrive à Bob, et je dois dire que j’ai adoré me laisser balader durant toute cette aventure, qui nous balade de Marseille à la Guyane, en passant par le Brésil ou même Barcelone. En fait, l’air de rien, Gilles Del Pappas nous fait faire une moitié de tour du monde en moins de 300 pages, on aura visité la jungle équatoriale, les quartiers marseillais, les palaces parisiens, les ruelles barcelonaises, tout ça en mélangeant des scènes d’action et des scènes intimes, et on en redemande. D’ailleurs, il se pourrait bien que je le relise, tant j’ai apprécié cette lecture. C’est un excellent polar.

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19 réflexions sur « La rascasse avant la bouillabaisse de Gilles Del Pappas (Lajouanie) »

    1. Je n’ai pas encore fait mon choix, mais tous mes billets sont écrits. Et j’ai bien envie de donner un coup de pouce aux éditions Lajouanie. Je vais y réfléchir. J’ai vu aussi que tu as donné un coup de coeur au roman de Jérémy Bouquin, ce qui montre leur excellent choix. Amitiés

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  1. Déjà lu plusieurs de DelPappas, dont j’ai oublié les titres. Peut-être bien une histoire de congre, et de girelles… De poissons, quoi…
    J’aime bien son côté méridional… Du noir, et de l’humour, noir aussi bien sûr…

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  2. Hé bien, me voilà joyeusement contraint d’ajouter ce titre alléchant à ma liste de desiderata. Tu n’as aucune pitié, mon ami Pierre.

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