Burn out de Didier Fossey (Flamant noir)

C’est après la rencontre avec l’auteur lors du dernier salon du livre de Paris que je me suis décidé à lire ce livre. Car une sorte de courant est passée, juste dans sa façon de parler, ou bien dans son regard … bref, j’y ai trouvé une humilité qui m’a donné envie de découvrir l’univers de Didier Fossey, sans même savoir de quoi il retournait. En un mot, passionnant, ce roman est passionnant.

Le roman s’ouvre sur des extraits d’articles de journaux, évoquant les suicides des policiers. Puis, on entre dans le vif du sujet. Bienvenue dans le groupe du Commandant Boris Le Guenn. Ancien Parachutiste, agé de 49 ans, c’est un bon meneur d’hommes. Ils sont 6 dans le groupe : Frederique Belvet, la seule femme du groupe, experte en filature ; Marco et Dédé sont les deux fortes gueules ; Guillaume a des problèmes de couple et Antoine Furlon vit le parfait amour avec une fonctionnaire de police.

Cette nuit là, la BAC du 20ème arrondissement est en planque à proximité du cimetière du Père Lachaise. La restriction des budgets fait que la brigade de répression des trafics des œuvres d’art leur a confié une affaire de vols de statues mortuaires. Ils sont 3 : Romain le chauffeur, Frank l’ancien et Manu. Manu a une envie pressante, alors il se cherche un endroit calme. Quand les autres ‘inquiètent de son absence, ils foncent dans le cimetière et le trouvent à terre, poignardé par un tournevis.

Il faut dire qu’il y a de l’argent à se faire, à voler de véritables œuvres d’art. Dubreuil est un ancien entrepreneur de BTP qui s’est reconverti dans la réinsertion de criminels. Avec Sergueï, il organise ces vols. L’assassinat d’un flic va changer la donne. Il faut se débarrasser de la camionnette … et des deux complices par la même occasion.

Je m’arrête là, en qui concerne le résumé des premières pages, car c’est un roman à plusieurs personnages que l’on va découvrir, avec une intrigue aux multiples rebondissements. Et je dois dire que j’ai été époustouflé par la maitrise de ce roman. En fait, l’auteur a trouvé un équilibre entre l’action, l’enquête et la psychologie des personnages. Cela en fait un roman passionnant, et surtout, l’immersion est totale dans ces équipes de flics. A la limite, les chapitres consacrés à Dubreuil et sa bande de voleurs nous permet presque de souffler un peu.

Car, je ne sais pas pourquoi, mais je l’avais déjà remarqué à la lecture de Beau temps pour les couleuvres de Patrick Caujolle, édité par les éditions du Caïman, quand un roman est écrit par un ancien policier, il en ressort un ton de vérité, une sorte d’honnêteté dans la description des hommes et des femmes, et quand c’est bien fait, c’est carrément prenant. Pour autant, ne croyez pas que cela soit fait à la façon d’un reportage, c’est bien à un roman auquel on a affaire, avec une intrigue béton, implacable.

Il n’empêche que ce que l’on retiendra de ce roman, c’est bien ces écorchés de la vie, ces êtres confrontés au pire et qui, par passion pour leur travail, vont se pencher sur la ligne qui sépare la folie de la passion. Deux personnages sont remarquables et vont hanter ces pages : Guillaume, en situation de burn-out, cherche un équilibre entre sa vie professionnelle et sa vie personnelle. Quand sa femme s’en va, il bascule, il tombe, sans aucune possibilité de retour. Frank, lui, qui est pourtant un vieux de la vieille, va être marqué par l’assassinat de Manu, son collègue, et va mener sa propre enquête.

Ce roman aborde clairement la difficulté du travail de flic, mais aussi tous les à-côtés qui compliquent encore leur tache. De la hiérarchie qui clairement ne sait pas « manager » ses hommes, des décisions politiques qui visent à réduire les budgets, des relations entre services, tous ces sujets sont abordés tout au long de l’intrigue sans venir alourdir le propos. De la même façon que j’avais adoré le roman de Patrick Caujolle, j’ai adoré le roman de Didier Fossey. Car cette lecture est plus qu’un divertissement, c’est instructif, c’est passionnant. Je ne pense pas que le but de l’auteur soit de donner des leçons, il est juste un témoin qui montre un état de fait. Il ne prend pas partie mais montre une situation inacceptable. Et quand, en plus, l’intrigue est très bien menée, cela fait de Burn-out un livre à découvrir, à lire.

L’information du mardi : Envie de polars ?

Cette semaine, c’est la sortie de Perfidia de James Ellroy (Rivages). A coté de cette énorme sortie, il y a d’autres livres qui vous attendent :

 

Une fille parfaite de Mary Kubica (éditions Mosaïc)

Une fille parfaite

« Je la suis depuis plusieurs jours. Je sais où elle fait ses courses, où elle travaille. Je ne connais pas la couleur de ses yeux ni comment est son regard quand elle a peur. Mais je le saurai bientôt. »

Incapable de dire non au séduisant et énigmatique inconnu qu’elle vient de rencontrer dans un bar, Mia Dennett accepte de le suivre jusqu’à chez lui. Sans savoir qu’elle vient de commettre une grave erreur. Et que rien, jamais, ne sera plus comme avant.

Suspense psychologique envoûtant, Une fille parfaite possède une écriture affûtée, nerveuse, qui sait faire naître peu à peu une émotion bouleversante. Dans ce récit à trois voix, les apparences sont trompeuses, jusqu’à la révélation finale : un uppercut en plein coeur.

Vous n’oublierez pas Une fille parfaite.

Vous n’oublierez pas Mia.

 

La lune aux Français de Ben Orton (Editions létales)

La lune aux français

Le nouvel épisode de Dari Valko est disponible ici. D’ailleurs, il m’a envoyé ce message :

Même si je sais que les races humaines n’existent pas, j’ai un petit doute concernant une hypothétique race de cons. Parce que dans ce bouquin, j’ai rencontré des spécimens qui auraient fait douter le père Darwin et sa théorie de l’évolution! Des néo-nazis, ma poule. Et du genre pas commode, avec dans leurs cartables tout l’attirail du parfait petit facho : ratonnades, propagande puante et idéaux du moyen âge bête. Heureusement que j’aie pu me détendre un peu en jouant à la dinette avec mon oncle, pour aider un ami restaurateur. Enfin « un ami », si on passe outre le fait qu’il ait oublié de me préciser que son boui-boui se faisait racketter depuis quelques mois!

Donc en plat du jour je te propose une brochette de blaireaux flambée au kérosène ou de la cervelle de moineaux aux pruneaux. Priyatnava appetita!

  1. Valko

 

 

Un agent nommé Parviz de Naïri NAHAPÉTIAN (Editions de l’Aube)

Agent nommé Parviz

« L’Iran vous manque? » demanda-t-elle.

Parviz répondit avec un demi-sourire:

« Je ne peux me poser ce genre de questions, voyez-vous. Car comme je vous l’ai déjà dit,

je suis mort il y a plus de trente ans maintenant. » 

Parviz est un être mystérieux. Les Iraniens le disent mort ; lui se plaît à raconter les circonstances dans lesquelles des hommes aux ordres de Khomeyni l’ont assassiné. Il ­travaillait alors pour la CIA, mais vend désormais son savoir-faire aux services secrets français.

C’est ainsi que Kiana se retrouve à écouter sa confession dans un pavillon impersonnel de banlieue parisienne : il semblerait que son mari, Nasser, un scientifique iranien, ait des choses à cacher. Peu après, Florence Nakash, jeune recrue de la DGSE, est chargée d’une nouvelle enquête : son ami Parviz, celui-là même que l’on disait mort en 1979, a disparu…

Un roman qui nous entraîne au cœur des secrets nucléaires iraniens et des manipulations des services secrets occidentaux pour ralentir l’avènement d’une « bombe islamique ».

Le maitre des nœuds de Massimo Carlotto (Métaillié)

Je me fais un petit plaisir personnel à vous présenter ce roman, car Massimo Carlotto est un de mes auteurs italiens favoris. Et ce sera aussi votre cas quand vous aurez lu Rien, plus rien au monde ou L’immense obscurité de la mort. Bienvenue dans la noirceur de Carlotto.

L’auteur :

Carlotto a été au centre de l’une des affaires judiciaires les plus controversées de l’histoire contemporaine italienne.

Le 20 janvier 1976, une étudiante de vingt-cinq ans, Margherita Magello, est retrouvée morte à son domicile, assassinée par 59 coups de couteau. Massimo Carlotto, étudiant de dix-neuf ans et militant de Lotta Continua, découvre par hasard la victime, ensanglantée et mourante, et se rend chez les Carabiniers pour les avertir; il est alors arrêté et accusé d’homicide.

Au cours du premier procès, il est acquitté pour insuffisance de preuves par la Cour d’assises de Padoue, mais est condamné à 18 ans de réclusion par la Cour d’Appel de Venise, et la peine est confirmée par la Cour de cassation, en 1982. Il s’enfuit alors, d’abord en France puis à Mexico, mais après trois années de fuite il est capturé par la police mexicaine et renvoyé en Italie.

En 1989 la Cour de cassation ordonne la révision du procès, et renvoie les acteurs à la cour d’Appel de Venise, qui le 22 décembre 1990 soulève la question de la légitimité constitutionnelle : la sentence de la Cour Constitutionnelle italienne arrive le 5 juillet 1991, mais entre temps le président du Conseil de remise de peine est parti à la retraite, ce qui nécessite un second procès, au cours duquel Carlotto est condamné à 16 ans de prison.

L’opinion publique prend le parti de Carlotto, et en 1993 le Président de la République italienne Oscar Luigi Scalfaro lui accorde la grâce.

(Source Wikipedia)

Découvert par le critique et écrivain Grazia Cherchi, il a fait son entrée sur la scène littéraire en 1995 avec le roman Il fuggiasco (Le Fugitif, non traduit en français), publié par les éditions E/O, qui a obtenu le prix Giovedì en 1996. Depuis, il a écrit quinze autres romans, des livres pour enfants, des romans graphiques et des nouvelles publiées dans des anthologies.

Ses romans sont traduits dans de nombreux pays; certains ont été adaptés au cinéma. Massimo Carlotto est aussi auteur de pièces de théâtre, scénariste pour le cinéma et la télévision, et il collabore avec des quotidiens, des magazines et des musiciens.

En 2007, il est lauréat du prix Grinzane Cavour – Piémont Noir.

Quatrième de couverture :

Un adepte du sadomasochisme contacte Marco, dit l’Alligator, pour qu’il retrouve son épouse disparue. L’ancien prisonnier et ses acolytes, Beniamino Rossini, vieux truand à l’ancienne, et Max la Mémoire, vieux militant qui recouvre sa passion politique lors du G8 de 2001, vont plonger dans le monde souterrain de la souffrance volontaire, dans le drame des « doubles vies », à la recherche du Maître des nœuds, un tortionnaire qui sait se faire adorer de ses vidimes.

Pour les trois amis, le plus dur ne sera pas de progresser les armes à la main entre bonne société et mafias mais de se retrouver, au bout du monde SM, face à leurs propres souvenirs de prisonniers.

Remarquable comme toujours par sa précision documentaire et son regard implacable sur les plaies sociales, ce roman de Carlotto met une nouvelle fois en scène son enquêteur très particulier, amateur de blues et de calva.

Mon avis :

On retrouve dans ce roman notre groupe de détectives privés particulier, rencontré dans La vérité de l’Alligator. En effet, ce sont trois repris de justice qui ont des méthodes expéditives de mener leurs enquêtes. Je vous donne un exemple : Lors d’un interrogatoire, ils commencent par tirer une balle dans le pied avant de poser la première question. S’il n’y a pas de réponse, une petite balle dans le genou parvient à délier bien des langues. Ils doivent aussi enquêter en sous-marin, en évitant tout contact avec la police … forcément !

Donc, le rythme du bouquin est élevé et le ton politiquement incorrect. Il n’en reste pas moins que le style de l’auteur et sa façon d’aborder son intrigue font que l’équilibre entre action et psychologie des personnages est impeccable, prenant et passionnant.

Derrière son sujet, Massimo Carlotto montre et dénonce les travers de la société italienne. Il y évoque en particulier les tortures faites en prison ou bien les riches hommes d’affaires qui, grâce à leur argent, donnent libre cours à leurs déviances les plus extrêmes, les plus inhumaines, ou bien les exactions que la police se permet pendant les manifestations.

En effet, ce roman se déroule lors du sommet du G8 de Gênes en 2001. C’est une des premières fois où la réaction de la police a ressemblé à une véritable répression digne de la pire des dictatures. Et l’auteur se fait très virulent quand il montre que l’état considère que l’on n’a plus le droit de contester et s’opposer à une de ses décisions unilatérales. C’est en particulier pour cet aspect que ce roman est important, indispensable, remarquable.

Black Novel a 6 ans !

Incroyable mais vrai ! Black Novel a 6 ans !

Quand je me suis lancé dans cette aventure, je n’aurais jamais imaginé que cela durerait si longtemps. Donc, je peux aujourd’hui vous le dire officiellement : Black Novel va pouvoir passer en CP. Black Novel est un grand garçon, qui ne met plus sa couche, et il est tout content de rentrer dans la classe des grands, à savoir la Classe Polar (d’où CP, pour ceux qui ne suivent pas au fond de la classe).

Black Novel a grandi, si on veut, il a surtout déménagé ! Overblog ayant décidé d’ajouter de la pub sans prévenir, il a pris son petit baluchon (600 billets, tout de même, mais il n’est pas riche pour autant) et est parti du coté de WordPress. Et le jour où WordPress mettra de la pub, il s’en ira à nouveau vers de nouveaux horizons. Son papa est bête (très, il y a plusieurs personnes qui peuvent témoigner) et discipliné (un peu !). On ne lui fera pas faire ce qu’il ne veut pas, et on ne lui fera pas avaler de couleuvres !

Black Novel a grandi aussi en ce qui concerne ses rubriques. Vous avez du voir apparaitre un Espace Jeunesse. Vous devriez voir apparaitre une rubrique Espace BD. Et une rubrique Hommage est apparue le mois dernier car il me semblait important de rendre hommage à Abdel Hafed Benotman. Sinon, Black Novel est fidèle à sa ligne directrice : Il défend les livres qu’il aime.

Black Novel ne serait rien sans toutes les personnes qui viennent lui rendre visite. Que vous soyez abonnés, ou simple curieux, soyez en remerciés de le voir grandir. J’en profite aussi pour remercier tous les blogueurs, tous les amis, tous les auteurs, tous les éditeurs et les attachés de presse qui me font confiance. Merci à tous, merci, merci, merci !

Un anniversaire, ce n’est pas un anniversaire s’il n’ y a pas de cadeau. Comme d’habitude, je vous propose donc de gagner un de mes coups de cœur. Je tiens à préciser que ce roman est acheté avec mon argent ce qui m’évite de rédiger un règlement de concours.

Le principe est simple : vous répondez à une question en envoyant un mail à concoursblacknovel@gmail.com. Le ou la gagnante sera contacté (e) par mail pour son adresse postale. La date limite de réponse est le 8 mai 2014 à minuit. Le 10 mai, un billet donnera le nom du gagnant (ou son pseudo). Le tirage au sort sera réalisé par mes enfants.

Cette année, ce sera Hyenae de Gilles Vincent (Editions Jigal). La quatrième de couverture est celle-ci :

Hyenae

Hyenae : dans les quartiers, les campagnes, aux abords des écoles, des fêtes foraines, des prédateurs rôdent, chassent et emportent nos enfants. Quatre ans que Camille a disparu. À la sortie de l’école, elle est montée dans une camionnette blanche, et depuis, plus rien. Quatre ans sans nouvelles, sans demande de rançon, sans la moindre piste. Et brusquement, une vidéo surgie de nulle part. Depuis quatre ans, Sébastien Touraine, détective privé, s’est coupé du monde. Depuis que cette gamine a été enlevée à Marseille. Depuis qu’il sait qu’elle n’est pas la seule… Pour aider la commissaire Aïcha Sadia, sa compagne, il va devoir replonger dans une enquête aux confins du supportable. Et pour débusquer le chasseur dont il est devenu la proie, plus d’autre choix que de jouer sa vie et celle des autres…

Machiavélique ! C’est le maître mot de ce thriller… HYENAE, c’est la souffrance, la rancœur, la haine, la peine… C’est une écriture concise, tranchante, sans fioritures, un décor glauque, une atmosphère tendue à souhait… De la tragédie, du sang et des larmes pour ce polar bien ficelé riche en émotions et rebondissements. Les aficionados retrouveront la belle et charismatique commissaire Aïcha Sadia ainsi que son partenaire Sébastien Touraine… Ils y redécouvriront surtout le formidable savoir-faire d’un auteur talentueux, d’un véritable conteur capable de donner à ses personnages chair et âme, de nous faire ressentir leurs désirs et leurs effrois et de nous embarquer jusqu’au bout de la nuit…

La question est la suivante : Quel fut le premier titre de Gilles Vincent édité par les éditions Jigal en grand format ?

J’espère que vous prendrez du plaisir à lire, que mes chroniques vous seront utiles pour vos choix, que vous n’hésiterez pas à me donner vos avis dans les commentaires. Je vous souhaite une nouvelle année pleine de lectures enrichissantes. Car moi, je continue …

Je n’ai plus qu’à ajouter : Merci, à bientôt et n’oubliez pas le principal : lisez !