L’information du mardi : Idées de polars pour les vacances …

Certains disent que les livres, ça pèse lourd dans les valises. Alors quoi de mieux qu’une petite sélection toute personnelle de lectures électroniques pour vos vacances ?

Sombres héros

Sombres héros de Gilles Vidal (Ska)

Antoine Fouget, la quarantaine, est détective privé de son état. En ce début d’été particulièrement étouffant, le travail se fait attendre… Jusqu’à ce que surgisse un nouveau client inespéré, Waringue, un assureur très particulier qui va l’entraîner dans une enquête brève mais intense où s’entremêleront joueurs de football au faîte de leur gloire, starlette de cinéma aux appas insolents, agents marron, menteurs de tout poil, etc. Qui a tué qui ? Le cash back est-il un bon moyen pour amasser une fortune ? Mais, au fait, où se trouve au juste le vrai bonheur ?… »

Un roman, court, bâti comme un film de Lautner. Les fondamentaux du roman noir s’y retrouvent sur un rythme résolument moderne où l’action ne le cède en rien à la réflexion.

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 Battements du coeur

Les battements du coeur d’Alix de Karine Géhin (Storylab)

Il y a des rencontres qui ne s’oublient pas. Qui transforment une vie. Comme Alix, qui a fait d’un malfrat amoureux un homme au grand cœur. Comme Antoine, qui a décidé de prendre sous son aile le jeune Medhi.

Mais personne n’a le pouvoir de déjouer le destin…

Un récit émouvant au suspense haletant

Temps de lecture : 45 minutes

« Très bonne surprise. J’ai beaucoup aimé le ton et l’articulation de ce récit. On est un moment déstabilisés par le changement de décor et de protagonistes, puis on comprend, tout s’éclaire… Mais la tension monte parce que par moments, on ne sait plus trop à qui on a affaire… » – Chez Canel

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Max Sk

Max : SK de Jean François Thoron

4 septembre 2012 : quatre personnes abattues à Chevaline.

Mai à novembre 2013 : six personnes assassinées à Paris.

Quelle relation existe-t-il entre ces deux affaires ? Pas de mobile, pas de lien entre les victimes.

Pour tenter de résoudre cette enquête obscure et déroutante, une brillante criminologue suédoise est appelée en renfort. Belle, magnétique, ses méthodes très personnelles heurtent les enquêteurs du quai des Orfèvres, mais débouchent sur une piste ténue. Une course contre la montre s’engage alors entre un serial killer atypique, qui a toujours un coup d’avance, et ce groupe de la Crim’, mené par le commandant Fromentin.

Les cadavres s’accumulent et les rebondissements se bousculent jusqu’au point final de cette enquête haletante.

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Emersys Renaissance

Emersys – Renaissance de PH Largillière

À 30 ans, Séthi Skyler a le pouvoir, la richesse et du charisme. Une vie idéale à l’image d’Emersys, la ville utopique conçue par l’énigmatique Peter McIrons, comme symbole de sa toute- puissance. Pourtant Séthi est en proie à un mal-être grandissant et de terribles cauchemars. Plus il essaie d’y voir clair, plus Emersys devient menaçante. Traqué, Séthi plonge alors au cœur d’une machination terrifiante.

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Je souhaite de bonnes vacances aux juillettistes

Bouclage à Barcelone de Xavier Bosch (Liana Levi)

C’est une belle découverte que nous propose Liana Levi, le genre de roman qui emprunte les codes du polar pour nous montrer le quotidien des journalistes, tout en nous invitant subtilement à réfléchir à leur mission.

Dani Santana est un présentateur de journal télévisé, qui connait un grand succès de par ses sujets traités et sa classe naturelle. Riera, le président honorifique du conseil éditorial du Cronica le convoque et lui propose de prendre la direction du journal en tant que directeur de la rédaction. Ce journal populaire est sous la direction de A.B.C., directeur général du groupe Blanco, du nom du propriétaire de la holding de communication. Dani accepte le challenge. Il n’avait pas trop le choix, s’il refusait, il ne présenterait plus le journal télévisé.

Il y a quatre départements au Cronica, troisième journal de Barcelone. Ismael Cardena est à la tête de la rubrique Politique ; Ernest Pla s’occupe de l’économie et de l’actualité internationale ; Berta Masdeu s’occupe du service photographique. Marcel Miro quant à lui s’occupe des Arts et spectacles. Monica Callol est aux sports, JR Fernandez pour la rubrique télévision, et Ricard Vilalta est le chef des informations. Enfin, Senza dirige la rubrique Société.

Dani Santana veut donner un nouveau souffle au journal. Sa première Une concerne les activités nocturnes sur Las Ramblas, oscillant entre prostitution et trafic de drogue. Forcément cela ne plait pas au maire, qui est en pleine campagne électorale. Son deuxième coup concerne les vendeurs ambulants de canettes de bière qui, soi-disant, servent à récupérer de l’argent pour les islamistes. Puis vient un scoop sur le candidat à la mairie, actuellement député. Toutes ces infos lui viennent de Senza et Dani, au milieu de la tourmente, décide de le couvrir. Mais la tempête ne fait que commencer.

Ce roman, même si j’y ai trouvé quelques imperfections, est bigrement intéressant. Je commence par ce qui m’a gêné ; comme ça, on est débarrassé. Ce roman alterne entre une narration à la première personne avec le personnage de Dani, et des chapitres à la troisième personne du singulier avec Senza ou des islamistes. C’est le genre de narration qui me gêne car il m’empêche de m’immerger complètement dans une histoire. C’est globalement le seul reproche que j’ai à faire à ce roman.

Car, outre que l’histoire est très bien menée, le contexte est bigrement intéressant. En fait, on voit un journaliste, brillant au demeurant, se voir offrir un poste de direction et découvrir les dessous d’un journal. Sans se montrer naïf, mais répétant la mission d’information du journaliste, l’auteur nous montre qu’il faut arrêter de se bercer d’illusions et qu’un journal est avant tout une entreprise donc qu’elle doit gagner de l’argent.

C’est là où ça devient intéressant, et que cela fait réfléchir. Car quand on publie une information, en restant le plus objectif possible, cela a forcément des conséquences pour les uns ou les autres, et donc tout le monde subit des pressions. L’impact est évident quand il s’agit des prostituées sur Las Ramblas et on imagine bien la pression de la part de la mairie. Cela est plus insidieux avec les vendeurs de canettes quand l’auteur nous montre la pression du fabricant de ces canettes, qui ne veut pas être assimilé à l’islamisme intégriste.

Et ce roman est une grande réussite, car la narration est fluide, les personnages passionnants, les jeux de pouvoir formidablement bien décrits. C’est aussi et surtout un roman qui vous oblige à réfléchir … et qui, au bout du compte, vous oblige à vous poser des questions quand vous regardez le journal télévisé ou ouvrez un journal d’information. Un roman qui ouvre les yeux, ce n’est pas tous les jours que l’on a ça entre les mains …

Oldies : Aveuglé de Stona Fitch (Sonatine +)

Sonatine lance une nouvelle collection appelée Sonatine +, dans laquelle seront édités des romans plus anciens méritant une mise en lumière. Ce roman, édité une première fois en 2002 est l’occasion de redécouvrir un roman aux multiples messages.

L’auteur :

Stona Fitch est né à Cincinnati en 1961. Après des études à Princeton, il a été cuisinier, guitariste dans un groupe punk, journaliste et éditeur. Il vit dans une communauté à Concord, Massachusetts. Publié en 2001 aux États-Unis et en 2002 en France par Calmann-Lévy, sous le titre Sens interdits, Aveuglé est son premier roman.

Quatrième de couverture :

Bruxelles. Après un dîner d’affaires. Elliott Gast, économiste américain sans histoires, se fait kidnapper. Il se retrouve enfermé dans un appartement anonyme, sans aucun contact avec ses ravisseurs. Elliott pense d’abord que c’est une erreur. Qu’on l’a pris pour quelqu’un d’autre. Rien en effet dans son existence ne peut motiver un tel acte. Il n’est pas spécialement riche, il ne fait pas de politique, il n’est pas célèbre, c’est un homme dans la foule. Alors pourquoi s’en prendre à lui ? Lorsque, enfin, ses ravisseurs lui révèlent la vérité, elle apparaît plus atroce que tout ce qu’il a pu imaginer : ceux-ci savent tout de lui et ont décidé, pour des raisons bien précises, d’en faire la proie d’une expérience interactive et voyeuriste d’une cruauté sans précédent.

Avec ce roman culte dans les pays anglo-saxons, Stona Fitch décrit un monde où terrorisme, vie privée et voyeurisme ont partie liée, un monde où la compassion n’a presque plus sa place. Ce monde : le nôtre. Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour être tenus en haleine ? Telle est la question piège qui hante ces pages où le lecteur, pris dans une spirale de violence, est, justement, captivé jusqu’à la dernière page.

Mon avis :

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on entre rapidement dans le feu de l’action … ou plutôt de l’inaction. Au bout de quelques pages, un homme comme vous et moi se retrouve enfermé dans un appartement … et va subir des tortures à raison d’une tous les dix jours, visant ses sens. Cela commence par la langue, puis le nez, puis … je vous laisse imaginer.

Comme cela est écrit à la première personne du singulier, on a droit aux états d’âme du torturé et on se demande bien pourquoi il a été choisi. C’est alors que l’on apprend que tout est filmé, mis sur Internet avec un système de votes payants où les spectateurs doivent choisir entre la poursuite de la torture ou la libération de Gast.

Et je dois dire que j’ai été bien peu convaincu par ce roman. Tout d’abord, tout manque d’émotions, le style est descriptif comme l’aurait fait un journaliste. Du coup, on ne croit pas aux tortures, ni aux douleurs, ni aux passages où Gast se remémore son passé. Car même dans ces scènes où l’auteur aurait pu nous réserver une surprise, le lecteur que je suis est resté dubitatif devant un suspense que je n’ai jamais trouvé.

C’est le genre de roman où j’ai l’impression que l’auteur est passé à coté d’un grand roman à thèmes. Au lieu de cela, il mélange les reality shows, le voyeurisme, la mondialisation, les dérives des jeux, la violence de la société … Christian (qui se reconnaitra) pense pour sa part que le roman a mal vieilli. Quoiqu’il en soir, je serai curieux d’avoir d’autres avis. Quant à moi, je m’en vais lire le deuxième titre de cette nouvelle collection, à savoir Papillon de nuit de Roger Jon Ellory.