… Et justice pour tous de Michael Mention (Rivages Noir)

Nous avions suivi avec passion cette trilogie consacrée à l’Angleterre, nous avions dévoré Sale temps pour le pays, puis Adieu demain. Il faut bien se rendre à l’évidence que cette trilogie est finie, terminée … en voici donc le dernier tome : Et justice pour tous.

24 janvier 2013. Mark Burstyn, ancien superintendant de la police de Leeds, vit maintenant à Paris. Après avoir fait de la prison, avoir indemnisé la famille des victimes, il a émigré dans la ville des lumières. Il habite un minable studio de 10m² dans le quartier de Stalingrad et a tout juste assez d’argent pour se payer sa bouteille de whisky quotidienne et ses Dunhill. Son seul contact qu’il garde avec son pays, ce sont des lettres hebdomadaires que lui écrit sa filleule, Amy Cooper.

Leeds. Le commissariat de Bradford reçoit des plaintes de personnes diverses, toutes agées d’une cinquantaine d’années. Elles se plaignent d’avoir subi des viols dans leur jeunesse à l’orphelinat de St Ann. Clarence Cooper, le père d’Amy, est chargé de l’enquête. Il commence par une perquisition et découvre dans une cave, derrière un mur, une véritable pièce de torture.

Paris. Mark, poussé par son ami Yann Bourgoin, décide d’appeler Clarence Cooper plus tard ce soir là. Il a pris son courage à deux mains pour parler à sa filleule. Clarence, au bout du fil, craque et éclate en sanglots : Amy vient de mourir, renversée par une voiture. Mark décide de revenir au pays. C’est le début de sa dernière croisade.

On en a lu des rédemptions, des croisades, des vengeances dans les polars. On en a lu des histoires de flics alcooliques, des délaissés, des désespérés, des revanchards. Mais je dois dire que celui-ci, il restera quelque part en moi, au fond de moi. Car ce roman est d’une noirceur rare. Il n’y a pas un chapitre qui relève l’autre ; quand on croit sortir la tête du seau, Michael Mention nous replonge dans l’eau à un tel point que, par moments, on a du mal à respirer. Dans ce roman, tout est noir et a la couleur du sang.

Comme d’habitude, Michael Mention utilise son style si particulier, mélange de phrases hachées et de mises en exergue de passages, pour mieux mettre en évidence les émotions, les passages forts. Et pour soutenir tout cela, on y trouve une narration à la première personne qui devient entêtante et martyrisante, et des dialogues justes, si justes que je me demande s’ils ne sont pas les meilleurs que l’auteur ait écrits.

Et puis, Michael Mention ne serait pas Michael Mention s’il n’y ajoutait pas sa patte, en ajoutant un sujet qu’il affectionne. Cette fois ci, c’est une analyse de l’état de l’Angleterre et les conséquences du passage de Margaret Thatcher au pouvoir. Il en profite d’ailleurs pour montrer l’incapacité des dirigeants actuels anglais à mener un pays vers un avenir, quel qu’il soit, et se permet même, pour la fin du roman de mener une charge violente avec documents à l’appui, fustigeant les crimes impunis et les immunités que les gens de pouvoir s’octroient. Pour clore sa trilogie, Michael Mention a écrit un formidable roman noir. Accrochez vous !

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8 réflexions sur “ … Et justice pour tous de Michael Mention (Rivages Noir) ”

    1. Son meilleur ?? Mais Yvan, il pourrait encore écrire un autre encore plus meilleur, non ?? 😀 Cet auteur n’a pas fini de nous surprendre. Bon, je l’ai dans mon escarcelle, mais me faudrait un peu plus de temps ! Vivement les congés 😉

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