Oldies : Les portes de l’enfer de Harry Crews (Sonatine)

C’est avec une grande impatience et une grande attente que j’ai entamé cette lecture. Un inédit de Harry Crews, pour tout fan de roman noir, est forcément un événement. Il y a deux ans, nous avions eu droit à la sortie de Nu dans le jardin d’Eden et c’était une découverte fantastique, inoubliable. Ce roman là me laisse plus dubitatif.

Ce roman décrit une journée dans la petite ville de Cumseh. A la station service Gulf Oil, une jeune fille noire, qui ne parle que l’Espagnol sort des toilettes et s’aperçoit que le bus Greyhound par lequel elle est venue, vient de repartir sans elle. Elle s’adresse à JL.Gates qui semble tenir la boutique mais il ne la comprend pas et lui demande de s’en aller. Alors, elle s’installe dans un coin et enfonce des aiguilles dans les yeux d’une poupée en chiffon.

A la sortie de la ville, se dresse une colline au sommet de laquelle trône une maison de retraite. Je devrais plutôt dire un mouroir. Son nom, le Axel’s Junior Club, se réfère au nom de la propriétaire puisque Pearl Lee Gates se fait appeler Axel. Elle, qui est géante, est amoureuse d’un nain Jefferson Davis Munroe, qui officie en tant que masseur et qui pense être grand.

Tout ce petit monde va voir sa journée bouleversée par l’arrivée de cette jeune femme qui est une adepte des pratiques vaudou.

Dans ce roman, qui va passer en revue une journée de la vie de Cumseh, nous allons petit à petit nous diriger vers la maison de retraite. Et nous allons avoir droit à des personnages bien particuliers, ce qui est une marque de fabrique de cet auteur, si j’ose dire. Ce qui retient l’attention, c’est cette façon de créer des scènes à la fois décalées et si réelles et de nous faire croiser des personnages sans que l’on soit pour autant perdu.

Ce roman ressemble, du moins c’est ainsi que je l’ai ressenti, à un amoncellement de scènes, où les personnages se cherchent, se rencontrent, mais se ratent. Ils se parlent mais ne se comprennent pas. Ils cherchent tous quelque chose alors qu’ils ne se trouvent pas eux-mêmes. Est-ce la vie, la mort ou bien l’amour après quoi ils courent ? Ou bien, est-ce ce qui va les sauver ?

Cette maison de retraite, située en haut d’une colline, peut aussi être interprétée comme une porte vers le paradis, une élévation vers le ciel immaculé, ce qui fait preuve d’un bel humour noir. Mais l’auteur casse vite nos illusions quand on apprend que le cimetière est situé en bas, et fait preuve d’un beau cynisme quand il introduit un personnage qui vend des parcelles du cimetière qui ne lui appartiennent pas. On peut y voir là tout le commerce autour de la mort …

Mort qui hante ces pages, jusqu’à la dédicace en introduction du livre, faite à son fils mort si jeune. Nul doute que Harry Crews a voulu écrire un roman à plusieurs entrées, plusieurs niveaux d’interprétation, plusieurs niveaux de lecture. Il n’en reste pas moins que si j’ai adoré le lire, la ou les allégories et significations me sont restées bien opaques. Voilà un roman que je n’ai pas compris ou pas su comprendre.

Ne ratez pas les avis de Unwalkers, Claude Le Nocher, Yan et Le Vent Sombre.

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10 réflexions sur « Oldies : Les portes de l’enfer de Harry Crews (Sonatine) »

  1. Bonjour Pierre,
    Il est toujours bon de lire Harry Crews… même si ces romans pas encore traduits et qui le sont petit à petit peuvent laissé parfois dubitatif.
    Comme je suis en plein dans Harry Crews, j’en reparle aussi bientôt.
    Amitiés.

    Aimé par 1 personne

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