Les ombres innocentes de Guillaume Audru (Editions du Caïman)

Il faut dire que Guillaume Audru a frappé fort avec son premier roman, L’île des hommes déchus. On y retrouvait dans ce roman choral la maitrise d’un grand auteur. L’attente était donc grande pour son deuxième roman.

2013, Massif central. Héléna Roussillon est infirmière à la clinique psychiatrique des Dômes. Lucie, une patiente qui n’arrête pas de se lacérer vient encore de crier. Elle abandonne ses mots croisés et se dirige vers sa chambre. Elle a encore réussi à se détacher. Héléna, qui ne croit pas aux médicaments, arrive à la calmer à force de caresse sur les cheveux. En sortant, Karine Palmal, la doyenne des aides-soignantes la convoque et lui annonce que la situation a assez duré. Elle sera convoquée chez le directeur.

Elie Sarrabé profite de sa retraite de flic et lit comme chaque matin les faits divers. Un article attire son attention. Un vieil homme, Marcel Chauffour, a disparu de chez lui et a été découvert en bord de route, vraisemblablement tabassé. Ce nom lui rappelle de lointains souvenirs. Quinze ans déjà, Eygurande. Il doit se bouger. Il commence par prendre contact avec le journaliste, un dénommé Matthieu Géniès.

Nicolas Jansac, comme chaque semaine vient rendre visite à sa vieille mère, qui habite une ferme isolée. Il aperçoit quelques gouttes de sang sur le sable, et l’inquiétude grandit. Il suit les traces jusqu’à la grange. Quand il ouvre la porte, sa mère est pendue à un croc de boucher, le ventre ouvert. Le lieutenant Serge Limantour, accompagné de la jeune Samira Boulmerka arrivent sur les lieux. Ils n’ont aucune idée de l’affaire dans laquelle ils mettent les pieds.

Si je peux vous donner un conseil, ne lisez pas la note aux lecteurs, que l’auteur nous offre en fin de roman ; sinon, vous allez avoir une idée du sujet proprement scandaleux que Guillaume Audru aborde dans ce sujet. Je ne le dirai jamais assez : Le polar est un genre, pour ne pas dire, LE genre le plus apte pour anborder des sujets difficiles, pour dénoncer des scandales, pour faire un effort de mémoire, pour que les gens n’oublient pas … et demandent justice.

Avant d’en arriver là, il faudra lire les 260 pages de ce roman écrit comme un roman policier. Mais c’est un roman policier que l’on croirait écrit par un auteur qui a déjà une dizaine de romans derrière lui. Que nenni ! Guillaume Audru nous livre là son deuxième roman est c’est, après L’île des hommes déchus, une nouvelle réussite. Nous avons en effet quatre personnages qui vont converger vers le centre de l’Affaire :

D’un coté, Helena est une aide soignante dévouée, dénigrée par sa hiérarchie. Puis, nous avons Elie Sarrabé, un ancien flic qui s’ennuie, qui décide de faire un retour en arrière, comme pour se sentir moins vieux, plus vivant. Nous avons le journaliste Matthieu Géniès qui est tout le contraire d’un vautour à la recherche de scoop, un homme honnête dans sa vie comme dans son travail et que l’on aimerait rencontrer. Enfin, le couple de flics Limantour et Boulmerka sont étranges dans leur relation, comme s’ils vivaient cote à cote sans se marcher sur les pieds, totalement complémentaires.

Le déroulement de l’intrigue est impressionnant de maitrise et on passe d’un personnage à l’autre sans aucun souci. Et tous les points cardinaux de ce roman vont petit à petit converger vers le sujet central qui vaut le détour, je ne vous dit que ça ! Allez, je vais tout de même vous dire que certains dialogues m’ont paru sonner faux, mais c’est vraiment pour vous expliquer pourquoi ce roman n’a pas obtenu un coup de cœur.

Je terminerai par un message personnel : M.Audru, j’adore votre façon d’écrire et votre façon de tisser vos intrigues. Je serai au rendez vous de votre prochain roman.

Ne ratez pas l’avis de Vincent et Loley

N’oubliez pas que pour commander le livre, il vaut mieux passer par le site des éditions du Caïman

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21 réflexions sur “ Les ombres innocentes de Guillaume Audru (Editions du Caïman) ”

  1. Encore un qui est convaincu par le talent de Guillaume Audru. Nous suivrons avec intérêt ses prochaines productions. Et tu as raison sur ce point Pierre, le polar est un genre qui permet de traiter des sujets graves. Ah, et pour le restau, je viens aussi…
    Amitiés. 🙂

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  2. Je viens de le finir. J’ai bien aimé, mais… je sais pas, il y a un quelque chose qui me chiffonne et je n’arrive pas à mettre le doigt dessus pour l’instant. Ce ne sera pas un coup de coeur non plus 😦

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    1. Tu sais, Dup, les gouts et les couleurs … et puis, si c’est une rencontre ratée, il y en aura surement d’autres. ,De mon coté, j’adore les romans qui alternent entre plusieurs personnages et quand on ne s’y perd pas, quand c’est bien fait, je me laisse emporter. Et puis, petit gros plus : le sujet ! qui est hallucinant. Voilà. J’attends ton avis avec impatience ! BIZ

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      1. Les personnages m’ont moins convaincue que dans le précédent. Certains traits trop accentués notamment. Mais c’est infime comme détails par rapport au reste, l’intrigue, le thème reste bluffant.
        Ma chronique sortira dans une quinzaine, les SP étant prioritaires 😛

        Blacknovel, le dernier salon où l’on cause 🙂
        Merci Pierre
        Bises

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