Le principe de parcimonie de Mallock (Fleuve Noir)

Je ne sais plus qui m’a conseillé de lire les polars de Mallock, mais je peux vous dire que je le (la) maudis. Pourquoi ? Parce que j’ai eu la mauvaise idée de lire le cinquième tome des chroniques barbares et que j’ai trouvé ça génial. Et donc, je vais être obligé de lire les quatre précédentes. C’est malin ça ! Que celui qui se reconnait dans ces quelques lignes lève le doigt … que je lui coupe, tiens ! Comme ça, on restera dans le sujet de ce roman, Le principe de parcimonie, qui n’y va pas par le dos de la cuiller, comme on dit. Ceci dit, pour couper un doigt, une cuiller, ce n’est pas pratique !

Le rasoir d’Ockham ou rasoir d’Occam est un principe de raisonnement philosophique entrant dans les concepts de rationalisme et de nominalisme. Son nom vient du philosophe franciscain Guillaume d’Ockham (xive siècle), bien qu’il fût connu avant lui. On le trouve également appelé principe de simplicité, principe d’économie ou principe de parcimonie (en latin lex parsimoniae). Il peut se formuler comme suit :

Pluralitas non est ponenda sine necessitate

« Les multiples ne doivent pas être utilisés sans nécessité. »

C’est un automne de merde, je vous le dis. Il n’arrête pas de pleuvoir. Cette affaire débute au Louvre. On a volé la Joconde. Alors que tous les moyens les plus sophistiqués ont été mis en œuvre pour la protéger, l’incroyable, l’impossible est arrivé. Apparemment, ils étaient plusieurs, et personne n’arrive à imaginer comment ils sont entrés, comment ils sont sortis, ni comment ils s’y sont pris. Deux choses sont à noter : des traces de caoutchouc vraisemblablement laissés par des chaussures genre Rangers, et une victime sur place. En effet, le célèbre peintre Ivo avait le droit de rester la nuit dans la salle de La Joconde pour la peindre, dans le cadre d’une future exposition.

Le vol est revendiqué sur Internet par un certain Docteur Ockham. En ligne, il se permet même de montrer la destruction du célèbre tableau. Quelques jours plus tard, Mallock reçoit un bocal contenant des poussières de peinture. Une étiquette annonce : « confiture de Joconde ». Mallock et son équipe se demandent s’ils n’ont pas affaire avec quelqu’un qui veut revendre la Joconde tranquillement. Mais la suite va lui donner tort. Le docteur Ockham s’avère être un grand malade, s’attaquant par la suite à des personnalités dont il va tout d’abord couper les cheveux, puis amputer …

Ouah ! La vache ! Je comprends mieux pourquoi ceux qui lisent les polars de M.Mallock sont si emballés. Effectivement, on y trouve de quoi rassasier tout amateur de polars, tous genres confondus. On y trouve de l’action, du suspense, de la psychologie, de l’humour, du rythme, de l’amour, de la peur, de la démagogie, de la folie, de la créativité, de l’érudition … et je pourrais continuer longtemps comme cela tant j’y trouve des qualités. Et malgré tous ces ingrédients, on pourrait craindre que ce roman soit un mélange mal réalisé, avec un peu trop d’ingrédient de ceci, pas assez de cela. Que nenni ! Mallock remet au gout du jour la littérature policière populaire, dans ce qui ressemble, pour moi en tous cas, à un exemple du genre, sans jamais faire dans la facilité !

Rassurons les timides et les inquiets ! Cette enquête est la 5ème d’Amédée Mallock, le flic. Et malgré cela, on glisse dans le roman, on surfe avec les personnages comme si on les connaissait depuis 10 ans. Et j’oubliais de vous dire : Mallock l’auteur se met lui-même en scène dans le rôle principal, ce qui est un clin d’œil amusant (enfin, moi, ça m’amuse !). Tous les personnages ont leur caractère, leur vie, et c’est un vrai plaisir de les cotoyer.

D’ailleurs, ce roman est un pur plaisir de lecture, ce que j’appelle personnellement « Un livre de fou ». En fait, Mallock ne se donne aucune limite, ne se fixe aucune contrainte. Il créé un personnage de tueur cinglé, déploie toute son imagination et sa créativité pour faire plonger le lecteur dans l’horreur, en profite pour montrer et dénoncer la société des media, du paraitre et des fausses stars auto-adulées, et nous emmène un peu au hasard dans une première partie qui nous accroche. Puis, la deuxième partie est plus classique, si l’on peut dire avec un tel cinglé qui ne laisse aucune trace derrière lui, mais l’auteur rajoute à son intrigue une métaphore d’un Paris noyé sous une crue centennale, avec des images saisissantes. La troisième partie clot en beauté ce fantastique polar dans un rythme fou, et je peux juste vous dire que j’ai lu les 250 dernières pages en une journée, impossible que j’étais de m’arrêter.

Pour revenir sur celui ou celle qui m’a conseillé de lire Mallock, sache que j’ai déjà acheté les deux premières enquêtes et que la lecture de ce Principe de parcimonie m’a fait l’effet d’une vraie drogue : je ne demande qu’une chose, dorénavant : retrouver Mallock et son équipe.

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28 réflexions sur “ Le principe de parcimonie de Mallock (Fleuve Noir) ”

  1. Je pense que Yvan devait être le coupable, parce qu’il le fut chez moi avec « le cimetière des hirondelles »… Mallock m’a fait craindre du surnaturel pour tout expliquer, mais non, le salaud, il maitrise l’affaire et boum, dans la gueule tu t’es plantée et c’est l’auteur qui t’emballe et te conquière…. Ne m’en manque que un.

    On lui coupe quel doigt, à l’Yvan ?? Pas celui avec lequel il tape ses chroniques, faudrait pas nous en priver 😉

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  2. Hé ben, mon ami Pierre, je ne devais pas être trop dans mon assiette quand je’ai commencé ce Principe de Parcimonie, c’était certainement le cas à bien y réfléchir. J’y reviendrai, c’est certain. Amitiés.

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    1. Il y a un coté roman populaire qui me parle. J’ai toujours aimé les grandes histoires humaines, comme Zola, Stendhal … Dans le genre polar, je dois dire que je retrouve ce coté témoin de notre époque … et la démesure qui va avec. Que tu n’aimes pas, je le comprends, pour moi, c’est du divertissement haut de gamme. Pour d’autres, ça peut être trop! Amitiés

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