Effroyables jardins de Michel Quint

Editeur : Editions Joëlle Losfeld réédité par Folio

Terrible roman de Michel Quint, que je n’aurais jamais lu si l’ami Claude ne m’y avait pas incité dans son excellent billet ici.

Quatrième de couverture :

« Certains témoins mentionnent qu’aux derniers jours du procès de Maurice Papon, la police a empêché un clown de rentrer dans la salle d’audience. Il semble que ce même jour, il ait attendu la sortie de l’accusé et l’ait simplement considéré à distance sans chercher à lui adresser la parole. L’ancien secrétaire général de la préfecture a peut-être remarqué ce clown mais rien n’est moins sûr. Par la suite l’homme est revenu régulièrement sans son déguisement à la fin des audiences et aux plaidoiries. A chaque fois il posait sur ses genoux une mallette dont il caressait le cuir tout éraflé. »

Ce court récit de Michel Quint évoque  l’histoire de Lucien, le narrateur du livre. Adolescent, il ne supportait pas les clowns : «Plus que tout, j’ai détesté les augustes. Plus que l’huile de foie de morue, les bises aux vieilles parentes moustachues et le calcul mental, plus que n’importe quelle torture d’enfance ».

Mon avis :

Voici un petit roman, qui va vous prendre aux tripes. Lucien est un jeune adolescent qui trouve son père ridicule, grimé derrière son déguisement de clown. Jusqu’à ce que son oncle Gaston lui raconte l’histoire de son père, et l’Histoire. Retour en pleine deuxième guerre mondiale, quand les deux jeunes ont fait exploser un hangar et se sont faits arrêter par les nazis.

Toute cette partie va se dérouler sans aucun sentiment, comme on se rappelle des souvenirs, douloureux mais inéluctables. Puis, vers la fin de roman, les pièces du puzzle s’emboitent, et on découvre deux jeunes inconscients qui vont découvrir le monde des grands. Lucien va découvrir la vérité et avec elle la douleur, l’erreur, la cruauté du hasard, la culpabilité, l’héroïsme aussi, celui des petites gens qui resteront anonymes.

Ce qui est extraordinaire, impressionnant, dans ce roman de 70 pages, c’est sa pureté, sa simplicité, sa perfection dans chaque mot choisi, dans chaque phrase posée là comme un pétale de fleur au milieu d’un champ perdu. Michel Quint a dédié ce livre à son grand-père, mineur et combattant à Verdun, et à son père, instituteur et résistant. C’est un bel hommage et un livre à ne pas rater.

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13 réflexions sur “ Effroyables jardins de Michel Quint ”

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