220 volts de Joseph Incardona

Editeur : Fayard (grand format). Bragelonne – Milady (Format poche)

Quelle riche idée de la part des éditions Bragelonne de rééditer le roman de Joseph Incardona qui flirte entre le polar et le fantastique. Voilà une bonne occasion aussi de découvrir cet auteur qui a reçu le Grand Prix de la Littérature Policière l’année dernière avec Derrière les panneaux, il y a des hommes.

Ramon Hill est un auteur de thriller qui, avec son deuxième roman, a connu un grand succès. Son éditeur a alors décidé de rééditer son premier roman et maintenant, tous ses fans attendent son prochain opus. Son troisième roman, donc, est en pleine écriture … mais arrivé au chapitre 43, Ramon Hill est victime du syndrome de la page blanche. Impossible de produire la moindre ligne. Il se retrouve avec son héros bloqué en plein milieu du désert, dans des sables mouvants.

Sa situation familiale s’en ressent. Margot, sa femme, décide de faire un geste et lui propose d’aller en villégiature dans la ferme de ses parents, perdue au milieu des montagnes.  Ils laissent donc les deux enfants aux beaux-parents à 300 kilomètres de là et partent s’isoler en pleine nature. Mais rapidement, la situation dégénère et les ressentiments de l’un vis-à-vis de l’autre vont ressurgir. La tension monte, la situation devient proprement intenable et Ramon est victime de son allergie.

Jusqu’à ce qu’en réparant une prise électrique, Ramon frôle l’électrocution. A la suite de cet événement, Ramon devient un autre homme, qui n’est plus malade, et qui est capable à la fois de donner du plaisir à sa femme et de continuer son roman … jusqu’à ce qu’il retrouve le chat familial, mort sur le pas de la porte.

De nombreux auteurs ont approché le thème de la page blanche, et cette servitude que certains ressentent envers la création de leur œuvre. Parmi ceux dont je me rappelle, on peut citer l’inoubliable Le festin nu de William Burroughs, Echine de Philippe Djian, ou bien Maison fondée en 1959 de Michael Mention, sans oublier quelques romans de Stephen King ou de Jean Paul Dubois. Joseph Incardona prend donc ce thème pour démarrer son roman, et surtout, l’utilise pour planter le décor avant de changer totalement de direction.

A partir du tiers du roman, on part dans le fantastique et le clin d’œil au Maître Stephen King est de plus en plus appuyé. Cela permet de relancer une mécanique et surtout de rendre son livre, à partir de ce moment là, totalement addictif. Puis arrivent les drames et Ramon Hill se retrouve dans la position de son héros de roman, dans une situation inextricable dont il va devoir sortir.

Avec son style direct et limite agressif qui colle bien à l’histoire, l’auteur (dont j’avais adoré Trash Circus), nous livre un roman à la limite des genres dont on a l’impression qu’il hantait son esprit. Il nous le livre dans l’urgence et on ressent tout le plaisir et la nécessité qui l’ont animé pour écrire ce roman qui, au-delà de son aspect divertissant, se révèle un roman plein de suspense non dénué de réflexion sur la création et la relation d’un auteur à son œuvre. Voilà un roman prenant, passionnant que je vous recommande très fortement.

 

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7 réflexions sur “ 220 volts de Joseph Incardona ”

  1. Bon week-end Pierre,
    Je lis ta chronique et ressens ton enthousiasme 🙂
    Je termine un bouquin et vais voir si il est dans ta liste. 600 pages en deux jours. 🙂
    J’aime beaucoup le fantastique dans ce genre de livre ou même dans les romans. Une légère pointe ne peut que me faire plaisir 🙂
    Bon je m’en vais aller voir cela de plus près.
    Bon w.e.
    Amitiés. Geneviève

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      1. Merci Pierre, je l’ai mis dans ma liste d’envie. En effet, ce ne sont que deux cents pages. J’attends mes sous de ma prochaine retraite 😆
        J’ai beaucoup lu ce mois ci, et je n’ai pas écrit une seule chronique. 🙂 Je me pose la question si je vais conserver marylit pour la lecture ? Je ne sais pas trop.
        Bonne fin de dimanche.
        Amitiés. Geneviève

        J'aime

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