Dodgers de Bill Beverly

Editeur : Seuil

Traduction : Samuel Todd

Voici un premier roman, ce qui a l’art d’attirer mon oeil et de titiller ma curiosité. En plus, on y voit un bel hommage de Donald Ray Pollock. Je me devais donc de voir de quoi il en retourne …

De nos jours, à Los Angeles. Les maisons dans lesquelles les drogués viennent se ravitailler, voire consommer la drogue qu’ils viennent d’acheter s’appellent des Taules. Celles-ci sont gardées par des sortes de gardiens, de guetteurs, qui sont bien souvent des mineurs du quartier que le Big Boss paie pour leurs heures de surveillance. Dans notre histoire, le Boss s’appelle Fin et le personnage principal est un guetteur du nom d’East.

East doit surveiller la Taule, et pour cela, il est à la tête d’une petite bande, qui doivent être aux aguets contre tout ce qui pourrait être anormal. A force d’arpenter le trottoir d’en face, il a déjà remarqué la petite fille qui joue dans le jardin : c’est attendrissant. Un jour, un incendie se déclare un peu plus loin, dans un autre pâté de maisons. Cela suffit à attirer son attention, et à négliger un flot de voitures qui débarquent : Il a affaire à une descente de police.

Il se cache derrière une voiture, alors que les tirs fusent. La petite voisine continue à jouer et East voudrait bien la sauver. Quand elle est touchée par une balle perdue, il ne lui reste plus qu’à fuir. Fin, forcément, demande des comptes. Il lui accorde un sursis s’il lui rend un service : aller tuer un témoin gênant, qui n’est autre qu’un juge, qui passe la semaine dans sa maison de campagne dans le Wisconsin. Pour cela, on lui adjoint trois acolytes : Michael Wilson agé de 20 ans, Walter agé de 17 ans et Ty le frère d’East agé de 13 ans. Le périple peut commencer.

Le roman peut se découper en trois parties : Dans la première, on y voit le voyage de 3000 km qui va durer presque 200 pages. Les jeunes gens vont se connaitre, visiter des lieux, rencontrer des gens, des normaux, des frappés, et chacun va, en fait, faire son nid, se positionner par rapport au groupe. Cette partie, qui ne bouge pas trop, puisque la majeure partie se déroule dans la voiture, est plutôt bien faite, bien écrite, et surtout psychologiquement subtil … même si c’est un long.

Puis, tout cela va s’enchainer sur la deuxième partie, qui va concerner la mission proprement dite puis sur la troisième partie qui va être les conséquences de cette mission et les réactions d’East par rapport à cela. Si la mission est redoutablement efficace, et constitue le meilleur morceau de livre à mon avis, la troisième partie voit la rencontre entre East et des gens normaux … et je dois dire que j’ai moins accroché.

Car en fait, cette sorte de rédemption, après les nombreux événements qui sont survenus avant ressemble à quelque chose de déjà vu, de déjà lu et surtout en décalage avec la mission proprement dite. Alors, je me dis que cette partie, qui devait être l’apogée de ce roman, tombe un peu à plat par rapport à ce qu’on aurait pu attendre. Certes, il y a bien un coté manipulation derrière tout cela, mais cela ne m’a pas enlevé ce gout d’inachevé, de presque trop facile vis à vis de la fin.

Quoiqu’il en soit, pour un premier roman c’est très prometteur et Bill Beverly a réellement un superbe plume et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle je lirai son prochain roman. Par contre, en ce qui concerne la phrase d’accroche signée de Donald Ray Pollock, je trouve que c’est un peu exagéré : « Avec son rythme soutenu et son intrigue impeccablement maîtrisée, un des plus grands polars littéraires que vous lirez jamais. ».

Nota : Le titre fait référence aux Tshirts que les 4 jeunes portent tout au long de leur voyage. Ils doivent être habillés comme des fans de l’équipe de Baseball de Los Angeles pour ne pas attirer l’attention.

Ne ratez pas les avis opposés de Claude et Nyctalopes

 

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12 réflexions sur « Dodgers de Bill Beverly »

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