Ad unum de Didier Fossey

Editeur : Editions des 2 encres (2010) ; Flamant Noir (2016)

Didier Fossey, je connais, et j’aime beaucoup. Que ce soit dans Burn-out ou Na Zdrowie, on retrouve cette même qualité d’efficacité dans l’écriture, de rythme dans l’intrigue et d’humanité dans ses personnages. Ad Unum est en fait le deuxième roman de l’auteur, revisité pour l’occasion et édité par les excellentes éditions du Flamant Noir.

Farid sort du commissariat après une interpellation pour possession de marijuana. Il est vrai qu’avec sa dizaine de barrettes, il est difficile de faire croire aux flics qu’il ne transporte que sa consommation personnelle. Une camionnette s’arrête à sa hauteur, il est bousculé à l’intérieur et endormi à l’aide de Chloroforme. Il se réveille dans une espèce de cave, un souterrain humide et froid. Aux murs, des meurtrières ouvrent sur une pièce centrale. Ses mains sont immobilisées dans le dos et il ne comprend pas ce qui lui arrive …

On vient le chercher et on le présente face à trois hommes cagoulés. Ils s’appellent Numéro 1, Numéro 2 et Numéro 3. Ils font office de tribunal et jugent que Farid vend du poison aux jeunes gens de la ville, et donc il doit mourir. Puis, les juges se retirent et Farid est emmené. Quelques jours plus tard, le corps de Farid est découvert pendu, les mains attachées dans le dos avec des Serflex. Une inscription est gravée sur son front : Ad Unum.

Quand les policiers découvre le corps, ils pensent à un règlement de comptes. Mais c’est la procureure de la République qui décide de passer l’affaire à la Police Judiciaire. C’est en effet le troisième corps que l’on retrouve avec cette inscription sur le front en trois mois. L’équipe du Commandant Boris Le Guenn va devoir s’employer et faire montre de tout son talent pour découvrir le nom des coupables.

Le début de ce roman est tout simplement brillant. On se retrouve dans un endroit mystérieux, glauque, humide et Farid se retrouve prisonnier sans savoir de quoi il retourne. Avec une économie de mots, Didier Fossey place rapidement à la fois la psychologie du jeune homme et l’ambiance. C’est une excellente introduction qui donne le ton du roman : cette faculté, ce talent d’insuffler de la vitesse, de l’urgence dans son écriture. C’est une qualité que j’avais déjà adoré dans ma précédente lecture de cet auteur, Burn-out. Avec ses chapitres courts, on a affaire à un roman où tout va vite.

De la même façon, et sans en rajouter outre mesure, Didier Fossey nous montre deux personnages principaux, le commandant Boris Le Guenn et Numéro 1, deux personnages forts qui se situent chacun d’un coté de la ligne jaune. Le Guenn est impliqué dans son travail, croyant en l’honnêteté et Numéro 1 est intraitable, allant jusqu’à appliquer une justice expéditive et d’une façon unilatérale et extrémiste.

Autour de ces deux « monstres », au sens qu’ils occupent une grande place dans l’intrigue, on retrouve toute une ribambelle de personnages secondaires, qui n’en ont que le nom, tant ils sont présents, vivants et importants pour l’intrigue. Vous l’aurez compris, ce roman est un polar costaud, qui a tous les arguments pour plaire.

Et si le sujet de départ pose la question sur la justice et la difficulté de donner la bonne sanction dans le cas d’un crime, quel qu’il soit, il aborde aussi les problèmes de surcharge des effectifs policiers et des réductions de budget, la suite du roman se veut plus une course poursuite après un assassin bien difficile à appréhender, ce qui confère à cette histoire un réalisme bienvenu. Il ne vous reste plus qu’à découvrir cet auteur si ce n’est déjà fait, qui vous passer un très bon moment de divertissement.

Ne ratez pas l’avis de l’ami Jean le Belge

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8 réflexions sur « Ad unum de Didier Fossey »

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