Oldies : Tueurs de flics de Frédéric H.Fajardie

Editeur : Gallimard (La Table Ronde)

C’est tout d’abord Jean Marc Lahérrère qui a attiré mon attention sur cet auteur, dont je ne connaissais que le nom. Puis, la couverture, le titre et la réédition chez La Table Ronde ont fait que je me suis jeté dessus. Quelle claque !

L’auteur :

Il grandit dans la librairie de son père bouquiniste et libertaire, rue de Tolbiac dans le 13e arrondissement de Paris, où il lit de très nombreux romans et nouvelles. Dès l’âge de 16 ans, le marxisme devient le repère idéologique de sa vie. En 1968, acquis aux idées de gauche, il milite à la Gauche prolétarienne, exerce divers petits métiers et, dès le mois de mai 1968, veut devenir le premier militant « engagé » à écrire des romans noirs.

Il publie son premier roman noir Tueurs de flics, en août 1979. Dans cette adaptation très libre de l’Orestie, un mythe de la Grèce antique, un commissaire est chargé d’une enquête qui doit lui permettre «d’arrêter des tueurs qui se plaisent à découper ses collègues». Ce premier roman s’inscrit dans le nouveau genre littéraire du néo-polar. Il est salué, dès cette époque, par les critiques Max-Pol Fouchet et Alain Dugrand.

À partir du milieu des années 1980, il signe des scénarios pour le cinéma et commence en parallèle à publier des romans de facture plus classique, tout en poursuivant son œuvre dans le roman noir. En 1989, le critique Renaud Matignon fait son éloge.

Réfractaire aux étiquettes et aux ghettos, il n’apprécie pas le socialisme mitterrandien, contre lequel il écrit, en 1993, Chronique d’une liquidation politique.

En 1998, avec la bénédiction du critique Bernard Frank, il participe à l’émission littéraire Le Cercle de minuit.

Il a été le parrain du Salon du livre d’expression populaire et de critique sociale d’Arras ; l’édition 2009 de ce salon lui a rendu un grand hommage.

Pour Fajardie, polar et roman noir sont les meilleurs moyens d’explorer l’envers et les travers de la société contemporaine. Dans son œuvre, où l’esprit chevaleresque de ses personnages s’oppose à la médiocrité contemporaine, son gauchisme politique s’allie aux valeurs d’honneur, de fidélité et souvent de fraternisation au-delà des oppositions idéologiques ou historiques.

Ses œuvres, dans leurs versions publiées aux éditions NÉO (reprises ensuite par La Table ronde), portent des couvertures dessinées par Jean-Claude Claeys. Elles restituent à merveille la sombre atmosphère urbaine, la violence et la désillusion qui se mêlent dans l’œuvre de Fajardie.

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

 » Tuer les flics, comme ça, c’est déjà bizarre, mais les découper en lamelles, en faux-filets, en fines tranches et finir par les bouffer, ça vous a carrément un coté farce.

Sauf que ces trois types étaient plutôt du genre pince-sans-rire. « 

Mon avis :

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le commissaire Padovani n’a pas la langue dans sa poche. Et ce qu’il raconte va forcément en choquer quelques uns, par le ton cru et l’acuité de ses observations sur notre société. Ecrit en 1975, on pourrait penser qu’il parle d’aujourd’hui, tant rien n’a changé ! Et ça flingue, ça claque et Dieu que c’est bon !

Ne vous arrêtez pas à la quatrième de couverture qui date des années 70 et qui, je trouve dessert quelque peu le roman, car on peut croire à un mélange d’humour glauque et de gore.

Le roman commence par une scène d’anthologie, et je pèse mes mots. Le commissaire Padovani est envoyé en tant que négociateur pour une prise d’otage dans un magasin d’électroménager. Le preneur d’otage est nu, et revêt seulement un gigantesque paquet de lessive Paic. Il n’a pas de revendications et Padovani finit par le descendre. Ses supérieurs apprécient moyennement ce dénouement et lui demandent de démissionner. Mais avant cela, il doit mettre fin à des meurtres en série de flics, à raison d’un par semaine.

Et voilà comment, à partir d’un synopsis simple, on se retrouve avec une pépite de polar noir, avec des vrais gens dedans, et surtout un observateur cynique et parfaitement lucide qui va raconter ce qu’il voit et ce qu’il pense. Quelque soit la situation, il va nous remettre à notre place et montrer le ridicule d’une société de consommation, de communication, et j’en passe qui sont à la fois drôle, grinçant, rebelle et clairvoyant.

Si on assiste au quotidien de la vie de flic, si on voit à quelle (s) pression (s) ils ont affaire, c’est le style de l’auteur qui marque les esprits. Le style est direct comme autant d’uppercuts qu’on prend dans la gueule. Pour autant, il n’y a jamais de vulgarités, mais juste des mots, des phrases qui nous remettent à notre place. L’efficacité littéraire a rarement atteint un tel degré de perfection.

Et si j’ai parlé de la scène d’introduction, je peux vous dire que toutes les scènes sont géniales sans qu’il n’y ait jamais de temps mort. Même la scène de fin, en forme de western apocalyptique, décalé et énorme va vous en mettre plein les yeux.

Depuis, je me suis renseigné : C’est la première aventure du commissaire Antonio  Padovani qui, sur la demande de l’écrivain et journaliste Jean-Paul Kauffmann, reviendra dans La théorie du 1% et deviendra un héros récurrent dans l’œuvre de Fajardie.

Ne ratez pas les billets de Charybde2 et les billets de Jean-Marc sur d’autres romans de Frédéric Fajardie ici et .

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9 réflexions sur “ Oldies : Tueurs de flics de Frédéric H.Fajardie ”

  1. Bonjour,
    Néo intervenant sur votre blog mais lecteur assidu depuis déjà quelques temps, je souhaite longue vie à votre blog.
    Fajardie, je l’ai découvert sur le tard via ses chroniques dans Charlie Hebdo avant d’être lourdé pour désaccord avec Val. Je vous conseille l’intégrale de ses nouvelles noires parues en deux tomes chez Messidor. Un régal. Un de ces talentueux auteurs qui, à l’instar de Manchette, Vautrin, Daeninckx et Pouy, m’ont fait découvrir et aimer le « noir » version Hexagone.
    Amicalement

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    1. Bienvenue chez moi et bonne année. Je prends le conseil, même si je suis plus roman que nouvelle. Mais ça me donne une bonne idée pour mon cadeau d’anniversaire qui approche ! Manchette, Vautrin, Daeninckx et pouy, effectivement ce sont des auteurs d’exception. Auquel je me permets de rajouter Thierry Jonquet et Pascal Garnier
      J’espère que mes avis te serviront dans tes choix. t j’espère te revoir ici. A bientôt

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