Oldies : Drôle de pistolet de Francis Ryck

Editeur : Gallimard Série Noire (1969) ; French Pulp (2017)

Je vous avais dit que l’on reparlerait de French Pulp, cette petite maison d’édition qui édite et réédite des polars français. Parmi leurs dernières sorties, il y a le Grand Prix de la Littérature Policière de 1969. C’est un excellent polar qui claque !

L’auteur :

Après de courtes études dans un lycée parisien, ponctuées de plusieurs fugues, Yves Delville exerce plusieurs petits métiers : terrassier, carrier, ouvrier agricole, tourneur, figurant au cinéma, représentant des ventes, photographe de bébés, convoyeur de voiliers. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il s’engage dans la marine.

Il adopte le pseudonyme d’Yves Dieryck pour publier cinq romans chez Albin Michel : Au pied du mur, Les Barreaux de bois, La Panique, Promenade en marge et Les Importuns. Il décroche en 1964 le Grand Prix de la Société des Gens de Lettres pour Promenade en marge. Après deux romans policiers chez Plon, signés Francis Ryck, il revient sous ce pseudonyme au roman psychologique avec deux titres, dont L’Apprentissage en 1965.

L’année suivante, il intègre la Série noire, où il fait paraître dix-huit titres qui abordent tour à tour le roman noir, le thriller et le roman d’espionnage. Ses romans policiers s’attachent à faire la critique d’une société qui perd pied et préfigurent en leur temps les événements de mai 68, tout autant que la Nouvelle Vague et Jean-Luc Godard. Lorsqu’il quitte la Série noire en 1978, le titre de son dernier roman dans cette collection, Le Testament d’Amérique, peut prendre valeur de testament personnel.

De retour chez Albin Michel au début des années 1980, il écrit encore quatre romans, notamment Le Nuage et la Foudre (1982) et Un cheval mort dans une baignoire (1986).

En 1993, Guy Debord salue l’œuvre de Francis Ryck dans son livre Cette mauvaise réputation…, en affirmant qu’il y a plus de vérité et de talent chez Ryck (notamment dans Le Compagnon indésirable) que chez Le Carré. Debord révèle la conversation, primordiale selon lui, entre Ryck et Marie-Christine de Montbrial en 1984, concernant l’assassinat de Gérard Lebovici et le rôle de Paul Barril responsable de la cellule antiterroriste sous la présidence de François Mitterrand. Le 28 janvier 1986, il décide ne plus la voir du fait de son témoignage auprès de la police et des contacts qu’elle a conservé avec Ryck.

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

Un jour, même les meilleurs se font avoir. Et ce jour-là, ils doivent choisir : se taire ou parler. Avec, en cas de résistance, la perspective de souffrances raffinées. Alors Yako a parlé. Il a tout donné, trahi le KGB, et en échange, on lui a rendu sa liberté. Mais combien de temps avant que le KGB ne la lui reprenne, définitivement cette fois-ci ? Adapté à l’écran en 1973 sous le titre Le Silencieux par Claude Pinoteau avec Lino Ventura avec des dialogues de Jean-Loup Dabadie, Drôle de pistolet a obtenu le Grand prix de littérature policière.

Mon avis :

S’il est étiqueté Espionnage, cela peut porter à confusion vis-à-vis des arpenteurs de linéaires des librairies. C’est mon cas, puisque j’étais en train de choisir un roman pour ma rubrique Oldies, et qu’en voyant l’étiquette, j’ai hésité. Je ne suis pas fan des romans d’espionnage, et c’est bien le bandeau qui m’a décidé : « Un chef d’œuvre adapté à l’écran ». En ce qui concerne le chef d’œuvre, je ne m’associerai pas à ce terme, mais en termes de polar introspectif, c’est un excellent roman.

Il s’agit donc d’un espion russe Yako qui est pris par les services de contre-espionnage anglais et qui va accepter le marché, en donnant ses camarades et en ayant la possibilité d’obtenir une nouvelle identité et de l’argent, ainsi qu’un pistolet. L’action se situant dans les années 60, il n’y a pas de téléphone portable ou de GPS. D’où tout l’intérêt de ce roman qui présente une course poursuite entre Yako et le KGB.

Mais il n’y a pas que cela : Le personnage de Yako, solitaire, à la durée de vie limitée, va se révéler quelqu’un de complexe et d’extrêmement réaliste. En homme traqué, il va se méfier de tout le monde. En espion chevronné, il va mettre à parti toutes les astuces pour essayer de passer entre les mailles. En tant qu’homme, il va accorder sa confiance à des gens rencontrés au hasard.

Jouant sur cette dualité et ces contradictions, Francis Ryck construit un roman quasiment sans dialogues où le but est de savoir qui est qui, qui trahit qui, qui aide qui. Aussi bien dans la forme que dans le fond, ce roman à l’écriture sèche et sans fioriture se révèle une source pour beaucoup de polars qui ont vu le jour par la suite, avec son style résolument moderne. Je ne peux que vous encourager à acquérir ce roman pour revenir aux sources du polar que vous aimez aujourd’hui. Drôle de pistolet est un polar remarquable !

5 réflexions sur « Oldies : Drôle de pistolet de Francis Ryck »

    1. Salut Claude, la tentation est grande pour moi d’insérer de plus en plus de romans plus anciens. Je viens d’avaler les 2 premiers tomes de la compagnie des glaces et je pourrais bien ouvrir très bientôt un vieux Rivages Noir. Amitiés

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