Les écorchés vifs d’Olivier Vanderbecq

Editeur : Fleur Sauvage

J’ai connu Olivier Vanderbecq, virtuellement, dans une autre vie. Il avait ouvert une petite librairie à Lille, Humeurs Noires. Je lui avais même proposé mes coups de cœur pour son site et j’avais visité sa librairie. Malheureusement, il n’était pas là. Je n’allais pas rater le deuxième rendez vous, littéraire, celui là, à savoir son premier roman, Les écorchés vifs. Ce roman était sorti en 2014 chez Amalthée, le voici dans une nouvelle mouture, avec une couverture jaune et trois clous plantés. On peut donc s’attendre à ce que ça cogne fort. Et ça cogne TRÈS fort.

Damien Glob est un enquêteur doué, passionné par son métier. Il a des statistiques à faire pâlir les meilleurs. Il a d’ailleurs fait des miracles lors de son affectation à Nantes. Quand il a voulu changer d’air, voir plus grand, il a débarqué à Lille, dans le service d’un commissaire qui ne fait rien d’autre de ses journées que de faire reluire ses chiffres. Damien se retrouve obligé de consigner le moindre de ses gestes, d’avoir l’aval pour la moindre de ses décisions. Mais il n’est pas comme ça. Il parvient d’ailleurs à identifier un tueur, un conseiller bancaire, pendant ses congés. Il lui met tellement la pression que le conseiller bancaire se suicide. Mais d’où lui vient cette volonté d’aller au bout des choses et de se mettre sans arrêt en danger ?

Pierre (on apprendra son prénom plus tard dans le livre) doit assurer une livraison dans une voiture de luxe. L’avantage de l’Europe, c’est qu’il n’y a plus de frontières. De retour de Belgique, il fait une pause à Lille pour dîner dans un restaurant de luxe. En sortant, des jeunes gens sont en train de lui voler sa voiture. D’une façon tout à fait cordiale, il leur propose de l’argent, quand leur chef débarque avec une jeune fille, Alicia. Pierre propose encore plus d’argent pour la voiture et Alicia. La négociation va se terminer dans une course poursuite d’enfer.

Damien et Pierre vont emprunter deux chemins différents. Leur route va se percuter dans un petit village perdu dans les Alpes.

Voilà l’exemple type de roman qui me conforte dans la volonté de lire des premiers romans (et je l’ai déjà dit maintes et maintes fois, mais je revendique le fait de radoter). Car au-delà des quelques défauts que l’on peut y trouver, il y a une passion, une envie de bien faire, de convaincre le lecteur, de l’embarquer dans son monde. Les écorchés vifs entre totalement dans cette catégorie des romans marquants qui donnent envie de lire la suite. Non pas parce qu’il est trop court, mais bien parce que cette histoire est convaincante, aussi bien dans la forme que dans le fond. Comme le dit Maître Yoda : « Oh oui, tu auras peur ! ».

Ce roman n’est pas un roman d’horreur ; il ne faut pas prendre au pied de la lettre tout ce que je dis. Mais c’est un roman tout en célérité, un vrai bon roman d’action, avec des scènes incroyablement visuelles. On pourrait presque baisser la tête par moments, pour éviter de se prendre une balle. C’est indéniablement le gros point fort de ce roman, l’alternance de rythme parfaitement maîtrisé donne plus de force aux scènes d’action, qui décoifferaient le plus chevelu des lecteurs.

Ça va vite, ça claque, ça tire, ça pulse de l’adrénaline dans les veines, ça fait monter le rythme cardiaque. Il y a de la rage dans ce roman, comme dans Elijah de Noël Boudou. C’est aussi bon que les scènes d’action (réussies) de John Woo (ressortez donc The killer au lieu de regarder la télévision) ou Quentin Tarantino. Et si je cite Woo ou Tarantino, c’est aussi bien pour insister sur le coté visuel du style de Olivier Vanderbecq, que pour signaler les dialogues, formidablement maîtrisés. C’est simple : dans la littérature française, pour moi, seul Jacques Olivier Bosco, dit JOB, arrive à me surprendre dans ses romans par ses scènes d’action impressionnantes. Eh bien, Olivier Vanderbecq vient se situer juste à coté, et se partager la marche de mon podium personnel.

Il ne faut pas croire que la psychologie est absente. D’ailleurs, c’est elle qui donne son titre au livre, et c’est elle qui fait que le roman fonctionne si bien. Et quel titre ! S’il rappelle la chanson de Noir Désir, il montre des personnages qui m’ont fait penser à des volcans, prêts à exploser à la moindre faille. Les causes de cet aspect psychologique m’ont paru un peu faciles mais elles donnent une consistance et une épaisseur à Pierre et Damien. Cela ajoute aussi quelques scènes où affleure l’émotion … mais affleure seulement.

Olivier Vanderbecq aura joué son va-tout, annoncé le banco dans ce premier roman. C’est surtout dans sa construction où il aura misé gros. Faire deux grandes parties mettant en scène chacun des deux personnages, et raconter l’histoire à la première personne du singulier est un sacré pari. Il faut être aussi intéressant dans la première que dans la deuxième partie, il faut que les deux personnages soient aussi vrais l’un que l’autre, il faut enfin justifier la relation qui va les faire se rencontrer. La relation sera faite par un groupe de roms. Le choc des deux itinéraires par Petru, leur chef. Et la scène finale sera à la hauteur de l’attente : apocalyptique.

Ce roman aura créé chez moi une sorte d’addiction, d’attente pour le prochain. Car il y a tant de promesses qu’on ne peut qu’être assuré que le prochain sera un grand roman. Je voudrais y voir moins d’évidences, moins de volonté de tout décrire, et des dialogues plus efficaces. Car dès qu’on attaque des scènes de fusillade, il n’y a rien à retoucher. Malgré ces quelques petits défauts, ce roman, c’est de l’adrénaline pure, un roman d’action avec des scènes incroyables et du pur plaisir de lecture. Merci M.Vanderbecq !

A noter que la préface est écrite par Jacques-Olivier Bosco (comme par hasard !)

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4 réflexions sur « Les écorchés vifs d’Olivier Vanderbecq »

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