Protocoles fatals de Fabrice Pichon

Editeur : Lajouanie

Décidément, les auteurs que je suis, dont je lis tous les livres ont décidé de me surprendre. C’est une nouvelle fois le cas avec ce nouveau roman de Fabrice Pichon, dont j’avais adoré pludeproblèmes.com en particulier (coup de cœur Black Novel).

Mai 1995, Cannes. Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils s’aiment. Ils sortent d’un repas chez des amis. Un homme caché dans l’ombre d’un porche les surveille. L’homme n’aime pas intervenir sans préparation, mais il n’a pas le choix, cela doit se faire aujourd’hui. Les deux jeunes gens s’embrassent, font l’amour sur un banc de la Place de Castres. L’homme les vise de son pistolet, mais le jeune entame une bagarre à main nue. L’homme tire deux balles sur la femme, et décoche un uppercut au jeune qui bascule par-dessus une rambarde. La jeune femme s’appelle Lisbeth Rétif et est emmenée d’urgence à l’hôpital.

Juin 2018, Cannes. Maître Olivier Banette n’en croit pas ses yeux et doit annoncer la nouvelle à Lisbeth, sa cliente : son assassin va être libéré malgré une condamnation de 30 ans. En effet, après quelques mois de coma, Lisbeth s’est réveillée, vivante mais paralysée. Elle avait tout perdu, son amant, son enfant qui n’était qu’un embryon de deux mois. Elle avait bien refait sa vie avec Christophe, mais c’était une autre vie. C’était grâce à la détermination du commissaire Acquatella et à Banette qu’ils avaient mis la main sur Vincent Reître, ancien légionnaire et employé comme tueur à gages. Quand Lisbeth sort, Banette est enclin à aider la jeune femme et amie. Il ressort une carte de visite de la société Dassin Spa, domiciliée à Lugano  en Suisse. Son activité : Se débarrasser sans traces de personnes gênantes.

Moi qui ai lu presque tous les romans de Fabrice Pichon, depuis son premier (Vengeance sans visage) jusqu’à son précédent (Retours amers), je dois bien dire que ce roman s’annonce comme un grand coup de balai dans sa bibliographie. En tous cas, il y a une volonté de faire autre chose, de s’essayer à un nouveau genre, et de surprendre son lectorat. Car il n’y a aucun point commun entre ses romans policiers et ce Protocoles fatals. Aussi surprenant qu’il puisse être, c’est une franche réussite.

Changement de genre d’abord : Nous étions habitués à des romans policiers, pour la plupart ancrés dans la Franche Comté, avec des personnages de flics féminins d’une force dépassant les hommes, des personnages craquants. Nous nous trouvons ici face à de nombreux personnages, chacun évoluant dans un décor différent qui va de Cannes à la Suisse en passant par Dijon, et chacun venant poser sa brique de mystère dans cette intrigue.

Changement de genre ensuite : Alors que nous étions habitués à des romans policiers versant doucement dans le thriller (pour certains), nous sommes ici avec un polar costaud et une intrigue redoutablement retorse. De fait, la longueur du roman s’en ressent, passant de 400 pages à 200 pages. Et cela ressemble bien à un condensé de ce que sait faire Fabrice Pichon.

Changement de style enfin : Qui dit moins de pages, dit style moins littéraire, plus direct. Là encore, l’auteur nous surprend par sa facilité à peindre un décor avec moins de mots, à tailler dans le gras des dialogues pour ne garder que la moelle, et à insérer dans son récit une sorte non pas de rapidité mais d’urgence, de tension, poussant le suspense à son extrême, n’hésitant pas à jouer avec les nerfs du lecteur.

Complètement surprenant, Fabrice Pichon casse nos habitudes avec ce roman de suspense au scénario machiavélique. Il réussit un roman terriblement prenant et suffisamment immersif pour que l’on y croie et que l’on n’ait pas envie de s’arrêter de tourner les pages. Et je reprends d’ailleurs la conclusion de l’Oncle Paul : ce roman à suspense, fait de multiples tiroirs au contenu inattendu, m’a paru être un véritable hommage aux deux grands auteurs de ce genre, à savoir Boileau et Narcejac.

9 réflexions sur « Protocoles fatals de Fabrice Pichon »

    1. Je ne peux que te conseiller plusdeproblèmes.com (Coup de coeur Black Novel) et retours amers qui seront plus facilement trouvables que ses premiers … quoique. Je me rappelle que Le mémorial des anges m’a impressionné. Amitiés

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