Ma sœur, serial killeuse de Oyinkan Braithwaite

Editeur : Delcourt

Traducteur : Christine Barnaste

L’année dernière, j’avais été très agréablement surpris par Peur de Dirk Kurbjuweit, sorti chez les mêmes éditions Delcourt. Cette année, ils jouent toujours la carte de la surprise (et quelle surprise !) d’une jeune nigériane de 31 ans. Si le titre peut vous paraître kitsch, passez outre et jetez vous sur ce roman pas comme les autres.

Le téléphone sonne. Au bout du fil, Ayoola, qui appelle sa sœur Korede. Le message est simple : « Korede, je l’ai tué. ». Pendant que Korede nettoie la salle de bains à l’eau de javel, Ayoola reste prostrée sur les toilettes. Puis les deux jeunes femmes trouvent des draps dans lesquels elles enveloppent le corps. Il finira comme les autres, dans la mer, mangé par les poissons.

Ayoola et Korede sont sœurs, et très différentes. Korede n’est pas belle, au contraire de sa sœur qui fait tomber tous les cœurs masculins. Korede est infirmière à l’hôpital de Lagos, au Nigeria alors qu’Ayolla passe son temps sur les réseaux sociaux. Au bureau, Korede doit bien se rendre compte d’une chose : A partir de 3 meurtres, on parle de serial killer. Sa sœur est donc une serial killeuse. Ayoola a la fâcheuse habitude de tuer ses amoureux.

Korede est troublée par cette découverte, et en parle avec un malade avec qui elle devise, mais ce dernier ne peut pas répondre, puisqu’il est dans le coma. Et quand le docteur Tade la surprend, elle rougit comme une jeune fille prise en faute. Il faut dire qu’elle en pince pour Tade. Elle qui a toujours protégé sa sœur, comme une mission, une croisade personnelle et familiale, va se retrouver face à un problème inattendu : Quand Ayoola débarque à l’hôpital, le docteur Tade tombe immédiatement d’elle.

Une fois ouvert, on ne peut lâcher ce livre. La faute à cette simplicité à décrire des situations qui sont à la fois drôles et dramatiques, des scènes simples qui vont faire irrémédiablement avancer l’intrigue vers une fin qu’on ne peut a priori pas deviner à l’avance. A coups de chapitres courts, de questionnements sur ce qu’elle doit faire, elle nous partage ses problèmes … et bon sang ! On n’aimerait pas être à sa place !

La situation est rapidement mise en place, on n’a même pas le temps de se préparer que l’on est pris dans un tourbillon, celui de l’imagination de l’auteure qui va nous malmener de situations folles en situations folles, sans pour autant que cela ne paraisse improbable. C’est ce mélange de sérieux et de décalé qui font de ce livre un pur plaisir de lecture. Et il est bien difficile de croire que c’est là son premier roman.

Oyinkan ne s’attarde pas sur le Nigeria et la vie des gens. A la limite, cela pourrait se passer n’importe où dans le monde. C’est peut-être le seul reproche que je ferai à ce roman. Car pour le reste, c’est juste de la folie, un formidable portrait de femme prise dans les chaines de la tradition familiale, celle de devoir protéger à tout prix sa petite sœur. Et elle va en voir de toutes les couleurs, Korede ! Excellent, tout est excellent dans ce roman. Du divertissement haut de gamme.

Le regretté Claude le Nocher avait donné un coup de cœur pour ce roman, son dernier. Comme il avait raison.

5 réflexions sur « Ma sœur, serial killeuse de Oyinkan Braithwaite »

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