Le coffre de Jacky Schwartzmann et Lucian-Dragos Bogdan

Editeur : La fosse aux ours

Traducteur : Jean-Louis Courriol

Quand j’ai lu la quatrième de couverture, c’est l’originalité de la démarche qui m’a intéressé et la curiosité. Même si ce roman est court, ce roman vaut le détour par sa construction, son humour et son efficacité.

Lyon, de nos jours. Sébastien Gendron est à trois mois de la retraite. Alors que tout le service est soit occupé, soit en vacances soit en maladie, il est chargé d’aller voir ce qu’il en est de cette bizarre affaire : le corps d’une dame âgée de 60 ans environ a été retrouvé dans un coffre de toit, lequel coffre de toit a été abandonné dans un terrain vague.

Il va être bien difficile de trouver l’identité de la vieille dame défunte. L’autopsie est faite par Gwenaëlle Délesté, une femme au regard plus froid que la mort. Un prélèvement ADN va être effectué mais il y a peu de chances qu’on trouve une piste dans le fichier FNAEG. La morte a reçu un coup violent derrière la tête, et elle a été positionnée dans le coffre les bras croisés, comme un rituel. La seule chose qui peut les aiguiller, c’est son implant dentaire qui est caractéristique d’un travail dentaire roumain. Gendron va donc prendre contact avec ses homologues roumains.

Roumanie, de nos jours. Marian Douca est stagiaire dans la police roumaine, et se démène pour faire son travail. La conséquence est que sa femme trouve qu’il passe trop de temps au boulot. Suite à la demande de la police française, il va se lancer dans cette enquête. Après quelques renseignements, il s’avère que l’implant dentaire a été réalisé par le cabinet du chirurgien dentiste Ilié Popa d’Alba Iulia. Voilà une piste à suivre.

2 auteurs, l’un français, l’autre roumain

2 personnages de flics, l’un français, l’autre roumain

2 pays, la France et la Roumanie

2 styles totalement différents, l’un humoristique, l’autre plus direct

Une même enquête menée de front, en parallèle, dans deux pays.

Chaque auteur fait avancer son intrigue, et s’amuse même à renvoyer la balle à l’autre. Il ne faut pas rater en particulier le passage où Marian Douca se fait masser par son collègue et il se fait surprendre par deux bouseux.

L’enquête française est déroulée par Jacky Schwarzmann, auteur connu pour son humour cynique. Il est fidèle à lui-même, se permettant même de donner à ses personnages des noms d’auteurs de polars. Tout le gotha du polar français est donc présent pour notre plus grand plaisir, de Varenne à Ledun, en passant par Villard, Pouy, Phillipon, Leroy, Oppel, Ferey, Dessaint, Delouche ou Claude Mesplède dit « Le vieux ». Je mettrais une mention particulière à Pouy et Villard, responsables du sous-marin.

L’enquête roumaine est plus classique, plus sérieuse, dans un style plus efficace. Elle se déroule en suivant des indices, qui ne coïncident pas les uns avec les autres. On n’a donc pas de fausses pistes mais un continuel questionnement sur ce qui a bien pu se passer.

Je ne connais pas de roman utilisant ce principe d’écriture à quatre mains en forme de ping-pong et c’est bien l’originalité du procédé qui retient l’attention, en même temps qu’un scénario fort bien mené et un hommage envers les grands auteurs contemporains. Finalement, sous des attraits originaux dans la forme, on se retrouve avec un polar fort divertissant. Une des bonnes surprises de cette rentrée littéraire. Soyez curieux !

5 réflexions sur « Le coffre de Jacky Schwartzmann et Lucian-Dragos Bogdan »

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