Le chouchou du mois de novembre 2019

Les gens n’aiment pas le mois de novembre … ça commence par la Toussaint, puis les jours diminuent, la pluie nous harcèle et le froid arrive. Eh bien moi, je dis, super ! Tout cela nous donne de mauvaises excuses pour nous isoler et lire, lire lire ! En plus, il va falloir songer aux cadeaux de Noel. Donc voici un résumé des avis que j’ai publié … en espérant qu’ils vous seront utiles dans vos choix.

Commençons avec mon coup de cœur du mois, mes coups de cœur, puisqu’il s’agit de La frontière de Don Winslow (Harper & Collins), dernier tome de la trilogie consacrée au trafic de drogue entre le Mexique et les Etats-Unis. Ce dernier tome est aussi fort que les deux premiers, et propose une vision à la fois géopolitique et personnelle de ce fléau. Si le constat est affligeant, déprimant, l’auteur nous propose en conclusion de potentielles solutions, la vision de quelqu’un qui aura consacré 25 ans de sa vie à cette œuvre.

Restons dans la politique avec un roman qui m’a énormément impressionné : La femme qui avait perdu son âme de Bob Shacochis (Gallmeister). Conseillé par mon ami Petite Souris, l’auteur nous montre une partie des actions de la politique étrangère américaine, et les conséquences sur les gens dont on fait bien peu de cas dans ces cas-là. Avec une écriture précise et détaillée, c’est un grand roman.

J’aurais publié beaucoup d’avis sur des romans psychologiques, à commencer par Expiations – celles qui voulaient se souvenir de Kanae Minato (Atelier Akatombo) qui a bénéficié d’une magnifique chronique de mon amie Suzie. En mettant en avant la réaction de différentes personnes après la mort d’une adolescente, ce polar semble être un must du genre (je vais le lire bientôt, je suis obligé après un tel billet).

Dans le genre bluffant et passionnant, Je ne suis pas un monstre de Carme Chaparro (Plon) est un premier roman choral qui prend une situation connue (déjà lue) et qui déroule une intrigue bigrement originale avec une chute énorme. Et c’est bien sa précision, son acuité et sa justesse qui font que ce roman sort du lot.

Du poison dans la tête de Jacques Saussey (French Pulp) est le dernier en date de cet auteur prolifique que j’adore. De roman en roman, Jacques Saussey pointe des sujets de société importants. Dans ce roman, les sujets, les personnages et les intrigues sont foisonnantes et cela donne un roman complet, plein qui une nouvelle fois fait mouche.

En guise de rappel, la dernière aventure de Charlie Parker sortie au format poche s’appelle Le temps des tourments de John Connolly (Pocket) et une nouvelle fois c’est un formidable thriller / polar. Je ne peux que vous conseiller de lire cette série.

Il y a une autre série dont on parle moins, celle de L’anonyme d’Anvers, cet homme érudit qui a connu Rubens. Sa mission, intervenir en sous-main pour résoudre des affaires criminelles et sauver l’humanité. Les tomes 2 et 3 ont été chroniqués : Tuer pour Dagon de Roger Facon et V.I.T.R.I.O.L de Jean-Pierre Bocquet (Presses du midi). Dans les deux cas, ce sont des romans policiers originaux qui portent la passion de leur auteur : Pour Roger Facon, un hommage à HP.Lovecraft et pour Jean-Pierre Bocquet la présence des femmes chez les francs-maçons.

Vu le temps de ce mois de novembre, je ne pouvais que vous conseiller des romans humoristiques. Les polars qui entrent dans cette catégorie ne sont pas si nombreux et ceux que je vous propose vont vous garantir des heures de rire.

La bouffe est chouette à Fatchakulla de Ned Crabb (Gallimard) est un roman totalement déjanté, un livre culte, et je peux vous assurer que vous ne lirez jamais un livre pareil. Plus dans la gaudriole, Opération Requiem de Stanislas Petroski (French Pulp) est déjà la cinquième enquête de ce curé pas comme les autres. Depuis quelques tomes, l’auteur aborde des sujets sérieux, sans se départir de son humour en dessous de la ceinture. Ici, il s’agit du massacre des espèces animales protégées pour le plaisir des plus riches et c’est un excellent tome.

Enfin, pour que vous puissiez loger des morceaux d’humour dans votre poche, la chronique Des poches pleines de poches est revenue en version spécial Humour cynique. Que ce soit La revanche des hauteurs de Guillaume Desmurs (Glénat) qui inaugure une nouvelle collection Neige noire, ; que ce soit Pension complète de Jacky Schwarzmann (Points) auréolé de son Prix des Chroniqueurs ou bien Un été sans dormir de Bram Dehouck (10/18), ces romans vous assurent plus de 200 pages de rire et d’humour féroce.

Pour le titre du chouchou du mois, j’aurais pu choisir la facilité avec Du poison dans la tête de Jacques Saussey (French Pulp), qui est vraiment excellent. J’ai décidé de mettre en avant un premier roman : Je ne suis pas un monstre de Carme Chaparro (Plon) tout simplement parce que ce roman est totalement bluffant.

J’espère que ces avis vous auront été utiles dans vos choix de lecture (et de cadeaux !). Je vous donne rendez vous le mois prochain pour un bilan de l’année. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !

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