Le chouchou du mois de janvier 2020

Pour cette nouvelle année, et les fidèles l’auront remarqué, des nouveautés ont fait leur apparition sur Black Novel. Mais avant tout, je vous souhaite une année pleine de riches découvertes et de lectures réjouissantes.

En premier lieu, je me suis limité à deux billets par semaine ; non pas parce que je lis moins, ce serait plutôt le contraire. C’est lié au fait que j’ai moins de temps à consacrer à l’écriture de mes avis et aux relectures. Ensuite, comme je l’avais dit, une nouvelle rubrique appelée Déstockage a vu le jour avec un polar datant de 1972 : L’écorché vif de Pierre Latour (Fleuve Noir – Spécial Police). C’est un très bon polar avec un excellent scénario qui peut rivaliser avec des thrillers actuels, amis en 220 pages seulement !

Restons dans les romans anciens avec une petite pépite noire : La bête de miséricorde de Fredric Brown (Points). Auteur plus connu pour ses nouvelles ou ses romans de science-fiction, il a concocté un roman choral remarquable par son acuité psychologique et la parfaite analyse de la vie des protagonistes.

En ce début d’année, on aura fait la part belle aux premiers romans, avec de nouveaux auteurs prometteurs voire plus. Maître des eaux de Patrick Coudreau (Manufacture de livres) propose une intrigue simple, celle d’un retour au village natal d’un jeune homme, après un drame familial. Les habitants veulent s’en débarrasser mais ont peur de ses supposés pouvoirs. Entre croyance, surnaturel et bêtise humaine, ce roman au style épuré m’a procuré le même plaisir que quand j’ai découvert Franck Bouysse : Prometteur.

Si on reste dans le thème de la Nature, Dans la gueule de l’ours de James McLaughlin (Rue de l’Echiquier) est un roman auréolé du Prix Edgar Allan Poe du meilleur premier roman 2019. Ecrit avec passion, montrant toute la beauté d’une nature sauvage, mystérieuse et dangereuse, servi par une plume détaillée et magnifique, ce roman est un fantastique plaidoyer contre les hommes qui ne méritent pas ce que la nature leur offre.

Passion, il en sera aussi question dans La prière du Maure d’Adlène Meddi (Jigal). Passion pour Alger la Blanche, qui devient Alger la noire suite à la disparition d’un jeune homme. Le monde devient fou, hors de contrôle, ultra-violent. L’auteur écrit avec son sang son amour pour cette ville formidable, aux prises d’hommes sanguinaires sans scrupules. C’est un roman puissant et rare.

En termes de romans courts (ou novellas), on peut compter sur les éditions In8 et leur collection Polaroïds. Je n’avais pas eu le temps de vous parler de ceux qui sont sortis fin 2019 ; c’est maintenant chose faite. Rose Royal de Nicolas Mathieu et Donneur de Mouloud Akkouche proposent tous les deux des personnages féminins, et deux histoires fortes mais deux thèmes différents et deux styles différents. Quoi qu’il en soit, quand vous voyez chez votre libraire Polaroïds, achetez les, les yeux fermés.

Toujours dans les romans courts, Portraits cannibales de Dominique Forma (Marest) n’est pas un recueil de nouvelles comme les autres. L’auteur est parti de photos de stars de cinéma pour imaginer un pan de leur vie. Un bel exercice de style.

A coté de toutes ces découvertes, je reste fidèle à des auteurs que je suis. Chien de guerre de Jérémy Bouquin (Editions du Caïman) est le dernier opus en date de cet auteur prolifique au style si direct et brutal que j’adore. Il nous montre ici le retour à la vraie vie d’un soldat qui a connu les guerres modernes, et le retour s’avère plus violent qu’un jour sur le front. C’est à nouveau une belle réussite.

Que tombe le silence de Christophe Guillaumot (Liana Levi) est déjà la troisième enquête du Kanak. J’apprécie particulièrement cet auteur pour la méticulosité qu’il met dans ses intrigues. Il y ajoute ici une forte dose d’émotions en nous décrivant la nouvelle façon de traiter la criminalité et le mal-être des policiers. Cela donne un roman aux accents de véracité à tel point que l’on ressent tous les événements de plein fouet.

Le titre du Chouchou du mois revient donc à Dans la gueule de l’ours de James McLaughlin (Rue de l’Echiquier), parce que c’est un premier roman impressionnant et qu’il rend hommage à la Nature, que nous maltraitons tant. Agrémenté d’une intrigue noire, il nous dévoile un auteur à suivre de près, tant il a mis dans son roman sa passion, et qu’il nous la transmet de façon lumineuse.

J’espère que ces avis vous auront été utiles dans vos choix de lecture. Je vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !

Déstockage : L’écorché vif de Pierre Latour

Editeur : Fleuve Noir – Spécial Police N°976

Voici l’ouverture d’une nouvelle rubrique sur Black Novel qui s’appelle Déstockage. Comme beaucoup de blogueurs, je suis atteint d’une maladie qui consiste à acheter ou récupérer les polars. Comme j’achète plus de romans que je ne peux en lire, il se pose rapidement le problème de stockage. J’ai donc décidé de créer cette rubrique qui passera en revue des polars qui ne sont pas des nouveautés. Contrairement à la rubrique Oldies, cette rubrique pourra parler de romans sortis quelques années auparavant comme d’anciens polars, mais toujours dans une optique de découvrir de nouveaux auteurs. Commençons donc par L’écorché vif de Pierre Latour qui date de 1972.

Barney Logan a passé sa jeunesse dans la ferme familiale de Natchez, au Mississippi. Le premier événement dont il se rappelle a eu lieu dans les années 50, quand il avait 14 ans et sa sœur Belle 16 ans. Leur père leur interdisait de fréquenter les noirs, qui y travaillaient comme des esclaves. Lors d’une soirée, Où un vieux noir jouait de la guitare, Belle s’approche trop d’un jeune homme et le père Logan décide de donner une leçon à ces noirs qui ne savent pas garder leur place : Il en tue deux et répudie sa fille.

Barney a développé et conservé ce sentiment de justice et d’égalité entre les hommes. 15 ans plus tard, il écrit un roman à succès, basé sur son expérience. Il a rompu les relations avec son père, et a migré plus au Nord. Alors qu’il s’intéresse aux aspects juridiques pour un futur roman, il rencontre la fille du juge local, Viola et en tombe amoureux. Mais un dramatique accident de la route va défigurer Viola et elle va préférer se suicider plutôt que de vivre comme un monstre. Barney enquête et retrouve le coupable de l’accident. Il va lui tendre un piège mortel dans les forêts environnantes et sombrer dans une folie meurtrière, se croyant investi d’un rôle de justicier envers les démunis.

Cette collection Spécial Police proposait des polars dans un format court. Il était donc nécessaire d’aller vite pour dérouler une intrigue. C’est le cas ici puisque l’on va balayer la bagatelle d’une vingtaine d’années de la vie de Barney Logan. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le scénario de Pierre Latour est complet et qu’il a dû inspirer bon nombre de thrillers qui ont vu le jour dans les années 2000 : la vie d’un homme qui bascule dans une folie meurtrière suite à quelques traumatismes.

On y trouve la dénonciation des inégalités, à commencer par le racisme durant la jeunesse de Barney Logan, puis l’impunité des plus riches, qui se permettent de commettre des crimes sans être inquiétés par la police. Outre le style fluide, on se rend compte que les sujets abordés ici restent très actuels. Le roman n’a pas pris une ride et pourrait, encore aujourd’hui, en épater plus d’un.

La construction de ce roman pourra tout de même surprendre quelques lecteurs. Il démarre à la première personne du singulier, laissant la parole à Barney Logan. Puis, on passe à une narration plus classique, en y introduisant les personnages du shérif et du reporter qui vont prendre de l’importance pour arriver à une conclusion finalement très morale et consensuelle. Cela fait de ce roman un bon polar intemporel, auquel on pourra reprocher une fin un peu rapide (format de l’éditeur imposé oblige). Pierre Latour est indéniablement un auteur trop vite oublié.

Dans la gueule de l’ours de James A. McLaughlin

Editeur : Rue de l’Echiquier

Traducteur : Brice Matthieussent

Quand j’ai lu la quatrième de couverture de ce roman, je me suis dit qu’il fallait que je le lise. Parce que cela parle de la nature, de la relation de l’Homme avec elle. Parce que c’est un premier roman. Et c’est un superbe roman, beau et profond.

Rice Moore, après un passage par la case prison, a réussi à décrocher un poste de garde forestier dans une réserve animale proche de Turk Mountain, dans les Appalaches. Ce matin-là, il se retrouve aux prises avec un essaim d’abeilles qui s’est installé dans les murs d’un des bâtiments qu’il doit entretenir. Sans équipement particulier, il arrive tant bien que mal à s’en sortir au prix de quelques piqûres mais arrive à mettre l’essaim à nu.

Alors qu’il est en train de se nettoyer après ce combat numériquement inégal, un homme vient le voir et lui demande de le suivre. Alors qu’il était en train de ramasser des champignons, il a découvert le corps d’un ours massacré : le corps a été ouvert et on a coupé les pattes. Rice a d’abord cru que c’était le corps d’une femme. Rice se renseigne et apprend que la vésicule des ours est prélevée et vendue aux asiatiques car elle entre dans la confection de médicaments.

Rice décide donc d’enquêter pour savoir qui massacre les ours, malgré les risques pour lui. Entre les chasseurs et les braconniers, les animaux dangereux et les trafiquants de drogues du coin, Rice doit faire très attention. D’autant qu’il a caché un pan de son passé. Quand il rencontre sa prédécesseuse, Sara Birkeland, il apprend que les braconniers l’ont enlevée, tabassée et violée, ce qui a entraîné sa démission. Indubitablement, il a atterri dans un coin de sauvages.

On peut lire sur la quatrième de couverture : « Dans la gueule de l’ours » a été classé par le New York Times comme l’un des dix meilleurs « Crime Fiction » de l’année 2018 et a reçu le prix Edgar Allan Poe 2019 du premier roman. Si je préfère me faire ma propre opinion et accorde peu d’importance à ce genre de compliments, je ne peux que plussoyer après avoir dévoré ce premier roman.

Ce roman déborde de qualités, à commencer par son écriture, à la fois fluide et détaillée, respectueuse et passionnée, profonde, belle et introvertie, avec très peu de dialogues. Ceux qui cherchent des romans rapides au style haché et efficace devront passer leur chemin. Les adeptes de belle littérature, eux, vont être comblés. Il y a des descriptions d’une beauté fascinante, il transpire de ces phrases une admiration pour la nature ; on y lit dans ces chapitres toute la passion de l’auteur pour la défense de la nature.

Et il y a aussi une histoire, et quelle histoire ! Rice Moore est un ancien délinquant, mais on ne va découvrir que petit à petit son passé, et ses exactions avec sa partenaire Apryl. Et on ressent une menace planante au-dessus de la tête de Rice, de la même façon que la nature qui est décrite peut s’avérer mystérieuse, étrange, pleine d’une aura impénétrable, réservée à ceux qu’elle accepte. Ce qui fait planer au dessus de ces pages une tension sourde, toujours cachée derrière les mots.

Outre ses qualités littéraires, c’est un roman qui pose la question de la place de l’Homme sur Terre, au milieu de la nature. Et on se demande qui de l’Homme ou de la Nature est le plus dangereux. Ceci dit, l’Homme détruit tout ce qu’on lui offre, car il est incapable de savourer les cadeaux. C’est un fantastique et magnifique premier roman, qui rend hommage à la nature, un roman de passionné, incroyablement maîtrisé autant dans la forme que dans le fond, un beau moment de littérature qu’il ne faut pas rater.

J’aimerais ajouter un dernier mot : Le travail du traducteur a été remarquable, car jamais je n’ai ressenti de faute. Au contraire, j’ai l’impression qu’il s’est mis au diapason avec la plume de l’auteur. Chapeau !

 

Que tombe le silence de Christophe Guillaumot

Editeur : Liana Levi

Après Abattez les grands arbres et La chance du perdant, voici donc déjà la troisième enquête du Kanak, entendez Renato Donatelli, originaire de Nouvelle Calédonie et toujours à la brigade des courses et des jeux de Toulouse.

Shabani Dardanus a vite compris qu’aller à l’école ne servait à rien, et qu’on pouvait gagner plus d’argent à vendre de la drogue. Il est donc devenu dealer puis a mis en place des techniques commerciales modernes qui l’ont hissé à un niveau inégalable en termes de ventes de cocaïne. Prudent par essence, il se fait pourtant surprendre lors d’un rendez-vous, et un jeune motard le truffe de plusieurs balles.

Six, le partenaire et ami du Kanak, est passé par bien des épreuves, mais il en a fini avec la drogue. Depuis qu’il a rencontré May, il sait qu’il doit quitter sa carrière de policier pour partir vivre avec elle aux Etats-Unis. Finis les vols de drogue dans le local de scellés, finies les intimidations de petits dealers, Six veut refaire sa vie en étant propre. Sauf que des inspecteurs de l’IGPN viennent l’arrêter.

Rien ne va plus à la brigade des jeux de la SRPJ de Toulouse. Tout le monde est parti, soit dans un autre service, soit en retraite. Même le Kanak n’a pas grand-chose à faire. Alors le moral est en berne. Jusqu’à ce qu’il apprenne par hasard que son collègue et ami vient de se faire arrêter. N’écoutant que sa loyauté, il se lance dans cette enquête pour innocenter celui qui a partagé ses journées et ses nuits.

Que de chemin parcouru depuis La chance du perdant, que de progression dans l’écriture. Ce roman pourrait s’apparenter à celui de la confirmation, moins au niveau de l’intrigue puisque l’on savait que c’était un point fort de Christophe Guillaumot qu’au niveau de l’équilibre entre la narration et les dialogues. D’ailleurs on y trouve peu de dialogues, et on s’attache plus à la psychologie des personnages. Mais quand il y a des dialogues … super ! Ça s’appelle de l’efficacité !

Comme dans le roman précédent, on va passer d’un personnage à l’autre avec une construction peu commune, ou en tous cas qui ne suit pas les codes du polar. Et puis, si l’écriture est devenue plus froide, plus journalistique, cela devient d’autant plus fort quand on a affaire à un retournement de situation ENORME. C’est magnifiquement fait ici en plein milieu du roman. Et j’ai crié : « NON !!!!! ». Et quand on arrive aux dernières pages, on ne peut qu’avoir la gorge serrée. C’est là que le style joue son rôle en plein, laissant le lecteur orphelin, plein de tristesse devant tant d’injustice.

Car, outre l’intrigue menée avec beaucoup de logique et d’application, ce qui est l’un des talents de cet auteur, il y a la vie quotidienne des policiers. Elle est ici partie prenante de l’histoire, et est montrée avec beaucoup de véracité et sans esbroufe. Et Christophe Guillaumot arrive à nous montrer le désarroi des policiers devant la nouvelle façon de gérer les hors-la-loi et la difficulté de ce métier, jusqu’à aboutir à un désespoir et un burn-out. La démonstration est éloquente et le roman à ne pas manquer.

Des poches pleines de poches

Voici le retour de cette rubrique consacrée aux livres au format poche.

Portraits cannibales de Dominique Forma

Editeur : Marest éditeur

Construit comme un recueil de nouvelles, ce livre propose trois morceaux en hommage au cinéma, comme c’était le cas dans les cinémas de quartiers qui proposaient deux films dans la même séance, entrecoupés d’un entracte.

La simpatica : Romilda est une mère exigeante envers sa fille Sofia qui n’a aucun attrait. Elle est persuadée qu’à force de volonté elle parviendra à corriger ses défauts. Après la guerre, Sofia va donc débarquer à Cinnecita et faire une rencontre dans un endroit glauque, comme une élévation vers les sommets à partir de la fange. Ecrit avec beaucoup de tendresse à partir d’une photo, Dominique Forma nous montre les dessous du décor, la laideur qui se cache derrière l’enchantement des images du 7ème art.

La grande bouffe : Présenté comme un intermède, c’est une étude intéressante sur le film de Marco Ferreri qui fut écrit pour le Dictionnaire des films français pornographiques et érotiques (Serious Publishing, 2011)

Le secret : Retour sur les souvenirs de Fritz Lang, génie du cinéma et sur sa jeunesse, à l’aide de flashbacks. Ecrite avec un style plus journalistique, sans effets, cette nouvelle vaut pour sa chute.

La prière du Maure d’Adlène Meddi

Editeur : Jigal

Djo est un flic à la retraite qui revient aux affaires. Pour une dette d’honneur pour son ami Zedma, on le charge de retrouver son fils qui a disparu. Depuis qu’il est revenu à Alger, Djo retrouve ses cauchemars et en perd ses nuits. Et quelques soient les personnes qu’il rencontre, il lui est fortement conseillé de laisser tomber cette affaire et de retourner à sa retraite tranquille.

Si l’intrigue est complexe et quelque peu compliquée à suivre, ce roman doit réellement faire partie de vos prochaines lectures. Car c’est une lecture qui va vous marquer, et dont vous relirez des passages, juste pour le plaisir et la poésie furieuse qu’elle dégage. C’est une intrigue simple qui s’octroie le luxe de montrer l’ascension d’un général Structure qui bâtit son empire sur le sang des autres

Le contexte est difficilement séparable du style de l’auteur, le fond de la forme. On découvre un pays formé de factions qui toutes détiennent une partie de pouvoir et une forte puissance de nuisance. Que ce soit la police, les services secrets, les troupes du ministère, les effectifs de l’armée, tous font le ménage dans une sorte de furie furieuse, comme poussés par une panique que personne ne comprend. Mais tout le monde suit la trace de poudre enflammée, emmenée par des attentats sanglants et des exécutions sommaires.

L’auteur a mis tout son cœur, toute sa passion dans cette histoire. Il nous montre comment Alger la Blanche devient Alger la Noire, et sa plume est faite de braise et de poésie rouge et noire. Il y a dans ce roman des passages fusionnels, alarmistes, défaitistes, d’une beauté et d’une pureté inimaginable. C’est un roman marquant, totalement original et totalement assumé, une dénonciation de la folie des hommes.

Chien de guerre de Jérémy Bouquin

Editeur : Editions du Caïman

L’année 2020 commence bien avec le dernier roman en date de Jérémy Bouquin, auteur que je suis depuis un certain temps déjà. Si le style est toujours aussi direct, le sujet est inédit et rappelle certains autres ouvrages traitant de ce sujet, dont Premier Sang de David Morrell, à savoir, le retour des soldats à la vie « normale ».

« Grand » Franck, surnom donné à cause de sa taille, est de retour au pays, abandonné dans ce train Corail qui ne transporte que quelques âmes égarées comme lui. Cela fait bien longtemps qu’il n’a pas connu un calme pareil, transbahuté du Pakistan à la frontière de l’Afghanistan, à la France via l’Allemagne. Sanctionné, puni, viré, c’est le poids qu’il doit se trimbaler en plus de son barda, après une dizaine d’années sur les champs de guerre mondiaux.

Grand Franck revient donc à la case Départ, plus de dix ans après, chez sa mère Gisèle. Il y retrouve Cynthia sa femme, et son petit garçon Léon. Le décalage le frappe de plein fouet : d’exécutant, il se retrouve chargé de famille. Et la confrontation est d’autant plus violente qu’il se sent incapable d’occuper la place que ses proches attendent de lui. Sa première mission va être d’aller chercher du travail à Pôle-Emploi.

Pour ceux qui connaissent Jérémy Bouquin, ils ne seront pas surpris par son style direct, qui claque, à coups de mots, de phrases courtes. Pour les autres, il va falloir vous y habituer. Et si ce style sied peu au début du roman, que j’ai trouvé un peu poussif, il convient parfaitement à toute la suite de l’histoire. Et surtout au retour au pays de ce soldat et à la violence qu’il va subir et faire subir.

Le sujet est donc le retour des enfants de la patrie dans son giron, et le manque d’infrastructures ou d’accueil pour eux. Mais il s’agit aussi et surtout de plonger dans la psychologie d’un homme marqué à vie par ce qu’il a vécu sur le front, et de sa descente inéluctable aux enfers, un enfer pire encore que la guerre. Au passage, on s’apercevra vite que si on n’a pas de relations, on ne s’en sort pas, et la conclusion de ce roman nous laissera un goût amer comme je les aime.

Car il ne faut pas croire que ce polar est fait que l’on s’apitoie sur le sort du Grand Franck. Jérémy Bouquin n’est pas un homme à messages mais un homme à personnages. Et ce Franck-là, on va avoir bien du mal à l’oublier, tant il va verser dans une folie incroyablement violente et tristement réaliste. Il y a une tension qui s’installe, une pression qui augmente jusqu’à cette fin qui ne ressemble pas à un feu d’artifice mais plutôt à une exécution en règle, comme une peine capitale. Vous ne comprenez pas ce que je veux dire ? C’est normal, c’est pour vous inciter à lire ce roman !

Maître des eaux de Patrick Coudreau

Editeur : Manufacture de livres

Je commence l’année 2020 par un premier roman sorti dès le début de l’année dans une maison d’édition que j’aime beaucoup. Connue pour les romans de Frank Bouysse, la Manufacture de Livres nous offre un roman dont l’univers est proche de son auteur phare.

A Brissole, petit village français, il ne fait pas bon être étranger, entendez ne pas être né dans le village. Les Grewicz ont débarqué au village, ont construit une ferme, se sont mis à élever des moutons. Et ils ne se sont jamais intégrés aux gens du village. D’un autre coté, les Brissoliens ne voulaient pas d’eux. Pas étonnant qu’il leur soit arrivé un malheur, un grand malheur.

Plusieurs années après, Mathias Grewicz revient à Brissole. Et les surnoms renaissent sur les lèvres des villageois, avides de protéger leur vie. « Grevisse », « Ecrevisse » sont les termes hurlés par la horde qui poursuit Mathias dans les forêts alentour. « On aura ta peau ! ». Quand on a un nom bizarre, on a forcément des choses à cacher ! Les chasseurs ont aperçu une ombre, ils ont tiré et ont touché Mathias au bras. Mathias va trouver refuge dans une grotte et préparer sa vengeance.

Mais il est bien surpris quand il est rejoint par une petite fille. Elle dit s’appeler Elia, être la belle-fille du maire, Preret. Elle sait combien c’est un salaud, ce Preret, elle sait bien qu’il frappe sa mère. Alors, elle est prête à l’aider, en lui apportant des médicaments et de la nourriture.

Pour son premier roman, Patrick Coudreau fait preuve d’une belle maîtrise dans sa façon de mener son intrigue, et nous offre un roman que beaucoup d’auteurs américains de la vague « Nature writing » ne nieraient pas. C’est une course poursuite entre des chasseurs et leur proie au milieu d’une nature apaisée dont les éléments ne demandent qu’à se déchaîner.

Alternant les points de vue entre Mathias et les habitants du village, il fait avancer son histoire tranquillement, faisant intervenir la petite Elia, la belle-fille du maire et qui est probablement la seule personne sensée de ce roman. Roman de personnages plus que roman de nature, il démontre de façon éloquente la folie des hommes face à la puissance tranquille de la nature.

C’est aussi un roman qui montre la bêtise violente des hommes face à l’inconnu, la peur des autres et les boucs émissaires qui sont victimes des imbéciles, comme toujours. Et ce que je retiendrai, c’est la bonne adéquation entre l’histoire, le style et la longueur du roman qui fait qu’on le lit d’une traite, sans s’arrêter. Et après avoir tourné la dernière page, je me suis dit que j’avais éprouvé le même plaisir que quand j’avais découvert Franck Bouysse, avec Grossir le ciel. C’est un signe.

Les Polaroids de 2019

Editeur : Editions In8

Lus en toute fin de 2019, entre deux coupes de champagne, il fallait que je vous parle des deux petits derniers Polaroids parus aux éditions In8. Petits parce qu’il s’agit de novellas, dont la taille ne dépasse pas 100 pages, mais grands par leur identité, le ton personnel donné par chaque auteur.

Rose Royal de Nicolas Mathieu :

Rose a la cinquantaine et la vie ne lui a pas fait de cadeaux. Mariée, divorcée, elle a eu deux enfants qui ont chacun fait leur vie, loin d’elle évidemment. Elle rencontre toujours quelques hommes, mais ce n’est pas pour s’attacher. Elle préfère passer son temps au Royal, un bar miteux ; et y retrouver sa copine Marie-Jeanne, qui le week-end propose de coiffer les clients. Par peur des violences masculines, mais aussi pour se donner la force de se défendre, elle porte sur elle un petit révolver. Cette nuit-là, un homme entre au bar avec son chien qui vient de se faire écraser. Rose va achever ses douleurs et lui tirer une balle dans la tête. Cet homme, Luc, est séduisant. Sera-ce la bonne rencontre pour Rose ?

Avec un style posé et imaginatif, Nicolas Mathieu, auréolé du Prix Goncourt pour Leurs Enfants Après Eux, nous raconte la vie quotidienne des petites gens, avec cette poésie noire qui n’appartient qu’à lui. Il arrive à trouver de la beauté dans les zincs crasseux, à illuminer les visages ridés et tristes, marqués par la vie. En 70 pages, il nous offre un texte lumineux pour une histoire bien noire.

Car la vie n’a pas été rose pour Rose (désolé !). Est-ce dû à de mauvais choix ? Est-ce dû au destin qui lui joue toujours de mauvais tours ? Elle qui a su résister à tant de violences va se laisser mener par un homme qui pourrait tout changer. Et nous voudrions qu’elle y arrive, qu’elle soit moins brute, qu’elle est un peu de chance. Hélas, on ne change pas une trajectoire qui se dirige vers le vide. Et Nicolas Mathieu saura nous montrer une fin brutale et brève (une phrase) d’autant plus brutale qu’on avait espéré. Mais espéré quoi ?

Donneur de Mouloud Akkouche :

Carole se réveille à coté de son compagnon Fabien. Il faut bien se rendre à l’évidence, lui qui prend tant soin de son corps et de sa santé est mort dans son sommeil. Elle sait qu’il a formulé le souhait de donner son corps à la science. Pour cela, elle doit prévenir les urgences dans les 48 heures suivant le décès. Mais elle n’arrive pas à se faire à cette idée, elle n’arrive pas à faire un choix, sauter le pas. Alors elle part pour le week-end dans la maison familiale du Pays Basque, une ancienne baraque de pêcheur que tout le monde a abandonné. Mais quand elle arrive là-bas, c’est un margoulin qui l’attend, Samir.

Avec des chapitres courts, des dialogues qui claquent, Mouloud Akkouche va nous exposer la rencontre de deux êtres abandonnés, perdus, comme deux bêtes sauvages prises dans les phares d’une voiture. Ils vont se parler, apprendre à se connaitre le temps d’un week-end. Sans esbroufe, sûr de sa force, l’auteur construit une courte histoire, un subtil moment dans une existence, une sorte de rencontre rêvée et destinée à ne pas durer. Et il nous montre l’inutilité de la solitude et l’importance des autres, car la fuite n’est pas une solution.

Ne ratez pas l’avis de la Petite Souris

 

Oldies : La bête de miséricorde de Fredric Brown

Editeur : Moisson rouge (Grand format) ; Points (Format Poche)

Traducteur : Emmanuel Pailler

Nouvelle année, nouveau défi. Après avoir consacré mon année Oldies à Rivages en 2018, à la Série Noire de Gallimard en 2019, c’est au tour des éditions Points pour 2020. C’est aussi l’occasion de fêter les 50 années d’existence de cette collection, et les 40 ans de Points Policier.

L’auteur :

Fredric Brown, né le 29 octobre 1906 à Cincinnati en Ohio et mort le 11 mars 1972 à Tucson en Arizona, est un écrivain américain de science-fiction célèbre pour ses nouvelles au parfum humoristique. Il a également publié des romans policiers ou de science-fiction, souvent dans un registre burlesque, comme dans son roman Martiens, Go Home !

Il commence à travailler à l’âge de seize ans, exerçant divers métiers (employé de cirque, plongeur, détective privé, bibliothécaire, correcteur pour des journaux, etc), après avoir perdu sa mère et son père, respectivement un et deux ans plus tôt. En 1926, il tente d’entrer à l’université de Hanover dans l’Indiana, mais il abandonne rapidement.

Brown a été édité toute sa vie dans des pulps, ces magazines populaires et bon marché qui regroupent des histoires policières ou de science-fiction. Il commence sa carrière d’écrivain en 1937, à l’âge de 31 ans, alors qu’il travaille comme correcteur pour le Milwaukee Journal. Sa première fiction, The Moon for a Nickel a été publiée dans la revue Detective Story en mars 1938.

Il écrit par la suite beaucoup de nouvelles, notamment des short-shorts, nouvelles de quelques centaines de mots se concluant par une chute époustouflante, comique ou tragique. Dans les années 1960, il fut publié dans Playboy et d’autres magazines pour hommes, où ses histoires très courtes et souvent drôles avec une chute inattendue faisaient merveille. Il est même considéré comme le maître de la micro-nouvelle (short short-story) et de la nouvelle brève, dont le recueil en français, Fantômes et Farfafouilles (traduit de l’américain par Jean Sendy : Denoël, « Présence du futur » n°65) donne un saisissant aperçu. Il est d’ailleurs principalement connu en France pour ses nouvelles de science fiction, alors qu’il a surtout offert beaucoup à la littérature policière, par ses innombrables nouvelles ou ses romans, où, de son style percutant et épuré, il propose des intrigues à la fois simples et originales, dans un décor reflétant les réflexes, les modes et les angoisses de l’Amérique des années 1960.

L’humour est très présent chez Fredric Brown, au point parfois d’être le point de départ, sinon la raison, de ses textes. L’Univers en folie (What Mad Universe) écrit en 1949 joue avec les clichés du genre, racontant l’histoire d’un éditeur de magazine envoyé dans un monde parallèle et reprenant une vision enfantine des récits publiés dans la revue. Martiens, Go Home! (écrit en 1954) décrit une invasion martienne vue à travers les yeux d’un auteur de science-fiction, par d’insupportables petits hommes verts caricaturaux, sans gêne, malicieux et tourmenteurs d’une humanité qui va peut-être se ressouder contre eux.

L’une de ses nouvelles les plus connues, Arena, a servi pour un épisode de la série Star Trek.

Il meurt en 1972, alors que, alcoolique et atteint d’un emphysème pulmonaire, il avait arrêté d’écrire depuis neuf ans.

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

Est-ce un suicide ? Le mort, Kurt Stiffler, avait de bonnes raisons de vouloir en finir : rescapé d’Auschwitz, il venait de perdre toute sa famille dans un accident de voiture. Mais l’arme qui l’a tué reste introuvable, et l’unique témoin semble en savoir plus qu’il ne veut bien l’avouer. Pour l’inspecteur Frank Ramos, pas de doute : il s’agit d’un meurtre.

Fredric Brown, né le 29 octobre 1906 à Cincinnati, Ohio, est un écrivain américain de science fiction et de roman noir, célèbre pour ses nouvelles humoristiques, fantastiques et policières. Il est décédé en 1972. La bête de miséricorde a été publié en 1956 aux Etats-Unis.

Mon avis :

C’est un roman que je m’étais mis de coté, suite à un coup de cœur de Claude Le Nocher. Je ne savais pas de quoi il retournait ; cela s’appelle la confiance aveugle. Datant de 1956, ce roman policier pourrait aussi bien être écrit aujourd’hui, tant il est moderne dans son écriture et dans son analyse psychologique des personnages. Ce roman frise la perfection, menant son intrigue avec une force peu commune, et avec des dialogues parfaits.

John Medley va, un beau matin, faire ses courses. En revenant, il découvre un cadavre dans son jardin et appelle la police. Frank Ramos et Fern « Red » Cahan sont les deux inspecteurs qui vont s’occuper de l’affaire. L’homme a été abattu d’une balle par l’arrière du crâne et aucune arme n’est trouvée dans la jardin. Ils vont fouiller dans le passé de la victime mais aussi dans celui de Medley.

Si on ne lira pas ce roman pour son suspense, car on sait très vite qui a tué, par son attitude réservée et mystérieuse, on le lire indéniablement pour son approche psychologique. Fredric Brown choisit pour cela la forme d’un roman choral, adoptant le point de vue de chaque inspecteur, mais aussi de Medley, du capitaine de police Walter Pettijohn ou de la femme de Frank, Alice Ramos. Il va autant dérouler l’enquête que les vies personnelles des protagonistes, et démontrer sans en rajouter la vie d’une petite ville des Etats Unis.

On se retrouve donc avec un roman qui ressemble beaucoup à une enquête de Colombo, que j’adore, avec l’intervention de chaque personnage. Il est difficile de faire plus simple en étant génial, surtout avec cette fin qui montre la monotonie des vies et ses difficultés. Un petit joyau à ne pas oublier.

Bilan 2019 et bonne année 2020

Voici une nouvelle année qui se termine, la dixième pour Black Novel, et il est temps de jeter un œil sur les lectures qui m’auront touché, enthousiasmé et enchanté. 2019 aura été une bonne année, avec cinq coups de cœur, et une très bonne année d’un point de vue littérature émotionnelle. Et si ce billet peut vous aider dans vos choix de lecture, cela me ravira, tant ma volonté de partage est plus que jamais entière.

Revenons un peu sur 2019, une bonne année en ce qui concerne mes lectures. Je ne peux que vous conseiller, si ce n’est déjà fait de vous pencher sur mes cinq coups de cœur, trois nouveautés et deux Oldies.

Né d’aucune femme de Franck Bouysse (Manufacture de livres) est un roman à part de la part d’un auteur à part. Franck Bouysse est probablement le plus grand styliste actuel, et ce roman mérite de figurer parmi les classiques de la littérature française, toutes époques confondues.

Zippo de Valentine Imhof (Editions du Rouergue) est seulement son deuxième roman noir mais il est d’une maîtrise folle. Surtout, Valentine a une plume unique, un ton tout à fait personnel. J’avais beaucoup aimé Par les rafales, son premier roman, j’ai adoré celui-ci. Vivement le prochain !

La frontière de Don Winslow (Harper & Collins) : La clôture de la trilogie sur la lutte de Art Keller contre le trafic de drogue prend fin avec ce dernier tome plus que jamais indispensable puisque l’auteur s’engage en décrivant le terrain mais aussi en proposant des solutions. Énorme trilogie à lire et relire. Indispensable.

J’aurais consacré mon année à la Série Noire, en hommage aussi à Claude Mesplède. Cela m’aura fait découvrir deux formidables polars, l’un de mes auteurs favoris Comment vivent les morts de Robin Cook (Gallimard) d’une émotion et d’une tristesse incommensurable et Le grossium de Stanley G. Crawford (Gallimard) une comédie débridée mais aussi une critique acerbe de la société de consommation.

Ce bilan ne serait pas complet sans ces romans qui m’ont ému, secoué, dérangé et qui laisseront des souvenirs illuminés. Il y en avait un peu plus d’une vingtaine et j’ai réduit leur nombre à 10, comme une sorte de Top10 qui se positionnent juste au pied du podium. Enfin, un peu plus que 10 … Disons un Top12. Allons-y !

Prémices de la chute de Frédéric Paulin (Agullo) : deuxième tome d’une trilogie sur le terrorisme aussi bien que le premier, il révèle aussi un formidable conteur. On attend avril 2020 avec impatience pour la clôture de la trilogie

Elle le gibier d’Elisa Vix (Editions du Rouergue) est un des romans dont on a trop peu parlé. Et pourtant, la souffrance au travail existe et quand elle est mise en mots comme ça, cela donne un excellent roman noir.

Et tout sera silence de Michel Moatti (HC éditions) : on pourrait dire que cet auteur est un de mes chouchous. Depuis son premier roman, Michel Moatti a fait son chemin, et il a trouvé dans le journalisme un vrai sujet d’actualité et de réflexion.

Après les chiens de Michèle Pedinielli (Editions de l’Aube) : voilà encore une auteure que je défends car son personnage de Diou est de ceux que l’on suivrait au bout du monde. Et quand l’intrigue est géniale, cela donne un polar extra.

Les yeux fumés de Nathalie Sauvagnac (Editions du Masque) est un de ces romans surprise que l’on découvre au hasard d’une conversation. Et on tombe sur un roman social lucide et qui sonne vrai. Deux bons ingrédients pour en faire un très bon roman.

Il était une fois dans l’Est d’Arpad Soltesz (Agullo) nous emmène dans les pays de l’Est et nous brosse la peinture d’un pays qui se noie dans la corruption et le crime. Le ton cynique et la chute grinçante le sortent du lot.

Je ne suis pas un monstre de Carme Chaparro (Plon) est encore un premier roman à classer plutôt dans les thrillers pour le sujet mais il développe des personnages fantastiques et possède une chute qui montre que les monstres ne sont pas ceux qu’on voit. Intelligent.

Point de fuite de Jeanne Desaubry (Ska / Horsain) : A partir d’un fait divers, Jeanne Desaubry nous brosse un formidable portrait de femme en détresse, tout en finesse et en émotion. Palme personnelle du roman le plus émouvant

La crête des damnés de Joe Meno (Agullo) : Quand un auteur doué revient sur les années d’adolescence, en 1990, et la difficulté de passer à l’âge adulte, quand il s’ouvre les veines pour écrire son livre, cela donne un roman énorme. Palme personnelle du roman culte

Francis Rissin de Martin Mongin (Editions Tusitala) : Quand une société part en vrille, les gens sont prêts à se raccrocher à n’importe quoi. Ce premier roman est d’une intelligence, d’une ambition et d’une inventivité rares auxquelles on ajoute une plume fantastique. Palme personnelle du premier roman.

En moi le venin de Philippe Hauret (Jigal) : Avec une intrigue simple et un style épuré, Philippe Hauret se permet une belle analyse de la société française. Il se rapproche de plus en plus de Thierry Jonquet.

Ma sœur, serial killeuse d’Oyinkan Braithwaite (Delcourt) : Encore un premier roman fantastique, avec un scénario d’enfer illustrant la loyauté familiale. Claude Le Nocher qui nous a quitté en février avait donné son dernier coup de cœur pour ce roman et je ne pouvais que lui rendre hommage.

Et pour 2020 ?

Chaque année, on prend plein de bonnes résolutions. Je viens de dépasser les 10 années d’existence, alors les résolutions, je les laisse un peu de coté. Ceci dit, je peux vous dévoiler ce qui vous attend.

Mes rubriques Oldies ont été consacrées à Rivages Noir en 2018, à la Série Noire en 2019. Ce sera le tour des éditions Points en 2020, l’occasion de fêter les 50 ans d’existence de cette collection, et les 40 ans de Points Policier.

Mes billets paraîtront toujours les mercredis et dimanches et seront toujours programmés à l’avance, ce qui est plus facile pour moi. Il y a peu de chances que j’aie le temps de publier un billet le vendredi … mais sait-on jamais ?

Je continuerai mes rubriques consacrées à des cycles, d’un coté le combat entre Bob Morane et l’Ombre Jaune ; de l’autre La compagnie des glaces dont je viens de finir l’acquisition et donc je vais pouvoir lire cette saga jusqu’au bout ! La rubrique Des poches pleines de poches sera encore au rendez-vous.

Il est fort probable que se créée une nouvelle rubrique où je chroniquerai des vieux romans issus de mes bibliothèques. Si vous avez des idées de nom, pour la rubrique, n’hésitez pas. Je pensais à Opération Liquidation Totale ou Opération Épuisement du Stock.

Et puis, et puis, peut-être que je me lancerai dans la lecture de tous les romans d’un auteur ou d’un héros … Et puis, et puis … peut-être …

Comme vous le voyez, ce ne sont pas les idées qui manquent.

Je tiens à remercier les auteurs avant tout, pour leur folie et leur passion de partager leurs histoires. Et un grand merci aux maisons d’édition et leurs attaché (e)s de presse qui sont toujours d’une grande gentillesse à mon égard.

J’en profite pour faire un gros poutou spécial 2020 à mes amis Bruno, Richard, Yvan, Jean le Belge, Vincent, Jeanne, Gégé. Et un énorme merci pour leurs chroniques tentatrices à l’Oncle Paul, Belette, Yan, Laulo, Nathalie et Jean-Marc, sans oublier les Unwalkers et Nyctalopes, les immanquables.

Il est temps pour moi de vous souhaiter une excellente année 2020, qu’elle vous apporte joie, bonheur, surprises et surtout plein de bonnes lectures. Et plus que jamais, n’oubliez pas le principal, lisez !