Harry Bosch 1 : Les égouts de Los Angeles de Michael Connelly

Editeur : Seuil & Calmann Levy (Grand Format) / Points & Livre de Poche (Format Poche)

Traducteur : Jean Esch

Comme je l’avais annoncé lors de l’anniversaire du blog, après avoir lu les enquêtes de Charlie Parker de John Connolly, je me lance dans celles de Harry Bosch. C’est après avoir découvert la série Bosch que j’ai décidé de me jeter dans ce challenge. Il est à noter que la préface (présente dans l’édition du Livre de Poche), écrite par l’auteur lui-même est très intéressante : on y apprend ainsi que Michael Connelly a toujours voulu écrire des romans policiers et que Les égouts de Los Angeles est en fait le troisième livre qu’il a écrit.

Dimanche 20 mai. Un appel anonyme vient de signaler un corps dans un tuyau des égouts, au barrage de Mulholland. Harry Bosch et son équipier Jerry Edgar sont de garde et, comme ce dernier ne répond pas, il se rend à Hollywood Lake où se jettent les eaux des égouts. Tout le monde sur place pense à une overdose d’un toxico, d’autant plus qu’on en trouve ici avec encore la seringue dans le bras.

Quand Harry pénètre dans le tuyau, il ne trouve aucune trace, alors comment a-t-il pu arriver si loin dans le tuyau. De même, dans le noir, commenta-t-il peu s’injecter son héroïne ? Comme le corps ne sent rien, il séjourne là depuis cette nuit seulement. Il autorise qu’on sorte le corps et attend accoudé à la balustrade. Dans l’herbe environnante, il y trouve une bombe de peinture à moitié pleine.

Le légiste confirme que le corps a été placé dans la nuit, vraisemblablement vers 4 heures. Bizarrement, un de ses doigts est cassé, sans hématome. Il a donc été cassé post mortem. Tout l’attirail du drogué est présent dans le tunnel, mais il manque un couteau pour découper la canette de coca. Puis il remarque un tatouage, Non Gratum Anum Rodentum, la phrase des « rats de tunnel », les soldats envoyés au Vietnam. Cela rappelle de bien mauvais souvenirs à Harry Bosch. Il en faisait partie. Et Harry connait le mort, William Joseph Meadows : ils étaient ensemble en enfer.

Ce premier tome des enquêtes de Harry Bosch pose déjà une bonne partie des ingrédients de la série, sans toutefois donner trop d’indices. Il y aura donc de nombreux aspects à découvrir par la suite et on comprend que l’auteur a ouvert suffisamment de portes pour construire la suite de son œuvre.

Ce qui est frappant, dans ce roman, que je n’avais pas lu, c’est la logique de l’intrigue, qui avance doucement mais avec beaucoup d’application. Des mystères sont posés tout au long de l’enquête, comme des pièces de puzzle éparpillées et tout vient se mettre tranquillement en place à la toute fin du roman. C’est juste du grand art.

Michael Connelly présente son personnage central comme un rebelle, en butte avec sa hiérarchie mais aussi avec tous ceux qui la représente. Il n’est ni blanc ni noir, revenant d’une suspension et étant muté après avoir abattu un tueur en série à son réveil. N’étant pas amical, il se fait beaucoup d’ennemis de ses collègues aux Affaires Internes dirigées par le terrible Irvin Irving.

Mais c’est son passage au FBI et sa collaboration avec Eleanore Wish qui va présenter l’aspect le plus humain de ce roman. Lui si solitaire va nous découvrir une facette d’un personnage plein d’ambiguïtés, entre une volonté de solitude et un besoin d’être aimé. Même là, on se demande si ceci n’est juste une façon de faire avancer son enquête, car, taiseux, il garde des indices pour lui. Car ce qui compte pour Harry Bosch, c’est avant tout le résultat et la justice, quitte à franchir la ligne jaune.

C’est aussi un portrait édifiant de la ville de Los Angeles, où l’on rencontre des drogués, des prostitués masculins et féminins, mais aussi des femmes ayant pignon sur rue avec une activité de téléphone sexuel ou encore des pédophiles achetant des photos de jeunes gens en pleine rue. Sans en avoir l’air, et sans juger, Michael Connelly se pose en témoin de sa ville qui est en pleine décadence.

Après avoir lu ce roman, on a clairement envie d’y retourner, de retrouver ce personnage qui se trimbale avec son mal-être et qui se bat pour son idéal dans une société qui part en vrille. Cette enquête est pleine, complète, et on en ressort pleinement satisfait, car c’est difficile de trouver mieux en termes de premier roman d’un cycle. Mais on en ressort aussi avec un manque … comme si on était déjà victime d’addiction.

8 réflexions sur « Harry Bosch 1 : Les égouts de Los Angeles de Michael Connelly »

  1. Bon jeudi Pierre,
    Qu’est ce que j’ai été emballée par ce premier tome. Tu m’avais conseillé les Harry Bosch. Qu’est ce que j’en ai appris sur les petits guerriers qui se faufilent dans ces trous au Vietnam, Cambodge etccc… Quelle saloperie que la guerre. Et il l’a dénonce bien. J’ai un article sur ces méthodes historiques que j’avais approfondies et revues récemment dans un documentaire sur Arte sur la guerre en Europe, Asie et l’avancée du communisme. J’ai mon cours d’histoire qui avait des lacunes. 😋. J’ai beaucoup aimé ce 1er tome, à un tel point que je n’ai pas pu me plonger dans le second. Il est toujours là, il m’attend.😊Bises

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    1. Ah ebn, tu sais, Geneviève ? le deuxième tome m’attend aussi pour le mois de juin ! La glace noire, je me retiens de l’entamer tout de suite. Je suis dans un polar culte extraordinaire en ce moment. Ecrit en 1972, il montre où nous sommes aujourd’hui : époustouflant et flippant! BIZ

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      1. Si je comprends bien tu dois encore en faire la chronique ? J’ai mis sur mon blog celle de Mör. Et pour l’instant je lis le dernier Minier. Surprenant, avec la sensation désagréable de connaître les lieux de cette abbaye. Les moines. Cela doit être mon imagination. 😆 Biz.

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  2. J’ai lu un Harry Bosch en plein milieu de la série (Sans savoir à l’époque qu’il s’agissait d’une série) et je n’avais pas été perturbée par des manquements ou autre, je n’ai su que bien plus tard qu’il s’agissait d’une série ! Ta très belle chronique me rappelle que j’avais envie de les lire !

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