And the winner is …

Pour fêter les 11 ans du blog, je vous proposais de gagner un roman, un de mes coups de cœur de cette année 2020. Il s’agit de Nous avons les mains rouges de Jean Meckert (Joëlle Losfeld éditions) dont vous pouvez trouver mon avis ici :

C’est en 1947 que Jean Meckert publie Nous avons les mains rouges. Quatre mois avant Sartre, il s’attaque à la Résistance et à l’épuration qui a accompagné la Libération. De quoi parle ce roman noir et puissant ? Laurent Lavalette est embauché dans la scierie de d’Essartaut, un veuf qui vit dans les montagnes avec ses deux filles et un homme à tout faire, Armand. Laurent apprend vite que le patriarche est à la tête d’un réseau de résistants qui n’a pas déposé les armes et qui, régulièrement, organise des expéditions pour punir ceux qui se sont enrichis durant la guerre tandis que d’autres se battaient. Malgré les réticences de Laurent à s’engager dans des mesures expéditives, il prête cependant parfois main forte. Pour ses partisans qui n’ont pas mesuré leurs efforts durant la Guerre, la Libération a un goût amer, elle ne tient pas ses promesses d’égalité, de justice et de grand chambardement. Toutefois cette lutte sanguinaire laisse Laurent perplexe : « Laurent se demanda un moment en quoi cette doctrine différait du fascisme contre lequel ces résistants avaient combattu. » Comme dans la plupart des romans de Meckert mais aussi dans ceux qu’il écrira plus tard pour la Série Noire sous le pseudonyme d’Amila, le protagoniste de Nous avons les mains rouges est cet homme droit mais seul, réfractaire aux embrigadements de tout genre. Passionnant document sur un moment d’Histoire trouble et peu visité, ce roman est dans le même mouvement profondément humain. Présenté par Stéfanie Delestré et Hervé Delouche.

La question était :

Sous quel pseudonyme Jean Meckert a-t-il publié des polars chez Gallimard à la Série Noire ?

La réponse est : John Amila ou Jean Amila

 

Le nom de gagnant est : Pierre Pigeon. Félicitations.

 

Je n’ai plus qu’à ajouter : Merci à tous, à bientôt et plus que jamais, n’oubliez pas le principal : protégez-vous, protégez les autres et lisez !

Demain, c’est déconfinement

Normalement, si tout se passe bien, demain on déconfine. On va enfin pouvoir retourner dans nos librairies préférées pour acheter les livres convoités depuis 2 mois. Comme ce blog se veut un lieu de conseil, je me suis amusé à mettre en valeur les romans chroniqués pendant le confinement.

Parmi les très nombreuses lectures, et les quelques avis publiés, j’ai souhaité vous rappeler trois romans qui m’ont marqué. Pour chaque roman, par fainéantise, je vous ai inséré les quatrièmes de couverture ainsi que les liens vers mes billets.

Avant de les citer, je vous rappelle mes deux coups de cœur de cette année :

La fabrique de la terreur

La fabrique de la terreur de Frédéric Paulin (Agullo) :

« Cette nuit, il y aura des affrontements, il y aura des blessés et des morts. Il y aura la volonté farouche d’un peuple de mettre à bas ses dirigeants. »

Janvier 2011 : le peuple tunisien se soulève et « dégage » Ben Ali. C’est le début des printemps arabes. Vanessa Benlazar grand reporter, pressent que ces révolutions risquent d’être noyautées par les islamistes. Bientôt, la chute de Khadafi, la guerre en Syrie et le chaos qui s’installe lui donnent raison : un groupe venu d’Irak émerge des décombres, un groupe dont la barbarie est sans limite, aux méthodes de recrutement insidieuses, et qui prône la haine de l’Occident. A Toulouse, de son côté, Laureline Fell de la DCRI s’intéresse à un certain Merah, soupçonné de liens avec des entreprises terroristes. Mais les réformes du renseignement français ne lui facilitent pas la tâche : la France n’est pas armée pour affronter ce nouvel ennemi qui retourne ses propres enfants contre leur pays, Autant de bombes à retardement que Laureline, avec l’aide de Vanessa, va tenter de désamorcer.

Frédéric Paulin clôt ici la trilogie Benlazar qui nous mènera de Tunis à Toulouse, de Lunel à Raqqa, dessinant la carte des nouveaux réseaux terroristes qui frapperont Paris en plein cœur au cours de l’année 2015.

Mon avis est ici.

Nous avons les mains rouges

Nous avons les mains rouges de Jean Meckert (Joëlle Losfeld) :

C’est en 1947 que Jean Meckert publie Nous avons les mains rouges. Quatre mois avant Sartre, il s’attaque à la Résistance et à l’épuration qui a accompagné la Libération. De quoi parle ce roman noir et puissant ? Laurent Lavalette est embauché dans la scierie de d’Essartaut, un veuf qui vit dans les montagnes avec ses deux filles et un homme à tout faire, Armand. Laurent apprend vite que le patriarche est à la tête d’un réseau de résistants qui n’a pas déposé les armes et qui, régulièrement, organise des expéditions pour punir ceux qui se sont enrichis durant la guerre tandis que d’autres se battaient. Malgré les réticences de Laurent à s’engager dans des mesures expéditives, il prête cependant parfois main forte. Pour ses partisans qui n’ont pas mesuré leurs efforts durant la Guerre, la Libération a un goût amer, elle ne tient pas ses promesses d’égalité, de justice et de grand chambardement. Toutefois cette lutte sanguinaire laisse Laurent perplexe : « Laurent se demanda un moment en quoi cette doctrine différait du fascisme contre lequel ces résistants avaient combattu. » Comme dans la plupart des romans de Meckert mais aussi dans ceux qu’il écrira plus tard pour la Série Noire sous le pseudonyme d’Amila, le protagoniste de Nous avons les mains rouges est cet homme droit mais seul, réfractaire aux embrigadements de tout genre. Passionnant document sur un moment d’Histoire trouble et peu visité, ce roman est dans le même mouvement profondément humain. Présenté par Stéfanie Delestré et Hervé Delouche.

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Toute la violence des hommes

Toute la violence des hommes de Paul Colize (HC éditions) :

Qui est Nikola Stankovic ?

Un graffeur de génie, assurant des performances insensées, la nuit, sur les lieux les plus improbables de la capitale belge, pour la seule gloire de l’adrénaline ?

Un peintre virtuose qui sème des messages profonds et cryptés dans ses fresques ultra-violentes ?

Un meurtrier ?

Un fou ?

Nikola est la dernière personne à avoir vu vivante une jeune femme criblée de coups de couteau dans son appartement. La police retrouve des croquis de la scène de crime dans son atelier.

Arrêté, interrogé, incarcéré puis confié à une expertise psychiatrique, Niko nie en bloc et ne sort de son mutisme que pour répéter une seule phrase : C’est pas moi.

Entre Bruxelles et Vukovar, Paul Colize recompose l’Histoire. Au-delà de l’enquête, c’est dans les replis les plus noirs de la mémoire, à travers les dédales de la psychologie et la subtilité des relations humaines qu’il construit son intrigue.

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De mort lente

De mort lente de Michaël Mention (Stéphane Marsan)

« Nous sommes en guerre. Il en va de notre évolution, de l’avenir de l’humanité. Ils noyautent la Commission, alors nous noyautons l’industrie. Tous les coups sont permis. »

Marie, Nabil et leur fils étaient heureux.

Philippe était un éminent scientifique.

Franck était journaliste au Monde.

Désormais, ils sont victimes du puissant lobby de l’industrie chimique. Leur erreur : s’être interrogés sur les perturbateurs endocriniens, ces substances présentes dans notre alimentation et les objets de notre quotidien, responsables de pathologies telles que l’infertilité, le diabète ou encore le cancer.

Marie et les autres exigeaient des réponses, ils subissentune riposte d’uneviolence sans précédent. Rien ne leur sera épargné. Une guerre sans pitié, de Paris à Bruxelles, de la Bourse à la Commission européenne, où s’affrontent santé publique et intérêts privés, notre avenir et leurs profits.

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La défaite des idoles

La défaite des idoles de Benjamin Dierstein (Nouveau Monde)

Octobre 2011 : Kadhafi est tué, la Libye est en feu, François Hollande devient candidat des socialistes. L’UMP et le PS entrent dans la phase finale d’une guerre qui les mènera jusqu’à l’élection présidentielle.

Ancienne gloire des Stups de Paris, le policier déchu Christian Kertesz est recruté par des truands corses pour relancer un trafic de cocaïne. En parallèle, il espionne pour une société de renseignement privée le haut responsable d’une multinationale du BTP afin de l’écarter d’un marché juteux en Libye.

Alors que Squarcini, Péchenard, Neyret et d’autres grands flics sont inquiétés par des affaires qui mettent à mal l’image de la police, la capitaine Laurence Verhaeghen de la Brigade Criminelle de Paris, proche des sarkozystes, est plus que jamais déterminée à freiner la montée en puissance des troupes de Hollande. La découverte d’un cadavre va rapidement la mettre sur la piste de son ancien collègue Kertesz et de quelques fantômes de la PJ qu’elle s’est jurée de détruire.

Pris en étau entre une cellule de la DCRI qui cherche à sauver la peau des sarkozystes et d’anciens barons de la Mitterrandie qui œuvrent pour le retour de la gauche au pouvoir, Kertesz et Verhaeghen vont se livrer un duel à mort au cœur de la corruption moderne.

Mon avis est ici

J’espère que ces avis vous auront été utiles. Plus que jamais, n’oubliez pas le principal, protégez-vous, protégez les autres et lisez !

Double Noir Saison 4

Claude Mesplède, le pape du polar, nous a quittés fin 2018 après s’être lancé dans une dernière aventure. L’association Nèfle Noire propose des nouvelles noires sous un format original (Format A6, c’est-à-dire tout petit, ça tient dans une poche de pantalon) à un prix tout aussi original (2€ !). Le contenu est aussi original, puisqu’il regroupe dans chaque volume 2 nouvelles, l’une écrite par un auteur classique, l’autre par un auteur contemporain. Ce qui veut dire que pour 2 euros, vous avez droit à une heure de lecture , mais essayez de proposer 2 nouvelles en 20 pages !)

Chaque année, nous avons donc droit à une série de nouvelles. La saison 1 se compose de 4 volumes (ou épisodes si on se réfère aux séries télévisées), La saison 2 en compte 5, comme la saison 3. La saison 4 comporte, elle, 4 volumes. Ah oui, j’ai oublié de vous dire : les frais d’envoi à partir de 4 livres sont de 4 euros ! C’est donné ! Franchement, parfois, je me demande pourquoi vous hésitez encore !

Ah oui, j’ai une question d’une petite dame au fond de la salle. Comment ? Où peut-on se procurer ces petits volumes au contenu aussi étonnant que formidable ? C’est simple : vous allez sur le site www.doublenoir.fr/, vous téléchargez le bon de commande, un petit chèque et hop ! L’affaire est conclue.

Donc, voici un petit aperçu des 8 nouvelles de la saison 4 :

Saison 4 – Episode 1

Tristan Bernard : L’alibi

Pierre-Louis Brond écrit à Maître Gévaudan, avocat à la cour d’appel de Paris. Etant d’un caractère fainéant, il a vite embrassé la carrière de voleur, d’abord avec deux comparses Henri et Jules, puis à son propre compte.

Ecrit simplement et respectant le format d’une lettre, Tristan Bernard nous raconte l’affaire de Pierre-Louis Brond, et comment il se juge innocent. Si cette nouvelle peut apparaître classique, bien que bien menée, la chute est d’un bon cynisme et je me demande si l’auteur ne veut pas critiquer la justice et les lois françaises.

Gilles Del Pappas : Le photographe

Pierre est photographe et passe l’hiver à Vars. Il a eu du mal à se faire accepter par les gens du cru, mais sa démonstration de force a payé. Sa vie va changer quand il rencontre Nora, la seule célibataire du coin.

Gilles Del Pappas, avec son style mâtiné d’expression du sud, nous raconte un polar sur la base d’une femme fatale et un passage de la vie d’un homme qui n’a rien à chercher ni rien à prouver. Une histoire gentillette avec un beau passage de stress dans la piscine.

Saison 4 – Episode 2

Karel Capek : La bonne aventure

En Angleterre, l’inspecteur Robert MacLeary est alerté par sa femme sur une mystérieuse Mme Myers, qui dirait la bonne aventure et qui serait en réalité une espionne. Il décide d’envoyer sa femme en éclaireur.

Karel Capek, le créateur du mot « robot » concocte une nouvelle judiciaire tout ce qu’il y a de plus classique et termine avec une chute fort drôle.

Yvon Coquil : Grizzly

Pillou est sur le piquet de grève quand on lui signale que Grizzly a été admis à l’hôpital. Grizzly, c’est celui qui lui a tout appris, une sorte de mentor. Alors, après avoir fourni des palettes à brûler pour les grévistes, il va le voir.

Je ne connaissais pas Yvon Coquil et je vais de ce pas m’enquérir de ses romans. Car derrière cette histoire simple, il ressort des flots d’émotions qui vous submergent jsuqu ‘à une chute cynique, juste comme il faut. Une vraie pépite.

Saison 4 – Episode 3

Alphonse Allais : Crime russe & Cruelle énigme

Ces deux nouvelles très courtes font montre d’une écriture somptueuse mais aussi d’un humour décalé et bien cynique. Que ce soit cette histoire d’assassin qui poignarde une vielle dame parce qu’elle est moche ou bien celle de cet homme qui écoute ses voisons à travers le mur mitoyen, ce sont deux superbes plaisirs.

Claude Amoz : Les pages déchirées

Une vieille dame voit un homme poignardé sur le trottoir. Si elle le pousse, il finira dans le caniveau. A coté de lui, repose un livre ouvert. Elle se souvient, quand elle était petite, que son père n’a jamais pu finir de lui lire l’Odyssée …

Cette nouvelle pleine de charme et de nostalgie a des accents de mystères mais aussi des promesses de caresses et de tendresses, pour mieux montrer l’amour des livres et des histoires fortes.

Saison 4 – Episode 4

Octave Mirbeau : Le Polonais & La chanson de Carmen

Ces deux nouvelles ont le point commun d’avoir une plume très littéraire. Le Polonais nous plonge chez un miséreux de la campagne qui chasse pour survivre. La chanson de Carmen, un conte à la manière d’Edgar Allan Poe, penche plus du coté du fantastique. Dans les deux cas, ce n’est pas pour la chute qu’on les lire, mais on appréciera la puissance d’évocation de la campagne et du psychisme humain.

Andreu Martin : Joyeux anniversaire

Se faire virer le jour de son anniversaire, ce n’est pas l’idéal. Alors, Santiago Lopez Casado, mécanicien dans un petit garage, noie son désespoir dans l’alcool, dans les petits bars des Las Ramblas. Sa rencontre avec un homme va modifier son destin, pour le pire.

Cette nouvelle bien noire va vous faire passer l’envie de boire un coup, tant l’immersion du lecteur est forte. Et la conclusion, violente et fatale, place cette histoire au rayon des très bons souvenirs.

Tu entreras dans le silence de Maurice Gouiran

Editeur : Jigal

A la suite de trois lectures décevantes (voire plus), je suis revenu à mes basiques : prendre un roman édité chez Jigal. Et quoi de mieux que de lire le dernier roman de Maurice Gouiran en date, son trentième, qui nous plonge en plein milieu de la première guerre mondiale. Voilà un roman qui me réconcilie avec l’Histoire.

Décembre 1915. Alors que le conflit ne devait durer que quelques semaines, les armées s’embourbent et les défaillances se font sentir. Lors de la visite du sénateur Paul Doumer à Petrograd en Russie, les deux pays se lient par un pacte : La Russie a des hommes mais pas de fusil ; la France a des fusils mais plus d’hommes (680 000 morts en moins de deux ans). Alors, la Russie enverra 44000 hommes en France. Pour chaque homme fourni, il y aura un fusil Lebel.

Nota : Sachez que j’utilise ces termes volontairement tant ce marché est incroyable, ignoble  et inhumain.

Jeudi 20 avril 1916. La première brigade commandée par le général Lokhvitski débarque à Marseille, après trois semaines de voyage dantesque. Parmi eux, Kolya est un jeune homme intelligent, qui parle français et est envieux de la réputation de révolutionnaire qu’a la France. Son ami, Slava, est un cambrioleur qui a tué un riche bourgeois lors d’un casse. Rotislav vient juste de se fiancer et a été enrôlé par l’armée avant son mariage. Et puis, il y a Iouri qui cherche l’assassin de sa sœur et poursuit sa vengeance.

Les troupes arrivent et c’est la liesse dans la cité phocéenne. Pour tous, l’arrivée des soldats russes, tout inexpérimentés qu’ils soient est synonyme de victoire proche. Pour Kolya, c’est une découverte de cette ville quelconque au premier abord mais attachante et chatoyante grâce à ses habitants. Pour Slava, hors de question de monter au front avant d’avoir fait l’amour à une femme. Il embarque Kolya dans cette aventure et les deux comparses débarquent au Bar des Colonies. A la suite de cette nuit, Slava va disparaitre.

Pour son trentième roman aux éditions Jigal, Maurice Gouiran abandonne son personnage fétiche et récurrent Clovis Narigou pour nous plonger dans l’horreur de la première guerre mondiale. A travers le destin de ces jeunes Russes dont certains ne savaient même pas tirer, il nous montre tout d’abord les lignes arrière, puis le front avant de revenir à Marseille pour une conclusion formidable.

Car cette histoire est maîtrisée de bout en bout, en utilisant le principe d’une narration à plusieurs personnages en mettant en avant la psychologie de chacun. Car on ne peut pas dire qu’ils aient une motivation à rencontrer leur mort aussi tôt. Maurice Gouiran évite donc de nous asséner des scènes horribles de guerre, et il l’utilise comme décor, derrière ces jeunes gens.

Pendant qu’ils sont sur le front, la révolution russe va se déclencher et la vie de ces jeunes gens va être remise en cause puisqu’ils se retrouvent avec un nouvel espoir et un nouveau pays à reconstruire. Et c’est avec cette histoire que Maurice Gouiran nous délivre son message, que pendant que des jeunes meurent pour une guerre qu’ils n’ont pas voulu, de grands dirigeants avancent leurs pions et manipulent des marionnettes.

Maurice Gouiran nous montre de grande manière tout son art, et confirme qu’il est le grand conteur de l’histoire moderne. Et si j’avais eu un professeur d’histoire comme Maurice Gouiran, c’est une matière qui m’aurait passionné, alors qu’elle me manque tellement. Alors je voulais par ce billet remercier de nous écrire de tels romans, de nous conter de telles petites histoires humaines inscrites dans la grande Histoire.

Oldies : Les effarés de Hervé Le Corre

Editeur : Gallimard Série Noire (1996) ; L’éveilleur (2019) ; Points (2020)

En cette année 2020, nous allons fêter les 50 années d’existence de la collection Points, et les 40 ans de Points Policier. C’est l’occasion de revenir sur un roman paru à l’origine à la Série Noire et réédité à juste titre, qui est le troisième de ce grand auteur français du Noir.

L’auteur :

Hervé Le Corre, né le 13 novembre 1955 à Bordeaux, est un auteur de roman policier.

Hervé Le Corre fréquente le lycée Michel-Montaigne, où il obtient son baccalauréat, série littéraire, en 1972. Il suit ensuite des études de Lettres à l’Université Bordeaux Montaigne.

Professeur de lettres dans un collège de Bègles, il est un lecteur passionné entre autres de littérature policière. Il commence à écrire sur le tard à l’âge de 30 ans des romans noirs et connaît un succès immédiat.

Son écriture, le choix de ses personnages, l’atmosphère assez sombre de ses livres le placent d’entrée parmi les auteurs français les plus noirs et les plus primés du roman policier hexagonal. Ses romans ont été primés à de nombreuses reprises.

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

Des jeunes désœuvrés qui matent des revues pornos, un trio de petites frappes qui commettent l’irréparable pendant le braquage d’un camion dont ils tuent le chauffeur, un commanditaire sans scrupule qui se fait confier une gamine tentant d’échapper aux griffes de son beau-père, une inspectrice de police lâchée au milieu de ce microcosme adipeux où règne la loi du plus fort ou du plus crapuleux…

Les figures de ce roman naviguent dans les eaux troubles d’un quartier à l’abandon en bord de Garonne, à l’ombre d’un immense immeuble voué à la démolition. Violent et réaliste, sans concession ni pathos, Hervé Le Corre déploie dans l’un de ses premiers romans, enfin réédité, sa vision d’une société corrompue où peut sourdre une lumière pas toujours si inquiétante qu’on le craindrait.

Mon avis :

Richard et Manuel sont deux petites frappes que l’ont charge d’un braquage : quand le chauffeur du Poids Lourd ira se chercher un sandwich, ils devront voler le camion empli de magnétoscopes. Mais en fait de braquage, cela se termine en tabassage à mort quand Richard perd le contrôle. Puis ils conduisent leur chargement jusqu’à un hangar où les attend leur commanditaire, François.

Bienvenue dans la cité Lumineuse du quartier de Bacalan, dans le Nord de Bordeaux. De ce fait divers violent, Hervé Le Corre va se faire le témoin de la vie des cités dans les années 90. Mais est-ce que cela a tant changé ? Avec son style direct, brut et violent, ne dépassant jamais les 10 pages, ce roman se lit d’une traite et parle de la société d’alors comme le ferait un reportage.

Car au-delà de ces voleurs, Hervé Le Corre y ajoute beaucoup de personnages, tant trafiquants que flics, simples habitants que femmes maltraitées ou violées, et nous assène des scènes d’une violence non pas démonstrative mais crue. Sans vouloir être trop explicite bien que certaines figures de style démonstratives soient bavardes, il nous plante le décor de cette société en transformation vers le pire, que ce soit vis-à-vis de la place de la femme dans la société, de la violence dont celle faite aux femmes ou de l’irrespect qui mène au crime.

C’est une société sans espoir, noire au possible que l’auteur nous décrit, comme une sorte de prémonition de ce qu’elle est devenue aujourd’hui. Et l’écriture est parfois noire, parfois poétique, parfois rouge sang pour décrire ce contexte de déchéance. A ce titre, ce roman a sa place aux cotés des romans de Thierry Jonquet entre autres. Un roman effarant, comme son titre.

Black Novel fête ses 11 ans

Eh oui, Black Novel fête ses 11 années d’existence en ce 1er mai. Si vous êtes surpris, sachez que je le suis plus que vous ! Je le dis chaque année, quand je me suis lancé dans cette aventure, car c’en est une, je n’aurais jamais imaginé durer aussi longtemps. Et que vous soyez fidèle ou simple visiteur passager, je vous remercie de lire mes avis, mes élucubrations, et surtout n’hésitez pas à me laisser vos avis, qu’ils soient du mien ou pas. Je respecte tous les avis, puisque je considère qu’une lecture c’est une rencontre entre un livre et son lecteur. Et dans les rencontres, certaines sont réussies, d’autres pas.

Sachez que l’envie de partager mes avis, mes lectures est toujours aussi grand. Et je tiens à vous remercier, vous lecteur de passage, ou vous abonné et lecteur fidèle. Merci pour votre assiduité, pour vos commentaires, pour vos encouragements. Merci aussi aux auteurs avant tout, qui nous offrent tant d’émotions. Merci aux éditeurs qui me font confiance, aux attachés de presse qui pensent à moi. Merci aussi aux amis et collègues blogueurs qui me guident dans mes choix, et à mes amis (en particulier les Pieds Nickelés du Polar qui se reconnaîtront qui sont comme des frères pour moi).

Enfin, j’envoie un gros bisou à mon frère du sud, la Petite Souris. Je n’oublie pas mes amis Yvan, Vincent, et Jean le Belge. J’adresse un grand merci à tous les blogueurs qui m’aident dans mes choix de lecture. Je fais aussi un clin d’œil à l’association 813 qui défend la littérature sous toutes ses formes et que je vous conseille de rejoindre.

Comme je le disais, animer un blog, c’est avant tout une question de plaisir. Outre le combat entre Bob Morane et l’Ombre Jaune, et la saga de la Compagnie des Glaces, j’ai décidé de me lancer dans deux nouveaux défis. Le premier, c’est de lire la trilogie de l’inspecteur Sadorski de Romain Slocombe. Le deuxième m’est venu pendant que je regardais la série Bosch, que j’aime beaucoup pour sa rigueur. J’ai donc décidé de lire (ou relire) les romans de Michaël Connelly dédiés à l’inspecteur Harry Bosch dans l’ordre. Et ça commencera dès le mois de mai ! Comme vous le voyez, je ne manque pas d’idées !

A vous de travailler maintenant ! Un anniversaire, ce n’est pas un anniversaire s’il n’y a pas de cadeau. Cette année, je vous propose de gagner un de mes coups de cœur de cette année 2020. Il s’agit de Nous avons les mains rouges de Jean Meckert (Joëlle Losfeld éditions) dont vous pouvez trouver mon avis ici. Pour vous appâter, voici la quatrième de couverture :

C’est en 1947 que Jean Meckert publie Nous avons les mains rouges. Quatre mois avant Sartre, il s’attaque à la Résistance et à l’épuration qui a accompagné la Libération. De quoi parle ce roman noir et puissant ? Laurent Lavalette est embauché dans la scierie de d’Essartaut, un veuf qui vit dans les montagnes avec ses deux filles et un homme à tout faire, Armand. Laurent apprend vite que le patriarche est à la tête d’un réseau de résistants qui n’a pas déposé les armes et qui, régulièrement, organise des expéditions pour punir ceux qui se sont enrichis durant la guerre tandis que d’autres se battaient. Malgré les réticences de Laurent à s’engager dans des mesures expéditives, il prête cependant parfois main forte. Pour ses partisans qui n’ont pas mesuré leurs efforts durant la Guerre, la Libération a un goût amer, elle ne tient pas ses promesses d’égalité, de justice et de grand chambardement. Toutefois cette lutte sanguinaire laisse Laurent perplexe : « Laurent se demanda un moment en quoi cette doctrine différait du fascisme contre lequel ces résistants avaient combattu. » Comme dans la plupart des romans de Meckert, le protagoniste de Nous avons les mains rouges est cet homme droit mais seul, réfractaire aux embrigadements de tout genre. Passionnant document sur un moment d’Histoire trouble et peu visité, ce roman est dans le même mouvement profondément humain. Présenté par Stéfanie Delestré et Hervé Delouche.

Le principe est simple : vous répondez à une question en envoyant un mail à concoursblacknovel@gmail.com. Le ou la gagnante sera contacté (e) par mail pour que j’obtienne son adresse postale. La date limite de réponse est le 11 mai 2020 à minuit. Le 12 mai, un billet donnera le nom du gagnant (ou son pseudo). Le tirage au sort sera réalisé par mes enfants. Le roman est acheté par moi-même. L’envoi sera assuré par mes soins en fonction du déconfinement et de l’assiduité de La Poste.

La question est la suivante : Sous quel pseudonyme Jean Meckert a-t-il publié des polars chez Gallimard à la Série Noire ?

Deux réponses sont possibles et seront acceptées. Bonne chance !

J’espère que vous prendrez du plaisir à lire, que mes chroniques vous seront utiles pour vos choix de lecture, que vous n’hésiterez pas à me donner vos avis dans les commentaires. Je vous souhaite une nouvelle année pleine de lectures enrichissantes. Car moi, je continue …

Je n’ai plus qu’à ajouter : Merci à tous, à bientôt et plus que jamais, n’oubliez pas le principal : protégez les autres et lisez !