Micmac à Bucarest de Sylvain Audet-Gainar

Editeur : Ex-Aequo éditions

Faisant suite à Du rififi à Bucarest, ce deuxième roman de Sylvain Audet-Gainar, traducteur entre autres des polars de Georges Arion, reprend les mêmes personnages dans une intrigue située deux ans après, en 2018.

De bon matin, M.Ion Ionescu va faire son tour et prend l’ascenseur afin de rejoindre le rez-de-chaussée. On ne peut pas dire que la journée s’annonce bien, qu’il va s’envoyer en l’air, puisque, dès qu’il appuie sur le bouton sensé l’emmener en bas, le câble de la cabine se casse et ce brave retraité se retrouve éclaté comme une pastèque, mort sur le coup.

Arthur Weber essaie de trouver où est la tête dans l’image qu’on lui présente. A la limite de tomber dans les pommes, il observe l’échographie de sa compagne Iulia, et doit se persuader de sa future situation de père. Une nouvelle n’arrivant pas seule, le gynécologue lui annonce qu’il sera doublement père, puisque Iulia attend des jumeaux. C’en est trop pour sa petite nature et il s’évanouit, s’ouvrant le front sur le coin de la table d’examen.

A peine sorti de l’hôpital, le chemin est bloqué par des véhicules de police. L’inspecteur Radulescu l’aperçoit et demande à ce que l’on arrête Arthur, car sa scie à métaux a servi à couper le câble de l’ascenseur, tuant son voisin. Heureusement que son alibi tient la route : il ne pouvait être aux urgences et couper en même temps le câble !

Les événements se succèdent, quand il part, peu de temps après à Paris pour œuvrer en tant qu’interprète dans un colloque. Dans sa chambre, on vient tout juste d’y poignarder un homme, qu’il ne connait pas. L’arme utilisée est son couteau de cuisine. Là encore, il est innocenté et renvoyé illico presto en Roumanie. Vraisemblablement, quelqu’un lui en veut et veut lui faire porter le chapeau.

Quand on a lu le premier roman de Sylvain Audet-Gainar, l’effet de surprise n’est plus au rendez-vous. Et on retrouve le plaisir de parcourir cette intrigue en compagnie d’Arthur Weber, jeune homme à la bonne humeur communicative, qui a l’art de s’attirer les pires problèmes de la création. Et même quand ce sont de petits problèmes, ils lui paraissent insurmontables. Plus que l’envie de lui coller quelques baffes, c’est plutôt le sourire qui s’accroche à nos lèvres de lecteur.

Par rapport au précédent roman, le rythme y est moins soutenu, mais les situations toujours imaginatives, drôles et décalées. La plume se fait toujours fluide et le ton léger. Il n’est pas question ici de faire autre chose que du divertissement, du bon divertissement. Pour autant, nous allons retrouver le fond de l’intrigue précédente avec une intrigue mouvementée, parsemée de morts sans rapport les uns avec les autres.

Pour certains chapitres, je me demande où l’auteur va les chercher. L’exemple du chapitre 12 est éloquent : il nous créé un groupe d’enquêteurs octogénaires qui vont creuser cette affaire par loyauté envers son beau-père et les dialogues sont truculents. Au passage, il nous montre aussi comment l’ancien régime dictatorial avait la main mise sur ses citoyens, allant jusqu’à influer (pour le pire) sur leur vie privée. Micmac à Bucarest s’avère être un roman à la fois instructif et distrayant.

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