Tarmac blues de Gérard Carré

Editeur : Jigal

Auréolé d’articles élogieux des collègues blogueurs, je me suis lancé dans la lecture de ce polar avec envie, ayant besoin d’un polar costaud. J’ai été surpris par le rythme, la maitrise et la construction implacable. Bonne pioche !

Premier chapitre – Salomé : Chez son gynécologue, elle observe les deux formes qui se portent à merveille sur l’écran de l’échographie. Quand le docteur lui demande si elle a choisi les prénoms, elle lui répond naturellement Igor et Grichka. En sortant elle prend un taxi et appelle son mari, Léonard Delevigne, à la tête de la brigade des stupéfiants de Paris. Mais le chauffeur se trompe de route et Léonard assiste en direct à l’enlèvement de sa femme. Il a trente minutes pour leur donner le nom de la balance au sein du réseau Viking de Villiers sur Marne.

Deuxième chapitre – Léonard : Il se branche sur l’application lui permettant de tracer le portable de Salomé. Le signal le dirige vers un entrepôt dans lequel il pénètre rapidement. Il y découvre un taxi en train de brûler. Le corps à l’intérieur a été abattu d’une balle dans la tête et finit de se consumer. Léonard cherche alors sur son ordinateur de bord le réseau Viking, et tombe sur le nom de l’indic : Omar Faraoui. Le flic en contact avec Omar n’est autre que Milovan Milosevic, son presque frère.

Troisième chapitre – les deux orphelins : Léonard vit débarquer Milo dans sa classe de quatrième. Issu de la DDASS car abandonné à la naissance, Milo avait un caractère violent mais était beau comme un apollon. Ils firent connaissance lors d’un vol de la recette de la cantine où Léonard et ses parents innocentèrent Milo. Milo fut accepté dans la famille Delevigne, jusqu’à cet accident de voiture qui tua les deux parents. Léonard et Milo se retrouvèrent orphelins, frères pour la vie dans leur malheur.

Quatrième chapitre – Léonard : Quand Milo appelle Léonard, il lui propose de débarquer pour fêter les deux bébés à venir. Mais Léonard ne veut pas dire la vérité à son ami et frère, il invente une histoire où Salomé est partie se reposer chez ses parents. Car Léonard a pris sa décision : pour sauver sa femme et ses deux enfants à venir, il va trahir Milo et donner Omar aux ravisseurs.

Les chapitres ne dépassant que rarement les quatre pages, le résumé que je vous ai concocté donne une image de la construction du roman et de sa célérité. Nous allons rencontrer plus d’une dizaine de personnages, chacun ayant droit à un chapitre dédié et les scènes vont s’amonceler à une vitesse folle pour construire une intrigue passionnante. Il ne serait pas étonnant d’ailleurs d’imaginer cette histoire adaptée en film ou en série tant le découpage fait penser à un scénario … et quel scénario !

Car, outre les chapitres qui donnent un rythme élevé à la lecture, le style se veut direct et efficace, ne laissant que peu de temps au lecteur pour reprendre sa respiration. Soutenu par des dialogues qui sonnent tous justes (c’est assez rare pour être signalé), il est bien difficile de s’arrêter de tourner les pages tant on veut à tout prix savoir la suite pour connaitre enfin le fin mot de l’histoire.

L’air de rien, ce roman est un sacré pavé, car s’il affiche 365 pages au compteur, la fonte utilisée est petite et d’autres éditeurs auraient sortis ce livre en 500 pages. Mais que cela ne vous arrête pas, le scénario est en béton, et on n’y voit aucune fissure, les personnages sont passionnants et on se prend rapidement de d’affection pour eux, et contrairement à ce qu’on pourrait croire, les morts vont s’amonceler au fil de l’histoire.

Avec son style efficace, ses personnages attachants, son scenario de trafic de drogue alimentant les réseaux terroristes et sa forme qui apporte une célérité à l’ensemble et une célérité à sa lecture, ce roman se classe d’emblée parmi les excellentes lectures et s’avère un divertissement très haut de gamme. Avant de l’entamer, je vous conseille tout de même de vous munir de provisions et de reprendre votre souffle. Car une fois commencé, vous ne pourrez plus vous arrêter.

Une réflexion sur « Tarmac blues de Gérard Carré »

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