La capture de Nicolas Lebel

Editeur : Editions du Masque

Autant vous le dire d’emblée, si vous n’avez pas lu le précédent roman de Nicolas Lebel, Le gibier, vous avez tort, d’une part, parce que c’est un excellent polar, et vous allez vous sentir embarqués dans une aventure avec des personnages que vous ne connaissez pas. En effet, on retrouve ici Yvonne Chen, flic sans peur et sans pitié.

Samedi 9 octobre, 32 heures et 4 minutes avant le grand final. Sur l’île de Morguélen, le Père Andras Petrovacz propose à Maé l’Adagio d’Albinoni pour l’enterrement de l’oncle de la jeune femme. On enterre Jules Meunier, qui a été retrouvé noyé avec un fort taux d’alcool dans le sang. Il tenait un entrepôt de vieilleries, qu’il récupérait dans la mer ou sur la plage, quand les touristes oubliaient leurs affaires.

En face de l’église, deux hommes faisant partie de l’OCLCH, surveillent la procession. Le capitaine Raphaël Romero et le vieux major Christian Mortier, bientôt à la retraite, sont chargés de démontrer que le curé ne serait autre que le prêtre croate Andro Dragovic, criminel de guerre qu’ils doivent ramener au tribunal de La Haye. Mortier voudrait faire un coup d’éclat avant son départ, alors que Romero sera nommé à sa place.

Yvonne Chen attend avec impatience de passer le pont vers Morguélen. Toujours à la poursuite des Furies (Voir Le Gibier), elle s’est rendue compte que ce groupe de mercenaires assassins passaient des annonces sur un site en ligne réservé aux chasseurs, Grand-Gibier. Le capitaine Mazza, son seul collègue de la police qui l’aide, s’est rendu compte que le chef des Furies, un dénommé Alecto, se connectait toujours à heure fixe depuis la presqu’île de Morguélen. La chasse continue …

Je ne vais pas revenir sur mon conseil de l’introduction ; vous pouvez très bien lire ce roman indépendamment du précédent, mais il serait dommage de ne pas avoir l’explication psychologique de l’attitude d’Yvonne Chen. Car Nicolas Lebel a construit un sacré personnage féminin, jusqu’au boutiste, se moquant des règles, des méthodes, pourvu qu’elle arrive à ses fins.

Ce roman est construit comme une partie d’échecs et d’ailleurs, tout est clairement indiqué dans les têtes de chapitre. Nous retrouvons donc les pièces plus ou moins importante, les mouvements stratégiques, et surtout des jeux d’attaque / défense où on n’arrive pas à déterminer qui mène l’offensive et qui est la victime. Cela s’ajoute à un scénario construit aux petits oignons, remarquable à la fois dans son intrigue que dans sa construction. Clairement, Nicolas Lebel ne déçoit jamais, et démontre son vrai talent de conteur.

On retrouve dans ce roman la patte de l’auteur, cette faculté à écrire simplement tout en étant passionnant à chaque page. Malgré le fait que ce roman s’appuie sur plusieurs personnages, on n’est jamais perdu, et on se laisse mener par cette intrigue, sans jamais vouloir arrêter sa lecture. On y trouve même quelques quiproquos, quelques dialogues drolatiques, des moments franchement comiques (comment imaginer un Romero sensible au point de pleurer ?) et des clins d’œil à sa série consacrée à Mehrlicht quand le motard baraqué écoute sans cesse des chansons de Johnny Halliday.

Après avoir refermé ce roman, on se retrouve pleinement satisfait. On a eu notre dose de mystères, d’action, de rires et un final rythmé qui nous donne rendez-vous pour un prochain opus. En tous cas, la fin est suffisamment ouverte pour de prochaines aventures. Cette Capture est donc un très bon divertissement.

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