Wonderland Babe de Benoit Marie Lecoin

Editeur : Afitt

Depuis son entrée dans le monde du polar, sous la direction de Stanislas Petrosky, on peut s’attendre à des polars de bonne tenue. Ce Wonderland Babe mérite largement le détour, foi de Black Novel !

New York, fin des années 70. Kessy est atteinte d’albinisme ce qui pose problème dans une famille d’origine noire. Elle a subi les moqueries de ses camarades à l’école, sa famille la regardait de travers, la délaissant pour cette anomalie physique. Sa couleur blanche de peau lui a seulement servi pour ses études et pour trouver un travail, dans une société privilégiant les Blancs.

Kessy travaille donc dans un cabinet de thanatopracteur, en tant qu’assistante de Ron. Elle est sujette à des sautes d’humeur, s’autorisant même à ne venir à son poste que quand elle le veut. Obsédée par son apparence physique, elle panique quand elle aperçoit dans son miroir une ride apparaitre sur son visage. A partir ce moment-là, elle se convainc de séduire Ron.

Ron, de son côté, est prêt à passer l’éponge sur la mauvaise humeur ponctuelle ; sans vouloir se prononcer, il est tombé amoureux de cette jeune femme magnifique. Il suffit juste d’un clignement d’œil, d’un geste ouaté comme le ferait une chatte pour qu’il fonde. Ron tombe dans les filets exactement comme Kessy l’a prévu et lors d’un diner, elle lui avoue son secret : elle tue les femmes plus belles qu’elle.

Oscillant entre thriller pour le sujet et histoire d’amour fou, Benoit Marie Lecoin nous plonge au cœur de la fin des années 70 en plein New York. Il joue sur les oppositions à tous les points de vue, que ce soit Ron (meurtrier par rage) et Kessy (meurtrière par envie ou besoin), ou par la trame de l’histoire en mettant bout à bout le jour dans le cabinet et les nuits dans les boites de nuit branchées.

Adoptant un style simple, l’auteur préfère un ton minimaliste et introspectif plutôt que de s’étendre dans des dialogues sans fin. Nous avons donc droit dans la majorité du roman aux pensées des deux personnages car parler ne sert à rien, il vaut mieux agir. Aidé en cela par des scènes d’une force incroyable et d’une imagination débordante (le premier meurtre de Ron par exemple ou bien cette île glauque mais paradisiaque pour Ron et Kessy), Benoit Marie Lecoin déroule son intrigue en nous mettant mal à l’aise devant tant de naturel.

A cela s’ajoute le jeu des couleurs, dont il utilise toutes les palettes. Le ton est froid dans le cabinet lors des embaumements (dont il évite les détails gore) alors qu’il se fait chaud dans les boites de nuit colorées. L’auteur joue sur les contrastes noir / blanc, couleurs froides / chaudes pour terminer dans un noir le plus profond, que viennent rehausser les planches de dessin réalisées par Chabouté. Si ce roman m’a fasciné à la façon d’un cauchemar, il a quand même réussi à me mettre mal à l’aise sans en faire des tonnes. Surprenant !

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