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Le chouchou du mois de mars 2015

Ce mois de mars a été un sale mois pour le polar. Je voulais rendre un petit hommage à deux auteurs disparus, dont je reparlerai dans ma rubrique Oldies, que je devrais rebaptiser Hommage pour l’occasion. Abdel Hafed Benotman et Francisco González Ledesma nous ont quittés, avant de voir le printemps.

En ce qui concerne les chroniques, comme tous les ans, j’aurais mis beaucoup d’avis en ligne, car j’avais envie de défendre des romans qui en valent le coup. Commençons par par la rubrique Oldies, avec un formidable roman noir entre exercice de style et critique féroce de la justice. Il s’agit de A coups redoublés de Kenneth Cook (Livre de poche).

En ce mois de mars, j’aurais continué la lecture de séries telles que celle consacrée à Luc Mandoline, thanatopracteur de son état, édité par L’atelier Mosesu. Les épisodes 3 et 4 se nomment Concerto en lingots d’os de Claude Vasseur et Deadline à Ouessant de Stéphane Pajot. Si ce ne sont pas, à mon gout, les meilleurs de la série, ils ont le mérite de continuer la série et d’offrir des romans divertissants. J’aurais aussi chroniqué la fin de la série de Mémé Cornemuse qui clôt le cycle en forme de fanfare, avec de la bonne humeur au programme et de l’émotion aussi. Tout cela est à découvrir dans Maboul Kitchen de Nadine Monfils (Belfond).

Vous connaissez mon intérêt, voire ma passion pour les premiers romans. Ce mois-ci, deux nouveaux auteurs sont à ajouter à ma liste personnelle. Les Belges reconnaissants de Martine Nougué (Editions du Caïman) est un roman policier dans la plus pure tradition, qui se démarque par son acuité dans l’observation de la vie d’un village. Même pas morte ! de Anouk Langaney (Albiana) quant à lui est un fantastique roman noir humoristique sur une mémé flingueuse à qui on annonce qu’elle est atteinte de la maladie d’Alzheimer. Ces deux auteures sont à suivre de près, foi de Black Novel.

Au niveau des découvertes, deux romans m’auront emballé. Le premier, Qui veut la peau d’Andreï Mladin ? de George Arion (Genèse éditions), est un pur polar, le genre de roman pour lequel on lit ce genre de littérature, drôle du début à la fin, mais pas seulement : écrit sous Ceaucescu, c’est, avec du recul, un brulot passé entre les mailles de la censure que nous avons la chance de découvrir. L’autre roman, c’est une sacrée surprise : il s’agit de L’homme de la montagne de Joyce Maynard (Philippe Rey). Et là, il s’agit d’un roman écrit comme une autobiographie qui raconte l’adolescence de la fille d’un flic. C’est bouleversant tellement c’est beau, tellement c’est triste.

Enfin, il y a les auteurs que j’aime et que je suis à chacune de leurs publications : il y eut Les neuf cercles de RJ.Ellory (Sonatine)  où j’ai enfin retrouvé ce style hypnotique que j’aime tant, qui pourrait m’emmener n’importe où. Il y eut Première station avant l’abattoir de Romain Slocombe (Points) où Romain Slocombe nous montre à nouveau son savoir faire dans la construction d’intrigues solides avec un contexte historique fort. Enfin il y eut L’archange du chaos de Dominique Sylvain (Viviane Hamy), où Dominique Sylvain nous introduit un nouveau couple d’enquêteurs dans une traque de serial killer, à la fin de laquelle on ne souhaite qu’une chose : lire la suite.

Le titre du chouchou du mois, même s’il fut bien difficile à choisir, revient donc à Le chemin s’arrêtera là de Pascal Dessaint (Rivages) pour ce portrait désenchanté et foncièrement pessimiste. Mais il y a une beauté dans ce désespoir, celui du style de l’auteur et de la bassesse de ses personnages.

Après ce mois plein de lectures réjouissantes, je vous donne rendez vous le mois prochain. D’ici là, n’oubliez pas le principal, lisez !

Le chemin s’arrêtera là de Pascal Dessaint (Rivages Thriller)

Je n’avais pas trouvé le temps d’ouvrir son précédent roman, Maintenant le mal est fait, alors je ne pouvais pas rater celui-là. Pascal Dessaint nous donne un roman noir, social, comme il a l’habitude de le faire, dans la veine de Les derniers jours d’un homme, en donnant la parole à différents personnages.

Ce roman est composé de cinq tableaux, eux-mêmes divisés en chapitres, chaque chapitre donnant la parole à un personnage. C’est donc un roman choral qui nous plonge dans une région imaginaire, en bord de mer, où les chantiers navals ont été fermés pour des raisons économiques. De ces paysages désertés, ne restent que des fantômes, des âmes errantes en quête de survie, des gens laissés sur le bas-côté.

Il y a Louis, 16 ans. Il vit dans une écluse où il n’y a plus rien à faire. Les portes sont commandées automatiquement. Mais lui et son oncle Michel peuvent bénéficier de la maison du gardien de l’écluse. Sylvie, qui fut la femme de Michel, repasse par l’écluse il y a 10 ans. Louis ne s’en rappelle pas, si ce n’est que son départ est arrivé quand sa mère est morte, écrasée par un camion. Sylvie est venue leur annoncer qu’elle est malade, qu’elle a de plus en plus de mal à supporter la chimiothérapie.

Il y a Jérôme. Il vit sur les bords des dunes, ou plutôt tente de survivre avec rien. Le paysage est de plus en plus noyé par le sable. Il était soudeur. De son rêve de travailler sur des plateformes pétrolières, entouré d’eau, il se retrouve entouré de sable, avec une maison qui part en décrépitude … comme sa vie.

Il y a Cyril. Il est arrivé là par hasard, et campe pas loin de la petite écluse. Il habite une petite caravane avec Mona, sa fille, qui travaille au village, dans une parfumerie. Son passe temps, c’est de regarder les pingouins au loin et les oiseaux. Le soir, son petit plaisir, c’est de regarder sa fille se déshabiller. Mona, c’est son ile déserte à lui, même s’il préférerait être plus gentil avec elle.

Il y a Gilles. Lui, son envie, c’est de tuer un phoque, pour se venger des coups reçus de son père. Sa mère, elle, fermait les yeux. Alors il regarde inlassablement la mer, avec l’espoir d’apercevoir un phoque. Parfois, avec Gilles, ils entrent dans des blockhaus, se font des pique-niques.

Il y a Wilfried. Il passe ses journées à la pêche, à faire du surfcasting. Mais il ne pêche pas pour manger. Quand il ramène des poissons, il les laisse sur le bord, à mourir. Sa femme est fan de sport. Alors elle a donné à leurs trois garçons les prénoms de Tony, Carl et Lance. Mieux vaut aller à la pêche que supporter ses gosses. Il se rappelle une jeune femme qui était venue le voir. Elle s’appelait Laurence. Pris d’une soudaine envie, il l’avait violée. Mais elle n’avait pas intérêt à porter plainte …

D’un personnage à l’autre, la vie passe, les petits événements se déroulent. Alors qu’il n’y a rien à faire, chacun déroule sa petite pelote de laine, dans un langage simple, avec ses petites réflexions. Ils n’ont pas conscience de toutes les décisions politiques, juste des conséquences sur leur vie à eux : Ils ont été lâchement abandonnés, comme on laisse des chiens sur les parkings d’autoroute l’été.

Il vaut mieux avoir le moral pour lire ce roman d’une noirceur extrême, d’une justesse incroyable. Ces différents portraits montrent une société qui avance mais qui laisse sur le coté des hommes et des femmes qui n’ont rien demandé et qui ne comprennent pas. Alors, l’homme n’a plus de notion de bien ou de mal et redevient animal, luttant pour la défense des siens, pour sa survie.

Il a une image très belle dans ces différents tableaux aux tons noirs et gris, que j’ai un peu adaptée à ma façon. Dans le chenal, les cargos arrivent, les machines viennent vider les marchandises. Les machines ont remplacé les hommes. Il n’y a plus d’accident du travail, il ne reste que des blessés de la vie.

Pascal Dessaint nous offre un livre noir, qui oscille entre poésie et noirceur, entre le bleu et le gris. Un roman d’une beauté foudroyante, d’une simplicité impressionnante. Mais il ne reste aucun espoir ici bas, quand l’homme devient une bête, il détruit ce qui l’entoure. C’est un livre noir, hanté de spectres qui vous hanteront longtemps la nuit. Et ces spectres, ce sont des hommes …

Le chouchou de mois de février 2015

Le mois de février est un mois court mais c’est surtout un mois que je trouve fatigant avec son sale temps et ses journées courtes. Malgré cela, j’aurais tout de même trouvé mon premier coup de cœur de l’année en la personne de Les nuits de Reykjavik de Arnaldur Indridason (Métailié). Certes l’auteur est connu et reconnu grâce à son personnage Erlendur. Mais ce roman, qui montre la première enquête est tellement passionnante et parfaite dans sa façon de mener l’enquête, c’est tellement pétri d’humanisme que je pouvais faire autrement que de lui décerner un trophée personnel.

La rubrique Oldies quant à elle revenait sur un roman qui date un peu, mais qui s’avère intemporel ; il s’agit de Journal d’une fille de Harlem de Julius Horwitz (Points). A la façon d’Anne Franck, il nous écrit le journal d’une jeune fille qui veut s’en sortir. L’immersion est tout simplement totale et le résultat impressionnant. Cette lecture fut aussi l’occasion de rendre hommage aux 35 ans de Points Policiers.

La cavale de Billy MicklehurstJe tenais aussi à signaler une lecture que je n’ai pas chroniqué, car la nouvelle est trop courte pour en faire un billet. Malgré cela, en une vingtaine de pages, l’auteur arrive à créer un univers, un paysage, et à nous entrainer dans une vague d’émotions dramatiques. La cavale de Billy Micklehurst de Tim Willocks (Allia) nous conte la rencontre de l’auteur avec un SDF et c’est tout simplement délicieux. L’interview qui complète ce petit livre est aussi très instructive.

J’ai aussi chroniqué deux titres de la collection Polaroid de L’atelier In8, en parlant de deux titres écrits par Jean Bernard Pouy, à savoir Calibre 16mm et Le bar parfait. Ce sont deux romans ou plutôt deux nouvelles comme le Maître sait le faire, si simples, si évidentes et pourtant si bien faites.

Enfin, j’ai encore une fois réservé la place belle pour les auteurs français, et dans un grand nombre de genres différents. Je suis passé du thriller psychologique avec Miettes de sang de Claire Favan (Toucan) qui est très bon, au roman policier historique avec Les chants de la mort de Nicole Gonthier (Pygmalion) qui ravira les amateurs du genre, du roman d’aventures à suspense avec Six fourmis blanches de Sandrine Collette (Denoel Sueurs Froides) qui est formidable, au polar exotique avec Les temps sauvages de Ian Manook (Albin Michel) pour lequel je suis resté plus sceptique.

Le titre du chouchou du mois revient donc fort logiquement à La ville des morts de Sara Gran (Editions du Masque). Dans ce roman, Sara Gran ouvre une nouvelle série, créé un nouveau personnage et le ton est suffisamment original pour que nous soyons dès le départ charmé par cette intrigue et horrifié par ce qu’elle décrit.

Je vous donne rendez vous le mois prochain. D’ici là, n’oubliez pas le principal, lisez !

La ville des morts de Sara Gran (Editions du Masque)

Sara Gran est de retour en France, après deux romans remarqués, Dope et Viens plus près. J’avais bien aimé le premier, moins le deuxième. Pour ce roman, c’est une rencontre avec un nouveau personnage de détective à laquelle elle nous convie. Ne ratez pas ce roman, aussi bien pour son originalité que pour son personnage principal attachant.

Claire DeWitt est détective privée. Depuis qu’elle est toute petite, sa passion a toujours été de résoudre des mystères. Il était donc naturel qu’elle en fasse son métier. Ce matin là, un homme demande à la voir. Il s’appelle Leon Salvatore et lui demande de retrouver son oncle qui a disparu en même temps que l’ouragan Katrina, à la Nouvelle Orléans. Même s’ils ne communiquaient que par téléphone, Leon est inquiet.

Quand elle atterrit à la Nouvelle Orléans, sa première idée est de regarder les informations disponibles sur Internet. Vic Willing était en effet substitut du procureur depuis plus de vongt ans. C’est le genre de personne qui n’était pas géniale dans son travail, mais qui le faisait le mieux possible. Leon est forcément l’héritier et peut passer pour le suspect numéro 1. Mais dans cette ville ravagée, laissée à l’abandon, personne ne cherche les disparus.

Quand elle se décide enfin à aller visiter la maison de Vic Willing, elle y trouve une maison en désordre, et des empreintes qu’elle relève elle-même, ainsi qu’un perroquet vert. Vic aimait beaucoup les animaux, plus que les humains semble-t-il. Après avoir fait appel à un de ses amis, Claire découvre que quelques empreintes appartiennent à Andray Fairview, un truand enfermé en prison. Enfin, elle tient une piste pour démarrer son enquête.

Quand on démarre un roman, et qu’il s’agit d’une nouvelle série, le premier roman cherche surtout à présenter le personnage du (ou de la) détective. Parfois, cela est réussi, parfois cela est long, moyen. Ici, c’est une franche réussite car Sara Gran cherche à nous présenter Claire de la façon la plus intime possible. Et, en fouillant son passé et ses racines, je me suis beaucoup attaché à elle, et c’est franchement passionnant.

Il semblerait que Claire soit poursuivie par des disparitions. Cela commence par son enfance, quand avec ses amies, Kelly et Tracy, elle cherche à résoudre des énigmes … jusqu’à ce que Tracy disparaisse sans laisser de traces. De ce mystère jamais résolu, Claire en ressortit abandonnée par Kelly et, à partir de ce moment, irrémédiablement seule. Elle trouva par la suite du travail chez une autre détective, Constance Darling, la cinquantaine, qui l’éleva et lui montra tout ce qu’on doit savoir sur le métier. Est-ce une sorte d’image de la mère, ou juste un passage de témoin ? On n’en saura pas plus dans cet épisode, tout juste que Constance a tragiquement disparu, assassinée.

Si je suis si long dans la description, c’est bien parce que le personnage de Claire DeWitt est une des pierres fondatrice de ce roman. C’est parce que ce personnage, qui ne se laisse pas dépasser par ses émotions, ou du moins ne le montre-t-elle pas car c’est écrit à la première personne du singulier, a des réactions ou des remarques qui sont profondément humaines. Alors l’auteur alterne les chapitres entre le passé et le présent, principe archi connu, mais avec une subtilité qui me font penser à des transitions cinématographiques géniales.

Oui, j’ai adoré Claire, mais j’ai aussi adoré Jacques Silette. Vous allez me dire : Mais qui c’est celui là ? C’est un vrai détective privé qui a écrit un recueil qui s’appelle Détection et qui est le livre de chevet de Claire. A chaque pas de l’enquête, Claire se réfère à ce livre, introuvable depuis longtemps. Ce qui m’a fait fondre, c’est quand Claire raconte, sans émotion, que cet homme qui donne des leçons, qui donne les clés du bon détective, fut incapable de retrouver sa fille Belle quand celle-ci a disparu. Et c’est raconté avec tant de distance qu’on sent bien que cela la touche, Claire …

Et puis, il y a la Nouvelle Orléans, meurtrie à la suite de cet ouragan meurtrier. Certes, j’avais été marqué par les descriptions de James Lee Burke, mais la façon dont c’est écrit ici ne peuvent que toucher même le plus dur des lecteurs. Encore une fois, on n’a droit à aucune émotion, juste des petits passages qui sonnent remarquablement juste, comme si Claire ne notait que ce qui lui faisait mal, à elle, l’humaniste.

Alors elle cherche à s’éloigner, à oublier le présent, son quotidien si lourd de son passé chargé. Elle boit, elle fume, elle prend de la drogue. Et elle oscille entre rêves et réalité, entre passé et présent, entre fantômes et témoins jusqu’à un final qui n’en est pas un, si ce n’est qu’il confirme tout le cœur que cette petite bonne femme garde caché, enfoui tout eu fond d’elle. Vous l’avez compris, j’ai adoré Claire.

Un dernier petit mot sur ce livre concernant la couverture. Celle-ci peut vous étonner, vous arrêter, vous rebuter. Peu importe, sachez qu’elle est justifiée et qu’elle comporte une partie de l’énigme à résoudre. Rassurez vous, je ne vous dévoile rien en disant cela, mais elle m’a interpelé.

Un dernier petit mot : Quand j’adore des livres, je ne peux pas m’arrêter d’en parler. Alors, voilà, j’ai été un peu long, mais Claire m’a ému, fasciné, touché, fait rire, outré, révolté, montré, mené par le bout du nez, pour finalement me faire regretter d’avoir tourné la dernière page. Dis-moi, Claire, quand reviens-tu ?

 Ne ratez pas l’avis de l’ami Claude ici

Le chouchou du mois de janvier 2015

Bon, allez, on réattaque une nouvelle année, après une année 2014 qui fut, à mon gout, exceptionnelle. Comme tous les ans, les chroniques de ce mois de janvier sont un mélange entre des nouveautés tout juste sorties et des séances de rattrapage de l’année dernière. Mais commençons par la rubrique Oldies, et un petit joyau noir insuffisamment connu. Il s’agit de Montana 1948 de Larry Watson (Gallmeister), qui avec une intrigue simple, se permet de creuser des thèmes importants de fort belle façon.

Ce fut aussi un beau hasard, celui de lire le diptyque de Marin Ledun, L’homme qui a vu l’homme et Au fer rouge (Ombres Noires). Je m’étais mis le premier de coté, ne trouvant pas le temps de l’insérer entre deux autres livres. Et quelques jours plus tard, j’enchainais avec le deuxième, qui en est plus ou moins la suite. Bref, avec ce diptyque, Marin Ledun trouve son rythme, ses sujets, sa construction ; pour moi, ce sont des romans d’action, ceux de la maturité, tout en parlant de sujets graves. J’adore, je suis fan.

A propos d’auteurs dont je suis fan, j’ai lu Le bazar et la nécessité de Samuel Sutra (Flamant noir), le dernier Tonton en date, avant le prochain, bien sur ! Dans celui-ci, Tonton se découvre un fils. Et finalement, si c’est un épisode un peu moins drôle que les autres, il n’en est que plus touchant par moments. Ceci dit, cela reste tout de même du divertissement comique de haut de gamme.

En parlant d’auteurs fétiches, le dernier Sam Millar est sorti. Ça s’appelle Le cannibale de Crumlin Road de Sam Millar (Seuil), c’est la suite des Chiens de Belfast. Et on se retrouve avec une enquête avec des scènes incroyablement visuelles comme seul Sam Millar est capable de les écrire aujourd’hui. C’est noir, c’est fort, c’est bon.

En parlant de roman noir, du coté violent, A mains nues de Paola Barbato (Denoël Sueurs froides) est un premier roman impressionnant, à la fois un roman d’initiation et un roman de survie. Psychologiquement impeccable, visuellement très réussi, On s’attache au personnage principal et on est surpris par le dénouement … jusqu’à la dernière ligne.

En proie au labyrinthe : La lutte de Marek Corbel (l@ liseuse) est le premier tome d’une trilogie. Si ce n’est pas à proprement parler un polar, on a affaire à un vrai roman politique d’anticipation qui met à la bouche pour la suite, une sorte d’entrée dans un menu dont on attend avec impatience le plat de résistance.

Le titre de chouchou du mois revient donc ce mois ci à un roman exceptionnel à la fois par son intrigue simple mais aussi à son ambiance des campagnes, qui le sort du lot par ses qualités d’écriture véritablement hors du commun. Il s’agit, bien sur, de Grossir le ciel de Franck Bouysse (manufacture de livres), l’un des romans noirs qui littérairement m’a le plus impressionné récemment. Et, bien entendu, je suis d’ors-et-déjà parti à la recherche des précédents livres de l’auteur. Comme quoi …

Je vous donne donc rendez vous le mois prochain et, en attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !