Archives pour la catégorie Chouchou 2019

Le chouchou du mois de juin 2019

Avant de préparer vos valises pour les vacances estivales, je vous propose quelques avis qui vont peut-être vous faire ajouter quelques romans parmi les shorts et autres T-shirts. Et dans tout les avis que j’ai publiés, il y a forcément un livre qui correspond à vos goûts :

Commençons par un coup de cœur, d’un auteur que j’adore, Robin Cook, le Britannique. Comment vivent les morts de Robin Cook (Gallimard Série Noire) se situe juste avant j’étais Dora Soarès et s’avère un roman policier, à la fois cynique et méchant, que romantique et  horrible par son sujet. Dans un milieu corrompu jusqu’à la moelle, l’histoire de ce couple va nous décontenancer, nous émouvoir par tant d’injustice. Énorme, formidable, c’est un roman à ne pas rater.

J’ai continué mon défi Bob Morane avec la quatrième confrontation avec l’Ombre Jaune : Le châtiment de l’ombre jaune d’Henri Vernes (Marabout). Cette aventure va mettre en vedette Bill Balantine dans une sorte de jeu de piste où les rebondissements sont nombreux et les scènes d’action innombrables. C’est un excellent numéro.

Comme tous les ans, j’aurais jeté un coup d’œil di coté des nouveautés de chez Ska. Ce sont des nouvelles noires (ils proposent aussi des nouvelles érotiques) électroniques de bon voire de très bon niveau. La cuvée 2019 vaut largement le détour avec des auteurs tels que Mouloud Akkouche, Luis Alfredo, Gaëtan Brixtel, Mathilde Bensa, Louisa Kern, ou Stéphane Kirchaker. Ne ratez pas Le fils de Gaëtan Brixtel, entre autres.

Vous le savez, mes choix de lecture reposent beaucoup sur les autres blogs. Mon ami du Sud, Petite Souris, m’avait vanté les qualités de deux romans mettant en scène des femmes. Ce fut donc pour moi l’occasion de faire un billet ayant cette thématique. Avec Oyana d’Eric Plamondon (Quidam éditeur), j’ai découvert un auteur au style aussi minimaliste qu’il est expressif. Son histoire de femme qui revient vers ses racines sur fond d’ETA est juste éblouissant. Changement de thématique mais aussi de style avec Les mafieuses de Pascale Dietrich (Liana Levi) où on est plongé dans un intrigue plus polar, où j’ai été surpris par la maîtrise et l’assurance de cette auteure dont ce n’est que le deuxième roman. C’est une vraie belle découverte.

Restons du coté des polars, justement. Si vous cherchez du divertissement venu d’ailleurs, Ma sœur, serial killer de Oyikan Braithwaite (Delcourt) est fait pour vous. Débarquant du Nigeria, ce roman est juste et humoristique, décalé et passionnant ; bref, en un mot, il est impossible d’arrêter sa lecture. Outre son sujet original, l’auteure publie ici un premier roman passionnant sur la loyauté familiale, où elle pousse ce thème aux extrêmes, pour notre plus grand plaisir.

J’ai pris l’habitude de mettre en avant certains auteurs … quand l’occasion se présente. C’est le cas ce mois-ci avec Jean-Pierre Ferrière, puisque ses romans sont réédités de temps en temps. En fin d’année dernière, c’était La Seine est pleine de revolvers (French Pulp), l’histoire de deux couples dont les femmes veulent se débarrasser de leurs maris par des meurtres parfaits. Cette année, c’est Le dernier sursaut (Campanile éditions) avec un portrait parfait de femme qui se révèle et s’ouvre après un drame personnel ? Dans les deux cas, le scénario est impeccable et les psychologies féminines formidablement faites.

Au niveau divertissement toujours, dans le genre fantastique, Le maître des limbes d’Olivier Bal (De Saxus) nous propose de visiter un autre monde, celui des rêves. Bâtissant son roman avec tous les codes du thriller, Olivier Bal dont ce n’est que le deuxième roman s’avère un auteur plein de talent et prometteur pour l’avenir. C’est prenant, oppressant, inquiétant, et rythmé.

Le polar, c’est aussi le message, l’ouverture au monde, voire la dénonciation. Faisant suite à son excellent Tu n’auras pas peur, Et tout sera silence de Michel Moatti (HC éditions) reprend les mêmes personnages pour parler ouvertement du trafic des femmes à destination de la prostitution. D’un contenu parfois cru, excellemment documenté et profondément humain dans sa volonté de montrer l’horreur, l’auteur crie haut et fort ce scandale dont personne ne parle.

Les médias en parlent de temps en temps, puis c’est le grand silence et on pense que le drame du harcèlement au travail n’existe plus … jusqu’au prochain procès ou scandale. Elle le gibier d’Elisa Vix (Rouergue) nous place dans ce cadre dans un roman choral dont seule Elisa Vix a le secret. Un roman génial, tout petit qui pourtant en dit tant. Et c’est psychologiquement très fort.

Je l’attends tous les ans, le dernier roman d’Ahmed Tiab. Le dernier en date s’appelle Adieu Oran d’Ahmed Tiab (Editions de l’Aube) et il nous montre un pays en perdition, qui oublie ses valeurs, pour plonger dans le chaos. Au menu, là aussi, l’exploitation des migrants mais surtout un roman témoin qui nous rend impatient de lire la suite. A mon avis c’est le meilleur roman de cet auteur à ce jour.

Le chouchou du mois a dont été bien difficile à choisir. Car j’aurais pu en choisir trois ou quatre. Allez, je me lance ! Le titre du chouchou du mois revient donc à Elle le gibier d’Elisa Vix (Rouergue). J’espère que ces avis vous auront été utiles dans le choix de vos lectures.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de bonnes vacances estivales, et rassurez vous : le blog reste ouvert tout l’été ! Profitez en bien et surtout n’oubliez pas le principal : lisez !

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Le chouchou du mois de mai 2019

Allez, on repart pour une onzième année ! Et pour bien démarrer, je vous aurais partagé des lectures regroupées par thèmes. Etant donné le nombre de mes lectures et quand c’est possible, cela me permet de parler encore plus de livres et d’auteurs, voire de maisons d’éditions.

C’est le cas des éditions In8, puisque j’ai consacré un billet à leur collection Polaroïd qui regroupe des novellas (soit des nouvelles longues ou des romans courts de moins de 100 pages. L’avantage, c’est que cette collection en sort peu (2 à 3 par an). L’inconvénient, c’est qu’ils en sortent peu, surtout quand on a affaire à des romans remarquables de concision. Les deux dernières parutions, Le sorcier de Jérémy Bouquin et  Comme une bête de Marin Ledun sont à cet égard deux grandes réussites.

J’ai continué mon exploration de La compagnie des glaces, en vous proposant les tomes  11 et 12 de GJ.Arnaud (French Pulp). Après la crise de la réapparition du soleil pendant quelques heures, le monde se reconstruit et les intrigues sont toujours aussi foisonnantes. Du pur plaisir visionnaire.

Enfin j’ai programmé un billet sur le polar et l’humour, parce que c’est un genre peu représenté mais qui commence à être reconnu. Rien de tel que de se plonger dans une enquête menée avec dérision, parce que tout cela n’est pas sérieux n’est-ce pas ? Requiem pour un fou de Stanislas Petrosky (French Pulp) et Laisse tomber de Nick Gardel (Editions du Caïman) vont vous faire sourire, rire !

Il ne faut pas oublier Suzie qui m’a fait l’honneur de publier son avis sur Le point zéro de Seichö Matsumoto (Atelier Akatombo), un roman policier classique des années 50. Outre l’intrigue remarquable, il nous enseigne la culture japonaise et la place de la femme au Japon, ce qui fait au moins deux raisons de ne pas rater ce roman extraordinaire et glaçant.

Dans la catégorie polar, ce sont surtout mes auteurs favoris qui auront été mis à l’honneur. Si je meurs avant mon réveil … de Philippe Setbon (AO éditions) est le dernier scénario diabolique concocté par cet auteur scénariste. Il nous promène dans quatre lieux, quatre époques avec quatre personnages (au moins) pour une histoire de sang et de vengeance pour notre plus grand plaisir.

Le dernier roman de Valerio Varesi, Les mains vides (Agullo) va probablement en surprendre plus d’un par son style. Direction Parme et le mois d’aout, une ville écrasée par la chaleur. Le commissaire Soneri, entre nostalgie et dynamisme, va se rendre compte que les temps changent, sa ville change, la criminalité change, que la société change. C’est une superbe illustration d’un homme en décalage avec son temps, qui ne trouve plus sa place dans la société qui est la sienne.

Après le superbe De feu et de cauchemar, Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel (Marabout) est le dernier roman de cet auteur que j’aime beaucoup et son inspecteur le commissaire Mehrlicht, mon frère de littérature. Après l’Irlande, cette histoire nous parle de migrants, de Roumanie, de mort et de vie éternelle avec toujours autant de savoir-faire, et juste ce qu’il faut de décalage.

En consacrant une rubrique Oldies aux romans plus anciens, il me fallait aborder mon auteur français favori : La bête et la belle de Thierry Jonquet (Gallimard Série Noire) est un des romans que je n’avais pas encore lu de cet auteur et il allie une autopsie de notre société avec un fait divers bien glauque, en finissant en fanfare avec deux coups de théâtre, ce qui en fait un roman fantastique et inoubliable.

Ma seule découverte de ce mois aura été L’inspecteur Dalil à Paris de Soufiane Chakkouche (Jigal). Cet auteur marocain créé un personnage de flic vieillissant en duo avec un commissaire parisien, obligé de venir à Paris pour résoudre une affaire de disparition (ou d’enlèvement, qui sait ?). Il y a dans ce roman une volonté de montrer Paris avec le recul d’un étranger et d’y apporter un ton résolument drôle, décalé et fin. Je suis d’hors et déjà fan de ce personnage

Le titre du chouchou du mois revient donc à Laisse tomber de Nick Gardel (Editions du Caïman) parce que ce huis-clos dans un immeuble peuplé de grabataires et d’un rentier quarantenaire nous réserve une superbe surprise et une non moins superbe intrigue, et que je considère ce roman comme le meilleur de son auteur à ce jour. J’espère que ces avis vous auront été utiles. Je vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !

Le chouchou du mois d’avril 2019

Ce billet est un peu spécial à l’heure où le blog va fêter ses 10 années d’existence. Mais nous aurons le temps d’en parler en temps voulu, soit dès mercredi prochain. Pendant ce mois d’avril, je me suis fait aider par des invités de marque. Outre Suzie qui me fait l’honneur de billets (quasiment un par mois, et je l’en remercie), c’est mon fils qui s’est invité sur Black Novel. Et pour un père, il n’y a pas plus beau cadeau qu’un avis écrit par ses propres enfants. D’ailleurs, n’hésitez pas à leur laisser un commentaire, ça leur fera plaisir !

Suzie donc est venue nous parler du petit dernier sorti à l’atelier Akatombo, Rouge est la nuit de Tetsuya Honda (Akatombo). C’est un premier roman d’une série avec un personnage féminin fort que Suzie vous conseille très fortement et que je vais bientôt lire !

Mon fils Nathan a tenu à vous partager son avis très détaillé de Les quatre élus de Brandon Mull (Bayard), avec toute sa sensibilité liée à son âge. J’ai lu aussi ce roman, qui est un roman d’aventures où 4 jeunes gens vont s’unir pour lutter contre les envahisseurs et je dois dire qu’on y prend beaucoup de plaisir. Il est à noter que la scène de combat final est très réussie.

Ma fille Clara nous avait déjà proposé son avis sur le tome 1 des cousins Karlsson. Depuis elle a bien grandi et nous propose son avis sur Hunger Games de Suzanne Collins (Pocket). Elle nous conseille fortement ce roman, émotionnellement fort, avec un thème de manipulation des masses par des jeux télévisés. Elle a adoré les romans, et les films et je peux vous dire qu’elle a préféré les livres. Alors, n’hésitez pas !

J’aurais mis à l’honneur un auteur qu’il faut que vous découvriez si vous ne le connaissez déjà. Pierre Pouchairet est un ancien policier qui a bourlingué et est devenu depuis un auteur de polars prolifique. Dans ses romans, les intrigues sont remarquables, son style est d’une fluidité impeccable et ses personnages sentent le vécu. Avec Haines, il nous offre un roman policier pur jus avec une vraie intrigue et des personnages plus vrais que nature. Quant à A l’ombre des patriarches, c’est à Jérusalem qu’il nous emmène pour nous plonger dans une zone de chaos, et c’est un roman très instructif et très bien construit, complexe comme la situation géopolitique de cette zone du globe.

Restons dans la sphère géopolitique avec le deuxième tome de la trilogie sur le terrorisme de Frédéric Paulin. Passé l’effet de surprise du premier, Prémices de la chute de Frédéric Paulin (Agullo) s’avère non plus une surprise, mais une confirmation du talent de l’auteur, une qualité de narration impressionnante et une faculté à placer l’Humain au milieu d’une situation inextricable, tout en nous apprenant les origines du terrorisme. Ce roman est une pierre fondatrice de plus dans cette trilogie qui va faire date !

Restons un peu dans le Noir. Ma rubrique Oldies, consacrée aux romans anciens de plus de 10 ans a parlé de Lune d’écarlate de Rolo Diez (Gallimard – La Noire), le chef d’œuvre de son auteur, selon Claude Mesplède. A travers la vie d’une jeune fille élevée comme une princesse et d’un truand de bas étage, ce roman montre comment les gouvernements capitalistes utilisent les gens à leur profit. Pour peu que l’on accepte la forme littéraire et les paragraphes longs, c’est une pépite noire, sans espoir.

Du côté des romans policiers, j’ai jeté un œil chez les petits éditeurs pour deux belles découvertes. Théâtre au sang d’Eliane Arav (Le chant des voyelles) nous plonge dans le monde du théâtre avec une trame classique et un humour sarcastique plein d’auto dérision. Le train pour Tallinn d’Arno Saar (La fosse aux ours) m’a plus passionné par son sujet et son contexte : celui de l’Estonie et de sa séparation avec l’empire soviétique. Si l’on ajoute le personnage principal Marko Kurismaa et son dénouement, c’est un excellent roman que je vous conseille. On a hâte de suivre sa deuxième enquête.

Qui a dit que les thrillers n’avaient rien à dire ? Pas moi ! Aidé par une intrigue forte et des personnages poussés à leurs limites dans des situations inédites, deux romans nous montrent que l’on peut aussi dire des choses importantes et alerter l’opinion publique. M le bord de l’abime de Bernard Minier (XO éditions) nous montre une entreprise de développement informatique en train de créer l’Intelligence Artificielle. Et le message sur les risques liés au BIg Data et l’utilisation des données est éloquent, frappant.

Quant à Et le Mal viendra de Jérôme Camut & Nathalie Hug (Fleuve Noir), roman auquel j’attribue le titre de chouchou du mois, il nous informe sur la nécessité de donner l’accès à l’eau potable pour tous autour du globe, que cela devrait être un combat universel et obligatoire. Malgré une structure complexe, c’est un roman extraordinaire et humaniste au message fort, auquel j’adhère totalement.

J’espère que ces avis vous auront été utiles dans vos choix de lecture. Je vous donne rendez-vous dès mercredi prochain, le 1er mai, pour fêter le dixième anniversaire de Black Novel. Et n’oubliez pas le principal, lisez !

Le chouchou du mois de mars 2019

Ça y est, on tient le bon bout. L’hiver s’éloigne, le printemps pointe le bout de son nez. Avec le soleil, le moral revient et l’envie de découvrir de nouveaux romans aussi. Mars, c’est aussi le mois du Salon du Livre de Paris et de Quais du Polar à Lyon (pour les salons que je visite cette année). Bref, ce ne sont que des bonnes raisons pour tourner les pages.

Commençons par mon premier coup de cœur de l’année : Né d’aucune femme de Franck Bouysse (Manufacture de livres). On connait l’auteur pour sa plume exceptionnelle de subtilité, sa faculté à créer de la poésie noire. Quand il se met au service d’une histoire universelle et magnifique, cela nous donne à lire l’un des meilleurs romans de cette année (à mon avis, bien sûr), et l’année ne vient que de commencer.

Vous devez être habitués maintenant : mon défi est de lire ou relire les romans relatant le combat entre Bob Morane et l’Ombre Jaune. L’épisode de ce mois se nomme La revanche de l’ombre jaune d’Henri Vernes (Marabout). Pour moi, c’est un épisode un cran en dessous des précédents, dont l’intrigue tire un peu en longueur. A suivre donc …

Il semblerait que l’un des sujets qui sortent en France en ce moment concerne le conflit entre les Blancs et les Noirs dans les années 60 aux Etats-Unis. Blanc sur noir de Kris Nelscott (Editions de l’Aube) nous plonge en 1968 à Chicago avec le personnage de Smokey Dalton, qui essaie d’élever son fils d’adoption loin des conflits raciaux. Un fruit amer de Nicolas Koch (De Saxus Editions) remonte un peu plus loin dans le temps, en 1963, en plein cœur du Ku Klux Klan dans une situation explosive. Voilà un premier roman à ne pas rater. Enfin, avec Manhattan chaos de Mickael Mention (10/18), c’est Miles Davis qui nous fait visiter New-York en 1973 mais aussi son esprit malade, paranoïaque et avide de drogue.

Et aujourd’hui alors ?

Bien que Franconville Bâtiment B de Gilles Bornais (Gallimard) date de 2001, il est d’une actualité impressionnante. La vie en banlieue n’a jamais été aussi bien traitée, montrée et déroulée dans un polar (à ma connaissance). Indubitablement, ce roman mérite d’être plus connu et probablement réédité.

La vraie vie d’Adeline Dieudonné (L’Iconoclaste) est auréolé du prix Goncourt des lycéens et ce roman qui raconte la vie d’une jeune fille qui veut sauver son monde malgré un père violent est formidable. Il est impossible de ne pas aimer ce roman, tant il regorge d’émotions en toute simplicité.

Les romans de Paul Colize se suivent et ne se ressemblent pas. Un jour comme les autres de Paul Colize (HC éditions) ne déroge pas à la règle. Cet auteur s’amuse avec son lectorat, quitte à le déstabiliser. Je ne m’attendais pas à un roman psychologique traitant de l’absence de l’autre ; je ne m’attendais pas à une plume si douce, si évidente, si subtile (comme le dit mon amie Jeanne D.). Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

En parlant de lecture dérangeante, Si belle mais si morte de Rosa Mogliasso (Points) se pose là : Le corps d’une jeune femme gît dans un parc en peine ville. Comment les gens vont-ils réagir ? Ne me dites pas que vous ne pouvez pas consacrer 2 heures à un tel sujet ? Jetez-vous sur ce roman et posez-vous la question : et moi ? Je vous donne juste un conseil : ne lisez pas la dernière page avant d’y être arrivés.

On connaissait cet auteur pour sa série humoristique Stan Kurtz, il nous revient avec Rafale de Marc Falvo (Lajouanie), un polar d’action classique mais pour autant extrêmement bien fait. Jusqu’au dénouement final, Marc Falvo nous malmène et finit par nous surprendre avec son personnage de naïf au grand cœur et son histoire fort bien menée.

Le titre de chouchou du mois revient donc à L’empathie d’Antoine Renand (Robert Laffont – La Bête Noire). Parce que malgré son contexte dur (la brigade du viol) et une histoire de criminel en série, l’auteur arrive à nous créer une galerie de personnages d’une force incroyable et des scènes d’une force émotionnelle intense. Il est rare que je décerne un titre de chouchou à un premier roman, mais ce roman-là le mérite haut la main.

J’espère que ce bilan vous aura été utile dans vos choix de lecture. Je vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !

Le chouchou du mois de février 2019

Autant le mois de janvier a été formidable de découvertes, autant j’ai mal pioché dans ma PAL au mois de février ! Pas moins de 3 romans arrêtés car ils ne m’ont tout simplement pas intéressé. Mais parlons de ceux que j’ai appréciés :

Il va falloir vous y habituer, il y a des rubriques qui vont revenir chaque mois, ou du moins je l’espère. Ainsi, j’ai énormément apprécié la deuxième confrontation entre Bob Morane et l’Ombre Jaune (intitulée L’Ombre Jaune d’Henri Vernes) car c’est un pur d’action trépidant et passionnant. De même, j’ai continué La compagnie des glaces de GJ.Arnaud avec les tomes 9 et 10 (French Pulp) de cette gigantesque saga de science fiction. Depuis quelques épisodes, ces romans ont un aspect visionnaire qui devient flippant. C’est un mélange de suspense, de géopolitique et d’anticipation où l’auteur place au centre de son intrigue des personnages fantastiques.

Si on veut se plonger dans l’histoire contemporaine de la France, nul doute qu’il faut se tourner vers Hevel de Patrick Pécherot (Gallimard), où on passe quelques heures avec un conducteur de camion qui parle de son travail et du contexte, l’arrivée des Algériens dans les années 50. Un must de narration. Quant à la situation politique de la fin des années 50, nul doute que Requiem pour une république de Thomas Cantaloube (Gallimard – Série Noire) comblera vos besoins, car c’est un premier roman très appliqué qui place des personnages imaginaires au milieu du marasme de cette époque là. Un roman très réussi.

Puiqu’on parle de premier roman, ne ratez pas A Paris coule la mer du Nord de Astrid Monet (Chemins du hasard), qui est un court roman, rédigé avec une plume légère presque magique. S’il n’est pas parfait, il se pourrait bien que vous ayez entre les mains la naissance d’une future grande auteure.

Au niveau originalité, je ne peux que vous conseiller Désoxy de Jean-Marc Demetz (Presses du midi), avec une enquêtrice qui doit résoudre un meurtre et une disparition sans aucun indice. Elle ne peut que compter sur un personnage énigmatique L’anonyme d’Anvers. Ne passez pas à coté ! Je pourrais entrer dans cette catégorie Avalanche Hôtel de Niko Tackian (Calmann Levy), tant on est bousculé dans nos certitudes avec ce personnage de flic en proie à des cauchemars ou des visions ou les deux. Dans un décor glacé, ce roman est prenant de bout en bout.

Si vous préférez le polar classique, il y a Le fruit de mes entrailles de Cédric Cham (Jigal), qui prend une intrigue classique et qui applique à la lettre les codes du genre. Mais, l’auteur a su créer des personnages forts, hors norme, et surtout il nous a concocté une fin très réussie. Il y a aussi Haine pour haine d’Eva Dolan (Liana Levy), dont le style est franc, direct, violent pour un sujet qui ne l’est pas moins : une société en proie au racisme et aux meurtres de haine. Un roman frappant, c’est le moins que l’on puisse dire, qui fouille aussi les réactions des hommes politiques.

Le titre du chouchou du mois revient, une fois n’est pas coutume à mon Oldies du mois.  Nada de Jean-Patrick Manchette (Gallimard Série Noire) est à la fois un roman culte mais aussi un roman fondateur, qui tranche avec les productions de l’époque. Avec son histoire d’enlèvement, il se permet aussi une belle lucidité avec la phrase qui clôt presque le livre. Un grand moment du polar.

J’espère que ces avis vous auront été utiles dans vos choix de lecture. Je vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou du mois. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !

Le chouchou du mois de janvier 2019

Allez, on redémarre pour une nouvelle année après une année 2018 fort réjouissante pour les découvertes de polars. Evidemment, je vous souhaite une excellente année 2019 pleines de lectures fantastiques !

Comme ont pu le constater les fidèles du blog, les chroniques de ce mois ont beaucoup concerné des romans au format de poche et des lectures de 2018. Le seul roman de cette rentrée littéraire étant Dix petites poupées de B.A Paris (Hugo & Cie), où cette auteure britannique arrive encore une fois à nous surprendre dans un polar psychologique ayant pour cadre la famille et le couple. Je suis fan !

L’année 2018 s’est bien mal terminée, avec la disparition soudaine de Claude Mesplède, le pape du polar, le père des blogueurs. J’ai décidé de lui dédier mes chronique Oldies de 2019, en les consacrant à la Série Noire de Gallimard, collection qu’il appréciait tant. J’ai chroniqué ce mois-ci La danse de l’ours de James Crumley, nouvellement réédité par les éditions Gallmeister, un roman qui commence simplement et qui s’avère une enquête furieuse.

Le mois de janvier, c’est aussi le mois de mon anniversaire. Je n’avais pas prévu de publier un billet mais mon amie Suzie m’a fait un cadeau en parlant des 7 jours du Talion de Patrick Senécal (Fleuve Noir), un thriller qui pose la question de la différence entre justice et vengeance, un roman à lire.

Je me lance des challenges dans mes lectures. J’ai décidé de lire La compagnie des glaces de GJ.Arnaud (French Pulp), et j’ai de quoi faire. Les tomes 7 et 8 s’appellent Le gnome halluciné et La compagnie de la banquise et ce sont deux excellents romans à la fois foisonnants et passionnants, qui relancent la série vers des contrées inexplorées. J’ai hâte de continuer !

J’ai aussi fini de lire les aventures de Charlie Parker, le détective récurrent inventé par John Connolly. Je suis à jour de ses romans quant à leur parution en format poche avec mon avis sur Le chant des dunes de John Connoly (Pocket). Encore une fois c’est un très bon thriller, où notre héros, mal en point, a affaire avec des nazis.

Je me suis lancé dans un nouveau challenge, aussi : lire ou relire les aventures de Bob Morane. Comme il y en a beaucoup, je vais me limiter au combat entre notre héros préféré et l’Ombre Jaune, l’un de ses ennemis les plus marquants. La couronne de Golconde d’Henri Vernes (Marabout) est un roman d’aventure exotique qui vaut surtout pour la première rencontre entre les deux personnages et son style imagé, simple et passionnant.

Je continue mon implication dans le Grand Prix des Balais d’Or, en tant que juré, organisé par mon ami Richard Contin. Dans ce cadre, j’ai chroniqué deux excellents polars, très différents, mais qui valent très largement le détour. Etoile morte d’Ivan Zinberg (Points) possède un scénario redoutablement bien construit et nous montre l’envers du décor du cinéma pornographique extrême, avec deux personnages principaux que l’on a envie de suivre. L’essence du mal de Luca d’Andrea (Folio) est un premier roman attachant, à l’atmosphère énigmatique et stressante qui met en scène un scénariste de reportages documentaires en train de se reconstruire et aux prises avec un mystérieux massacre dans les montagnes italiennes ; c’est une grande réussite.

Pour rester dans le noir, Enfermé-e de Jacques Saussey (French Pulp) est un roman orphelin de cet auteur prolifique que j’adore. Depuis quelques romans, Jacques Saussey vire dans une veine plus noire et plus violente. Ce roman parle et défend la cause des Trans-genres, en ne nous épargnant pas les tortures subies par son personnage principal. Lêle s’il faut s’accrocher, c’est un roman important.

Dans le veine Violence à gogo, quoi de mieux que de placer une intrigue en Afrique du Sud, l’un des pays les plus meurtriers du monde ? Avec La mort selon Turner de Tim Willocks (Sonatine), l’auteur nous montre grâce à une intrigue simple, la lutte entre les riches et les pauvres avec un personnage de flic droit et intègre. Duel au sommet et au soleil, si on peut penser à une aventure d’un Rambo moderne, il n’en reste pas moins que la tension est omniprésente.

Une secrétaire de Jérémy Bouquin (French Pulp) est le dernier roman en date de cet auteur que je défends. Conçu comme un hommage envers ses auteurs fétiches (Dantec, Palaniuck, Orwell) mais aussi envers les petites gens qui construisent leur vie comme ils le peuvent, ce roman à l’intrigue mi-policière, mi-fantastique se lit comme du petit lait.

Santiago Quinones, voilà un personnage que je suis grâce à la plume magique de son auteur. Sa troisième enquête La légende de Santiago de Boris Quercia (Asphalte) est d’une noirceur sans fond, et elle nous montre la descente aux enfers de notre inspecteur favori. C’est un roman noir énorme, rare. Et c’est mon premier chouchou !

Mon deuxième titre de chouchou revient à Brasier noir de Greg Iles (Actes sud), le pavé du mois. 1040 pages pour une intrigue se déroulant en 2005 dans le Sud des Etats-Unis. Le format ne doit pas rebuter tant le savoir faire pour passionner le lecteur est impressionnant. Quel talent pour démontrer l’importance et la puissance du Ku Klux Klan encore de nos jours, quel plaisir on prend à dévorer, quelle force émotionnelle passe à chaque chapitre. J’ai été totalement bluffé par ce roman.

Deux chouchous pour bien démarrer l’année, que demander de mieux ?

J’espère que mes avis vous auront aidé dans vos choix de lecture. Je vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !