Archives pour la catégorie Chouchou 2019

Le chouchou du mois de novembre 2019

Les gens n’aiment pas le mois de novembre … ça commence par la Toussaint, puis les jours diminuent, la pluie nous harcèle et le froid arrive. Eh bien moi, je dis, super ! Tout cela nous donne de mauvaises excuses pour nous isoler et lire, lire lire ! En plus, il va falloir songer aux cadeaux de Noel. Donc voici un résumé des avis que j’ai publié … en espérant qu’ils vous seront utiles dans vos choix.

Commençons avec mon coup de cœur du mois, mes coups de cœur, puisqu’il s’agit de La frontière de Don Winslow (Harper & Collins), dernier tome de la trilogie consacrée au trafic de drogue entre le Mexique et les Etats-Unis. Ce dernier tome est aussi fort que les deux premiers, et propose une vision à la fois géopolitique et personnelle de ce fléau. Si le constat est affligeant, déprimant, l’auteur nous propose en conclusion de potentielles solutions, la vision de quelqu’un qui aura consacré 25 ans de sa vie à cette œuvre.

Restons dans la politique avec un roman qui m’a énormément impressionné : La femme qui avait perdu son âme de Bob Shacochis (Gallmeister). Conseillé par mon ami Petite Souris, l’auteur nous montre une partie des actions de la politique étrangère américaine, et les conséquences sur les gens dont on fait bien peu de cas dans ces cas-là. Avec une écriture précise et détaillée, c’est un grand roman.

J’aurais publié beaucoup d’avis sur des romans psychologiques, à commencer par Expiations – celles qui voulaient se souvenir de Kanae Minato (Atelier Akatombo) qui a bénéficié d’une magnifique chronique de mon amie Suzie. En mettant en avant la réaction de différentes personnes après la mort d’une adolescente, ce polar semble être un must du genre (je vais le lire bientôt, je suis obligé après un tel billet).

Dans le genre bluffant et passionnant, Je ne suis pas un monstre de Carme Chaparro (Plon) est un premier roman choral qui prend une situation connue (déjà lue) et qui déroule une intrigue bigrement originale avec une chute énorme. Et c’est bien sa précision, son acuité et sa justesse qui font que ce roman sort du lot.

Du poison dans la tête de Jacques Saussey (French Pulp) est le dernier en date de cet auteur prolifique que j’adore. De roman en roman, Jacques Saussey pointe des sujets de société importants. Dans ce roman, les sujets, les personnages et les intrigues sont foisonnantes et cela donne un roman complet, plein qui une nouvelle fois fait mouche.

En guise de rappel, la dernière aventure de Charlie Parker sortie au format poche s’appelle Le temps des tourments de John Connolly (Pocket) et une nouvelle fois c’est un formidable thriller / polar. Je ne peux que vous conseiller de lire cette série.

Il y a une autre série dont on parle moins, celle de L’anonyme d’Anvers, cet homme érudit qui a connu Rubens. Sa mission, intervenir en sous-main pour résoudre des affaires criminelles et sauver l’humanité. Les tomes 2 et 3 ont été chroniqués : Tuer pour Dagon de Roger Facon et V.I.T.R.I.O.L de Jean-Pierre Bocquet (Presses du midi). Dans les deux cas, ce sont des romans policiers originaux qui portent la passion de leur auteur : Pour Roger Facon, un hommage à HP.Lovecraft et pour Jean-Pierre Bocquet la présence des femmes chez les francs-maçons.

Vu le temps de ce mois de novembre, je ne pouvais que vous conseiller des romans humoristiques. Les polars qui entrent dans cette catégorie ne sont pas si nombreux et ceux que je vous propose vont vous garantir des heures de rire.

La bouffe est chouette à Fatchakulla de Ned Crabb (Gallimard) est un roman totalement déjanté, un livre culte, et je peux vous assurer que vous ne lirez jamais un livre pareil. Plus dans la gaudriole, Opération Requiem de Stanislas Petroski (French Pulp) est déjà la cinquième enquête de ce curé pas comme les autres. Depuis quelques tomes, l’auteur aborde des sujets sérieux, sans se départir de son humour en dessous de la ceinture. Ici, il s’agit du massacre des espèces animales protégées pour le plaisir des plus riches et c’est un excellent tome.

Enfin, pour que vous puissiez loger des morceaux d’humour dans votre poche, la chronique Des poches pleines de poches est revenue en version spécial Humour cynique. Que ce soit La revanche des hauteurs de Guillaume Desmurs (Glénat) qui inaugure une nouvelle collection Neige noire, ; que ce soit Pension complète de Jacky Schwarzmann (Points) auréolé de son Prix des Chroniqueurs ou bien Un été sans dormir de Bram Dehouck (10/18), ces romans vous assurent plus de 200 pages de rire et d’humour féroce.

Pour le titre du chouchou du mois, j’aurais pu choisir la facilité avec Du poison dans la tête de Jacques Saussey (French Pulp), qui est vraiment excellent. J’ai décidé de mettre en avant un premier roman : Je ne suis pas un monstre de Carme Chaparro (Plon) tout simplement parce que ce roman est totalement bluffant.

J’espère que ces avis vous auront été utiles dans vos choix de lecture (et de cadeaux !). Je vous donne rendez vous le mois prochain pour un bilan de l’année. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !

Le chouchou du mois d’octobre 2019

Globalement, ce mois d’octobre fut un bon mois : j’ai publié beaucoup d’avis (puisque j’y ai inclus quelques lectures faites pendant cet été) et j’aurais décerné deux coups de cœur, ce qui est exceptionnel (pour moi).

Honneur donc aux deux coups de cœur :

J’avais adoré son précédent roman, Par les rafales, c’est dire que j’attendais beaucoup de son deuxième polar. Zippo de Valentine Imhof (Editions du Rouergue) m’a subjugué par la qualité de l’intrigue et surtout de la qualité psychologique des personnages, tout cela embelli par une plume d’où sort une lave incandescente. Pour moi, c’est indéniablement l’un des grands romans de 2019 et la confirmation d’une grande auteure.

Claude Mesplède m’avait conseillé Le grossium de Stanley G.Crawford (Gallimard-Série Noire). Ce roman s’avère être un petit chef d’œuvre de comédie policière, une parodie de polar dénonçant les travers de la société de consommation. Il était totalement normal que je lui décerne un coup de cœur.

J’annonçais récemment une prévision quant à la prochaine déferlante de polars japonais. J’ai eu l’occasion de lire un inédit d’un des plus grands auteurs du genre : Dans l’œil du démon de Jun’ichiro Tanizaki (Editions Picquier). C’est un roman de déduction à la « Sherlock Holmes » où l’auteur joue avec notre don d’observation et d’analyse logique, pour nous induire en erreur. C’est un excellent divertissement.

Au rayon science-fiction, ce qui est rare chez moi, InKARMAtions de Pierre Bordage (Editions Leha) est le dernier roman en date de cet auteur prolifique, un roman qui part du principe qu’une entité supérieure, formée de plusieurs sages, régit la destinée humaine. Animé, vivant, mais aussi complexe, c’est un beau roman humaniste.

Au rayon fantastique, je l’avais lu il y a un certain temps et j’avais oublié de le publier : il s’agit de Le livre des choses cachées de Francesco Dimitri (Hugo & Cie). Voilà un premier roman mettant en scène des amis à la recherche de l’un d’eux manquant à leur rendez-vous annuel. Retenez bien ce nom, car c’est un premier roman prometteur par ses personnages et ses ambiances.

Il y a quelques mois, je vous parlais de Pierre Pouchairet. Les trois brestoises, comportent trois romans et j’ai publié mon avis sur les tomes 2 et 3 : La cage de l’albatros & L’assassin qui aimait Paul Bloas (Editions du Palémon). Comme le précédent Haines, ce sont des romans policiers costauds avec des intrigues bien construites et des personnages féminins que l’on adopte et suit avec passion.

Au rayon Roman noir, Atmore Alabama d’Alexandre Civico (Actes Sud) s’avère aussi grand que son format est petit. Cette errance au pays de l’Oncle Sam est illuminé par une plume noire et poétique et possède une chute à la fois brutale et inoubliable. Cela donne une lecture réjouissante et indispensable pour tout fan du genre.

Au rayon humour et cynisme, ne cherchez pas plus loin : Carrément à l’Est de James Holin (AO éditions) est fait pour vous. C’est à la fois délirant et cinglant et quand on prend un peu de recul, scandaleux. On y suit un homme s’engageant dans une ONG qui a pour but de reconstruire un pays après une guerre civile, mais selon les critères occidentaux. A ne pas rater !

Du cynisme à la politique, il n’y a qu’un pas qu’en tant que lecteur de polar, je franchis allègrement. Il était une fois dans l’Est d’Arpad Soltesz (Agullo) est un premier roman surprenant de maîtrise, qui remporte l’adhésion dès les premiers chapitres. A la façon d’un Robert Altman, l’auteur va introduire ses nombreux personnages et nous brosser un paysage sinistre et désespérant d’une Slovaquie d’après ère soviétique totalement corrompue et laissée aux mains des mafieux.

Le polar (historique, souvent chez lui à ne serait rien sans Maurice Gouiran. Son dernier roman en date Qaraqosh de Maurice Gouiran (Jigal) signe le retour de Clovis Narigou pour une double enquête : les documents ésotériques collectionnés par Himmler et un jeune homme pourchassé après s’être engagé en Irak dans la milice Qaraqosh. C’est une nouvelle fois une belle réussite où on apprend beaucoup de choses.

Pour ceux qui cherchent un polar humaniste dépaysant, Paz de Caryl Ferey (Galimard Série Noire) vous promet une visite de tous les coins et recoins de la Colombie, un pays où la vie humaine vaut moins que la boue qui noie ses rues. L’auteur y implante l’histoire d’une famille, compliquée et complexe dans un contexte de Violencia. C’est grand comme du Ferey, Brutal comme du Ferey, violent comme du Ferey et humaniste comme du Ferey. Du grand œuvre.

Pour les adeptes de polar psychologique, L’accident de l’A35 de Graeme Macrae Brunet (Sonatine) démontre une nouvelle fois que l’auteur est le digne héritier de Simenon et Chabrol, qu’il sait comme peu d’auteurs s’intéresser à la psychologie de ses personnages et à la vie des campagnes. Malgré son rythme lent, son roman n’en reste pas moins passionnant.

Pour le titre du chouchou du mois, j’ai longuement hésité. Deux titres sont difficilement départageables pour moi, J’ai finalement décidé d’attribuer ce titre à Il était une fois dans l’Est d’Arpad Soltesz (Agullo). Juste devant Paz, coiffé au poteau. J’espère que ces avis vous auront été utiles. Je vous donne rendez vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !

Le chouchou du mois de septembre 2019

Après des vacances ensoleillées et reposantes, je reviens remonté comme un coucou suisse pour attaquer cette rentrée littéraire 2019. Les avis que j’ai partagés durant ce mois de septembre est donc un mélange entre les lectures estivales et les nouveautés. Mais vous n’y trouverez que du bon, à mon avis bien entendu.

Hors norme, c’est ainsi que je qualifierai La baleine scandaleuse de John Trinian (Gallimard), où un événement va bouleverser le quotidien d’une station balnéaire. Une baleine s’échoue sur une plage et l’auteur va nous proposer une analyse de ceux qui vont passer alentour. C’est un roman remarquable de justesse, inclassable.

Hors norme aussi, Le gang des rêves de Luca di Fulvio (Pocket) l’est par sa taille (950 pages), son ambition et son souffle romanesque. Plaçant son intrigue aux Etats-Unis dans les années 20, l’auteur nous propose de suivre trois personnages principaux dans une illustration du rêve américain. C’est un roman populaire par excellence à ne pas rater.

Vaste comme la nuit d’Elena Piacentini (Fleuve Noir) sera le seul roman psychologique chroniqué ce mois-ci et quel roman ! jamais la plume d’Elena Piacentini n’aura été aussi fine, ciselée et précise pour fouiller la psychologie humaine. Ce roman qui plonge dans le passé du capitaine Sénéchal clôt de façon magistrale le diptyque consacré à cette officier de police.

J’aurais tendance à ranger No problemo d’Emmanuel Varle (Lajouanie) et Broyé de Cédric Cham (Jigal) dans les romans noirs. Pourtant, ce sont des romans psychologiques où les personnages principaux sont poussés dans leur retranchement. Pour autant, j’ai du mal à les classer dans les thrillers. Dans No problemo, un jeune voleur monte un casse dans une maison où il a passé son enfance. Dans Broyé, Cédric Cham montre comment élever un enfant comme une bête. Dans les deux cas, les sujets fouillent le passé et l’éducation et creuse les racines de ce que nous devenons. Dans les deux cas, ce sont des romans durs qui, derrière leur intrigue, ont des choses à dire.

Au rayon roman policier original, deux romans sortent leur épingle du jeu. Le coffre de Jacky Schwarzmann et Lucian-Dragos Bogdan (la Fosse aux ours) est un roman à quatre mains où chaque auteur écrit son chapitre mettant en place son personnage de flic. Outre qu’il est agréable et drôle à lire, ce roman est aussi un formidable hommage aux grands du polar français, puisqu’ils les font apparaître en tant que personnages secondaires. A découvrir et à savourer sans modération. La boussole d’Einstein de Gilles Vidal (Zinedi) commence par un meurtre d’une femme écrasée par une voiture avec acharnement et se poursuit par deux enquêtes en parallèle, celle du frère de la victime et celle de la capitaine de police. Une nouvelle fois, j’ai été conquis par la faculté d’écrire des scènes justes de la part de cet auteur décidément à part.

Avec L’artiste (Manufacture de livres), Antonin Varenne a décidé de reprendre son premier roman, Le fruit de vos entrailles et de le refaçonner en gommant ses maladresses d’antan. Situé en 2001, entre les attentats du World Trade Center et les émeutes de novembre, l’enquête est un hymne aux artistes avec de formidables personnages. C’est un roman à (re) découvrir de la part d’un des meilleurs auteurs de polars français.

On n’a pas l’occasion de lire des polars australiens tous les jours. On n’a pas l’occasion de voyager en Tasmanie tous les jours. L’arbre aux fées de Michael Radburn (Seuil) nous offre cette possibilité dans un roman de forme classique au décor extraordinaire et au personnage principal attachant. Ce roman qui inaugure une série à venir donne envie de poursuivre l’aventure donc c’est à découvrir.

Le titre du chouchou du mois revient donc à Les yeux fumés de Nathalie Sauvagnac (Editions du Masque) Pour sa peinture des cités et les personnages perdus au milieu des barres verticales, en recherche de repères et de racines. Ce roman montre très bien l’impossibilité du rêve au milieu d’une réalité étouffante, aidé en cela par un ton très juste.

J’espère que ces avis vous auront été utiles dans vos choix de lecture. Je vous donne rendez-vous le mois prochain, pour un nouveau titre de chouchou du mois. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !

Le chouchou de l’été 2019

Allez, finies les vacances ! Il va falloir retourner au boulot. Avant que les nouveautés ne débarquent, même si quelques unes sont déjà sorties, voici un petit récapitulatif des avis publiés cet été qui devrait vous permettre de trouver votre bonheur. Comme l’année dernière, j’ai classé les titres par ordre alphabétique de leur auteur et trouvé un adjectif pour qualifier chacun d’eux. A vous de choisir :

La colombienne de Wojciech Chmielarz (Agullo) : Addictif

Ecouter le noir – Recueil de nouvelles – Collectif (Belfond) : Polyphonique

L’aigle des tourbières de Gérard Coquet (Jigal) : Albano-irlandais

Du sang sur l’autel de Thomas H.Cook (Gallimard) : Religieux

Cool killer de Sébastien Dourver (La Martinière) : Dérangeant

Le chant de l’assassin de RJ.Ellory (Sonatine) : Littéraire

Le pays des oubliés de Michael Farris Smith (Sonatine) : Désespéré

Au nom du bien de Jake Hinkson (Gallmeister) : Dénonciateur

Telstar de Stéphane Keller (Toucan) : Algérien

La vie en rose de Marin Ledun (Gallimard) : Populaire

Escalier B, Paris 12 de Pierre Lunère (Harper & Collins) : Divertissant

Les enchainés de Jean-Yves Martinez (Seuil) : Mystérieux

Janvier noir d’Alan Parks (Rivages) : Sombre

Après les chiens de Michèle Pedinielli (Editions de l’Aube) : Energique

Le tueur en ciré se Samuel Sutra (Alter Real) : Burlesque

Cirque à Piccadilly de Don Winslow (Galimard) : Juvénile

Le titre du chouchou de l’été 2019 revient donc à Après les chiens de Michèle Pedinielli (Editions de l’Aube) pour l’énergie qu’il dégage, pour son personnage principal extraordinaire, pour son intrigue qui a l’air d’être improvisée, et pour ses valeurs humanistes.

J’espère que ces avis vous auront été utiles dans vos choix de lecture. Je vous souhaite un bon courage pour la reprise et vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !

Le chouchou du mois de juin 2019

Avant de préparer vos valises pour les vacances estivales, je vous propose quelques avis qui vont peut-être vous faire ajouter quelques romans parmi les shorts et autres T-shirts. Et dans tout les avis que j’ai publiés, il y a forcément un livre qui correspond à vos goûts :

Commençons par un coup de cœur, d’un auteur que j’adore, Robin Cook, le Britannique. Comment vivent les morts de Robin Cook (Gallimard Série Noire) se situe juste avant j’étais Dora Soarès et s’avère un roman policier, à la fois cynique et méchant, que romantique et  horrible par son sujet. Dans un milieu corrompu jusqu’à la moelle, l’histoire de ce couple va nous décontenancer, nous émouvoir par tant d’injustice. Énorme, formidable, c’est un roman à ne pas rater.

J’ai continué mon défi Bob Morane avec la quatrième confrontation avec l’Ombre Jaune : Le châtiment de l’ombre jaune d’Henri Vernes (Marabout). Cette aventure va mettre en vedette Bill Balantine dans une sorte de jeu de piste où les rebondissements sont nombreux et les scènes d’action innombrables. C’est un excellent numéro.

Comme tous les ans, j’aurais jeté un coup d’œil di coté des nouveautés de chez Ska. Ce sont des nouvelles noires (ils proposent aussi des nouvelles érotiques) électroniques de bon voire de très bon niveau. La cuvée 2019 vaut largement le détour avec des auteurs tels que Mouloud Akkouche, Luis Alfredo, Gaëtan Brixtel, Mathilde Bensa, Louisa Kern, ou Stéphane Kirchaker. Ne ratez pas Le fils de Gaëtan Brixtel, entre autres.

Vous le savez, mes choix de lecture reposent beaucoup sur les autres blogs. Mon ami du Sud, Petite Souris, m’avait vanté les qualités de deux romans mettant en scène des femmes. Ce fut donc pour moi l’occasion de faire un billet ayant cette thématique. Avec Oyana d’Eric Plamondon (Quidam éditeur), j’ai découvert un auteur au style aussi minimaliste qu’il est expressif. Son histoire de femme qui revient vers ses racines sur fond d’ETA est juste éblouissant. Changement de thématique mais aussi de style avec Les mafieuses de Pascale Dietrich (Liana Levi) où on est plongé dans un intrigue plus polar, où j’ai été surpris par la maîtrise et l’assurance de cette auteure dont ce n’est que le deuxième roman. C’est une vraie belle découverte.

Restons du coté des polars, justement. Si vous cherchez du divertissement venu d’ailleurs, Ma sœur, serial killer de Oyikan Braithwaite (Delcourt) est fait pour vous. Débarquant du Nigeria, ce roman est juste et humoristique, décalé et passionnant ; bref, en un mot, il est impossible d’arrêter sa lecture. Outre son sujet original, l’auteure publie ici un premier roman passionnant sur la loyauté familiale, où elle pousse ce thème aux extrêmes, pour notre plus grand plaisir.

J’ai pris l’habitude de mettre en avant certains auteurs … quand l’occasion se présente. C’est le cas ce mois-ci avec Jean-Pierre Ferrière, puisque ses romans sont réédités de temps en temps. En fin d’année dernière, c’était La Seine est pleine de revolvers (French Pulp), l’histoire de deux couples dont les femmes veulent se débarrasser de leurs maris par des meurtres parfaits. Cette année, c’est Le dernier sursaut (Campanile éditions) avec un portrait parfait de femme qui se révèle et s’ouvre après un drame personnel ? Dans les deux cas, le scénario est impeccable et les psychologies féminines formidablement faites.

Au niveau divertissement toujours, dans le genre fantastique, Le maître des limbes d’Olivier Bal (De Saxus) nous propose de visiter un autre monde, celui des rêves. Bâtissant son roman avec tous les codes du thriller, Olivier Bal dont ce n’est que le deuxième roman s’avère un auteur plein de talent et prometteur pour l’avenir. C’est prenant, oppressant, inquiétant, et rythmé.

Le polar, c’est aussi le message, l’ouverture au monde, voire la dénonciation. Faisant suite à son excellent Tu n’auras pas peur, Et tout sera silence de Michel Moatti (HC éditions) reprend les mêmes personnages pour parler ouvertement du trafic des femmes à destination de la prostitution. D’un contenu parfois cru, excellemment documenté et profondément humain dans sa volonté de montrer l’horreur, l’auteur crie haut et fort ce scandale dont personne ne parle.

Les médias en parlent de temps en temps, puis c’est le grand silence et on pense que le drame du harcèlement au travail n’existe plus … jusqu’au prochain procès ou scandale. Elle le gibier d’Elisa Vix (Rouergue) nous place dans ce cadre dans un roman choral dont seule Elisa Vix a le secret. Un roman génial, tout petit qui pourtant en dit tant. Et c’est psychologiquement très fort.

Je l’attends tous les ans, le dernier roman d’Ahmed Tiab. Le dernier en date s’appelle Adieu Oran d’Ahmed Tiab (Editions de l’Aube) et il nous montre un pays en perdition, qui oublie ses valeurs, pour plonger dans le chaos. Au menu, là aussi, l’exploitation des migrants mais surtout un roman témoin qui nous rend impatient de lire la suite. A mon avis c’est le meilleur roman de cet auteur à ce jour.

Le chouchou du mois a dont été bien difficile à choisir. Car j’aurais pu en choisir trois ou quatre. Allez, je me lance ! Le titre du chouchou du mois revient donc à Elle le gibier d’Elisa Vix (Rouergue). J’espère que ces avis vous auront été utiles dans le choix de vos lectures.

Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter de bonnes vacances estivales, et rassurez vous : le blog reste ouvert tout l’été ! Profitez en bien et surtout n’oubliez pas le principal : lisez !

Le chouchou du mois de mai 2019

Allez, on repart pour une onzième année ! Et pour bien démarrer, je vous aurais partagé des lectures regroupées par thèmes. Etant donné le nombre de mes lectures et quand c’est possible, cela me permet de parler encore plus de livres et d’auteurs, voire de maisons d’éditions.

C’est le cas des éditions In8, puisque j’ai consacré un billet à leur collection Polaroïd qui regroupe des novellas (soit des nouvelles longues ou des romans courts de moins de 100 pages. L’avantage, c’est que cette collection en sort peu (2 à 3 par an). L’inconvénient, c’est qu’ils en sortent peu, surtout quand on a affaire à des romans remarquables de concision. Les deux dernières parutions, Le sorcier de Jérémy Bouquin et  Comme une bête de Marin Ledun sont à cet égard deux grandes réussites.

J’ai continué mon exploration de La compagnie des glaces, en vous proposant les tomes  11 et 12 de GJ.Arnaud (French Pulp). Après la crise de la réapparition du soleil pendant quelques heures, le monde se reconstruit et les intrigues sont toujours aussi foisonnantes. Du pur plaisir visionnaire.

Enfin j’ai programmé un billet sur le polar et l’humour, parce que c’est un genre peu représenté mais qui commence à être reconnu. Rien de tel que de se plonger dans une enquête menée avec dérision, parce que tout cela n’est pas sérieux n’est-ce pas ? Requiem pour un fou de Stanislas Petrosky (French Pulp) et Laisse tomber de Nick Gardel (Editions du Caïman) vont vous faire sourire, rire !

Il ne faut pas oublier Suzie qui m’a fait l’honneur de publier son avis sur Le point zéro de Seichö Matsumoto (Atelier Akatombo), un roman policier classique des années 50. Outre l’intrigue remarquable, il nous enseigne la culture japonaise et la place de la femme au Japon, ce qui fait au moins deux raisons de ne pas rater ce roman extraordinaire et glaçant.

Dans la catégorie polar, ce sont surtout mes auteurs favoris qui auront été mis à l’honneur. Si je meurs avant mon réveil … de Philippe Setbon (AO éditions) est le dernier scénario diabolique concocté par cet auteur scénariste. Il nous promène dans quatre lieux, quatre époques avec quatre personnages (au moins) pour une histoire de sang et de vengeance pour notre plus grand plaisir.

Le dernier roman de Valerio Varesi, Les mains vides (Agullo) va probablement en surprendre plus d’un par son style. Direction Parme et le mois d’aout, une ville écrasée par la chaleur. Le commissaire Soneri, entre nostalgie et dynamisme, va se rendre compte que les temps changent, sa ville change, la criminalité change, que la société change. C’est une superbe illustration d’un homme en décalage avec son temps, qui ne trouve plus sa place dans la société qui est la sienne.

Après le superbe De feu et de cauchemar, Dans la brume écarlate de Nicolas Lebel (Marabout) est le dernier roman de cet auteur que j’aime beaucoup et son inspecteur le commissaire Mehrlicht, mon frère de littérature. Après l’Irlande, cette histoire nous parle de migrants, de Roumanie, de mort et de vie éternelle avec toujours autant de savoir-faire, et juste ce qu’il faut de décalage.

En consacrant une rubrique Oldies aux romans plus anciens, il me fallait aborder mon auteur français favori : La bête et la belle de Thierry Jonquet (Gallimard Série Noire) est un des romans que je n’avais pas encore lu de cet auteur et il allie une autopsie de notre société avec un fait divers bien glauque, en finissant en fanfare avec deux coups de théâtre, ce qui en fait un roman fantastique et inoubliable.

Ma seule découverte de ce mois aura été L’inspecteur Dalil à Paris de Soufiane Chakkouche (Jigal). Cet auteur marocain créé un personnage de flic vieillissant en duo avec un commissaire parisien, obligé de venir à Paris pour résoudre une affaire de disparition (ou d’enlèvement, qui sait ?). Il y a dans ce roman une volonté de montrer Paris avec le recul d’un étranger et d’y apporter un ton résolument drôle, décalé et fin. Je suis d’hors et déjà fan de ce personnage

Le titre du chouchou du mois revient donc à Laisse tomber de Nick Gardel (Editions du Caïman) parce que ce huis-clos dans un immeuble peuplé de grabataires et d’un rentier quarantenaire nous réserve une superbe surprise et une non moins superbe intrigue, et que je considère ce roman comme le meilleur de son auteur à ce jour. J’espère que ces avis vous auront été utiles. Je vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !

Le chouchou du mois d’avril 2019

Ce billet est un peu spécial à l’heure où le blog va fêter ses 10 années d’existence. Mais nous aurons le temps d’en parler en temps voulu, soit dès mercredi prochain. Pendant ce mois d’avril, je me suis fait aider par des invités de marque. Outre Suzie qui me fait l’honneur de billets (quasiment un par mois, et je l’en remercie), c’est mon fils qui s’est invité sur Black Novel. Et pour un père, il n’y a pas plus beau cadeau qu’un avis écrit par ses propres enfants. D’ailleurs, n’hésitez pas à leur laisser un commentaire, ça leur fera plaisir !

Suzie donc est venue nous parler du petit dernier sorti à l’atelier Akatombo, Rouge est la nuit de Tetsuya Honda (Akatombo). C’est un premier roman d’une série avec un personnage féminin fort que Suzie vous conseille très fortement et que je vais bientôt lire !

Mon fils Nathan a tenu à vous partager son avis très détaillé de Les quatre élus de Brandon Mull (Bayard), avec toute sa sensibilité liée à son âge. J’ai lu aussi ce roman, qui est un roman d’aventures où 4 jeunes gens vont s’unir pour lutter contre les envahisseurs et je dois dire qu’on y prend beaucoup de plaisir. Il est à noter que la scène de combat final est très réussie.

Ma fille Clara nous avait déjà proposé son avis sur le tome 1 des cousins Karlsson. Depuis elle a bien grandi et nous propose son avis sur Hunger Games de Suzanne Collins (Pocket). Elle nous conseille fortement ce roman, émotionnellement fort, avec un thème de manipulation des masses par des jeux télévisés. Elle a adoré les romans, et les films et je peux vous dire qu’elle a préféré les livres. Alors, n’hésitez pas !

J’aurais mis à l’honneur un auteur qu’il faut que vous découvriez si vous ne le connaissez déjà. Pierre Pouchairet est un ancien policier qui a bourlingué et est devenu depuis un auteur de polars prolifique. Dans ses romans, les intrigues sont remarquables, son style est d’une fluidité impeccable et ses personnages sentent le vécu. Avec Haines, il nous offre un roman policier pur jus avec une vraie intrigue et des personnages plus vrais que nature. Quant à A l’ombre des patriarches, c’est à Jérusalem qu’il nous emmène pour nous plonger dans une zone de chaos, et c’est un roman très instructif et très bien construit, complexe comme la situation géopolitique de cette zone du globe.

Restons dans la sphère géopolitique avec le deuxième tome de la trilogie sur le terrorisme de Frédéric Paulin. Passé l’effet de surprise du premier, Prémices de la chute de Frédéric Paulin (Agullo) s’avère non plus une surprise, mais une confirmation du talent de l’auteur, une qualité de narration impressionnante et une faculté à placer l’Humain au milieu d’une situation inextricable, tout en nous apprenant les origines du terrorisme. Ce roman est une pierre fondatrice de plus dans cette trilogie qui va faire date !

Restons un peu dans le Noir. Ma rubrique Oldies, consacrée aux romans anciens de plus de 10 ans a parlé de Lune d’écarlate de Rolo Diez (Gallimard – La Noire), le chef d’œuvre de son auteur, selon Claude Mesplède. A travers la vie d’une jeune fille élevée comme une princesse et d’un truand de bas étage, ce roman montre comment les gouvernements capitalistes utilisent les gens à leur profit. Pour peu que l’on accepte la forme littéraire et les paragraphes longs, c’est une pépite noire, sans espoir.

Du côté des romans policiers, j’ai jeté un œil chez les petits éditeurs pour deux belles découvertes. Théâtre au sang d’Eliane Arav (Le chant des voyelles) nous plonge dans le monde du théâtre avec une trame classique et un humour sarcastique plein d’auto dérision. Le train pour Tallinn d’Arno Saar (La fosse aux ours) m’a plus passionné par son sujet et son contexte : celui de l’Estonie et de sa séparation avec l’empire soviétique. Si l’on ajoute le personnage principal Marko Kurismaa et son dénouement, c’est un excellent roman que je vous conseille. On a hâte de suivre sa deuxième enquête.

Qui a dit que les thrillers n’avaient rien à dire ? Pas moi ! Aidé par une intrigue forte et des personnages poussés à leurs limites dans des situations inédites, deux romans nous montrent que l’on peut aussi dire des choses importantes et alerter l’opinion publique. M le bord de l’abime de Bernard Minier (XO éditions) nous montre une entreprise de développement informatique en train de créer l’Intelligence Artificielle. Et le message sur les risques liés au BIg Data et l’utilisation des données est éloquent, frappant.

Quant à Et le Mal viendra de Jérôme Camut & Nathalie Hug (Fleuve Noir), roman auquel j’attribue le titre de chouchou du mois, il nous informe sur la nécessité de donner l’accès à l’eau potable pour tous autour du globe, que cela devrait être un combat universel et obligatoire. Malgré une structure complexe, c’est un roman extraordinaire et humaniste au message fort, auquel j’adhère totalement.

J’espère que ces avis vous auront été utiles dans vos choix de lecture. Je vous donne rendez-vous dès mercredi prochain, le 1er mai, pour fêter le dixième anniversaire de Black Novel. Et n’oubliez pas le principal, lisez !