Archives pour la catégorie Chouchou 2019

Le chouchou du mois de mars 2019

Ça y est, on tient le bon bout. L’hiver s’éloigne, le printemps pointe le bout de son nez. Avec le soleil, le moral revient et l’envie de découvrir de nouveaux romans aussi. Mars, c’est aussi le mois du Salon du Livre de Paris et de Quais du Polar à Lyon (pour les salons que je visite cette année). Bref, ce ne sont que des bonnes raisons pour tourner les pages.

Commençons par mon premier coup de cœur de l’année : Né d’aucune femme de Franck Bouysse (Manufacture de livres). On connait l’auteur pour sa plume exceptionnelle de subtilité, sa faculté à créer de la poésie noire. Quand il se met au service d’une histoire universelle et magnifique, cela nous donne à lire l’un des meilleurs romans de cette année (à mon avis, bien sûr), et l’année ne vient que de commencer.

Vous devez être habitués maintenant : mon défi est de lire ou relire les romans relatant le combat entre Bob Morane et l’Ombre Jaune. L’épisode de ce mois se nomme La revanche de l’ombre jaune d’Henri Vernes (Marabout). Pour moi, c’est un épisode un cran en dessous des précédents, dont l’intrigue tire un peu en longueur. A suivre donc …

Il semblerait que l’un des sujets qui sortent en France en ce moment concerne le conflit entre les Blancs et les Noirs dans les années 60 aux Etats-Unis. Blanc sur noir de Kris Nelscott (Editions de l’Aube) nous plonge en 1968 à Chicago avec le personnage de Smokey Dalton, qui essaie d’élever son fils d’adoption loin des conflits raciaux. Un fruit amer de Nicolas Koch (De Saxus Editions) remonte un peu plus loin dans le temps, en 1963, en plein cœur du Ku Klux Klan dans une situation explosive. Voilà un premier roman à ne pas rater. Enfin, avec Manhattan chaos de Mickael Mention (10/18), c’est Miles Davis qui nous fait visiter New-York en 1973 mais aussi son esprit malade, paranoïaque et avide de drogue.

Et aujourd’hui alors ?

Bien que Franconville Bâtiment B de Gilles Bornais (Gallimard) date de 2001, il est d’une actualité impressionnante. La vie en banlieue n’a jamais été aussi bien traitée, montrée et déroulée dans un polar (à ma connaissance). Indubitablement, ce roman mérite d’être plus connu et probablement réédité.

La vraie vie d’Adeline Dieudonné (L’Iconoclaste) est auréolé du prix Goncourt des lycéens et ce roman qui raconte la vie d’une jeune fille qui veut sauver son monde malgré un père violent est formidable. Il est impossible de ne pas aimer ce roman, tant il regorge d’émotions en toute simplicité.

Les romans de Paul Colize se suivent et ne se ressemblent pas. Un jour comme les autres de Paul Colize (HC éditions) ne déroge pas à la règle. Cet auteur s’amuse avec son lectorat, quitte à le déstabiliser. Je ne m’attendais pas à un roman psychologique traitant de l’absence de l’autre ; je ne m’attendais pas à une plume si douce, si évidente, si subtile (comme le dit mon amie Jeanne D.). Vous savez ce qu’il vous reste à faire.

En parlant de lecture dérangeante, Si belle mais si morte de Rosa Mogliasso (Points) se pose là : Le corps d’une jeune femme gît dans un parc en peine ville. Comment les gens vont-ils réagir ? Ne me dites pas que vous ne pouvez pas consacrer 2 heures à un tel sujet ? Jetez-vous sur ce roman et posez-vous la question : et moi ? Je vous donne juste un conseil : ne lisez pas la dernière page avant d’y être arrivés.

On connaissait cet auteur pour sa série humoristique Stan Kurtz, il nous revient avec Rafale de Marc Falvo (Lajouanie), un polar d’action classique mais pour autant extrêmement bien fait. Jusqu’au dénouement final, Marc Falvo nous malmène et finit par nous surprendre avec son personnage de naïf au grand cœur et son histoire fort bien menée.

Le titre de chouchou du mois revient donc à L’empathie d’Antoine Renand (Robert Laffont – La Bête Noire). Parce que malgré son contexte dur (la brigade du viol) et une histoire de criminel en série, l’auteur arrive à nous créer une galerie de personnages d’une force incroyable et des scènes d’une force émotionnelle intense. Il est rare que je décerne un titre de chouchou à un premier roman, mais ce roman-là le mérite haut la main.

J’espère que ce bilan vous aura été utile dans vos choix de lecture. Je vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !

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Le chouchou du mois de février 2019

Autant le mois de janvier a été formidable de découvertes, autant j’ai mal pioché dans ma PAL au mois de février ! Pas moins de 3 romans arrêtés car ils ne m’ont tout simplement pas intéressé. Mais parlons de ceux que j’ai appréciés :

Il va falloir vous y habituer, il y a des rubriques qui vont revenir chaque mois, ou du moins je l’espère. Ainsi, j’ai énormément apprécié la deuxième confrontation entre Bob Morane et l’Ombre Jaune (intitulée L’Ombre Jaune d’Henri Vernes) car c’est un pur d’action trépidant et passionnant. De même, j’ai continué La compagnie des glaces de GJ.Arnaud avec les tomes 9 et 10 (French Pulp) de cette gigantesque saga de science fiction. Depuis quelques épisodes, ces romans ont un aspect visionnaire qui devient flippant. C’est un mélange de suspense, de géopolitique et d’anticipation où l’auteur place au centre de son intrigue des personnages fantastiques.

Si on veut se plonger dans l’histoire contemporaine de la France, nul doute qu’il faut se tourner vers Hevel de Patrick Pécherot (Gallimard), où on passe quelques heures avec un conducteur de camion qui parle de son travail et du contexte, l’arrivée des Algériens dans les années 50. Un must de narration. Quant à la situation politique de la fin des années 50, nul doute que Requiem pour une république de Thomas Cantaloube (Gallimard – Série Noire) comblera vos besoins, car c’est un premier roman très appliqué qui place des personnages imaginaires au milieu du marasme de cette époque là. Un roman très réussi.

Puiqu’on parle de premier roman, ne ratez pas A Paris coule la mer du Nord de Astrid Monet (Chemins du hasard), qui est un court roman, rédigé avec une plume légère presque magique. S’il n’est pas parfait, il se pourrait bien que vous ayez entre les mains la naissance d’une future grande auteure.

Au niveau originalité, je ne peux que vous conseiller Désoxy de Jean-Marc Demetz (Presses du midi), avec une enquêtrice qui doit résoudre un meurtre et une disparition sans aucun indice. Elle ne peut que compter sur un personnage énigmatique L’anonyme d’Anvers. Ne passez pas à coté ! Je pourrais entrer dans cette catégorie Avalanche Hôtel de Niko Tackian (Calmann Levy), tant on est bousculé dans nos certitudes avec ce personnage de flic en proie à des cauchemars ou des visions ou les deux. Dans un décor glacé, ce roman est prenant de bout en bout.

Si vous préférez le polar classique, il y a Le fruit de mes entrailles de Cédric Cham (Jigal), qui prend une intrigue classique et qui applique à la lettre les codes du genre. Mais, l’auteur a su créer des personnages forts, hors norme, et surtout il nous a concocté une fin très réussie. Il y a aussi Haine pour haine d’Eva Dolan (Liana Levy), dont le style est franc, direct, violent pour un sujet qui ne l’est pas moins : une société en proie au racisme et aux meurtres de haine. Un roman frappant, c’est le moins que l’on puisse dire, qui fouille aussi les réactions des hommes politiques.

Le titre du chouchou du mois revient, une fois n’est pas coutume à mon Oldies du mois.  Nada de Jean-Patrick Manchette (Gallimard Série Noire) est à la fois un roman culte mais aussi un roman fondateur, qui tranche avec les productions de l’époque. Avec son histoire d’enlèvement, il se permet aussi une belle lucidité avec la phrase qui clôt presque le livre. Un grand moment du polar.

J’espère que ces avis vous auront été utiles dans vos choix de lecture. Je vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou du mois. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !

Le chouchou du mois de janvier 2019

Allez, on redémarre pour une nouvelle année après une année 2018 fort réjouissante pour les découvertes de polars. Evidemment, je vous souhaite une excellente année 2019 pleines de lectures fantastiques !

Comme ont pu le constater les fidèles du blog, les chroniques de ce mois ont beaucoup concerné des romans au format de poche et des lectures de 2018. Le seul roman de cette rentrée littéraire étant Dix petites poupées de B.A Paris (Hugo & Cie), où cette auteure britannique arrive encore une fois à nous surprendre dans un polar psychologique ayant pour cadre la famille et le couple. Je suis fan !

L’année 2018 s’est bien mal terminée, avec la disparition soudaine de Claude Mesplède, le pape du polar, le père des blogueurs. J’ai décidé de lui dédier mes chronique Oldies de 2019, en les consacrant à la Série Noire de Gallimard, collection qu’il appréciait tant. J’ai chroniqué ce mois-ci La danse de l’ours de James Crumley, nouvellement réédité par les éditions Gallmeister, un roman qui commence simplement et qui s’avère une enquête furieuse.

Le mois de janvier, c’est aussi le mois de mon anniversaire. Je n’avais pas prévu de publier un billet mais mon amie Suzie m’a fait un cadeau en parlant des 7 jours du Talion de Patrick Senécal (Fleuve Noir), un thriller qui pose la question de la différence entre justice et vengeance, un roman à lire.

Je me lance des challenges dans mes lectures. J’ai décidé de lire La compagnie des glaces de GJ.Arnaud (French Pulp), et j’ai de quoi faire. Les tomes 7 et 8 s’appellent Le gnome halluciné et La compagnie de la banquise et ce sont deux excellents romans à la fois foisonnants et passionnants, qui relancent la série vers des contrées inexplorées. J’ai hâte de continuer !

J’ai aussi fini de lire les aventures de Charlie Parker, le détective récurrent inventé par John Connolly. Je suis à jour de ses romans quant à leur parution en format poche avec mon avis sur Le chant des dunes de John Connoly (Pocket). Encore une fois c’est un très bon thriller, où notre héros, mal en point, a affaire avec des nazis.

Je me suis lancé dans un nouveau challenge, aussi : lire ou relire les aventures de Bob Morane. Comme il y en a beaucoup, je vais me limiter au combat entre notre héros préféré et l’Ombre Jaune, l’un de ses ennemis les plus marquants. La couronne de Golconde d’Henri Vernes (Marabout) est un roman d’aventure exotique qui vaut surtout pour la première rencontre entre les deux personnages et son style imagé, simple et passionnant.

Je continue mon implication dans le Grand Prix des Balais d’Or, en tant que juré, organisé par mon ami Richard Contin. Dans ce cadre, j’ai chroniqué deux excellents polars, très différents, mais qui valent très largement le détour. Etoile morte d’Ivan Zinberg (Points) possède un scénario redoutablement bien construit et nous montre l’envers du décor du cinéma pornographique extrême, avec deux personnages principaux que l’on a envie de suivre. L’essence du mal de Luca d’Andrea (Folio) est un premier roman attachant, à l’atmosphère énigmatique et stressante qui met en scène un scénariste de reportages documentaires en train de se reconstruire et aux prises avec un mystérieux massacre dans les montagnes italiennes ; c’est une grande réussite.

Pour rester dans le noir, Enfermé-e de Jacques Saussey (French Pulp) est un roman orphelin de cet auteur prolifique que j’adore. Depuis quelques romans, Jacques Saussey vire dans une veine plus noire et plus violente. Ce roman parle et défend la cause des Trans-genres, en ne nous épargnant pas les tortures subies par son personnage principal. Lêle s’il faut s’accrocher, c’est un roman important.

Dans le veine Violence à gogo, quoi de mieux que de placer une intrigue en Afrique du Sud, l’un des pays les plus meurtriers du monde ? Avec La mort selon Turner de Tim Willocks (Sonatine), l’auteur nous montre grâce à une intrigue simple, la lutte entre les riches et les pauvres avec un personnage de flic droit et intègre. Duel au sommet et au soleil, si on peut penser à une aventure d’un Rambo moderne, il n’en reste pas moins que la tension est omniprésente.

Une secrétaire de Jérémy Bouquin (French Pulp) est le dernier roman en date de cet auteur que je défends. Conçu comme un hommage envers ses auteurs fétiches (Dantec, Palaniuck, Orwell) mais aussi envers les petites gens qui construisent leur vie comme ils le peuvent, ce roman à l’intrigue mi-policière, mi-fantastique se lit comme du petit lait.

Santiago Quinones, voilà un personnage que je suis grâce à la plume magique de son auteur. Sa troisième enquête La légende de Santiago de Boris Quercia (Asphalte) est d’une noirceur sans fond, et elle nous montre la descente aux enfers de notre inspecteur favori. C’est un roman noir énorme, rare. Et c’est mon premier chouchou !

Mon deuxième titre de chouchou revient à Brasier noir de Greg Iles (Actes sud), le pavé du mois. 1040 pages pour une intrigue se déroulant en 2005 dans le Sud des Etats-Unis. Le format ne doit pas rebuter tant le savoir faire pour passionner le lecteur est impressionnant. Quel talent pour démontrer l’importance et la puissance du Ku Klux Klan encore de nos jours, quel plaisir on prend à dévorer, quelle force émotionnelle passe à chaque chapitre. J’ai été totalement bluffé par ce roman.

Deux chouchous pour bien démarrer l’année, que demander de mieux ?

J’espère que mes avis vous auront aidé dans vos choix de lecture. Je vous donne rendez-vous le mois prochain pour un nouveau titre de chouchou. En attendant, n’oubliez pas le principal, lisez !