Archives pour la catégorie Chronique virtuelle

Chronique virtuelle : L’été chez Ska

Avant de partir en vacances, n’oubliez pas vos lectures. Et pour alléger les bagages, quoi de mieux que la lecture électronique ? Voici quelques nouvelles en provenance de chez Ska, des nouvelles noires, très noires …

 

Ballon de Catherine Fradier :Ballon

Note de l’éditeur :

Un ballon perdu sur la plage, la cruauté de la guerre comme horizon…

Un cercle jaune illumine soudain un rideau de fer arraché, une porte défoncée, effleure brièvement sa burka. Razan se jette derrière des sacs de sable empilés et attend. Un pick-up chargé de quatre hommes en treillis, la barbe broussailleuse, roule au ralenti. Elle se tasse, la souffrance anesthésiée par la terreur, et ne relève la tête que lorsque le bruit du moteur s’est évanoui, puis elle cavale le long des ruelles, se fondant dans l’ombre des façades éventrées.

Mon avis :

Moyen Orient, dans un pays en guerre. Un jeune enfant a oublié son ballon. Sa mère sort pour le récupérer. Cela parait simple, comme histoire, mais elle est pleine de sentiments et surtout effroyablement noire. Et plus on s’enfonce dans l’histoire, plus on a du mal à respirer, car on retient sa respiration. Il n’y a pas d’espoir à attendre, pas de lumière apparente, pas d’issue heureuse. Une dizaine de pages qui, finalement, nous rappelle la chance que nous avons, de vivre dans ce pays, et notre inhumanité à ignorer les autres. Terrible ! Un pur joyau noir, brutal !

Bad Trip de Gaetan BrixtelBad Trip

Note de l’éditeur :

Une nouvelle noire aux allures de thriller habilement surprenante

Les champignons hallucinogènes en guise de pâtée pour toutou ont un effet dévastateur…

« J’arrive pas à croire que Totor soit mort. »

Hélène a lancé ça à table.

Au milieu d’un apéritif dînatoire, évoquer notre chien, ça fait bizarre. Ca jette un froid sur les invités, sur les parents et moi : on dirait que même les bulles du champagne s’arrêtent de pétiller.

  1. Vaudry se permet tout de même de lui rendre hommage : « C’était une brave bête », dit-il avec une gêne profonde.

Mon avis :

La mère d’Emeric se plaint, lors d’un repas où ils ont invité M.Baudry : elle n’en revient pas que Totor, le chien de la famille, soit mort. C’est sur qu’Emeric se sent mal, c’est lui qui a promené Totor pour la dernière fois. Tout aurait du bien se passer mais il a rencontré son copain Antonin …

On peut tout imaginer … et je peux dire que Gaetan Brixtel a l’imagination fertile et un sacré talent pour conter une histoire … de routine puis drôle puis méchante puis noire puis noire. Je ne connaissais pas cet auteur mais il m’a emballé dès les premières lignes et a su planter le décor avant de faire partir son histoire en vrille dans le bon sens du terme. Bad Trip, je vous garantis un sacré bad trip, avec en guise de conclusion une belle pirouette noire, comme je les aime.

Echouée de Jérémy BouquinEchouée

Note de l’éditeur :

Échouée sur une aire d’autoroute, elle soulage les hommes jusqu’au jour où la femme-épave se rebiffe…

Myriam se tord un moment, la gamine, elle a vingt et un ans, tout au plus. Elle apprend la vie. C’est un peu un bébé. Pour elle, je suis « Mammy Branlette » ! Rien de plus, rien de mieux. Une putain de l’autoroute, un personnage burlesque, pittoresque du coin. Une permanente du secteur. Un fantôme un peu glauque de la route droite.

« Qu’il repose en paix ! » laisse alors échapper la gamine.

Elle ressasse la phrase de la nécrologie : « Qu’il repose en paix ! »

Là, je me bloque. Je me braque, même !

« Non ! »

Le pouvoir suggestif de la prose de Bouquin, le bien nommé, est efficace comme un uppercut au menton. Ça galope, ça cogne ! Le comble? Comme un maso, on en redemande.

Mon avis :

Elle se fait appeler Mona et vit depuis 15 ans sur un parking d’autoroute en masturbant les conducteurs qui passent. Jusqu’à ce qu’elle voit dans le journal une annonce nécrologique annonçant la mort de Thierry Parturel. L’heure de la vengeance a sonné …

En prenant des gens comme vous et moi, et en les plaçant dans une situation décalée, Jérémy Bouquin nous conte une histoire avec ce petit zeste d’humour qui rend la lecture très agréable … mais ce n’est que pour mieux nous endormir car la fin de cette nouvelle est bien noire ; et de ce voyage en absurdie, il transforme l’essai avec une fin bien noire. Avec son style fluide, ses remarques justes, toujours, on ressent beaucoup de sympathie pour ce personnage et beaucoup de haire pour les autres.

Un clou chassant l’autre de Damien Ruzé :Clou chassant autreElect

Note de l’éditeur :

Entre Raqqa et Bruxelles, les âmes perdues du djihad vont châtier les kouffar (mécréants)…

Un dernier doigt d’honneur à cette putain de Belgique qu’ils haïssent, ses pétasses blondes et grasses refusant de se faire basculer, sa jeunesse hystérique et dépravée, américanisée. Farid a juré sur le Coran. Si Djellal tombe, il mettra le plan à exécution. Leur plan. Asymétrique. Fulgurant. Imprévisible. Une œuvre d’art. Une installation. Djellal se bidonnera au paradis, matant l’hécatombe sur écran géant entre deux coups de chibre dans une vierge céleste. Farid se marre tout seul comme un con, ouvre la fenêtre, propulse la cigarette d’une pichenette dans la cour pavée. Rira bien qui rira le dernier.

« La vengeance est un plat qui se mange halal. Entre Raqqa et Bruxelles, les âmes perdues du djihad vont châtier les kouffar sans verser une goutte de sang, frappant au hasard, utilisant les points faibles de l’Occident : son insatiable soif de plaisir et sa létale propension au désespoir. »

Damien Ruzé : un ton, un rythme, une prosodie si noirs qu’on pourrait s’y égarer à jamais. À lire de toute urgence, ce texte écrit en janvier 2016, violemment prémonitoire.

Mon avis :

Du Pakistan à la Belgique, Damien Ruzé nous fait suivre une intrigue complète en peu de pages au travers de plusieurs personnages. Cela ressemble à un jeu de dominos que l’on assemble en posant les pions les uns par-dessus les autres. Cette nouvelle est surtout l’occasion pour moi de retrouver ce style que j’aime tant, si simple, si fluide, si facile en apparence, et qui nous balade dans différentes ambiances jusqu’à un final dramatique. Normal, c’est publié dans la collection Noire Sœur ! Damien Ruzé se montre aussi à l’aise dans les nouvelles que dans les romans, ce que j’ai déjà dit. Car, vous en connaissez beaucoup des auteurs capables de présenter des personnages en 3 ou 4 phrases ? Comme j’attends avec impatience son troisième roman !

Chronique virtuelle : L’Alicanto de Amadeo Alcacer (Santa Rosa)

Voici un premier roman très intéressant, dont j’ai beaucoup apprécié la force de l’intrigue et sa façon de la mener.

Quatrième de couverture :

À Buenos Aires, le cadavre mutilé d’une jolie serveuse est retrouvé à son domicile. En sept mois, six autres jeunes femmes ont disparu dans des circonstances similaires. Le capitaine argentin Marquez sollicite l’aide de ses collègues de Santiago, car le meurtrier aurait commencé à sévir là-bas.

L’enquête est donc confiée à l’inspecteur Diego Alandia, un ancien soldat au passé sordide, qui subit sa vie plus qu’il ne la gère. Dans sa traque, il devra affronter un tueur particulièrement manipulateur : l’Alicanto.

L’assassin met en scène ses crimes comme autant d’œuvres d’art, tout en narguant la police à travers ses écrits. Son narcissisme est connu de tous car le criminel se sert de la tribune d’un journal pour revendiquer ses nombreux meurtres.

Les personnages ambigus se jaugent et se croisent, pour aboutir à une suite de revirements des plus inattendus. Ivres de haine et de folie, ils suivront ensemble la même quête de vengeance et de destruction.

S’inspirant de faits réels, Amadeo Alcacer, nous livre ici un récit nerveux, emporté par une trame complexe et remarquablement construite.

Mon avis :

Pour un premier roman, cette lecture s’avère intéressante. Car la construction n’est pas forcément la plus abordable, et on y trouve une réelle ambition aussi bien dans la forme que dans le fond. Car si l’intrigue est béton, on ne peut pas rester insensible à la qualité de l’écriture, dont la fluidité et la justesse d’évocation sont les principales qualités. Je parlais d’ambition, et c’est le mot juste quand un auteur décide de situer son roman dans un pays étranger. Je ne sais pas si Amadeo Alcacer connait le Chili ou l’Argentine, mais il faut beaucoup de courage pour inventer de telles situations.

On peut diviser ce roman en deux parties, voire presque trois. La première nous présente Alandia, flic chilien, détaché auprès de la police argentine pour mettre fin aux agissements d’un tueur en série, qui a priori a fait ses premières armes au Chili. L’auteur ne cherche pas à faire de Alandia un super héros, ni un déprimé. C’est un flic normal qui donne beaucoup à son travail et qui néglige sa vie de famille. Sa passion l’aveugle, et il trouve que ses collègues argentins sont mous du genou. La narration est à la deuxième personne du singulier, et cette distanciation par rapport au personnage, par ailleurs fort, m’a gêné. J’aurais préféré une narration qui m’aurait permis une identification ou tout du moins une immersion plus forte.

Puis, après avoir dépassé la moitié du roman, on passe au tueur. Là, la narration passe à la première personne du singulier. Cette partie est tout simplement passionnante, même si elle nous donne le nom du coupable. Et je me demande si une narration alternée entre le flic chilien et le tueur n’aurait pas donné plus de force au roman. Il n’empêche que l’on est réellement pris par ce roman et que l’on débouche sur un final … je ne vous dis rien !

C’est donc un roman intéressant, qui démontre tout le potentiel que l’on peut attendre de cet auteur. En tous cas, son roman est en vente en ebook à moins de 3 euros, et pour ce prix là, il ne faut pas hésiter.

http://www.amazon.fr/LALICANTO-Thriller-Amadeo-ALCACER-ebook/dp/B00JV58E5S

Chronique virtuelle : En proie au labyrinthe – tome1 La Lutte de Marek Corbel (L@ Liseuse)

Marek Corbel, on en avait parlé à l’occasion de la lecture de Concarn’Noir, ce roman policier et politique qui se passait dans une petite ville française qui ressemblait à Concarneau. On y avait droit à toutes les petites magouilles pour obtenir une once de pouvoir politique.

Dans ce premier tome d’une trilogie annoncée, Marek Corbel abandonne l’aspect roman policier pour faire un roman purement politique, situé dans un futur proche, en 2016.

Quatrième de couverture :

Février 2016.

Dans une France gréviste en pleine crise sociale et politique, un collectif entend participer de manière décisive, à la manifestation parisienne monstre qui s’annonce contre les dernières décisions économiques gouvernementales.

Face à ce tumulte inédit, une brigade de la DGSI, en proie aux luttes politiques intestines, s’emploie à contenir le déferlement de colère s’exprimant, plus ou moins violemment, sur les pavés de la capitale.

C’est sans compter les intérêts du Cartel Européen, dont le président entend jouer sa propre carte politique dans ce chaos hexagonal.

L’heure n’est-elle pas venue de mettre définitivement en coupe réglée cette république réfractaire aux directives ?

En proie au labyrinthe, à travers la description de cette journée où tout va basculer, revient tout au long du roman sur la préparation sinueuse d’un coup d’État aux contours prétendument démocratiques.

Mon avis

Les lecteurs de polars vont être surpris, alors il vaut mieux que je vous prévienne : ce roman n’a rien d’un polar, il flirte plutôt avec le pur roman politique. D’un coté, on y trouve Arno Pagani, membre d’un collectif qui en a ras le bol de la situation économique qui se dégrade en France, et qui décide de porter le coup de grâce à ce gouvernement de fantoches, dirigé par le président Govin. De l’autre, le Cartel, sorte d’hydre de Lerne, qui dirige les pays européens et à la tête duquel trône Jan Herrero de la Pena. Ce dernier veut une bonne fois pour toute faire plier la France à ses bons vouloirs. La grande manifestation qui s’annonce est une bonne occasion pour mettre la main sur ce pays récalcitrant.

Si ce roman est évidemment une création, si les personnages sont inventés, on y reconnait pas mal de gens que l’on voit à la télévision. Ou du moins, on y décerne ce que l’auteur en lit, et c’est une forme de jugement en règle sur le système politique en place, et les luttes de pouvoir au détriment du peuple dont on n’entend pas, dont on ne veut pas entendre qu’il gronde. Le décalage entre les gens d’en bas et les gens d’en haut est d’ailleurs bien montré et un des points forts de ce roman.

Très centré sur les personnages, ce roman, fait de chapitres courts, présente les personnages et leur passé. Marek Corbel se permet en effet de faire des flashbacks pour détailler leur passé et ainsi présenter les psychologies, comme un combat de boxe. Il faut dire que si les scènes sont essentiellement basées sur les dialogues, fort bien construits, il y a très peu de descriptions de lieux.

Et c’est un peu ce qui m’a manqué. Je n’ai pas ressenti la rue qui gronde, les manifestants qui défilent, à opposer au calme des bureaux des dirigeants. De même, on s’attend à une scène finale pleine de bruit, emplie de violence et elle se termine calmement, sans heurts. Pour moi, je trouve que ce roman est plus une mise en bouche qu’un plat principal. Et comme c’est le premier tome d’une trilogie, l’attente est grande et pleine d’espoir pour la suite. A suivre, donc …

Chronique virtuelle : ça boxe chez SkA

Ska, c’est une maison d’édition exclusivement dédiée au numérique. Cette maison d’édition édite aussi bien des romans que des nouvelles, soit de littérature blanche, soit de la littérature érotique soit des polars.

Par contre, on retrouve chez Ska de grands nooms du polar, et je citerai parmi les plus connus : Antoine Blocier, Claude Soloy, Damien Ruzé, Didier Daeninckx, Dominique Sylvain, Elena Piacentini, Elisa Vix, Francis Zamponi, Frank Thlliez, Gilles Vidal, Hafed Benotman, Zolma, Jan Thirion, Jeanne Desaubry, Jerome Leroy, Joseph Incardona, Laurence Biberfeld, Marc Villard, Marie Vindy, Max Obione, Maxime Gillio, Michel Bussi, Olivier Bordaçarre, Paul Colize, Rachid Santaki …

Au mois d’avril, ils ont édité des romans et nouvelles sur le thème de la boxe, et je vous en présente quelques lectures, dont certaines sont tout bonnement géniales. Comme je l’ai lu ailleurs, essayer ska, c’est l’adopter. Tous les titres de Ska sont disponibles ici : http://ska-librairie.net/index.php

A piece of steak de Jack London :

Piece of steak

Tom King est un boxeur professionnel vieillissant. Oh, pas le genre star de la boxe. C’est un boxeur qui combat pour survivre, pour acheter quelque chose à manger pour sa famille. Ce matin, en se levant, il a rêvé qu’il mangeait un steak. Toute la journée, cette envie lui a tenaillé le ventre. Ce soir, c’est le grand soir, il rencontre Sandel, et s’il gagne, il pourra rembourser toutes ses dettes.

Vous ne rêvez pas, c’est bien l’auteur de L’appel de la forêt et de Martin Eden qui a écrit cette nouvelle. Et tout y est, de l’ambiance à la noirceur du propos, Jack London est génial quand il s’agit de montrer ce qu’endurent les pauvres gens. Et quoi de mieux que de prendre l’exemple de la boxe. Il y a dans cette nouvelle tout le génie que l’on peut trouver dans un film tel que Nous avons gagné ce soir. Une nouvelle géniale. Un pur morceau d’anthologie !

Cette version de ce texte est proposée en fin de volume en version originale. Cela s’appelle une version complète et respectueuse de l’auteur. Chapeau !

Adrénaline de Joseph Incardona :

Adrenaline

Cette nouvelle raconte le combat de Max Chavez contre Paul Norman, vu du coté de Norman. Nomran est un boxeur vieillissant dont cela pourrait bien être le dernier combat. Chavez, plus jeune, est en route pour le championnat du monde. Norman n’a rien à perdre sinon montrer qu’il est encore capable de faire quelque chose de sa vie, qu’il a raté.

On a affaire là à un combat entre deux générations, entre deux hommes que tout oppose. Si cette nouvelle fait la part belle au match, avec des passages hallucinants qui sentent la sueur, le sang et la mort, c’est aussi une excellente façon de fouiller la psychologie d’un homme qui est au pied du mur, qui se bat non pas pour lui-même mais contre l’image que les autres ont de lui. C’est un combat coup de poing qui se déroule devant nos yeux effarés, violent et humain, qui montre toute la beauté de ce sport et dont on ressort groggy. Un bel exercice de style qui vous laissera KO.

Ring à putes de Rachid Santaki :

Ring à putes

« Les choses ne se passent jamais comme prévu. Alors Georges préfère prévenir que punir.

— Elle doit se coucher avant la fin. On a mis un paquet de fric, alors tu gères ! Chuchote le caillera.

— Mais on peut parier sur elle. On peut miser, tu vois bien qu’elle va gagner ! lui répond Claude.

— On ne change pas les plans. Ta putain se couche et tu fermes ta gueule ! lui lâche le man. Il regagne sa place, s’adresse à son voisin. Les deux crapules scrutent le combat avec inquiétude. Y a un paquet de cash en jeu. Une certitude : tirer dans le tas en cas de perte. »

Une nouvelle fois, c’est un combat entre une paumée et une championne que Rachid Santaki nous convie. Car la boxe entre hommes ou entre femmes n’a pas tant de différences, il s’agit d’opposer deux caractères et il n’y aura au bout du compte qu’une gagnante : la meilleure. Rachid Santaki n’a pas son pareil pour nous décrire les jeunes qui vivent à la marge de la société, ceux ou celles qui sont nés perdants et finiront perdants. On espère, on espère, car on veut que Marie gagne ce match mais la réalité est plus cruelle que la vie. Quels beaux portraits, quelles émotions, quels espoirs nous fait vivre cette nouvelle noire.

Amin’s blues de Max Obione :

Amin blues

3 rounds, c’est ce que Amin Lodge doit tenir, avant de se coucher. Effectivement, il se prend un direct en pleine face et pourrait bien simuler la chute et la fin du combat. Mais les insultes de son adversaire lui insufflent la rage. Le quatrième round démarre, ses jambes flageollent, il s’accroche à son adversaire. Il sait qu’en sortie d’accrochage, il y a une possibilité alors il l’exploite à fond et envoie un uppercut, tellement bien fait que l’autre en meurt.

En parallèle, un journaliste du Blues Monthly Stars, Nad Burnsteen enquête que cet étrange personnage.

Une sorte de Road book, à mi chemin entre histoires parallèles et course poursuite se déroule. Tout l’art de Max Obione à construire une histoire parallèle entre plusieurs personnages avec un style redoutablement efficace fait de ce roman un pur plaisir noir.

Avec Max Obione, le divertissement noir est forcément au rendez vous, et si je dois vous convaincre, lisez donc Scarelife.

No limit de Jeremy Bouquin :

No limit

Le Girl fight, c’est un combat sans règles entre deux jeunes filles dévêtues, organisé clandestinement dans un hangar. Il n’y a pas de ring, les spectateurs sont en cercle et les deux combattantes sont au milieu de la foule en rut, se battant jusqu’à la mort. Le narrateur est entraineur et croit dans les chances de Jane. Mais l’issue du combat va réserver quelques surprises bien noires.

Je ne connaissais pas Jeremy Bouquin, mais je peux vous dire que cet auteur m’a tout simplement impressionné. Dans cette nouvelle (comptez une heure de lecture), le décor est planté, les personnages sont vivants, la violence est crue. On a vraiment l’impression de vivre le combat de l’intérieur, on sue, on a peur, on s’accroche et on se prend des coups. Et quand, après nous avoir mis KO, Jeremy Bouquin nous assène sa fin, c’est bien parce que le lecteur est déjà à terre et qu’il peut prendre un coup de pied en plus, la bouche ouverte. Une excellente découverte et un auteur à suivre.

Chronique virtuelle : Concarn’noir de Marek Corbel (A verba futuroruM)

Marek Corbel, je l’ai « rencontré » sur FB, et de fil en aiguille, de discussions en digressions, il en est venu à me proposer un de ses romans. Evidemment, quand on a des points communs, on ne lit pas un roman de la même façon. Et le but est rempli avec ce roman, me remémorer ma jeunesse et faire souffler un vent de nostalgie …

Quatrième de couverture :

Concarneau automne 2013. Dans un port de pêche, victime de la crise, les manouvres politiciennes en vue des échéances municipales du mois de mars débutent. L’ancien maire Le Gall est déterminé à reprendre les clés de la ville bleue à son rival. Pour mener à bien cette reconquête, il entend s’appuyer sur sa splendide maîtresse, l’écologiste Nadia Amat, une ancienne figure de la vie culturelle branchée.

C’est sans compter sur l’apparition d’un mystérieux corbeau qui inonde, de son quartier de La Boissière, presse locale, ennemis et amis politiques, d’informations compromettantes sur le passé sulfureux de la nouvelle diva. Pourquoi cette dernière s’est-elle tue sur ses activités, durant les années 80, au sein du rock underground ? Le commissaire Verbeke et le lieutenant Flao vont sortir brutalement de leur torpeur cornouaillaise pour naviguer entre les ultimes règlements de comptes au sein d’un courant musical emblématique et l’enquête sur le meurtre d’un photographe concarnois, deux ans plus tôt.

L’auteur :

Marek Corbel, auteur de trois romans, est un lecteur assidu du genre noir. Admirateur des incontournables anglo-saxons tels qu’Ellroy, R. J. Ellory, il a eu un véritable coup de foudre pour « Un pays à l’aube » ou « The given day », en version originale, de Dennis Lehane, déterminant dans son envie d’écrire. Pour autant, son intérêt pour ce genre littéraire l’a amené, également, depuis des années, à redécouvrir l’école pour le moins hétéroclite du « néo polar ».

Ses inclinaisons se portent vers un genre noir assis sur des réalités sociales, historiques en perpétuelle gestation. Avec pour étendards hexagonaux Frédéric Fajardie pour notamment « Après la pluie » et Dominique Manotti. À ses yeux, l’histoire contemporaine française regorge de suffisamment de ressources afin de matérialiser un genre à part. Si cela commence à se vérifier sur un plan cinématographique ou télévisuel, Marek Corbel considère qu’en matière de polar proprement dit, le phénomène en est à ses balbutiements.

Loin d’une structure policière souvent trop circonstanciée ou manichéenne. Ainsi, donc, un genre forcément perfectible.

(Source Decitre.fr)

Mon avis :

Marek Corbel, au travers de son roman, nous montre les dessous de la campagne en vue des élections municipales dans la ville de Concarneau. Les deux favoris sont indéniablement Coulliou et Le Gall. Tous les coups sont permis pour gagner la municipalité. C’est alors que débarque la lettre d’un corbeau, mettant en cause la n°2 de la liste de Le Gall, Nadia Amat. La police va donc enquêter sur cette affaire, mettant à jour des vengeances qui remontent à plusieurs années auparavant.

Si j’ai été surpris par le début, au sens où l’auteur rentre directement dans le vif du sujet, en nous présentant pléthore de personnages, une fois que l’enquête démarre, on est vite pris dans le rythme et les mystères des différents protagonistes. Si l’intrigue est somme toute assez classique et simple, les personnages sont bien décrits et les dialogues très bons. J’ai été très agréablement surpris par la qualité de narration de l’auteur.

Mais l’aspect qui tient à cœur à l’auteur et qui devient finalement le centre du roman, c’est une description de la scène musicale alternative française de la fin des années 80 et des années 90. Si les noms des groupes ont été changés (l’un d’eux s’appelle Black Novel, ça fait plaisir !), on arrive à reconnaître pour peu que l’on s’y soit intéressé à l’époque les Béruriers noirs, la Mano Negra et toute l’écurie de Boucherie Productions (Wampas, Stella … ).

Et en cela, pour avoir vécu personnellement cette période faste musicalement (si, si, rappelez vous, le petit gars avec ses cheveux longs juste devant la scène, c’est moi), je garde une place spéciale pour ce roman, qui est empreint d’une certaine nostalgie personnelle. Pour les jeunes de cette époque, nous avons connu une période de liberté, empreinte de naïveté avant d’être rattrapés par les réalités du business. Ces groupes de musique, très engagés politiquement, avaient été présentés comme anarchiques, alors qu’ils étaient surtout contre le Front National et voulaient exprimer leur parole. L’objectif était de redonner des couleurs à la culture populaire, par exemple en faisant des concerts à 10 francs l’entrée. Mais ce furent aussi de sacrés musiciens, à l’image du succès qu’ils eurent quand certains de ces groupes signèrent dans des majors. Certains refusèrent l’appât du gain. Mais je m’égare … vous l’aurez compris, c’est un roman aux accents de nostalgie que personnellement j’ai beaucoup aimé !

Chronique virtuelle : On ne joue plus depuis longtemps de Karine Gehin (Storylab)

Décidément, Storylab fait un travail de qualité, en dénichant des auteurs qui savent nous fournir un divertissement de qualité, en format numérique. Ce roman encore une fois est une vraie réussite.

Quatrième de couverture :

Dans une rue cossue de la banlieue parisienne, un riche industriel est retrouvé mort devant son bureau, une balle en pleine tête. En charge de l’enquête, la dingue et le breton – comprenez Valentine Dulac, physique de mannequin et gouaille de camionneur, et Yann Kervalec, gueule de catcheur et cœur de midinette. Le duo découvre que, la veille, une jeune femme à la beauté troublante a rendu visite à la victime. Impossible, pourtant, de mettre la main sur elle… L’enquête les conduira au cœur d’une affaire sordide.

L’auteur :

Si elle était née dans le sud de la France, elle aurait passé tout son temps libre au bord de la plage, aurait entretenu son magnifique bronzage et n’aurait peut-être jamais commencé à écrire. Mais elle est née en Lorraine. Et en Lorraine, trois cents jours par an, ça caille.

C’est donc bien au chaud chez elle qu’armée de sa seule imagination, elle a commencé petite fille à écrire des poèmes sur son papier à lettres violet puis, adulte, des histoires dramatiques, drôles, érotiques sur son ordinateur, violet aussi.

Elle écrit à l’instinct, dans différents styles, car elle aime la diversité. Vous la lirez ici dans un style, ailleurs dans un autre. Et ça, ça lui plait !

Mon avis :

Si vous cherchez un roman policier à lire en une heure environ sur votre liseuse, ne cherchez plus. Vous allez trouver dans ce roman un couple de policier bien campé, entre Valentine qui n’a pas la langue dans sa poche et qui va nous narrer cette enquête avec une gouaille bienvenue, et Yann son équipier homosexuel de son état et qui réfléchit la tête sur son bureau comme s’il dormait.

Vous n’y trouverez pas de descriptions à n’en plus finir, juste quelques lignes pour présenter le contexte, le décor ou même la psychologie des personnages. En termes d’efficacité, c’est redoutablement bien fait. En plus, la franchise de Valentine fait que l’on sourit souvent et que, quand on a finit la dernière ligne, on apprend qu’il y aura une suite. Et la première chose que je me suis dite, c’est : chouette !

Vous trouverez tous les détails pour vous procurer ce roman ici : http://www.storylab.fr/Collections/One-Shot/On-ne-joue-plus-depuis-longtemps

Chronique virtuelle : Chiennes fidèles de Williams Exbrayat (Storylab)

C’est un premier roman, donc ça m’intéresse. Voici donc le polar de William Exbrayat, au nom connu et dont il va falloir retenir le prénom à présent. Chiennes fidèles nous propose un pur divertissement au programme.

L’auteur :

Williams est né en 1975, dans le 26. Il passe une enfance tranquille dans le 07, puis fait des études en Histoire, dans le 38. Après un rapide séjour dans le 64, il s’installe dans le 31, où il officie comme dompteur de livres, en milieu scientifique. Outre un goût immodéré pour les numéros de département, il écrit aussi des histoires à usage récréatif.

Quatrième de couverture :

Ex-flic à la morale discutable et aux pratiques expéditives, Maddog est devenu détective privé. Il lui arrive même de s’offrir quelques à-côtés juteux à la limite de la légalité.

Sa principale faiblesse : son goût pour les femmes. Lorsque la vénéneuse Dora le plaque, il se rend compte que sa dernière combine était peut-être celle de trop…

Chiennes fidèles, polar efficace et à l’humour caustique, est le premier livre de Williams Exbrayat.

Mon avis :

Maddog tient une agence de détectives privés (Flair Investigations) avec son pote Danny. Il est amoureux d’une femme trop belle pour lui. Sauf qu’elle a disparu avec ses affaires mais aussi avec l’urne funéraire de sa chienne Sally. Ce ne serait pas grave s’il n’y avait à l’intérieur de ladite urne une carte électronique comportant des documents lui servant à faire un chantage auprès d’un personnage douteux et dangereux. Et voilà notre Maddog prêt à partir à la recherche de son urne.

Le fait que j’accroche ou non à un polar est surtout lié aux premières phrases et à la

Personnalité des personnages. Et dès que l’on commence Chiennes fidèles, le ton est vif, rapide et humoristique. On ne se prend pas au sérieux et comme le roman est court, cela va vite, très vite. C’est aussi le but de la maison d’édition Storylab qui propose des romans courts pouvant se lire en une heure maximum.

Alors ça va vite, très vite et l’humour y est pour beaucoup dans le plaisir que l’on ressent à la lecture. D’ailleurs, j’y ai retrouvé toute la joie que j’avais éprouvée avec les romans d’Olivier Gay. Ce roman est donc du pur divertissement, c’est bien écrit, bien fait, et on s’amuse beaucoup, de quoi passer un très bon moment. On se dit juste à la fin, que l’on attend quelque chose de plus long, de plus consistant mais on attend la suite avec impatience.

Vous trouverez les informations qu’il vous faut sur ce roman à 2,90€ ici