Archives pour la catégorie Littérature américaine

Oldies : Le Grossium de Stanley G.Crawford

Editeur : Gallimard – Série Noire

Traducteur : Marcel Duhamel

Attention, Coup de cœur !

Tous les billets de ma rubrique Oldies de 2019 seront dédiés à Claude Mesplède

Claude Mesplède écrivait des rubriques dans une revue consacrée au polar qui s’appelait Alibi, dans laquelle il proposait des polars édités par la Série Noire qui sortaient de l’ordinaire. C’est comme cela que je me suis procuré ce petit chef d’œuvre de comédie policière.

L’auteur :

Stanley G. Crawford, né le 2 octobre 1937 à San Diego en Californie, est un écrivain américain de roman policier.

Il fait ses études à l’université de Chicago, puis à la Sorbonne à Paris. Il devient professeur d’anglais au Northbranch College de Santa Cruz. Il rédige également plusieurs articles pour la presse (New York Times, Los Angeles Times, Country Living…) et est l’auteur de cinq romans et de deux mémoires.

Son premier titre, Le Grossium, publié à la Série noire en 1969, raconte les aventures de Gascogne, un magnat de l’alimentaire qui tient sous son emprise l’ensemble de la ville et dont la domination se voit remise en cause par un individu anonyme. Ce roman, un excellent pastiche du roman noir d’alors, offre une virulente critique de l’économie américaine et de sa notion de libre entreprise.

Les autres romans de Crawford n’appartiennent pas au genre policier. Carnet de bord (1971), par exemple, est le récit poétique et humoristique des mésaventures d’un couple qui met les voiles sur un chaland chargé d’ordures ménagères pour un périple de quarante ans sur toutes les mers du globe.

(Source : Wikipedia)

Quatrième de couverture :

« Le téléphone sans fil sonne : « Gascogne ? fait une voix pas du tout familière. – Qui voulez-vous que ce soit ? Et vous qui êtes-vous ? – Peu importe. Rufus Raffa vient de prendre une balle entre les deux yeux. – Pas possible ? Et pourquoi me le dire à moi ? – Je croyais que vous étiez… » Là-dessus, il raccroche. La mort de Raffa, en être le premier ou le dernier informé, c’est du kif, car personne n’ira se rincer le canal lacrymal à cette nouvelle. Surtout pas moi. »

Mon avis :

Attention, coup de cœur !

Comme je le disais, ce roman est un petit chef d’œuvre de comédie policière. Jugez-en plutôt avec ce bref résumé du début de l’intrigue :

Gascogne est dans sa voiture quand on l’informe par un coup de fil anonyme de la mort de Raffa, truand renommé du coin. Immédiatement, il appelle Raffa et celui-ci va bien, puisqu’il lui répond. Si on lui a annoncé la mort en avant-première, Gascogne y voit la chance de se faire du fric. En arrivant chez Raffa, il voit la voiture du commissaire O’Mallolloly, et son chauffeur qui fume la pipe. Quand il fait le tour de la maison, il voit Nadine, la femme de Raffa qui part suivie de Dimitri le chauffeur de Raffa. Puis c’est au tour de Nancy, la maîtresse de Raffa, de fuir le navire à poil ; soudain, un homme déguisé en Ours des Cocotiers Géants descend du balcon au bout d’un drap enroulé en forme de liane. Il repart, passe un coup de fil à son standardiste / homme à tout faire Chester. Celui-ci lui annonce qu’on vient de découvrir Raffa, mort d’une balle dans la tête. Décidément, il se passe des choses pas nettes dans sa ville …

Si vous croyez que mon bref résumé est fou, sachez que ce n’est rien à côté du reste du roman. Ce roman est d’une drôlerie irrésistible, burlesque d’un bout à l’autre, avec des dialogues savoureux et une intrigue énorme ! Et le gros attrait de ce roman est son rythme effréné, mené tambour battant par un Gascogne qui court (au volant de sa voiture) d’un endroit à l’autre.

Le personnage de Gascogne est clairement un pur joyau, empreint d’un mystère que l’on va voir se lever petit à petit au long de l’intrigue. Tout d’abord, on croit qu’il est détective privé, puis qu’il est au service de truands tels que Raffa. Puis on se rend compte qu’il tient beaucoup de gens au creux de sa main, par chantage ou prêt d’argent. On finit par se rendre compte qu’il est propriétaire (au moins en partie) d’un nombre incalculable de boutiques de sa ville et que le maire ne peut rien lui refuser. Finalement, il s’avère être le roi de cette ville, un roi caché qui gère en sous-main toutes ses affaires. Le roman se déroulant sur 2 jours, Gascogne vit une vie de fou, gérant ses affaires sur son téléphone sans fil (je vous rappelle que le roman a été écrit en 1965 !) et mène la vie dure à ses employés, ne leur laissant aucun répit.

Enfin, derrière son histoire foldingue, Stanley G. Crawford décrit une Amérique en proie à la consommation à outrance. Il y a des publicités partout pour forcer les gens à acheter, les noms des boutiques sont eux-mêmes de véritables pubs (hilarantes au passage) et on propose aux gens d’acheter n’importe quoi, même des souris miniatures qui se reproduisent à une vitesse phénoménale (ce qui démontre une nouvelle fois un côté visionnaire si on pense aux manipulations génétiques d’aujourd’hui).

Je vous le dis, je vous le répète, ce roman, c’est un chef d’œuvre d’humour, une comédie policière immanquable et pas seulement une parodie du genre ! Coup de cœur !

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La baleine scandaleuse de John Trinian

Editeur : Gallimard Série Noire

Traducteur : Philippe Marnhac

Tous les billets de ma rubrique Oldies de 2019 seront dédiés à Claude Mesplède.

Claude Mesplède écrivait des rubriques dans une revue consacrée au polar qui s’appelait Alibi, dans laquelle il proposait des polars édités par la Série Noire qui sortait de l’ordinaire. C’est comme cela que je me suis procuré ce roman décidément pas comme les autres, dont il disait dans son Encyclopédie des littératures policières qu’il était le meilleur de son auteur.

L’auteur :

John Trinian, nom de plume de Zekial Marko, né en 1933 aux États-Unis et mort le 9 mai 2008 à Centralia (Washington), est un écrivain, scénariste et acteur américain.

Sous son nom il n’écrit qu’un seul roman, Scratch of Thief en 1961. Pour les autres, il utilise le pseudonyme de John Trinian, nom sous lequel sera traduit Scratch of Thief en français.

En 1960, il écrit The Big Grab qui sera traduit en français l’année suivante mais ne sera édité aux États-Unis qu’en 1963 avec pour titre Any Number Can Win. De même, The Whale Story sera publié aux États-Unis avec pour titre Scandal on the Sand. C’est un roman atypique, une étude des comportements d’individus ordinaires confrontés à des événements perturbants.

Il écrit également des scénarios pour des séries télévisées comme 200 dollars plus les frais ou Dossiers brûlants. Il joue quelques rôles dans trois films et séries télévisées dont celui de Luke dans Les Tueurs de San Francisco.

Quatrième de couverture :

«Y’a jamais un chat», lui avait assuré Willie. Joe s’était donc imaginé que ce bout de plage allait être complètement désert et il avait accepté le rendez-vous. Mais qu’est-ce qu’il voit ? Une putain de baleine grise échouée sur le sable, une bande de tordus en train d’admirer le phénomène et par-dessus le marché un flic ! Et à cheval, encore !

Si ça se trouve, il va demander du renfort, cette ordure. Ça va grouiller de poulets. Pour un tueur en cavale, c’est pas joice.

Mon avis :

Une baleine se baladait dans les ténèbres glacées des profondeurs marines quand elle se laissa surprendre par un courant qui la projeta sur une plage d’une petite ville des Etats-Unis.

Karen se réveille dans une chambre d’hôtel, ne se rappelant rien de la veille. Elle avait bu, avait dansé avec Hobart et apparemment, a fini la nuit avec lui. De méchante humeur, elle décide d’aller faire un tour sur la plage.

Joe Bonniano est un tueur à gages qui vient d’éliminer un caïd de la mafia, Herbert Betseka. Recherché par toutes les polices, il appelle un pote nommé Willie pour qu’il lui fournisse une planque. Ce dernier lui donne rendez vous sur la plage.

Karen demande à Hobart d’aller chercher un flic. Pas motivé plus que ça, il traine jusqu’à tomber sur un membre de la police montée, l’agent Mulford, connu pour sa violence inconsidérée et inutile.

A partir d’un fait divers insolite, John Trinian va décrire une journée à la plage et la réaction des estivants, autour des trois personnages principaux. Du comique d’une situation décalée, il va montrer ceux qui sont concernés, ceux qui n’en ont rien à faire et ceux qui veulent en profiter. Si les dialogues sont parfaits et enchaînement des situations d’une logique implacable, on avale ce roman avec un plaisir énorme en se délectant du déroulement de la situation, jusqu’au dénouement final finalement très noir et très moral. Ce roman pas comme les autres, subtile analyse psychologique, mériterait bien une réédition en format de poche, chez Folio par exemple, mais je dis ça, je ne dis rien.

Il est à noter que l’on retrouve une baleine échouée dans Le Mondologue d’Heinrich Steinfest (Carnets Nord) qui est une comédie délirante et qu’un sujet analogue a été traité dans Si belle mais si morte de Rosa Mogliaso (Points) mais avec le corps d’une femme abandonné.

Le pays des oubliés de Michael Farris Smith

Editeur : Sonatine

Traducteur : Fabrice Pointeau

J’avais beaucoup aimé son précédent roman, Nulle part sur la Terre, donc je me devais de lire celui-ci. Il nous emmène une nouvelle fois aux Etats-Unis parmi les gens qui n’ont rien, les oubliés du rêve américain.

Jack Boucher n’a pas eu de chance : abandonné dès sa naissance, il est passé de famille d’accueil en famille d’accueil, jusqu’à arriver chez Maryann, une jeune femme célibataire. Il s’aperçoit que sa force tient dans ses mains gigantesques, et se découvre l’âme d’un combattant. Il part donc à 17 ans, vivre sa vie, gagner son argent lors de combats extrêmes. Pour améliorer ses gains, il parie aussi sur ses victoires.

Aujourd’hui, il a dépassé la quarantaine, et est la proie à de terribles maux de tête. Il essaie de se soigner avec l’alcool et des drogues. Il doit impérativement trouver de l’argent pour rembourser Big Momma Sweet mais aussi payer les dettes que Maryann a auprès de l’état avant que sa maison soit saisie. Et comme Maryann est atteinte de la maladie d’Alzheimer, Jack va se lancer dans sa croisade personnelle.

Le personnage de Jack est clairement la pierre centrale de ce roman, au milieu d’un décor de désolation. Michael Farris Smith ne nous présente pas son pays comme un monde de gentils Bisounours décorés de paillettes. Nous sommes ici en plein dans l’Amérique profonde, faite de misère et de violence, entre bars crasseux et fêtes foraines désolées. Le décor est d’une laideur à pleurer.

Autour de Jack vont graviter de beaux personnages secondaires, au fur et à mesure de l’itinéraire de Jack, comme autant de balises vers son destin funeste. On ne peut qu’être ébahi par la justesse de ces scènes, même si on peut se dire pour certaines d’entre elles, qu’elles auraient leur place dans un recueil de nouvelles, car elles sont peu liées à la trame du livre. Jack est, d’ailleurs, le seul personnage humain de cette histoire, voulant réparer ou essayer de réparer les erreurs de son passé.

Enfin, par son style imagé, Michael Farris Smith dresse un constat de l’Amérique d’aujourd’hui, celle des pauvres, des oubliés, de ceux qui luttent pour survivre dans le pays le plus riche du monde. Sans jamais juger, sans jamais imposer son avis, l’auteur nous balade de coin sale en sous-sol crasseux pour suivre Jack et son issue que l’on imagine dramatique. Mais ne comptez pas sur moi pour vous dévoiler la fin, qui, je vous l’assure, se déroule dans un décor grandiose et est très réussie.

Oldies : Du sang sur l’autel de Thomas H. Cook

Editeur : Gallimard – Série Noire

Traducteur : Madeleine Charvet

Tous les billets de ma rubrique Oldies de 2019 seront dédiés à Claude Mesplède

Quand j’ai créé cette rubrique, j’avais aussi dans l’idée de lire les premiers romans de mes auteurs favoris. C’est une façon de voir le chemin parcouru et pour moi, la possibilité de me rassurer sur mes gouts. Je n’ai pas trouvé le premier roman de cet auteur que j’adore tant alors voici son deuxième paru en France.

Merci infiniment à Spider Bruno pour le cadeau !

L’auteur :

Thomas H. Cook est né à Fort Payne le 19 septembre 1947.

Originaire de l’Alabama, Thomas H. Cook a fait ses études au Georgia State College puis au Hunter College d’où il est ressorti avec un Master en Histoire américaine. À la Columbia University, il obtient également un Master de philosophie.

Ainsi armé, Thomas H. Cook enseigne l’Anglais et l’Histoire, de 1978 à 1981, au Dekalb Community College de Géorgie et devient rédacteur et critique de livres pour l’Atlanta Magazine (19878-1982). À la même époque, Thomas H. Cook commence à écrire et à être publié. Au rythme d’un roman annuel à peu près. Unanimement reconnu, il a reçu un Edgar Allan Poe Award de la Mystery Writers of America en 1997 pour The Chattam School Affair. La même année, Andrew Mondshein a adapté au grand écran Evidence of Blood.

Thomas H. Cook se partage actuellement entre Cap Code et New York City avec sa petite famille.

(Source Klibre)

Quatrième de couverture :

Dans Salt Lake City, capitale économique et religieuse des Mormons, un dément, qui se prend pour un Illuminé, tue, pour régler de vieux comptes qui remontent à l’époque des premiers Mormons, des personnalités de la ville. Tandis qu’un flic romanesque et cafardeux, qui a quitté New-York par dégoût, ne réussit pas à s’acclimater. Ce sera cependant lui qui démasquera le dément.

Mon avis :

Un homme arrive au Paradise Hotel de Salt Lake City et passe un coup de fil. Il demande une prostituée, une négresse. Quand Rayette Jones arrive, elle se déshabille, il se place derrière elle et l’étrangle. Tom Jackson est inspecteur de police, en provenance de New York. Il est rare d’avoir des cas de meurtres dans cette petite bourgade tranquille. Le médecin légiste lui indique que le corps de Rayette a été lavé puis habillé. Tom trouve rapidement le souteneur qui a organisé cette passe et comme tout a été géré pat téléphone, il va être difficile de trouver le coupable. Quelques jours après, c’est un célèbre journaliste du coin, Lester Fielding qui est abattu d’une balle dans la tête.

Si ce pur roman policier respecte tous les codes du polar, il a aussi la forme des romans que l’on pouvait lire dans les années 80, fait à base d’interrogatoires. On y trouve donc beaucoup de dialogues qui vont nous lancer sur beaucoup de pistes qui vont s’avérer très loin de la résolution finale. Mais ils vont nous en apprendre beaucoup sur la psychologie de chacun et c’est un des points essentiels de ce roman.

Car en tant qu’un des premiers romans de Thomas H. Cook, c’est bien la psychologie des personnages qui domine et en particulier celle de Tom Jackson, présenté comme un « étranger » qui débarque dans une ville détenue et gérée par les Mormons. D’une nature discrète mais redoutablement tenace, c’est un personnage solitaire qui souffre de cette solitude et de ce sentiment de ne rien faire de sa vie.

Tout le monde va lui rappeler de ne pas faire de vagues, de ne pas ébranler la communauté qui fait vivre la ville. Et ce roman va s’avérer bien plus subtil qu’il n’en a l’air, avec comme Tom Jackson, cette sensation de ne pas vouloir appuyer là où ça fait mal. Et pourtant, ce roman, dans son dénouement s’avérera non pas une dénonciation mais un plaidoyer humaniste envers des gens qui sont sensés véhiculer un message d’amour. Du sang sur l’autel s’avère un très bon roman policier de la part de cet immense auteur.

Ne ratez pas l’avis de Yan (lors de la réédition chez Points) et de l’Oncle Paul

Au nom du bien de Jake Hinkson

Editeur : Gallmeister

Traducteur : Sophie Aslanides

Après L’enfer de Church Street, L’homme posthume et Sans lendemain, voici donc le quatrième roman de celui que l’on annonce comme l’héritier légitime de Jim Thompson. Et ce roman-là, croyez-moi, n’a jamais été aussi proche des œuvres du Maître du Noir.

L’action de ce roman se situe le samedi de Pâques 2016, en Arkansas. En tant que pasteur, Richard Weatherford s’attend à être bien occupé pour organiser les célébrations de la fête religieuse. Il est réveillé à 5 heures du matin par un coup de fil de Gary. Ce jeune homme avec qui il a fauté, le menace de tout révéler s’il ne lui amène pas 30 000 dollars dans la journée.

Brian Harten subit un réveil mouvementé quand l’alarme de sa voiture se déclenche. La mauvaise nouvelle vient du camion de la fourrière qui embarque son seul moyen de locomotion. Brian n’a plus d’argent depuis qu’il a investi tout ce qu’il avait dans l’ouverture d’une boutique d’alcool avec Ray. Le problème est que la commission doit bientôt voter sur la levée de la prohibition d’alcool et donc, son avenir reste très incertain.

Sarabeth Simmons est serveuse chez Pickett’s et comme tous les matins, elle arrive avec une bonne heure de retard. Ne s’entendant pas à merveille avec la gérante, elle se fait remonter les bretelles. Quand elle prise en faute en train d’envoyer des SMS à Gary, la sanction est immédiate : elle est virée. Elle espère vivement que Gary va récupérer cet argent qui leur permettra de refaire leur vie ailleurs.

Penny Weatherford est mariée avec Richard depuis plus d’une dizaine d’années. En tant qu’épouse du pasteur de l’église baptiste, elle se doit de participer à l’organisation des cérémonies. Avec l’éducation de ses 5 enfants, le programme de ses journées est bien chargé. Mais l’absence à répétition de son mari l’inquiète. Elle se doute qu’il se trame quelque chose. Peut-être la trompe-t-il ?

On connaissait Jake Hinkson pour ses attaques frontales contre la religion ou sa défense de la cause féminine, le voici sur le terrain politique, sans occulter pour autant ses autres chevaux de bataille. Et c’est avec un roman choral dans un espace limité que Jake Hinkson pose sa démonstration avec beaucoup d’application et de simplicité. Car l’intrigue tient en quelques lignes et que ce n’est pas ce que veut nous montrer l’auteur.

De l’éducation des enfants à la vie familiale, de la gestion de la ville à la politique, la religion est partout. Par son implication dans les différentes manifestations, le pasteur Richard Weatherford arrive à mener son troupeau vers le bien, mais aussi à le guider vers le bon chemin, le sien. Cela va jusqu’à influencer le vote pour la prohibition de l’alcool ou même pousser les gens à voter pour Donald Trump.

D’ailleurs, c’est bien l’un des sujets abordés dans ce roman : comment la religion arrive à s’immiscer dans la ie des gens et influencer le vote des gens. Avec une apparente simplicité, Jake Hinkson dégomme les travers de la société américaine faite d’apparences et d’illusions. Ce qui est important, c’est l’air que vous montrez, pas ce que vous êtes. Ce que nous montre Jake Hinkson, ce n’est rien d’autre que de la manipulation de masse la plus insidieuse possible, celle qui se glisse dans votre vie privée.

Et ce roman s’avère être une formidable dénonciation, à l’instar d’un Callisto de Torsten Krol à propos du gouvernement Bush. Si on attribue à Jake Hinkson une filiation évidente avec Jim Thompson, il va falloir rajouter dans ses pères spirituels les noms de Iain Levison et même Ron Rash (pour la forme). Avec ce roman-là, Jake Hinkson se place comme une des voix incontournables du roman noir américain, une valeur sure.

Oldies : Cirque à Piccadilly de Don Winslow

Editeur : Gallimard – Série Noire

Traducteur : Philippe Loubat-Delranc

Tous les billets de ma rubrique Oldies de 2019 seront dédiés à Claude Mesplède

Quand j’ai créé cette rubrique, j’avais aussi dans l’idée de lire les premiers romans de mes auteurs favoris. C’est une façon de voir le chemin parcouru et pour moi, la possibilité de me rassurer sur mes goûts. Place donc au premier roman de Don Winslow, qui date de 1991, et qui est le premier d’une série mettant en scène Neal Carey, un jeune étudiant barbouze.

L’auteur :

Don Winslow, né le 31 octobre 1953 à New York, est un écrivain américain spécialisé dans le roman policier.

Né en 1953 à New York, Don Winslow a été comédien, metteur en scène, détective privé et guide de safari. Il est l’auteur de nombreux romans traduits en seize langues, dont plusieurs ont été adaptés par Hollywood. Après avoir vécu dans le Nebraska et à Londres, Don Winslow s’est établi à San Diego, paradis du surf et théâtre de certains de ses romans.

(Source Wikipedia)

Quatrième de couverture :

Les choses auraient été trop simples si Neal avait pu rester à New York avec Diane et passer son examen sur Tobias Smollett. Mais la sonnerie du téléphone laissait présager une mauvaise nouvelle. Cette fois, P’pa l’envoie courir la campagne anglaise aux trousses de la fille d’un sénateur qui s’est fait la belle. D’après la photo, la fugueuse vaut bien le détour mais on n’a quand même pas idée de faire avaler des scones à la crème à un enfant de Broadway !

Mon avis :

Neal Carey a du s’en sortir seul : sa mère était une junkie, son père parti sous d’autres cieux. Alors il est devenu voleur à la courre (entendez, il pique un portefeuille et court vite). Sauf qu’il est tombé sur Graham, qui l’a pris sur le fait. Dès lors, Graham l’a formé à devenir espion-barbouze-détective privé-étudiant. Graham travaille pour Levine qui lui-même travaille pour les Amis de la Famille. Est-ce la mafia ou des banques surpuissantes ?

La fille d’un sénateur a fait une fugue. En tant que tel, ce n’est pas une information de première primeur. Mais quand celui-ci doit briguer l’investiture pour les élections présidentielles, il vaut mieux que toute la famille soit derrière lui. Pour les Amis de la Famille, il y a aussi beaucoup d’argent à se faire. Neal Carey va donc être chargé de retrouver puis de ramener la gamine, que l’on a identifiée à Londres avec un groupe de drogués.

Avant d’écrire son chef d’œuvre, La griffe du chien, Don Winslow a commencé comme auteur de polars standards. Entendez par là un personnage atypique, de l’action, de l’humour et une intrigue bien faite. Un tiers du livre est consacrée à l’éducation de Neal Carey, un tiers à son passage à Londres et le dernier tiers à la conclusion finale. C’est fait de façon très académique, très appliquée et agréable à lire.

Si on est loin du style que cet auteur adoptera par la suite, on retrouve tout de même une grande qualité dans les dialogues, et cet humour froid et cinglant qui relève la lecture. Ce roman ne restera donc pas dans mes annales, si ce n’est que je ne suis pas du tout déçu de sa lecture en tant qu’objet de curiosité et qu’il m’a fait passer un bon moment de divertissement. Un bon polar, en somme.

Hunger Games de Suzanne Collins

Traducteur : Guillaume Fournier

Genre : roman de science-fiction

Editeur : Pocket Jeunesse

Après Suzie, Après mon fils, mon Titi, voici ma Zoupette, ma fille Clara qui s’invite sur Black Novel. JE SUIS FOU DE JOIE !!!!!!!!!!!!!

A toi ma fille :

Pourquoi j’ai choisi ce livre ?

J’ai choisi ce livre parce que c’est un de mes préférés et je voulais vous le partager. J’aimerais beaucoup vous donner envie de le lire. J’ai connu ce livre grâce à mon père et j’ai fini toute la collection (de livres). J’ai aussi vu les films (pas tous), qui sont aussi bien que les livres.

Les principaux personnages :

Katniss a seize ans. Elle a une petite sœur, Prim, et serait prête à tout pour la sauver. Elle est choisie pour représenter le district 12. Elle aime chasser comme son père qui est mort. Elle sait tirer à l’arc.

Gale est le meilleur ami de Katniss. Il a quelques années de plus que Katniss. Il est amoureux d’elle. Il aime chasser avec Katniss.

Peeta est le candidat choisi  avec Katniss au Hunger Games pour représenter le district 12. Il est amoureux d’elle.

Mon résumé :

Dans une société futuriste, à Panem,  une fille et un garçon sont tirés au sort dans chaque district pour représenter leur district. Il existe 12 districts, donc ils sont 24 dans l’arène. Ils sont choisis pour combattre dans les Hunger Games. Ils doivent entre-tuer pour gagner la gloire et la richesse pour eux et leur famille. Seul le Capitole, ensemble des personnes haut placés, riches, ne combat pas dans les Hunger Games. Les adversaires ne savent pas à quoi ressemble l’intérieur de l’arène. Les Hunger Games sont diffusés à la télévision pour divertir le Capitole. Tout le monde est obligé de les regarder. Dans cette arène une seule règle compte : être le dernier à survivre.

Cette année se déroule les 74e  Hunger Games. Dans le district 12, la sœur de Katniss est tirée au sort pour combattre mais Katniss veut sauver sa sœur donc elle se porte volontaire pour participer. Peeta est choisi pour se battre avec elle. Qui va survivre et devenir riche et célèbre ?

Mon avis :

Ce livre critique la société d’aujourd’hui. Il dit : « Serions-nous prêt à nous entre-tuer pour la télévision ? ». Les Hunger Games sont une cruauté qui n’arrive pas réellement à me choquer car je sais qu’au fond, certaines personnes seraient capables de faire quelque chose comme ça. Ce que Suzanne Collins écrit est réaliste, tout cela pourrait se passer dans la vraie vie, nous pourrions nous entretuer pour divertir le grand public.

Ce livre est très bien écrit et dès que vous le commencez vous avez envie de lire la suite. Les films sont bien aussi, ils ressemblent beaucoup aux livres, même s’il manque quelques scènes. J’ai préféré le tome 1 car il est fort en émotions. Ma scène préférée du tome 1 est quand Rue, une amie du district 11 (et alliée de Katniss dans l’arène), meurt. A ce moment là, Katniss invente, sans le savoir, le signe et la chanson des rebelles. Dans ce livre il y a du suspense, de l’émotion et de l’action.

Les Hunger Games ont commencé.

Le vainqueur deviendra riche et célèbre.

Les autres mourront …