Archives pour la catégorie Littérature anglaise

Regarder le noir – Recueil de nouvelles

Sous la direction d’Yvan Fauth

Editeur : Belfond

Yvan Fauth s’était lancé un défi, donner la voix à l’art de la nouvelle, l’année dernière. Cela s’appelait Ecouter le noir. Cette année, il récidive avec un deuxième sens, la vue pour Regarder le noir. Pour cela, il a réuni 12 auteurs pour former un recueil de 11 nouvelles autour d’un seul et même thème : la vue. Si le défi de ce blogueur et ami est relevé, voyons dans le détail de quoi il retourne :

Regarder les voitures s’envoler d’Olivier Norek :

Joshua est un garçon de 13 ans, qui vit au fond d’une impasse avec sa mère handicapée suite à un accident de la route. Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est observer la rue, les gens. Une infirmière passe une fois par jour, sa tante de temps en temps. Son quotidien va être changé le jour où des voisins emménagent en face.

Esther a 14 ans et arrive dans cette ville où elle ne connait personne. Son père, violent et alcoolique, frappe sa femme et voudrait bien profiter de sa fille, dont les formes se dessinent. Heureusement, la mère est là pour la défendre. Elle aperçoit son voisin et aimerait devenir son ami.

Ecrite simplement avec des chapitres courts, cette nouvelle pourrait être anodine si elle ne comportait pas cette fin, terriblement noire et horriblement cynique. Malgré quelques incohérences, on appréciera surtout cette utilisation de mots simples pour se mettre à la place d’un enfant et la chute mémorable.

Nuit d’acide de Julie Ewa :

Sabbir est un jeune garçon qui habite au Bangladesh au bord du Gange. Une seconde d’inattention a suffi pour que des hommes ne l’empoignent et le balancent dans une camionnette. Après un trajet relativement long, il se retrouve dans une pièce où deux hommes le tiennent fermement pendant que l’un d’eux lui verse une goutte d’acide dans chaque œil. Devenu aveugle, il devra arpenter les lieux touristiques et sa vie d’esclave commence en tant que mendiant.

D’une noirceur difficile à supporter, Julie Ewa ne nous épargne rien, par sa façon de décrire le calvaire de ce jeune garçon même si elle met beaucoup de distance dans son récit. Et de cette noirceur, terriblement réaliste, elle arrive à nous trouver une fin encore plus cruelle. Quand le Noir devient glauque …

The Ox de Fred Mars :

The Ox se présente comme un building en brique perdu au milieu d’une zone industrielle et plongé dans le noir à cause de l’absence d’éclairage. Il s’agit en fait d’un baisodrome où les membres se retrouvent pour assouvir leurs fantasmes dans le noir complet. On vient d’y retrouver le corps d’un homme écartelé. Au Curtis Green Building où siège Scotland Yard, deux témoins sont interrogés séparément dans une salle : Panuelo, homme de ménage malvoyant originaire du Pacifique et Alexander Fallon, membre du club qui attendait, caché dans les broussailles, la sortie d’une superbe femme qu’il ne connaissait pas et dont il est tombé amoureux.

Avec son style simple et son rythme soutenu, cette nouvelle policière est franchement emballante. Les scènes s’enchaînent, sont très visuelles, et sont un bel hommage aux films américains (entre autres) basés sur des interrogatoires. C’est une lecture jubilatoire, avec une fin digne des meilleurs polars, dotée d’un scénario jouissif boosté par des dialogues percutants. Une excellente nouvelle. 

Le mur de Claire Favan :

Après 2030, après le cataclysme, les seuls rescapés de l’humanité vivent à bord d’un cargo, le Havana Bay. Survivant à l’aide de la récupération des déchets qui peuplent les mers, ce navire ressemble à s’y méprendre à l’Arche de Noé. Tous sont malvoyants et la hiérarchie respecte leur capacité à voir. Le capitaine a 80% de vision, Jérémy son second 55%. Jérémy en pince pour Léa, une belle blonde.

On n’attendait pas Claire Favan dans ce registre et c’est une franche réussite. Si le décor est futuriste, l’histoire s’approche plutôt d’un drame. Et malgré le fait que ces hommes et femmes soient condamnés à arpenter les mers, ils n’en restent pas moins humains avec leurs besoins et leurs désirs. Avec son style simple et expressif, une fin pessimiste, et des personnages vrais, cette nouvelle nous alerte sur la pollution et l’écologie. Pour tout cela, c’est une nouvelle importante.

Demain de René Manzor :

Au volant de sa Volvo, Ganaêlle cherche à rejoindre le supermarché où elle pourra cacher sa fille appelée Chance et la sauver du tueur qui les poursuit. Une balle éclate son pare-brise, juste en arrivant. Ganaëlle et Chance courent et poussent les portes. Dans la première allée, La jeune mère prend une balle en pleine poitrine, puis c’est le tour d’un employé du magasin. Chance parvient tout de même à rejoindre le rayon des jouets, mais l’homme au tatouage ressemblant à la lettre Psi parvient devant elle. Une balle d’un tireur du RAID l’abat immédiatement. Ce cauchemar la poursuit sans cesse, alors qu’elle devient mentaliste à succès et remplit des salles de spectacle.

Dans cette nouvelle qui est presque un mini-roman, René Manzor rend hommage aux auteurs américains de fantastique, dont James Cameron avec Terminator ou Stephen King avec Dead zone. Les scènes s’enchainent à un rythme de fou, dans un scénario digne d’un film passionnant et on a hâte de le finir pour savoir quelle va être la chute. Cette nouvelle, c’est divertissement haut de gamme, prenant, emballant et passionnant, avec une fin qui n’a pas à rougir devant les meilleurs thrillers.

Transparente d’Amélie Antoine :

Hélène a décidé de passer chez Renato, son coiffeur pour se faire teindre les cheveux. Alors qu’elle vient de dépasser la quarantaine, elle ressent cette fatuité de l’existence, cette impression de n’exister pour personne. Même son mari l’a quittée pour une plus jeune, même sa fille et son compagnon ne remarquent rien. Cette impression d’être transparente aux yeux des autres est de plus en plus pesante.

Amélie Antoine a le don de trouver les mots justes pour décrire la psychologie d’une femme mal dans sa peau. Quelques soient les situations, elle se rend compte de l’inutilité et de la tristesse routinière de sa vie. Amélie Antoine nous écrit là une nouvelle ancrée dans le monde d’aujourd’hui qui tourne trop vite pour prêter un moment d’attention aux autres, et qui aboutit à un drame prévisible et évitable. 

Anaïs de Fabrice Papillon :

Sur les marches de l’université, M.Darcy accoste une étudiante qu’il appelle Anaïs. Elle le corrige, lui rappelle qu’elle s’appelle Myriam. Il décide la séduire et l’invite à découvrir une crypte située dans une chapelle près de Chartres.

Belle illustration d’un voyage dans un esprit fou.

La tache de Gaëlle Perrin-Guillet :

Thomas Bernet est écrivain, auteur de romans noirs. Lors d’une soirée avec son ami Eric, ce dernier lui dit : « Regarde le noir, il est ton inspiration ». Quelques jours plus tard, mettant le point final à son roman, il voit une tache noire sur le mur de la cuisine. Elle devient pour lui une obsession, au fur et à mesure qu’elle grandit.

Gaëlle Perrin-Guillet construit une histoire simple et pour autant prenante, à mi chemin entre fantastique digne d’un Stephen King et le Noir avec sa chute inéluctable. Le personnage de Thomas et les situations, toutes prises dans notre quotidien aident à nous immerger dans cette histoire jouissive.

Private eye de Roger Jon Ellory :

Traducteur : Fabrice Pointeau

Raymond Whyte est journaliste d’investigation en freelance et plonge son regard dans les dessous de la société américaine, peu ragoutants. Marié à Carole, la patience incarne, il a un travail qui lui permet de passer du temps avec son amante Diane. Mais tout change quand il s’aperçoit qu’un homme le suit …

Roger Jon Ellory créé une variation sur le thème du journaliste habitué à fouiller dans les dessous d’une ville à la recherche d’un gros titre alléchant et rémunérateur. La paranoïa va bientôt le miner et lui qui est habitué à tout voir, ne va pas s’apercevoir de ce qu’il a sous les yeux. C’est une nouvelle fort amusante, au second degré, avec une chute mâtinée de cynisme et d’humour noir.

Tout contre moi de Johana Gustawsson :

La narratrice écrit une sorte de lettre confession sur l’amour qu’elle éprouve pour lui, l’amour de sa vie. Elle va passer les événements marquants jusqu’à la fin qui signera la défnitive rupture entre elle et lui.

On n’attendait pas Johana Gustawsson dans ce registre d’histoire psychologique. On y retrouve bien des scènes juste esquissées et fortes en sensations. Et toute l’histoire est comme brossée sur un tableau, pour l’aisser la place au lecteur de laisser courir son imagination. C’est une bien belle réussite.

Darkness de Barbara Abel et Karine Giebel :

Le capitaine de police Jérôme Dumas se rend à l’hôpital pour voir la victime de l’affaire dont il a la charge. Ses yeux ont été attaqués à l’acide et il semblerait bien que son agresseur ait pris son temps. Mais Dumas ne connait pas l’identité de la jeune femme et elle a été plongée dans le coma pour que l’on puisse la soigner.

Le duo Abel / Giebel est de retour et contrairement à l‘année dernière, j’ai trouvé une vraie unité dans cette histoire, au niveau du style. C’est une histoire un scénario remarquablement retors et vicieux dont on n’aura la finalité qu’à la toute fin de cette nouvelle qui est la plus longue de ce recueil … pour notre plus grand plaisir.

Le jour où Kennedy n’est pas mort de R.J.Ellory

Editeur : Sonatine

Traducteur : Fabrice Pointeau

Le dernier roman en date de Roger Jon Ellory ne fait pas exception à la règle : il nous parle des Etats-Unis. Et pourtant, il s’avère être un roman surprenant à bien des égards, et en particulier vis-à-vis de l’histoire puisqu’il s’agit d’une uchronie. Et si John Fitzgerald Kennedy n’était pas mort le 22 novembre 1963 ?

23 novembre 1963. Ed Dempster et Larry Furness fouillent un immeuble au coin de Houston et Elm Street. Ils découvrirent des cartons empilés de façon à faire un mur entre les escaliers et la fenêtre. Et derrière le mur de cartons, juste a coté de la fenêtre, une balle de 6mm toute neuve, inutilisée. Malheureusement, elle tombe entre deux lames de parquet. Impossible d’en faire plus.

Mitch Newman est journaliste photographe. Il a connu Jean Boyd le samedi 19 avril 1947, lors de l’anniversaire de celle-ci et est tombé immédiatement amoureux d’elle. Ils ont fait tous les deux les mêmes études, ne se sont plus quittés, jusqu’en juillet 1950 où il s’engagea comme photographe de guerre en Corée. C’était comme un appel pour lui, une déchirure pour elle. Mitch a passé 4 mois d’horreurs en Corée avant de revenir à jamais marqué et Jean a refusé de le voir, et même de répondre à ses lettres.

Chacun a fait son chemin, lui devenant photographe très porté sur la boisson, elle reporter au Washington Tribune jusqu’à ce que le 5 juillet 1964, Mitch apprenne que Jean s’était suicidée, en avalant des somnifères. Ne comprenant pas son geste, Mitch se rend dans sa maison, récupère son chat et va voir la mère de Jean, Alice. Elle non plus ne comprend pas ce geste. Mitch, pour rendre hommage à l’amour de sa vie, va reprendre l’enquête sur laquelle elle était et qui lui a occasionné d’être virée du Tribune. Mais plusieurs événements lui montrent que quelque chose de louche se trame.

Roger Jon Ellory avait déjà abordé la famille Kennedy dans une nouvelle, sortie hors commerce Le Texas en automne, dans laquelle il se mettait dans la tête du président assassiné. Il revient sur cet événement, en bon passionné des Etats-Unis pour une uchronie, ce qui lui donne une originalité par rapport à tout ce qui a pu être fait, écrit, édité sur cet événement incroyable du vingtième siècle.

Roger Jon Ellory est un écrivain doué pour raconter des histoires, et ce roman le démontre une nouvelle fois. Il a cette art de créer des personnages plus vrais que nature, de les positionner dans des situations réelles ou imaginées, mais en tous cas de nous immerger dans une histoire forte. C’est ici le personnage de Mitch qui va porter le scénario, un personnage attachant cherchant à réparer ses erreurs du passé, et qui va, à la fin du roman, se prendre une belle claque en apprenant qui il est réellement.

Entre les chapitres consacrés à l’enquête, qui avance comme dans un brouillard, nous allons naviguer en eaux troubles dans les services secrets, l’intimité du président et de sa famille et toutes les magouilles mises en place pour faire réélire Kennedy. L’auteur insiste beaucoup sur les trucages des votes pour placer JFK à la tête du pays, sur les financements de sa campagne par la mafia.

Pour autant, on ne trouvera pas de révélations sur la mort du président ; j’ai même trouvé qu’il y allait avec des pincettes, préférant mettre l’accent sur son personnage principal, se croyant investi d’une mission en mémoire de son amour perdu. Mais le roman est moins fort émotionnellement. Le déroulement de l’intrigue est remarquablement bien fait, prenant, passionnant, jouant avec les personnages réels comme avec des pions. Et c’est ce que je retiendrai de ce roman, un excellent polar jouissif en forme de jeu de piste.

Crimes entremêlés d’Emma Orczy

Editeur : Apprentie éditions

Traducteur : Jean Joseph-Renaud

Je vous avais déjà parlé de cette toute jeune maison d’édition, créé par des apprentis de Bordeaux. Les amateurs de romans à énigmes vont être ravis avec ce recueil de nouvelles d’Emma Orczy, rassemblés en un roman, sous prétexte que la narratrice rencontre un vieil homme mystérieux qui résout les affaires en utilisant son intelligence et les informations disponibles auprès du public.

Quand il raconte l’affaire, il noue une ficelle quand il énonce les indices. Puis il la dénoue quand il donne la solution. Entre les deux, l’auteure s’amuse à lancer un défi au lecteur : c’est à lui de trouver la clé de l’énigme. A la fois jeu intellectuel et bel exercice littéraire, ce roman est bigrement amusant. Il faut signaler la préface qui donne envie de se plonger dans ces mystères heureusement remis au gout du jour grâce à cette édition. Je vous propose d’entrer dans le jeu du détective.

Le mystère de la rue Fenchurch :

Mme Kershaw se rend à Scotland Yard, accompagnée d’un ami, pour signaler la disparition de son mari, William Kershaw. Il était parti à la rencontre de M. Francis Smethurst, un aventurier ayant fait fortune en Sibérie et a disparu depuis. Quelques jours plus tard, on découvre le corps de Kershaw et Smethurst est arrêté. Mais lors de son procès, ce dernier déjoue toutes les accusations.

Une résolution logique et bigrement bien amenée.

Le vol de Phillimore Terrace :

Leur deuxième rendez-vous va résoudre une affaire de double vol qui a défrayé la chronique. Un rôdeur a été arrêté par l’agent D37 alors qu’il sortait de chez M.Knopf, un courtier en diamants. Ce dernier s’est absenté laissant chez lui son domestique Robertson, pour rendre visite à son frère malade. Knopf venait tout juste de vendre des diamants brésiliens à un bijoutier voisin, M.Schipman ; lesquels diamants ont aussi disparu.

La résolution de cette enquête est d’une remarquable logique, d’autant plus que le lecteur a tous les indices à sa disposition pour trouver la clé de l’énigme.

La mort mystérieuse dans le Métropolitain :

Alors que la narratrice romancière vient de quitter son ami dans le bar, l’homme aux mystères lui demande le décrire. Elle s’aperçoit qu’elle ne peut entrer dans aucun détail. C’est à cause de ce manque de discernement que le meurtre par empoisonnement de Mme Hazeldene n’a pas été résolu. Elle fréquentait M.Errington, un homme riche s’adonnant à la chimie et personne n’a pu déterminer si l’homme qui a discuté avec elle était M.Hazeldene, son mari, ou M.Errington.

Cette enquête démontre combien on accorde peu d’importance aux autres, et aussi l’incompétence de la police. D’autant plus que les deux hommes avaient des mobiles sérieux, l’un étant la jalousie, l’autre de se débarrasser d’une femme pouvant être un obstacle pour sa future carrière.

Le vol de la banque de la Prévoyance :

La banque de la Prévoyance est tenue par M.Ireland. Ce dernier descend vers 9H30 et se rend à la salle où trône le coffre fort. La bonne le découvre inconscient dans son fauteuil. Le coffre a été ouvert sans effraction et la seule porte à laquelle on peut accéder au coffre était fermée par la clé détenue par le banquier.

Voilà un mystère qui nous amène à nous poser la question : A qui profite le crime ou Cherchez la femme ! J’ai trouvé cette enquête dure à suivre, pauisqu’elle fait appel à la configuration des pièces de la banque.

L’assassinat dans le parc de Régent :

Alors que Londres est plongé sous la brume, on entend un bruit de lutte, puis deux coups de feu puis quelqu’un s’écrie : A l’assassin ! ». on retrouve en effet M. Aaron Cohen étranglé à coté de son domicile. Ce dernier venait de jouer au Harrowood Club et de sortir avec une belle somme. La police trouva des témoins indiquant que M. Cohen avait eu une altercation avec un joueur malchanceux M.Ashley.

Notre mystérieux enquêteur va démontrer une incroyable machination.

Le mystère d’York :

Lord Arthur Skelmerton a épousé sa femme pour son argent et s’adonne depuis aux jeux dont les paris sur les courses de chevaux. Lady Arthur Skelmerton lui passe tous ses caprices uniquement par amour. Malheureusement pour lui, il parie sur le favori au Grand Prix et perd une somme astronomique, qu’il n’a pas et le bookmaker lue menace s’il ne lui donne pas rapidement l’argent. Mais Charles Lavender le bookmaker est retrouvé poignardé derrière la maison de Lord Arthur et ce dernier est retrouvé sur les lieux et rapidement arrêté.

D’une affaire a priori simple, l’auteure nous fait une démonstration fantastique pour trouver la coupable.

Le mystère de Liverpool :

De nombreux princes étrangers, vrais ou faux, visitent la Grande Bretagne et en profitent pour faire des emplettes. C’est le cas du prince Semionicz, qui rend visite à se sœur mariée au Roi du Cuivre. Quand il passe commande de bijoux auprès de M.Winslow, cela se compte en dizaines de milliers de livres. M.Winslow ne pouvant se déplacer, il envoie son neveu M.Schwarz pour apporter les bijoux et revenir avec l’argent. Mais M.Schwartz disparait …

Si l’intrigue est simple, son dénouement est encore une fois un étonnement et cela donne un excellent moment de lecture.

Le mystère de Brighton :

Francis Morton s’est marié avec une riche américaine et ils vivent le grand amour à Brighton. Tous les matins, il va travailler à Londres et revient tous les soirs. Pourtant, un soir, il ne rentre pas. Sa femme signale la disparition à la police qui fait chou blanc, jusqu’à ce qu’elle le découvre ligoté dans un appartement, souffrant d’une forte inanition.

Cette affaire, au départ si simple, se révèle en réalité un gouffre mystérieux avec de nombreuses surprises ainsi qu’un dénouement et une explication géniaux.

Le mystère d’Edimbourg :

Le vieux Andrew Graham est à la tête de la célèbre banque Graham. Henry Graham, le fils ainé héritera de la fortune alors que David Graham souffre de malformations. Sa tante, Lady Donaldson, prise de pitié, promit de donner une grande quantité de bijoux à sa future épouse. Or David tomba amoureux de Miss Edith Crawford, une fort belle orpheline qui n’apprécie pas trop cet amour. Mais la bonne société organise un repas pour fêter cela et dans la nuit, Lady Donaldson meurt étranglée.

Cette nouvelle est une enquête plutôt classique mais avec une chute très inattendue.

Le mystère de Dublin :

Quand le vieux millionnaire irlandais Brooks meurt en 1900, tout le monde croit que son testament datant de 1891 partagerait sa fortune à égales parts entre ses deux fils. Percival l’aîné est atteint de la fièvre du jeu et Murray le cadet et le chouchou du père toujours à son chevet. On trouve alors sous l’oreiller du défunt un nouveau testament laissant tout à Percival, en même temps que M.Wethered, l’avoué du vieux Brooks est assassiné. Le procès promet d’être retentissant.

Même si l’histoire est fort bien racontée et passionnante, j’ai réussi à trouver la clé de l’énigme. C’est la première.

Le meurtre de Birmingham :

La famille Beddingfield furent nommés comte de Brockelsby et la naissance de jumeaux donna lieu à un imbroglio entre les deux frères, seul l’aîné n’ayant droit à hériter du titre. Timothée et Robert se bagarrèrent le vieux traité qui leur donnait ce titre, Robert fut prêt à intenter un procès lorsqu’il fut découvert mort dans une chambre d’hôtel.

Cette nouvelle est un véritable imbroglio complexe.

Une mort mystérieuse dans la rue Percy :

Les ateliers Rubens de la rue Percy abritent de petits appartements loués pour des artistes. Au premier étage, on trouve la petite chambre de Mme Owens, qui gagnait bien peu mais économisait beaucoup. Un matin d’hiver, on découvrit son corps alors que la fenêtre était ouverte. La police voulait conclure à une mort due à la température négative avant de s’apercevoir qu’elle avait reçu un coup à la tête.

Indéniablement, cette nouvelle est la plus rusée de ce recueil, comme son assassin.

Oldies : Bad City Blues de Tim Willocks

Editeur : Editions de l’Olivier (Grand Format) ; Points (Format Poche)

Traducteur : Elisabeth Peellaert

En cette année 2020, nous allons fêter les 50 années d’existence de la collection Points, et les 40 ans de Points Policier. Et quoi de mieux que de revisiter le premier roman de Tim Willocks, un vrai hard-boiled.

L’auteur :

Tim Willocks est un médecin et écrivain britannique né en 1957 à Stalybridge (dans le Grand Manchester), en Angleterre. Il est auteur de romans policiers. Il vit aujourd’hui à Rome.

Tim Willocks est un médecin, formé à la fois en tant que chirurgien et psychiatre.

Il peint son propre portrait à travers les caractères de différents personnages de ses romans. On retrouve ainsi un personnage central avec une connaissance approfondie en médecine, en drogues et en arts martiaux. Willocks est lui-même ceinture noire de karaté. Il est aussi un grand fan de poker.

Son premier roman, Bad City Blues a été adapté au cinéma. Il a également coécrit le documentaire de Steven Spielberg, The Unfinished Journey.

Son roman La Religion se déroule pendant l’année 1565 durant le Grand Siège de Malte, et est le début d’une trilogie romanesque ayant pour héros Mattias Tannhauser. Le deuxième tome s’appelle Les douze enfants de Paris.

Doglands, publié en France en 2012 aux éditions Syros, est son premier roman pour la jeunesse. Il a obtenu en 2012 la Pépite du Roman adolescent européen au Salon du Livre Jeunesse de Montreuil.

(Source Wikipedia complété par moi-même)

Quatrième de couverture :

Callie, ex-prostituée camée à la cocaïne, réussit le casse du siècle en braquant la banque de son mari : un million de dollars à partager avec Luther Grimes, un vétéran du Vietnam reconverti dans le trafic de stupéfiant. Pour doubler son complice, la belle séduit son frère, Cicero Grimes, un psy déjanté. Et le capitaine Jefferson, un flic sadique, espère bien récupérer sa part du butin…

Tim Willocks est psychiatre, scénariste, producteur et écrivain. Souvent comparé à James Ellroy ou Norman Mailer, il est l’auteur de plusieurs polars d’une intensité et d’un réalisme rares.

« Il faut lire ce roman noir déjanté, hystérique, unique. » Lire

Mon avis :

Callilou Carter, Callie pour les intimes, ex-prostituée, ex-droguée est mariée avec le pasteur de l’Eglise évangéliste du Seigneur, Cleveland Carter. Cleveland est aussi le propriétaire d’une banque qui vient de subir un casse. Il vient d’apprendre que Callie a renseigné les voleurs et qu’elle revient de chez son amant Cicero Grimes. Après quelques maltraitances elle parvient à s’enfuir.

Cleveland Carter fait donc appel à Clarence Seymour Jefferson, le capitaine de police. Ce dernier voit très vite que la situation peut tourner à son avantage. Il flingue le pasteur et part à la poursuite du million de dollars, qu’il va pouvoir garder pour lui. Car Jefferson est plutôt du genre à ne pas faire dans la demi-mesure.

Dans le genre plongée dans un monde de déjantés, ce roman se place en bonne position. Entre Callie, Jefferson et les frères Grimes, tous sont plus cinglés les uns que les autres, avec une forte dominance pour la violence, voire le sexe, voire le sexe violent. Ne croyez pas qu’il n’y a pas de scénario, car même s’il est simple, il offre de belles parenthèses entre passé et futur, entre réalité et illusion.

Il n’empêche qu’il ne vaut mieux pas mettre ce roman entre toutes les mains, le style étant explicite et les décors et actions remarquablement bien décrites jusqu’à devenir insoutenables dans certains cas (enfin, moi, j’ai passé des paragraphes …). C’est le genre de roman à réserver aux aficionados de scénario bien fait mais ultra violent. Vous voilà prévenus.

Noir comme le jour de Benjamin Myers

Editeur : Seuil

Traductrice : Isabelle Maillet

Je garde un très bon souvenir de Dégradation, le précédent roman de Benjamin Myers, mettant en scène déjà Roddy Mace le journaliste et James Brindle le flic. Je me rappelle d’une ambiance très noire et poisseuse. Pour son deuxième roman, on garde l’ambiance, on garde les personnages et on revient dans cette petite ville du Nord de l’Angleterre sous la pluie continuelle. Pas de quoi vous remonter le moral.

Alors qu’il avait onze ans, Tony Garner a fait une chute dans une carrière et est resté inconscient plusieurs heures. Cette mésaventure l’a rendu benêt et tout le monde en ville lui a affublé des surnoms dus à ses moments d’absence : Tony la Tremblotte, ou Tony le Chauve, ou Tony le Galure ou Tony le Junkie. Car Tony fume des joints pour calmer ses maux de tête.

Depuis qu’il dispose de son propre appartement, il survit en braconnant des lapins qu’il vend au boucher. Ce matin-là, il aperçoit une forme allongée, une femme qui semble endormie. Quand il s’approche, il voit une trace de sang : elle a été égorgée mais bouge encore. Il trouve le couteau, réalisé qu’il l’a en main et décide de le jeter dans une bouche d’égout pour éviter d’avoir des problèmes avec la police.

Roddy Mace est toujours journaliste dans le journal local, le Valley Echo. Il se rend bien compte que son avenir s’assombrit et que s’il ne se bouge pas, il va devoir parler des chiens écrasés pour une bouchée de pain. D’autant que son projet de livre n’avance pas. James Brindle, qui faisait partie du service La Chambre Froide, dédiée aux crimes atroces, a subi les conséquences de l’affaire précédente. De congés maladies à une mise à l’écart, plus personne ne veut le voir. Il déprime dans son appartement d’autant plus que ce métier là, c’est toute sa vie.

Roddy Mace apprend que la femme égorgée s’appelle Joséphine Jenks, une star locale du cinéma pornographique amateur. Maintenant âgée de 50 ans, elle garde des activités chaudes pour ceux qui sont restés ses fans. Cette affaire là peut peut-être lui permettre de rebondir.

J’ai retrouvé toutes les qualités que j’avais appréciées dans le précédent roman : le décor est des plus déprimants, il pleut tout le temps et le vent coupe les jambes continûment. L’auteur va donc passer beaucoup de temps à nous décrire cette petite ville triste, grise, en prise avec un chômage galopant et obligée de faire face à une immigration de plus en plus importante.

On trouve donc une grande part de la population dans les bars, occupés à noyer leur ennui et à se chercher des noises. Quoi de mieux dans ce cas, que de se trouver un bon bouc émissaire ; et Tony Garner en fait un excellent, connu de tous. Même la police le traite de cette façon.

Apparait sur cet environnement cafardeux cette affaire dont les médias vont faire les choux gras, jusqu’au niveau national puisque le Sun va débarquer. Et on trouve dans ce roman une belle charge contre la presse à sensations, mais aussi contre les gens prêts à faire n’importe quoi pour avoir leur petite minute de célébrité.

Donc nos deux personnages principaux vont errer chacun de leur coté, pour se retrouver dans la dernière partie du roman. L’enquête va indéniablement passer au second plan, l’auteur préférant parler de la vie des démunis et délaissés par les mesures gouvernementales de tous bords. Et la conclusion de l’intrigue peut laisser bien dubitatif, même si elle est conforme au sujet que veut aborder l’auteur. Alors, si vous cherchez un roman noir, glauque parlant des gens en situation de survie, pour peu que vous ne soyez pas attaché à une intrigue rigoureuse, ce roman est pour vous.

Ne ratez pas les avis de Velda , Psycho-Pat et Jean-Marc Lahérrère qui ont aimé et Laulo qui est plus dubitative.

Déstockage : Meilleurs vœux de la Jamaïque de Ian Fleming

Editeur : Fleuve Noir – 1982

Traducteur : Claude Elsen

James Bond et moi, c’est une longue histoire d’amour, qui date de 1977 avec la sortie cinématographique de L’espion qui m’aimait. J’avais 11 ans quand je suis allé le voir au cinéma avec mes copains de l’époque. Avec la sortie de Moonraker, les éditions Fleuve Noir ont ressorti les romans de Ian Fleming dans une collection dédiée à l’espion britannique. C’est à ce moment-là que j’ai décidé de tous les acheter.

J’ai donc commencé par Moonraker et j’ai poursuivi jusqu’au numéro 12 (L’homme au pistolet d’or). Le numéro 13 était un recueil de nouvelles et comme je ne suis pas fan de nouvelles, je ne l’ai pas acheté. Ce n’est que récemment que je suis tombé sur ce numéro 13 : Meilleurs vœux de la Jamaïque. Dans un souci de retrouver le plaisir adolescent de lire des aventures de James Bond, je l’ai acheté, et c’est tout naturellement que je vous en parle dans ma rubrique Déstockage.

Meilleurs vœux de la Jamaïque :

Le Major Dexter Smythe coule des jours heureux à la Jamaïque autour de ses poissons grâce à sa petite fortune. En effet, vers la fin de la Seconde Guerre mondiale, il a découvert dans les Alpes autrichiennes deux lingots d’or nazis, qu’il s’est aussitôt approprié en laissant le cadavre d’Hannes Oberhauser, un guide de montagne, derrière lui. Mais plusieurs années plus tard, son passé va le rattraper en la personne de James Bond, agent secret britannique et ancien élève de Hannes Oberhauser…

La Sphère d’émeraude :

Le SIS s’interroge lorsque Maria Freudenstein du service secret britannique, que l’on sait être en réalité une agent double du KGB, reçoit en héritage la Sphère d’émeraude, œuvre majeure et perdue de Carl Fabergé, qu’elle va vendre aux enchères chez Sotheby’s. Ne serait-ce pas une récompense du KGB pour les renseignements qu’elle a détournés ? C’est en tout cas l’intuition de M et de James Bond, et ils pensent bien que le directeur local du KGB sera présent à la vente pour faire grimper le prix de l’enchère. L’occasion rêvée pour l’identifier et le faire expulser du pays.

Bons baisers de Berlin :

272, agent britannique caché en Nouvelle-Zemble depuis la fin de la guerre, prévoit de revenir à l’Ouest avec des informations capitales concernant les prochains essais de fusées et d’armement nucléaire de l’URSS. Il prévoit de passer par Berlin, mais malheureusement pour lui, un agent-double a mis au courant les Russes de l’affaire ; et le KGB charge son meilleur tireur, « La Gâchette », d’empêcher 272 de livrer ses renseignements. James Bond, en sa qualité d’agent double-0 autorisé à tuer, est donc envoyé par M à Berlin-Ouest pour tuer ce tireur avant qu’il n’élimine 272.

Mon avis :

Ces trois nouvelles montrent des aspects de la fonction de James Bond que l’on a peu l’occasion de voir, surtout si l’on se réfère aux films. Dans la première nouvelle, notre espion favori fait une brève apparition. Dans la deuxième, il s’agit d’une identification d’un espion russe lors d’une vente aux enchères. Dans la troisième, il doit jouer le rôle d’un tireur d’élite, avec un final surprenant.

Si ces nouvelles ne sont pas des monstres de littérature, le style est simple, facile à lire et surtout très détaillé et expressif. Cela donne une lecture divertissante, distrayante et fortement agréable, et qui remplit le rôle qu’on lui demande. Je dois dire que je me suis donné une bonne bouffée de nostalgie avec cette lecture, et que j’ai donc passé un bon moment même si je l’ai trouvé trop court, la fonte étant grosse.

Le chant de l’assassin de Roger Jon Ellory

Editeur : Sonatine

Traducteurs : Claude et Jean Demanuelli

Depuis sa première parution avec Seul le silence, je dois dire que je prends un plaisir à lire les histoires que cet auteur nous invente, avec toujours comme décor les Etats Unis, pas celui clinquant tout beau tout propre mais celui des campagnes.

Henry Quinn a été élevé seul par sa mère, secrétaire dans une bibliothèque, et n’a donc jamais connu son père. Juste avant sa majorité, ayant bu trop d’alcool, il s’amuse à tirer avec une arme à feu sur un tonneau. Pour son malheur, une balle rebondit et va parcourir plusieurs centaines de mètres avant de tuer une jeune femme, en train de préparer son petit déjeuner dans sa cuisine.

Accusé puis condamné juste après ses 18 ans, il en prend pour 5 ans au pénitencier de Reeves, sort au bout de 3 ans pour bonne conduite. S’il s’en sort en un morceau, c’est grâce à Evan Riggs, son compagnon de cellule. Condamné à la prison à vie, Evan lui demande de retrouver sa fille qu’il n’a jamais connue, pour lui donner une lettre. Henri ne peut qu’accepter ce service envers celui qui l’a sauvé et qu’il considère comme un père naturel.

Après une visite éclair auprès de sa mère, toujours aussi alcoolique, Henri prend la route de Calvary, où il devrait pouvoir retrouver la trace du frère d’Evan, Carson, qui en est le shérif. Le moins que l’on puisse dire est que l’accueil est froid, aussi bien de la part du shérif que des habitants de Calvary. Il semblerait même que tout le monde veuille oublier Evan et sa fille. Mais quel est le secret qui est enfermé dans cette petite ville ?

Je ne vais pas vous redire tout le bien que je pense du style hypnotique de Roger Jon Ellory, ce talent à créer des personnages forts, cette faculté à nous plonger dans un autre lieu et un autre espace-temps. Pour ce roman-là, il va mener en parallèle deux histoires : l’une contemporaine sur la recherche de la fille d’Evan, l’autre concernant la vie d’Evan, son crime et comment il en est arrivé là.

Pour la première fois, Roger Jon Ellory lier ses deux passions dans un seul roman : écrire une histoire simple et la musique. Evan est en effet un musicien maudit, créateur des Whiskey Poets (comme par hasard le nom du groupe réel de Ellory) et Henry un musicien doué. En entourant le tout de plusieurs questionnements et mystères bien épais, vous avez les ingrédients de ce roman une nouvelle fois réussi.

Les deux histoires vont alternativement se dérouler, tranquillement, pour nous amener à lever le voile sur la vérité, les vérités. D’un côté, l’enquête d’Henry qui montre une ville renfermée sur elle-même et qui veut éviter les étrangers. De l’autre, la vie d’Evan faite d’erreurs, de mauvais choix, d’hésitations, de moments de joie mais aussi de moments dramatiques. Ellory nous raconte une vie plongée dans l’Histoire américaine.

Comme à chaque fois, n se retrouve emporté dans un roman plein, complet, dans lequel on a beaucoup de plaisir à plonger parce qu’on a l’impression de côtoyer des personnages ordinaires au destin ordinaire qu’Ellory nous transforme en extraordinaire. Si on ressent beaucoup de maitrise et de retenue, dans les scènes émouvantes par exemple, c’est probablement parce qu’il a écrit là son roman le plus personnel, qui le touche le plus dans ses passions. Et avec ce roman-là, il n’a jamais été aussi proche de la littérature blanche. C’est encore un grand roman très réussi de la part de cet auteur dont je ne me lasse pas.

Ecouter le noir – Recueil de nouvelles

Sous la direction d’Yvan Fauth

Editeur : Belfond

Yvan Fauth s’est lancé un défi, donner la voix à l’art de la nouvelle. Pour cela, il a réuni 13 auteurs pour former un recueil de 11 nouvelles autour d’un seul et même thème : l’ouïe, thème qui lui est cher. Si le défi de ce blogueur et ami est relevé, voyons dans le détail de quoi il retourne :

 

Deaf de Barbara Abel et Karine Giebel :

D’un coté, nous avons deux adolescents qui s’aiment et qui vont fuir le centre qui accueille des malentendants. De l’autre, nous avons une jeune mère qui revient de la pharmacie avec un médicament pour son bébé et qui est prise en otage par des braqueurs de bijouterie. Les deux itinéraires vont finir par se rencontrer dans un final d’une noirceur et une cruauté aussi rare que surprenant.

Quand deux auteurs phares du thriller psychologique, cela ne peut que nous donner une lecture réjouissante. Evidemment, le sujet est bien mis en place, évidemment, la tension va monter jusqu’à nous laisser un espoir, évidemment la fin est surprenante. La seule petite remarque est que je suis arrivé à déterminer certains passages écrits par l’une ou l’autre, Karine Giebel ayant un style tranché, haché et Barbara Abel s’étendant sur les aspects psychologiques. Cette nouvelle est une lecture plaisir bien stressante.

 

Archéomnésis de Jérôme Camut et Nathalie Hug :

Nous sommes en l’année 2945. Le narrateur se souvient quand il restait encore des humains sur Terre. Depuis que l’Intelligence Artificielle a pris le pouvoir, il vit reclus. Il se rappelle les réunions avec Adhara, Niels et Irma. Ces moments de nostalgie sont les seuls parcelles d’humanité qu’il lui reste.

Voilà un bel exercice de style que nous offrent ces deux grands auteurs de thrillers, à 10 000 parsecs de leur univers. C’est une belle réussite avec une fin bien triste.

 

Tous les chemins mènent au hum de Sonja Delzongle :

Paul est un père de famille comme les autres. Sa vie aurait pu être simple avec Emma sa compagne, Salomé, Timéo et Julie leurs enfants. Mais soudain, un bruit sourd assaille ses oreilles, incessant, constant, grave. Un bourdonnement. A force, on n’entend plus que cela et c’est gênant, assommant, assourdissant. Gêné et hésitant à en parler à sa famille, il va voir son docteur qui lui parle du projet HAARP.

Vingt pages, pas plus, c’est ce qu’il fait à Sonja Delzongle pour nous proposer une nouvelle mystérieuse, entre énigme scientifique et chronique familiale dramatique. Ce qui est remarquable dans cette nouvelle, c’est cette facilité à nous plonger dans une histoire complète en aussi peu de pages, avec une fin aussi surprenante.

 

Ils écouteront jusqu’à la fin … de François-Xavier Dillard

Abel Van Houffen est un virtuose du violon, adulé par le tout Paris, lors de ses concerts avec l’orchestre philharmonique de Paris. Dès la fin du concert, il prend l’avion pour Saint Pétersbourg où on lui promet un document exceptionnel. Arrivé rue Sadovaïa, un vieil homme l’emmène à la cave où réside un coffre fort. A l’intérieur, Abel découvre la dernière œuvre de Tchaïkovski pour violon, une partition mythique que personne n’a jamais vue. Mais au moment où il met les mains dessus, du bruit se fait entendre dans le couloir …

Il y aurait plusieurs façons de traiter ce début de roman. François-Xavier Dillard nous plonge dans un genre fantastique avec un scénario que Stephen King aurait adoré. Même si cette nouvelle ne fait qu’une trentaine de pages, il n’en reste pas moins que sans effusion de sang, il fait monter le stress et la mayonnaise de façon remarquable. C’est une de mes nouvelles préférées dans ce recueil.

 

Bloodline de Roger Jon Ellory :

Traducteur : Fabrice Pointeau

Carol et janine, deux jumelles inséparables, comme toutes les jumelles. Janine est sourde et Carol lui a servi de guide dans ce monde de fous, fait de violence et de sang. Devenues adultes, elles ont pris des chemins différents, mais elles sont liées par des liens indéfectibles pour toujours.

D’une construction complexe, pleine de mystère, cette histoire ancrée dans le réel va suivre une ligne directrice faite de sang et de larmes. Carol se retrouve sur le lieu d’un accident de la route, un homme va se vider de son sang et cela va être l’occasion pour elle de renouer les liens avec sa sœur. Cette nouvelle et sa chute sont juste magnifiques, 30 pages de pur plaisir par un auteur qui sait faire passer les sentiments comme peu le savent.

 

Un sacré chantier de Nicolas Lebel :

Avec tout ce boucan, sur le chantier, on ne peut rien entendre. Sandra a rendez vous avec le lieutenant Laimery pour la reconstitution d’un crime, le viol par son propre patron. Parole contre parole.

En très peu de pages, cette nouvelle pleine de bruit se lit comme du petit lait, et bénéficie d’une fin inattendue, très inattendue.

 

Zones de fracture de Sophie Loubière :

Scène banale, celle d’une agression. Delphine Savet, la cinquantaine a rencontré un homme de dix ans son aîné, et c’est devenu l’amour fou. Mais en rentrant chez elle, un vol à la sauvette, elle tombe, se fracasse la tête contre le trottoir et c’est le drame. Face à ce genre d’agression, il y a peu de chances de trouver le vrai coupable.

L’air de rien, Sophie Loubière nous construit en 5 chapitres un véritable roman choral, passant d’un personnage à l’autre. Cette histoire, ancrée dans un quotidien normal de banlieue, s’avère une excellente nouvelle dont la chute vous laissera évidemment ébahi, tant elle est bien amenée et bien trouvée.

 

Echos de Maud Mayeras :

Charlie a 7 ans. Depuis tout petit, il entend des bruits. Peut-être sont-ils vrais, peut-être ne parlent-ils que dans sa tête ? Alors Charlie est un peu isolé à l’école, subissant les moqueries de ses camarades de classe. Charlie avait un frère, Lucas, mais il est mort l’année dernière, écrasé par un chauffard. Pourtant, il entend des bruits dans la chambre de Lucas. Mais il n’a pas assez de courage pour aller voir …

Cette histoire racontée par Charlie, mais à la troisième personne du singulier, est juste un pur morceau de tendresse, emplie d’incompréhensions et des peurs de l’enfance. Se déroulant tout doucement au rythme d’événements familiaux douloureux, c’est un pur morceau de sucré glacé, une histoire fondante et noire à déguster comme il se doit, avec un café bien fort, et en serrant les dents. C’est ma nouvelle favorite de ce recueil.

 

La fête foraine de Romain Puértolas :

Romain et Patricia ont décidé de se prendre quelques jours de vacances aux Canaries. Laissant leur enfant chez les grands-parents, ils dégotent un appartement calme en bord de mer. Mais dès le premier jour, ils sont assaillis par un bruit infernal, venant de la fête foraine toute proche.

Seul auteur inconnu pour moi de ce recueil, je dois dire que je me suis beaucoup amusé à lire les mésaventures de ce couple, venu pour trouver un peu de calme et qui se retrouvent en plein enfer. D’un ton humoristique, la fin est un vrai éclat de rire. C’est la seule nouvelle qui ne soit pas ouvertement noire.

 

Quand vient le silence de Laurent Scalese :

Xavier Deckard voit sa vie partir à vau l’eau : viré de son boulot, il écrase une jeune fille en rentrant chez lui. Puis il apprend que sa femme le quittera après leur week-end à la montagne. La descente aux enfers ne fait que commencer.

D’un ton noir et volontairement cruel, ce personnage désagréable et assassin va subir nombre de tortures sous la plume de Laurent Scalese. C’est la seule nouvelle de ce recueil que j’ai trouvé trop courte, en demandant un peu plus pour être plongé dans sa psychologie.

 

Le Diable m’a dit … de Cédric Sire :

Joan est auteur de thrillers. 12 ans auparavant, sa femme Dahlia, l’amour de sa vie, a disparu. Depuis, il a connu le syndrome de la page blanche … jusqu’à ce que son dernier roman connaisse un succès phénoménal. Mais le Diable, le ravisseur de Dahlia revient et l’enlève à son tour …

Cédric Sire nous offre là une excellente nouvelle toute en tension avec un vrai scénario et des personnages plus vrais que nature. Moi qui ne suis pas fan de ses romans, car ce n’est pas mon genre, je dois dire que je me suis laissé prendre par cette histoire diabolique jusqu’à la dernière page.

Oldies : Comment vivent les morts de Robin Cook

Editeur : Gallimard – Série Noire

Traducteur : Jean-Bernard Piat

Tous les billets de ma rubrique Oldies de 2019 seront dédiés à Claude Mesplède.

Attention coup de cœur !

Quand j’ai publié mon avis sur Quand se lève le brouillard rouge de Robin Cook (Rivages), Claude Mesplède et moi avons beaucoup correspondu par mail et par téléphone sur cet auteur que j’adore. Nous avons, entre autres, discuté des romans de cet auteur formidable (à mon avis) et Claude m’a demandé par curiosité le titre du roman que je préférais. Evidemment, je lui ai dit J’étais Dora Suarez, tant sa lecture m’a marqué. J’ai été surpris d’apprendre que Claude n’avait pas pu finir cette lecture, car le roman était trop dur et sombre pour lui.

Curieux comme je suis, je lui ai évidemment demandé quel était le sien ! Il m’a alors dit : « Comment vivent les morts. Le destin de la jeune femme est juste magnifique et dramatique. » Je n’avais jamais entendu parler de ce roman, honte à moi ! Il était évident pour moi qu’il fallait que je le lise. Cela m’a donc donné l’idée de consacrer ma rubrique Oldies à la collection Série Noire de Gallimard pour cette année 2019. Quand j’ai décidé cela, je ne pouvais imaginer le drame qui allait nous frapper, nous amoureux du polar à la fin de l’année 2018.

En dehors des discussions téléphoniques, Claude Mesplède, qui adorait partager son expérience, m’avait confié quelques anecdotes, par téléphone et quelques-unes par mail. J’en ai retrouvé une que je vous partage in-extenso, comme il nous parlait encore aujourd’hui. Je n’ai pas touché un mot de ce message.

L’anecdote de Claude Mesplède:

Je connais pas mal d’anecdotes sur lui et ce soir je t’en confie une que tu peux reproduire.

La scène se déroule à Londres, au début des années 1950. Une salle de bal. Robin doit avoir vingt ans et il est très beau.

Sa cavalière évoque sa solitude, son ennui et lorsqu’ils se quittent, elle lui confie l’adresse de son hôtel en l’engageant à passer la voir. C’est une Américaine.

Lorsqu’il quitte le bal un peu plus tard, il tient à la main la carte avec l’adresse de l’hôtel de sa cavalière d’un soir. Il s’y rend, passe une fois devant, puis deux fois, puis plusieurs fois encore avant finalement de détaler et quand il te raconte il te dit tu sais qui c’était cette Américaine ?

C’était Ava Gardner.

Quatrième de couverture :

Où donc est-elle allée, la belle Marianne qui réjouissait par ses chansons la bonne société de ce patelin de la campagne anglaise ? Et pourquoi reste-t-il invisible, ce chef de la police locale ? Et quel jeu joue-t-il, ce chef d’entreprise de pompes funèbres ? Serait-ce que dans les petites villes, les malfrats valent largement ceux des grandes métropoles ?

Mon avis :

La série de l’Usine comporte 5 romans qui sont On ne meurt que deux fois, Les mois d’avril sont meurtriers, Comment vivent les morts, J’étais Dora Suarez et Le mort à vif. La particularité de ces romans, c’est d’avoir un personnage principal anonyme. Ce qui est remarquable, c’est la noirceur dévoilée dans ces romans, la route que prend la société vers plus de violences et moins d’humanité. Le point de non-retour est de mon point de vue atteint avec J’étais Dora Suarez, comme un feu d’artifice de la démonstration qu’a voulu nous faire Robin Cook.

Comment vivent les morts reste dans la veine romantico-noire, au sens où il est moins glauque que les romans qui le suivent. Dès le premier chapitre, on est dans le bain, avec la présentation d’un expert psychologue sur les tueurs en série au Service des Décès Non Eclaircis de l’Usine. On y sent le décalage entre la théorie et la pratique, entre le psychologue et les flics de terrain. On y sent surtout une tension qui s’installe, comme pour nous montrer que dehors, c’est la jungle, l’horreur, la négation de la loi.

Le personnage principal, anonyme, va être envoyé à Thornhill, une petite bourgade de bouseux, suite à une pétition qui demande que l’on éclaircisse la disparition de Marianne Mardy, la femme du docteur local et célèbre cantatrice. Depuis quelque temps, elle avait arrêté de donner des concerts dans son salon et on ne la voyait traîner qu’affublée d’un foulard cachant son visage. Puis elle s’évanouit tel un nuage de brouillard, alors qu’elle était fort appréciée du village.

Notre sergent anonyme se doute bien qu’il va mettre les pieds dans un panier de crabes, sinon les habitants se seraient adressés à la police locale. Dès son arrivée, il se dirige vers le poste de police et demande après l’inspecteur Kedward. Mais celui-ci est absent et ne daigne pas se déplacer. Plus désagréable que jamais, notre sergent anonyme va se mettre mal avec le réceptionniste de son hôtel, la police et le gérant du bar local. Et il va mettre à jour une des affaires les plus incroyables et malhonnêtes que l’on puisse imaginer.

On ne peut pas dire que notre sergent anonyme aime se faire des amis. Quand il arrive dans un panier de crabe, la première chose qu’il fait est de mettre un grand coup de pied dedans. Il baisse la tête et fonce tout droit, à coup de dialogues cyniquement drôles mais surtout rudement bien adressés dans leur agressivité. Il n’est pas là pour faire plaisir et le fait savoir. Par ce biais, il va se faire des ennemis … en fait, tout le village.

Quand il n’est pas en activité, il repense à son passé, douloureux, terrible. Il nous raconte sa première petite amie qu’il a rencontrée au lycée, comment cela s’est terminé. Il nous raconte sa femme et sa fille mortes toutes les deux de façon horribles. Ces passages sont d’une noirceur insoutenable mais surtout, ils sont racontés avec une sincérité telle que l’on pourrait croire que cela est arrivé à Robin Cook.

Et petit à petit, les briques s’amoncellent non pas pour trouver un coupable mais pour découvrir une histoire, celle du docteur Mardy et de sa femme. Et on entre là dans les plus beaux passages du livre, probablement les plus beaux passages qu’il m’ait été donné de lire. Sans y mettre de pathos ou d’émotion, il y a dans cette histoire tant de romantisme perdu, tant de désespoir et tant d’injustice que l’on ne peut qu’être effaré, horrifié et ébloui devant leur sort mais aussi le talent de cet auteur unique.

C’est toute la magie de la littérature, la raison cruciale qui nous pousse, nous lecteurs, à parcourir des pages, dévorer des livres. C’est la quintessence même de force de la langue qui quand elle est maniée comme cela nous fait plonger dans un autre univers, et nous fait ressentir des émotions que l’on ne pourrait jamais connaitre autrement. Ce roman-là est un roman dur, noir, mais aussi romantique, dramatique et surtout inoubliable. C’est un grand roman d’un grand auteur, le Britannique Robin Cook, qui est plus que jamais mon auteur favori avec James Ellroy dans un autre genre.

Coup de cœur, je vous dis !

Haine pour haine d’Eva Dolan

Editeur : Liana Levi

Traductrice : Lise Garond

Après Les chemins de la haine, son précédent roman, où nous avions fait connaissance avec Dushan Zigic et Mel Ferreira, voici donc leur deuxième enquête sous haute tension. C’est un roman policier, un roman noir, un roman social, une sacrée vision de la société actuelle.

Jelena et Sofia Krasic sont deux sœurs immigrées qui habitent à Peterborough. A 5 heures du matin, on ne rencontre pas d’Anglais, a attendre à l’arrêt du bus. C’est ce que les deux sœurs font en compagnie d’un homme qui les salue en bougonnant. Tout d’un coup, une Volvo blanche débouche de l’angle à toute vitesse et leur fonce dessus. L’homme pousse Sofia pour la sauver mais la voiture écrase Jelena qui meurt sur le coup. L’homme décédera un peu plus tard tandis que Sofia sera transportée à l’hôpital. La voiture est abandonnée un peu plus loin et le chauffard s’enfuit par les petites rues.

Zigic et Ferreira sont dépêchés sur cette affaire, pas seulement parce que les victimes sont immigrées mais parce qu’ils connaissent bien le quartier. C’est en tous cas ce que veut fait croire le commissaire Riggott, leur chef, auprès de la presse locale. En effet, leur section, le département des crimes de haine est plutôt destiné à résoudre des affaires criminelles ayant un lien avec le racisme. Cela n’arrange pas Zigic et Ferreira qui doivent résoudre des meurtres de sang froid qui ont eu lieu récemment : deux corps ont été retrouvés à quelques jours d’intervalle, tabassés, la tête massacrée par des bottes aux bouts métalliques. Avec les élections qui approchent, la situation est explosive.

Richard Shotton est à la tête du parti English Patriot Party, un parti d’extrême droite qui est lié à l’English Nationalist League, un groupuscule extrémiste ultra-violent. Pour se donner une légitimité devant les électeurs, Shotton a décidé de prendre du recul par rapport à l’ENL, et cherche à savoir si des gens de son parti seraient impliqués dans les crimes récents qui ont ensanglanté Peterborough.

Quelle idée géniale d’avoir inventé ce département des crimes de haine, tant cela permet d’aborder des sujets de fond, touchant à la société actuelle ! Quelle idée géniale d’avoir inventé les personnages de Zigic, d’origine serbe et Ferreira d’origine portugaise pour résoudre ces enquêtes ! Quelle idée géniale de mêler les genres, entre roman policier et roman noir, pour aborder des sujets difficiles et que beaucoup de gens veulent taire, et en particulier les média qui ne s’arrêtent qu’à des images sanglantes pour assouvir les besoins du peuple avide de sensation !

Ce roman, qui fait un peu plus de 420 pages, est en réalité un sacré pavé tant l’écriture est dense. Découpé en cinq parties comme autant de jours pendant lesquels va se dérouler cette enquête, les scènes vont s’additionner avec une logique qui peut déconcerter tant elle semble suivre un fil qui semble être tiré par la réalité du terrain. Nous ne sommes pas en face d’enquêteurs à la recherche d’indices, mais bien en face de policiers de terrain qui vont subir les aléas et les violences du terrain de tous les jours. C’est dire si l’immersion est grande et géniale, pour peu que l’on accepte de violer les codes du polar.

Le style d’Eva Dolan est moins direct dans ce roman, mais tout aussi efficace. Ce n’est pas le genre de roman où on saute une phrase, car chaque mot a son importance. Et le rythme est tel que l’on n’a pas non plus le temps de se poser de questions : on est dans la fange, dans la boue des caniveaux, en plein centre ville, et les animaux se tuent uniquement pour des raisons raciales. « L’enfer, c’est les autres. »

Mais là où Eva Dolan va encore plus loin, c’est avec ce personnage de Shotton, leader d’un parti d’extrême droite, qui veut redorer le blason de son parti, lui donner une légitimité, quitte à masquer ses messages de haine. Et c’est un message qu’Eva Dolan nous assène en pleine figure : Méfiez-vous des beaux parleurs et de leurs belles phrases, elles ne cachent rien d’autre que la Haine, celle de ceux qui ne sont pas comme nous. Ce roman est un plaidoyer contre le racisme et contre les politiques qui le prônent. C’est aussi une mise en garde dure et brutale et en cela, ce roman est important.

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