Archives pour la catégorie Littérature Grecque

Au 5ème étage de la faculté de droit de Christos Markogiannakis

Editeur : Albin Michel

Traducteur : Anne-Laure Brisac

Ce roman fait partie de la sélection 2019 du Grand Prix des Balais d’Or. C’est pour la raison que je me suis penché dessus et c’est encore un choix judicieux qu’a fait mon ami Richard, avec ce roman policier respectant à la lettre les codes du genre.

Lundi 13 février. Il est plus de 23 heures quand Anghelos Kondylis, doctorant de 29 ans, arrive à la faculté de droit de l’université d’Athènes. Il vient de Paris où il a réalisé des études pour sa thèse. Quand il sort de l’ascenseur au 5ème étage, il a du mal à se repérer à cause de l’éclairage défaillant. Au bout du couloir, il bute sur quelque chose, et s’aperçoit que c’est un corps. Il se penche, puis sent un mouvement. Quand il relève la tête, il se retrouve face au canon d’un révolver. Quelques secondes après, il est mort.

Christophoros Markou a brillamment suivi ses études à la faculté de droit d’Athènes avant d’entrer dans la police. C’est lui qui va être en charge de cette affaire de double meurtre et est bien placé puisqu’il connait bien les lieux. Outre le doctorant, l’autre victime se nomme Irini Siomou, professeure et maître de conférence, surnommée la Vipère pour sa sévérité et son humeur agressive. Il semblerait qu’Anghelos Kondylis soit une victime collatérale dans cette affaire.

Très organisé, Christophoros Markou s’organise pour ses interrogatoires. Il passera donc en revue La professeure Danéli, directrice de la thèse de Kondylis, Ioannis Vellis dit le Bouddha, professeur émérite, Nikolaos Mavridis maître de conférence et Nikoleta Strobakoou la secrétaire du département. Christophoros Markou va donc avoir beaucoup de travail pour démêler les fils de cette affaire.

Les amateurs de romans policiers dans la plus pure tradition vont prendre leur pied avec ce roman. Basé sur la psychologie des personnages, avançant grâce à des interrogatoires, ce roman est divisé en trois parties : la première est la prise de connaissance du contexte, la deuxième va nous fournir différents scénarii avant de conclure cette affaire par une réunion regroupant tous les protagonistes.

D’une lecture facile et très agréable, ce roman est écrit et construit avec beaucoup d’application. Et cette lecture s’avère passionnante par son efficacité et la justesse dans la description des psychologies. On en vient à plaindre le pauvre Christophoros Markou car il va devoir passer de nombreuses nuits blanches pour essayer de comprendre ce qui s’est passé cette nuit là.

Ce roman n’est donc ni révolutionnaire, ni extraordinaire (au sens qui sort de l’ordinaire), mais il comblera les amateurs d’Agatha Christie ou de Sir Arthur Conan Doyle pour son intrigue, sa construction et le plaisir qu’il procure à sa lecture.

Ne ratez pas l’avis de l’ami Claude

Oldies : Psychiko de Paul Nirvanas (Mirobole)

Au programme de la rubrique Oldies, je vous propose une curiosité, à savoir un roman policier grec de 1928. Je devrais plutôt dire un polar, puisqu’il n’y a pas vraiment d’enquête ni de policier. Et je peux vous dire que j’ai pris mon pied !

L’auteur :

Paul Nirvana est un des pseudonymes de Petros K. Apostolidis, célèbre auteur grec. Il est né en 1866 à Mariupol, Ukraine et mort le 28 Novembre 1937 à Athènes, Grèce.

Le père de Nirvana était originaire de Skopelos, sa mère de Chios. Comme un enfant, Pavlos Nirvana est parti de sa ville natale, pour la Grèce et a vécu au Pirée. Il a étudié à l’Université d’Athènes en Médecine, et fut diplômé en 1890. Il est entré au service de la Marine et devint médecin. En 1922, il a pris sa retraite du service militaire. Il a également travaillé comme journaliste et est devenu à partir de 1928 membre de l’Académie d’Athènes.

Pavlos Nirvana a touché tous les genres de la littérature: il a écrit des histoires courtes, des pièces de théâtre, des poèmes, des essais, des critiques, des romans, des satires et des textes historiques contemporains. Il a publié son premier recueil de poèmes en 1884.

Paul Nirvana a reçu en 1923 une récompense pour son œuvre littéraire.

(Source Wikipedia Allemand traduit par Google traduction et adapté par moi-même)

Quatrième de couverture :

Psychiko, le tout premier polar grec, est un véritable bijou. Anti-héros et probable cas clinique, Nikos Molochantis, jeune rentier désœuvré, est prêt à tout pour obtenir son quart d’heure de célébrité. Il a donc la brillante idée de se faire passer pour l’assassin d’une femme retrouvée morte dans un quartier d’Athènes.

Grâce à la presse fascinée par cette affaire, Nikos se retrouve enfin sous les feux de la rampe, suffisamment près de la guillotine pour être une vedette. Le stratagème parfait… À ceci près qu’il risque de fonctionner au-delà de ses espérances.

Paru en 1928 sous forme de feuilleton, Psychiko met en place une mécanique infernale, où une police apathique affronte un faux coupable en quête de gloire.

Mon avis :

La première chose qu’il faut savoir à propos de ce roman, et qui est indiqué par le traducteur Loïc Marcou à la fin du livre, c’est que ce roman était publié en feuilleton dans des revues hebdomadaires. Malgré cela, on n’y ressent aucune coupure, tout y est cohérent et cela se suit comme s’il avait été écrit en un morceau, si j’ose dire.

C’est donc un texte qui nous présente un jeune homme en mal de reconnaissance. Etant riche ou du moins très aisé, il voudrait être connu, reconnu, adulé. Alors il s’invente assassin d’une jeune femme retrouvée dans un parc. Il imagine un scenario, ne connaissant pas la victime, et met son meilleur ami dans la confidence. Ce qui est drôle, c’est qu’il va se faire arrêter par la police alors qu’il est victime d’un vol et qu’il va alors dérouler son scenario presque sans le vouloir !

C’est bien l’humour qui ressort dans cette prose, cet humour décalé. Tous ceux qui aiment les situations absurdes vont adorer car on est là dans une intrigue qu’aurait pu reprendre Raymond Devos. C’est aussi une charge sarcastique contre la bonne société grecque : l’exemple de Lina Aréani, une jeune femme riche qui s’ennuie, va créer un comité de soutien uniquement parce qu’elle voit dans son crime une œuvre romanesque.

Je tiens à souligner le formidable travail du traducteur qui a su nous faire ressentir tout le sel de cette plume, et retranscrire cet humour décalé. C’est aussi un roman qui m’a beaucoup fait penser à Candide de Voltaire. C’est vous dire la qualité et le niveau de cette œuvre. D’ailleurs, je dis « cette œuvre » car vous pourriez bien avoir entre les mains un Classique de la littérature.

Nota : Psychiko est le nom d’un quartier d’Athènes. Pas mal, comme nom, non ?

Ne ratez pas l’avis de mon irremplaçable mentor Claude Le Nocher