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Ska cru 2021 :

Comme tous les ans, je vous propose une petite revue des derniers titres parus chez Ska, ou du moins certains d’entre eux. Voici donc quelques lectures électroniques noires, pour notre plus grand bien. L’ordre des billets ne respecte pas mon avis mais l’ordre de mes lectures. Tous ces titres et plus encore sont à retrouver sur le site de Ska : https://skaediteur.net/

Je voudrais juste vous signaler deux choses : La saison 2 d’Itinéraire d’un flic de Luis Alfredo sera traitée dans un billet à part, ainsi que la nouvelle série écrite par plusieurs auteurs à la manière d’un Poulpe et qui s’appelle : Il était N.

Sous la carapace d’Aline Baudu :

Lulu, Lucienne, vit avec son mal-être, et ses dizaines de kilogrammes en trop. Après avoir commencé par un médicament, elle en prend vingt deux aujourd’hui, et intègre un centre d’amaigrissement.

En quelques pages, l’auteure se met à la place de cette jeune femme, malheureuse de son physique, et qui ne se rappelle plus pourquoi elle pèse si lourd, pourquoi elle se sent si mal, pourquoi elle avale tant de barres sucrées. D’une expression si simple, Aline Baudu arrive à atteindre ce qu’il est si difficile à réaliser : une honnêteté et une véracité et les deux font mouche directement dans notre cœur.

Inch’Allah de Jean-Luc Manet :

Romain a pour seule habitation un banc situé non loin du commissariat du 5ème arrondissement. Tous les matins, le commissaire vient le saluer et Virginie lui raconte avoir connu sa femme, libraire morte du cancer. Il va faire ses emplettes chez Menad, qui tient une petite épicerie. Après une nuit alcoolisée, les flics l’embarquent. Menad vient d’être tué à coups de boite de conserve.

Jean-Luc Manet arrive avec beaucoup de simplicité à créer un lien entre le lecteur et ce SDF. Cette histoire sonne juste, elle nous atteint directement au cœur, nous fait visiter l’autre Paris, celui des mendiants, et on s’embarque dans cette nouvelle accompagné de personnages attachants. On termine cette trentaine de pages l’air satisfait, heureux d’avoir lu une belle histoire en se rendant compte qu’on a eu entre les mains une formidable perle noire qu’on n’oubliera pas de sitôt.

Deux anges en enfer de Sébastien Gehan :

L’auteur nous brosse une peinture très stylisée et littéraire de la ville du Havre au sortir de la première guerre mondiale. Les petites rues, les jeunes revenus estropiés ou défigurés nous montrent un avenir bien sombre et cette nouvelle débouche sur une conclusion qui tient en quelques mots, en guise de dernière phrase. Du grand art !

Condé de Jérémy Bouquin (4 nouvelles) :

Une colline avant l’enfer : A voir Damien, on comprend vite qu’il a connu l’enfer du front avec sa mâchoire en cuivre rafistolée de fils de fer. Ses supérieurs l’envoient enquêter sur des meurtres de prostituées.

Folles années : Carmen, un ancien amour de jeunesse, devenue patronne d’une usine de voitures, fait appel à Damien après avoir reçu un tract appelant à la grève générale.

Jour de dérouille : Le Condé est appelé en bord de mer, dans un petit port pour y retrouver un suspect nommé La Grenouille, alors que sont organisés des combats de boxe. Ce soir, c’est jour de dérouille.

Ô Madeleine : Marguerite tient sa ferme avec son benêt de fils Pierrot depuis que son mari Gabin est parti pour la guerre. Non loin, dans un fossé, ils découvrent un corps de femme, qu’ils décident de déplacer dans les bois pour ne pas avoir d’ennuis.

Comme le style sec et haché de Jérémy Bouquin fait merveille dans ces 3 nouvelles mettant en scène un monstre au milieu d’un monde monstrueux. Dans la première histoire, on est plongé au front, dans le bruit et la fureur. Dans la deuxième, l’avènement du capitalisme, de l’anticommunisme et du travail à la chaine tiennent le haut du pavé. Dans la troisième, l’auteur rappelle l’absurdité de la guerre. Les énigmes sont simples et Damien un sacré fin limier pour découvrir l’indice qui lui permettra de mettre la main sur le coupable.

Vlad de Pascal Pratz :

Vladimir passe ses dimanches en famille, considérant en bon délégué CGT qu’on ne doit pas travailler … au moins un jour par semaine. Ce jour-là, son adjointe Gaëlle lui demande de l’aide : on vient de découvrir un corps auquel on a prélevé le foie … au moins.

Cette novella est probablement ma plus belle découverte de ce cru 2021. L’auteur y va à fond, dès le début, créant un personnage de flic borderline, qui assume sa vie de couple ratée et ses envies extrêmes. Le style est à l’avenant, phrases rapides, dialogues frappants, et on n’a qu’une hâte, continuer l’enquête … que l’on trouve trop courte. Et même si parfois, Pascal Pratz grossit le trait, on lui pardonne les deux ou trois écarts trop faciles par rapport au plaisir que l’on a ressenti. Voilà un personnage que l’on a hâte de retrouver !

Chères familles de Jean-Hugues Oppel :

A travers quatre nouvelles, Jean-Hugues Oppel nous offre quatre éclats de rire irrésistibles, que ce soir Conseil de famille avec son ton féroce et sans appel, Maman a toujours raison, portrait d’un vrai con irrattrapable, Le Père Noël est en or pur qui offre une belle collection d’imbéciles ou enfin 2500 votes, une nouvelle surprenante et très drôle jusqu’à sa conclusion excellente. Bref dans ce recueil, nous avons droit à quatre bijoux noirs et hilarants.

La savate à Marceau de Jean-Marc Demetz :

Marceau était doué pour la boxe française, jusqu’à ce qu’il rencontre le Molosse. En ces temps troubles de 1916, le conflit laissera des traces et la vengeance est programmée.

Adoptant le rythme des coups de pied, Jean-Marc Demetz arrive avec cette courte nouvelle à ajouter juste quelques coups de pinceau pour nous faire ressentir la sueur, les coups et les victimes de la Grande Guerre. Il faudra compter aussi sur une chute fort bien trouvée.

Jours de neige d’Etel :

Germaine prépare sa soupe alors que son mari Albert somnole devant son verre de vin de table, de l’Oberlin. Quand il s’impatiente, c’est la goutte (de vin) qui fait déborder le vase.

D’un drame domestique, Etel tire une histoire simple mais remarquablement construite. Car après le drame, il nous donne à lire les témoignages de ce couple à propos duquel personne n’aurait pu deviner ce qui allait arriver. A la fois original et bigrement réaliste, Jours de neige est une excellente nouvelle.

Carnaval *** de Jean-Hugues Oppel :

La signorina Pescatore se fait arrêter pour un contrôle de papiers par des gendarmes. Ils la laissent partir avant de stopper une voiture conduite par un Allemand. Ils vont lui demander de se garer sur la place du village où on organise une fête.

Avec son humour noir qui le caractérise, Jean-Hugues Oppel commence par une scène commune pour mieux nous surprendre dans une conclusion bigrement horrible. La facilité à peindre le décor et le contexte, c’est un pur plaisir de lecture féroce.

Une mort trop douce d’Odile Marteau-Guernion :

Alex, complexé dans sa jeunesse pour son poids et sa lenteur, est devenu un trader à succès. Alors qu’il boit un café avec son collègue Francis, il aperçoit dans une vitre une jeune femme dont il tombe amoureux.

Encore une fois, la simplicité de narration l’emporte dans cette histoire terriblement d’actualité, et va se dérouler d’une façon limpide jusqu’à un dénouement tout à fait inattendu, où le sang va couler. Excellent.

And the winner is …

Pour fêter les 11 ans du blog, je vous proposais de gagner un roman, un de mes coups de cœur de cette année 2020. Il s’agit de Nous avons les mains rouges de Jean Meckert (Joëlle Losfeld éditions) dont vous pouvez trouver mon avis ici :

C’est en 1947 que Jean Meckert publie Nous avons les mains rouges. Quatre mois avant Sartre, il s’attaque à la Résistance et à l’épuration qui a accompagné la Libération. De quoi parle ce roman noir et puissant ? Laurent Lavalette est embauché dans la scierie de d’Essartaut, un veuf qui vit dans les montagnes avec ses deux filles et un homme à tout faire, Armand. Laurent apprend vite que le patriarche est à la tête d’un réseau de résistants qui n’a pas déposé les armes et qui, régulièrement, organise des expéditions pour punir ceux qui se sont enrichis durant la guerre tandis que d’autres se battaient. Malgré les réticences de Laurent à s’engager dans des mesures expéditives, il prête cependant parfois main forte. Pour ses partisans qui n’ont pas mesuré leurs efforts durant la Guerre, la Libération a un goût amer, elle ne tient pas ses promesses d’égalité, de justice et de grand chambardement. Toutefois cette lutte sanguinaire laisse Laurent perplexe : « Laurent se demanda un moment en quoi cette doctrine différait du fascisme contre lequel ces résistants avaient combattu. » Comme dans la plupart des romans de Meckert mais aussi dans ceux qu’il écrira plus tard pour la Série Noire sous le pseudonyme d’Amila, le protagoniste de Nous avons les mains rouges est cet homme droit mais seul, réfractaire aux embrigadements de tout genre. Passionnant document sur un moment d’Histoire trouble et peu visité, ce roman est dans le même mouvement profondément humain. Présenté par Stéfanie Delestré et Hervé Delouche.

La question était :

Sous quel pseudonyme Jean Meckert a-t-il publié des polars chez Gallimard à la Série Noire ?

La réponse est : John Amila ou Jean Amila

 

Le nom de gagnant est : Pierre Pigeon. Félicitations.

 

Je n’ai plus qu’à ajouter : Merci à tous, à bientôt et plus que jamais, n’oubliez pas le principal : protégez-vous, protégez les autres et lisez !

Demain, c’est déconfinement

Normalement, si tout se passe bien, demain on déconfine. On va enfin pouvoir retourner dans nos librairies préférées pour acheter les livres convoités depuis 2 mois. Comme ce blog se veut un lieu de conseil, je me suis amusé à mettre en valeur les romans chroniqués pendant le confinement.

Parmi les très nombreuses lectures, et les quelques avis publiés, j’ai souhaité vous rappeler trois romans qui m’ont marqué. Pour chaque roman, par fainéantise, je vous ai inséré les quatrièmes de couverture ainsi que les liens vers mes billets.

Avant de les citer, je vous rappelle mes deux coups de cœur de cette année :

La fabrique de la terreur

La fabrique de la terreur de Frédéric Paulin (Agullo) :

« Cette nuit, il y aura des affrontements, il y aura des blessés et des morts. Il y aura la volonté farouche d’un peuple de mettre à bas ses dirigeants. »

Janvier 2011 : le peuple tunisien se soulève et « dégage » Ben Ali. C’est le début des printemps arabes. Vanessa Benlazar grand reporter, pressent que ces révolutions risquent d’être noyautées par les islamistes. Bientôt, la chute de Khadafi, la guerre en Syrie et le chaos qui s’installe lui donnent raison : un groupe venu d’Irak émerge des décombres, un groupe dont la barbarie est sans limite, aux méthodes de recrutement insidieuses, et qui prône la haine de l’Occident. A Toulouse, de son côté, Laureline Fell de la DCRI s’intéresse à un certain Merah, soupçonné de liens avec des entreprises terroristes. Mais les réformes du renseignement français ne lui facilitent pas la tâche : la France n’est pas armée pour affronter ce nouvel ennemi qui retourne ses propres enfants contre leur pays, Autant de bombes à retardement que Laureline, avec l’aide de Vanessa, va tenter de désamorcer.

Frédéric Paulin clôt ici la trilogie Benlazar qui nous mènera de Tunis à Toulouse, de Lunel à Raqqa, dessinant la carte des nouveaux réseaux terroristes qui frapperont Paris en plein cœur au cours de l’année 2015.

Mon avis est ici.

Nous avons les mains rouges

Nous avons les mains rouges de Jean Meckert (Joëlle Losfeld) :

C’est en 1947 que Jean Meckert publie Nous avons les mains rouges. Quatre mois avant Sartre, il s’attaque à la Résistance et à l’épuration qui a accompagné la Libération. De quoi parle ce roman noir et puissant ? Laurent Lavalette est embauché dans la scierie de d’Essartaut, un veuf qui vit dans les montagnes avec ses deux filles et un homme à tout faire, Armand. Laurent apprend vite que le patriarche est à la tête d’un réseau de résistants qui n’a pas déposé les armes et qui, régulièrement, organise des expéditions pour punir ceux qui se sont enrichis durant la guerre tandis que d’autres se battaient. Malgré les réticences de Laurent à s’engager dans des mesures expéditives, il prête cependant parfois main forte. Pour ses partisans qui n’ont pas mesuré leurs efforts durant la Guerre, la Libération a un goût amer, elle ne tient pas ses promesses d’égalité, de justice et de grand chambardement. Toutefois cette lutte sanguinaire laisse Laurent perplexe : « Laurent se demanda un moment en quoi cette doctrine différait du fascisme contre lequel ces résistants avaient combattu. » Comme dans la plupart des romans de Meckert mais aussi dans ceux qu’il écrira plus tard pour la Série Noire sous le pseudonyme d’Amila, le protagoniste de Nous avons les mains rouges est cet homme droit mais seul, réfractaire aux embrigadements de tout genre. Passionnant document sur un moment d’Histoire trouble et peu visité, ce roman est dans le même mouvement profondément humain. Présenté par Stéfanie Delestré et Hervé Delouche.

Mon avis est ici

Toute la violence des hommes

Toute la violence des hommes de Paul Colize (HC éditions) :

Qui est Nikola Stankovic ?

Un graffeur de génie, assurant des performances insensées, la nuit, sur les lieux les plus improbables de la capitale belge, pour la seule gloire de l’adrénaline ?

Un peintre virtuose qui sème des messages profonds et cryptés dans ses fresques ultra-violentes ?

Un meurtrier ?

Un fou ?

Nikola est la dernière personne à avoir vu vivante une jeune femme criblée de coups de couteau dans son appartement. La police retrouve des croquis de la scène de crime dans son atelier.

Arrêté, interrogé, incarcéré puis confié à une expertise psychiatrique, Niko nie en bloc et ne sort de son mutisme que pour répéter une seule phrase : C’est pas moi.

Entre Bruxelles et Vukovar, Paul Colize recompose l’Histoire. Au-delà de l’enquête, c’est dans les replis les plus noirs de la mémoire, à travers les dédales de la psychologie et la subtilité des relations humaines qu’il construit son intrigue.

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De mort lente

De mort lente de Michaël Mention (Stéphane Marsan)

« Nous sommes en guerre. Il en va de notre évolution, de l’avenir de l’humanité. Ils noyautent la Commission, alors nous noyautons l’industrie. Tous les coups sont permis. »

Marie, Nabil et leur fils étaient heureux.

Philippe était un éminent scientifique.

Franck était journaliste au Monde.

Désormais, ils sont victimes du puissant lobby de l’industrie chimique. Leur erreur : s’être interrogés sur les perturbateurs endocriniens, ces substances présentes dans notre alimentation et les objets de notre quotidien, responsables de pathologies telles que l’infertilité, le diabète ou encore le cancer.

Marie et les autres exigeaient des réponses, ils subissentune riposte d’uneviolence sans précédent. Rien ne leur sera épargné. Une guerre sans pitié, de Paris à Bruxelles, de la Bourse à la Commission européenne, où s’affrontent santé publique et intérêts privés, notre avenir et leurs profits.

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La défaite des idoles

La défaite des idoles de Benjamin Dierstein (Nouveau Monde)

Octobre 2011 : Kadhafi est tué, la Libye est en feu, François Hollande devient candidat des socialistes. L’UMP et le PS entrent dans la phase finale d’une guerre qui les mènera jusqu’à l’élection présidentielle.

Ancienne gloire des Stups de Paris, le policier déchu Christian Kertesz est recruté par des truands corses pour relancer un trafic de cocaïne. En parallèle, il espionne pour une société de renseignement privée le haut responsable d’une multinationale du BTP afin de l’écarter d’un marché juteux en Libye.

Alors que Squarcini, Péchenard, Neyret et d’autres grands flics sont inquiétés par des affaires qui mettent à mal l’image de la police, la capitaine Laurence Verhaeghen de la Brigade Criminelle de Paris, proche des sarkozystes, est plus que jamais déterminée à freiner la montée en puissance des troupes de Hollande. La découverte d’un cadavre va rapidement la mettre sur la piste de son ancien collègue Kertesz et de quelques fantômes de la PJ qu’elle s’est jurée de détruire.

Pris en étau entre une cellule de la DCRI qui cherche à sauver la peau des sarkozystes et d’anciens barons de la Mitterrandie qui œuvrent pour le retour de la gauche au pouvoir, Kertesz et Verhaeghen vont se livrer un duel à mort au cœur de la corruption moderne.

Mon avis est ici

J’espère que ces avis vous auront été utiles. Plus que jamais, n’oubliez pas le principal, protégez-vous, protégez les autres et lisez !

L’information du mardi : Le festival Lisle Noir lutte aussi contre le coronavirus

Je vous parlais il y a peu des éditions du Caïman et de leur défi contre le coronavirus avec le blog Caïmancontrepangolin.

C’est au tour du festival Lisle Noir de vous proposer de lutter contre le coronavirus et de vous faire passer le confinement pour un pur moment de plaisir de littérature noire.

C’est ainsi qu’ils nous proposent la possibilité de savourer 40 nouvelles écrites par quarante auteurs contemporains parmi les plus connus. Parmi eux, on y trouve pêle-mêle Ian Manook, Nadine Monfils, Jean-Luc Bizien, Niko Tackian, Bernard Werber, Claire Favan, Olivier Norek, Nicolas Lebel, David Khara, Ingrid Astier, Benoit Séverac, Mouloud Akkouche, Eric Wetzel, Jacques Saussey, Michèle Pédinielli …

Ces Nouvelles de Lendemain ont pour thème les jours qui suivront le confinement.

N’hésitez pas à y faire un tour.

Cela se trouve sur la page Facebook de Lisle Noir, sur la page Facebook de Polars sur garonne, sur Cultura.com (onglet Nouvelles du lendemain) et sur polarsurgaronne.fr.

Bonnes lectures

Un grand merci à Ida Mesplède pour m’avoir fait passer le message, et à qui je fais de gros bisous

L’information du mardi : Les éditions du Caïman se mobilisent pour lutter contre le Coronavirus

Bonjour à tous,

De nombreuses initiatives ont vu le jour, pour nous aider à passer le temps pendant le confinement.
Les éditions du Caïman, par l’intermédiaire de son propriétaire Jean-Louis Nogaro, ont décidé de créer un blog nommé (avec humour) Caïman contre Pangolin.
Le lien est le suivant :
Ce site proposera des nouveautés chaque jour, n’hésitez pas à y aller
L’une de ces idées sera l’écriture d’un roman à plusieurs mains. Le premier chapitre est déjà disponible. Si vous voulez participer, n’hésitez pas !
 A venir, des humeurs, des blagues, des lectures …
Ce blog ne devrait durer que le temps du confinement, donc dépêchez vous !

Déstockage : Neva de Patrick K.Dewdney

Editeurs : Les contrebandiers

Cette lecture entre complètement dans le cadre de ma chronique Déstockage, puisque j’ai choisi ce roman totalement par hasard. Si l’auteur ne m’est pas inconnu, puisque j’ai Écume dans mes bibliothèques, je n’ai jamais lu un de ses romans.

Saint Petersbourg. Le gros Gorbavitch est un magouilleur qui exporte des produits volés. Dimitri et Piotr travaillent pour lui, et ce jour-là, ils se font engueuler parce qu’ils ont ramené une cargaison de fours micro-ondes Bosch au lieu de Moulinex. Résultat, ils touchent moins d’argent que prévu, ce qui ne les arrange pas.

Car entre le loyer de leur minable appartement, le fait qu’Anya (la petite amie de Dimitri) vienne loger avec eux et la drogue de Dimitri, il faut dire que l’argent leur file entre les doigts. Quand Gorbavitch leur propose de réaliser d’autres activités mieux rémunérées pour lui, les deux amis hésitent, car ce ne sont pas des va-t’en guerre mais ils finissent par accepter.

Leur première mission consiste à se débarrasser des frères Ramirez. Pour cela, ils vont se faire aider par Petra, une tueuse à gages professionnelle.

Bienvenue dans les bas-fonds de Saint-Petersbourg, ses rues crades, ses petits trafics, ses grosses magouilles et ses assassinats. A travers la vie de deux malfrats de faible envergure, nous avons droit à une visite guidée du côté sombre de cette ville russe, où par besoin d’argent, nos deux personnages vont plonger dans une violence à laquelle ils ne s’attendaient pas.

Avec un style franc et direct, l’auteur ne rentre pas dans les détails géographiques et préfère se placer en retrait, comme s’il avait une caméra à l’épaule et nous montrait un reportage. On a l’habitude, en France, de supporter les faibles, alors on a de la sympathie pour Piotr, qui est le narrateur de cette histoire. Et cela même si ce ne sont que des voleurs à la petite semaine, comme on dit.

Si la Neva n’est qu’un élément de décor silencieux, elle est l’image de la beauté que Piotr n’atteindra pas. Malgré l’absence de dialogues, la Neva donne lieu à des passages teintés d’une poésie, noire, mélancolique et désenchantée. Ce qui nous montre aussi que derrière le masque des tueurs, il y a une once d’humanité. Voilà un bel exercice de style à découvrir, de la part d’un auteur peu connu.

L’information du mardi : l’Intégrale de La grande arnaque et L’Iguane, de Carlos Trillo et Cacho Mandrafina

J’ai reçu cette information et donc je vous la transmets in-extenso :

 

Plus de vingt ans après la première édition, iLatina édite en intégrale La grande arnaque et L’Iguane, le chef-d’œuvre de Carlos Trillo et Cacho Mandrafina.

Cette œuvre fondamentale de la BD argentine n’a pas pris une ride et reste d’actualité avec un ton mordant qui dénonce les dérives totalitaires auxquelles sont soumis les pays d’Amérique du Sud… mais pas seulement !

La grande Arnaque 2

 

La grande arnaque et l’Iguane, une œuvre fondamentale de la BD argentine

La bande dessinée sud-américaine possède une histoire riche. Malgré tout, elle est encore méconnue en Europe, et seuls quelques auteurs, essentiellement argentins, sont connus. La bande dessinée sud-américaine n’a encore jamais fait l’objet d’un intérêt plus profond pour comprendre son histoire et son influence sur la bande dessinée française, espagnole ou italienne.

Les éditions iLatina se lancent le défi de dévoiler tout un pan de cette histoire aux lecteurs français, notamment grâce au lancement de l’Intégrale de La grande arnaque. 

Cette œuvre créée en 1989 et éditée pour la première fois en France en 1998 – 1999 en deux tomes séparés, est maintenant rééditée par iLatina en un seul tome, en bénéficiant d’un nouveau travail de traduction et d’un nouveau scan, du nettoyage des images, etc. pour offrir une qualité d’impression la plus proche possible des originaux du dessinateur.

Arnaque 1

Synopsis de l’ouvrage

Dans un pays imaginaire d’Amérique Centrale, un dictateur sanguinaire couche avec sa nièce qu’il fait passer pour la vierge intouchable afin de limiter les naissances d’enfants pauvres… qui rejoignent ensuite les troupes de la guérilla.

Un ex-policier alcoolique est chargé par une femme fatale de retrouver certaines photos compromettantes où elle apparaît aux côtés du chef de Police…

Ce point de départ typique d’un polar noir dérive rapidement en un vaudeville et une persécution menée tambour battant par l’Iguane, tortionnaire officiel du régime dictatorial en place et véritable bête noire d’une société régie par la peur.

Arnaque 2

Une œuvre publiée aux éditions iLatina

Ce livre, qui avait gagné le Prix du meilleur scénario au Festival d’Angoulême en 1999, est un chef-d’œuvre de la bande dessinée argentine. Considérant que l’ouvrage méritait une réédition de luxe pour être découverte (ou redécouverte) par le public français, iLatina éditions, une jeune maison d’édition, s’est lancée ce défi.

Thomas Dassance, son fondateur, explique :

« L’idée d’une réédition est née de l’amour pour cette œuvre unique, fantasque, délirante et toujours aussi pertinente politiquement, même 30 ans après sa création ! »

La maison iLatina éditions existe grâce à l’impulsion de Thomas Dassance, traducteur de bande dessinée et organisateur de festival installé en Argentine depuis plus de vingt ans.

De son amour pour la bande dessinée Sud-Américaine et de sa connaissance des auteurs de ces pays sont née l’envie de créer une maison d’édition ambitieuse qui publie des livres luxueux pour faire découvrir les œuvres classiques comme les romans graphiques des jeunes créateurs contemporains sud-américains.

Un ouvrage ancien… mais au cœur de l’actualité !

Ce livre unique qui dénonce les régimes totalitaires sud-américains reste d’actualité aux vues de la situation présente en Amérique du sud (coup d’état en Bolivie, répression sauvage au Chili et en Colombie, etc.) et touche à des questions d’une portée internationale.

A propos des auteurs

Carlos Trillo

Carlos Trillo (1943-2011) est probablement le scénariste argentin le plus important des 40 dernières années. Il a collaboré avec les plus grands dessinateurs argentins : Alberto Breccia, Horacio Altuna, Enrique Breccia, Carlos Meglia, Eduardo Risso, etc.

Ses œuvres les plus célèbres : El loco Chávez, Un tal Daneri, Buscavida, Alvar Mayor et La grande arnaque ont marqué l’histoire de la bande dessinée.

Cacho Mandrafina

Domingo « Cacho » Mandrafina a été formé à la IDA où Alberto Breccia fut son professeur, il devient dessinateur de BD dans les années 70 aux côtés de Lito Fernández. A partir des années 80, il entame une collaboration prolifique avec Carlos Trillo qui donnera naissance à des séries telles que Les Spaghettis Brothers, Peter Kampf et… La grande arnaque et l’Iguane.

A propos de iLatina éditions

Thomas Dassance, éditeur français installé en Argentine depuis plus de 20 ans, a annoncé le lancement des éditions iLatina au cours de l’été 2019. iLatina a pour vocation de faire découvrir les grands classiques et les jeunes auteurs des pays d’Amérique du Sud.

Elle propose au public français une collection d’œuvres patrimoniales d’auteurs parfois inconnus, sans oublier de jeter un regard sur les nouveaux auteurs et les thématiques actuelles de la BD en Argentine, au Chili, en Bolivie, au Pérou, au Brésil ou encore en Uruguay.

Thomas Dassance explique :

« Nous sommes une maison d’édition dédiée à la bande dessinée sud-américaine, ce positionnement géographique et culturel nous positionne un peu différemment dans le vaste univers des maisons d’éditions en France. »

 

Janvier noir d’Alan Parks

Editeur : Rivages

Traducteur : Olivier Deparis

J’étais passé au travers de ce roman, qui était pourtant un premier roman fortement conseillé par Velda et Claude. Mon ami Richard m’a rattrapé au bond en le qualifiant pour les finalistes du Grand Prix Du Balai de la Découverte.

Harry McCoy est demandé à la prison de Glasgow à la demande d’un prisonnier, qu’il connait pour avoir participé à son arrestation. Il n’a aucune idée de la raison pour laquelle il lui a demandé de venir. Et il est très surpris d’apprendre de la bouche d’un prisonnier qu’une jeune fille va être assassinée. Il ne connait que son prénom, Lorna et sait qu’elle travaille dans un restaurant de luxe. McCoy ne prend pas cela bien au sérieux et va passer la soirée avec une jeune prostituée Janey.

Le lendemain, il décide tout de même de chercher cette Lorna, et découvre rapidement où elle travaille, où elle habite, mais ne la trouve pas. C’est devant la gare routière qu’il la trouve, menacée par un jeune homme, qui sans hésiter, la tue avant de retourner l’arme contre lui. Pour Murray, le chef de McCoy, l’affaire est claire : une femme s’est fait tuer par un homme qui s’est suicidé. Mais pourquoi ?

McCoy, réputé pour sa persévérance, va mener son enquête et découvrir que Lorna Skirving était bien serveuse au Malmaison, mais elle profitait de ce poste pour se prostituer auprès de la clientèle riche, afin d’arrondir ses fins de mois. L’autopsie démontre même qu’elle avait subi des coups, ce qui fait penser à des relations sado-maso. Quand l’indic en prison se fait égorger dans les douches, la langue coupée, McCoy part en croisade …

Dès les premières pages, on sait que l’on est dans un roman anglo-saxon. Dès les premières pages on sait que l’on est dans un très bon roman. Dès les premières pages, on sait que l’on va en prendre plein la tête. Car on est jeté dans le bain dès les premières pages et le bain n’est pas vraiment chaud ni accueillant. Si le début est surprenant, bien vite, le décor est bien glauque et les événements bien crades.

Le personnage central McCoy est imposant, charismatique et c’est le genre de personnage que l’on vet absolument retrouver. Son passé va au fil des pages nous être révélé : sa mère est morte tôt, son père est violent, il a connu une enfance dans des centres sociaux, maltraité mais toujours protégé par Stevie Cooper, son meilleur ami. Aujourd’hui, avec 30 années au compteur, il est le mentor du tout jeune inspecteur Watson, dit Wattie, et marine sa haine envers le clan Dunlop, les ultra-riches de Glasgow qui se croient tout permis.

Tout y est bien fait dans ce roman, à tel point que l’on a des difficultés à croire que ce n’est qu’un premier roman. Tout y est aussi un peu classique, entre l’inspecteur cassé par la vie, son penchant et ses liens avec le côté obscur, le combat des pauvres contre les riches, la corruption de la police et des flics. Mais cela est bigrement bien fait, avec cette sensation que l’auteur improvise, se contente de suivre son personnage principal partout où il l’emmène.

Alors, on se passionne pour ce roman, pour cet univers infernal, ce Glasgow noir et sanglant, avec au milieu un personnage humain, avec ses qualités et ses faiblesses. Car ce McCoy est terriblement attachant et l’on n’a qu’une envie : le retrouver dans une prochaine aventure. Ça tombe bien : February’s son est sorti en Angleterre cette année. Nul doute qu’on le retrouve chez nous l’année prochaine. Et je serai au rendez-vous.

Ne ratez pas l’avis de Velda, et Yan