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L’information du mardi : Ce week-end, tous à Bordeaux

Polar en cabanes 2019

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Janvier noir d’Alan Parks

Editeur : Rivages

Traducteur : Olivier Deparis

J’étais passé au travers de ce roman, qui était pourtant un premier roman fortement conseillé par Velda et Claude. Mon ami Richard m’a rattrapé au bond en le qualifiant pour les finalistes du Grand Prix Du Balai de la Découverte.

Harry McCoy est demandé à la prison de Glasgow à la demande d’un prisonnier, qu’il connait pour avoir participé à son arrestation. Il n’a aucune idée de la raison pour laquelle il lui a demandé de venir. Et il est très surpris d’apprendre de la bouche d’un prisonnier qu’une jeune fille va être assassinée. Il ne connait que son prénom, Lorna et sait qu’elle travaille dans un restaurant de luxe. McCoy ne prend pas cela bien au sérieux et va passer la soirée avec une jeune prostituée Janey.

Le lendemain, il décide tout de même de chercher cette Lorna, et découvre rapidement où elle travaille, où elle habite, mais ne la trouve pas. C’est devant la gare routière qu’il la trouve, menacée par un jeune homme, qui sans hésiter, la tue avant de retourner l’arme contre lui. Pour Murray, le chef de McCoy, l’affaire est claire : une femme s’est fait tuer par un homme qui s’est suicidé. Mais pourquoi ?

McCoy, réputé pour sa persévérance, va mener son enquête et découvrir que Lorna Skirving était bien serveuse au Malmaison, mais elle profitait de ce poste pour se prostituer auprès de la clientèle riche, afin d’arrondir ses fins de mois. L’autopsie démontre même qu’elle avait subi des coups, ce qui fait penser à des relations sado-maso. Quand l’indic en prison se fait égorger dans les douches, la langue coupée, McCoy part en croisade …

Dès les premières pages, on sait que l’on est dans un roman anglo-saxon. Dès les premières pages on sait que l’on est dans un très bon roman. Dès les premières pages, on sait que l’on va en prendre plein la tête. Car on est jeté dans le bain dès les premières pages et le bain n’est pas vraiment chaud ni accueillant. Si le début est surprenant, bien vite, le décor est bien glauque et les événements bien crades.

Le personnage central McCoy est imposant, charismatique et c’est le genre de personnage que l’on vet absolument retrouver. Son passé va au fil des pages nous être révélé : sa mère est morte tôt, son père est violent, il a connu une enfance dans des centres sociaux, maltraité mais toujours protégé par Stevie Cooper, son meilleur ami. Aujourd’hui, avec 30 années au compteur, il est le mentor du tout jeune inspecteur Watson, dit Wattie, et marine sa haine envers le clan Dunlop, les ultra-riches de Glasgow qui se croient tout permis.

Tout y est bien fait dans ce roman, à tel point que l’on a des difficultés à croire que ce n’est qu’un premier roman. Tout y est aussi un peu classique, entre l’inspecteur cassé par la vie, son penchant et ses liens avec le côté obscur, le combat des pauvres contre les riches, la corruption de la police et des flics. Mais cela est bigrement bien fait, avec cette sensation que l’auteur improvise, se contente de suivre son personnage principal partout où il l’emmène.

Alors, on se passionne pour ce roman, pour cet univers infernal, ce Glasgow noir et sanglant, avec au milieu un personnage humain, avec ses qualités et ses faiblesses. Car ce McCoy est terriblement attachant et l’on n’a qu’une envie : le retrouver dans une prochaine aventure. Ça tombe bien : February’s son est sorti en Angleterre cette année. Nul doute qu’on le retrouve chez nous l’année prochaine. Et je serai au rendez-vous.

Ne ratez pas l’avis de Velda, et Yan

10 ans, ça se fête !

Cours de mathématiques : Après 9, que trouve-t-on ? 10 ! Bravo !

Eh oui, Black Novel fête ses 10 années d’existence en ce 1er mai. Si vous êtes surpris, sachez que je le suis plus que vous ! Je le dis chaque année, quand je me suis lancé dans cette aventure, car c’en est une, je n’aurais jamais imaginé durer aussi longtemps. Et que vous soyez fidèle ou simple visiteur passager, je vous remercie de lire mes avis, mes élucubrations, et surtout n’hésitez pas à me laisser vos avis, qu’ils soient du mien ou pas. Je respecte tous les avis, puisque je considère qu’une lecture c’est une rencontre un livre et son lecteur. Et dans les rencontres, certains sont réussies, d’autres pas.

Sachez que l’envie de partager mes avis, mes lectures est toujours aussi grand. Et je tiens à vous remercier, vous lecteur de passage, ou vous abonné et lecteur fidèle. Merci pour votre assiduité, pour vos commentaires, pour vos encouragements. Merci aussi aux auteurs avant tout, qui nous offrent tant d’émotions. Merci aux éditeurs qui me font confiance, aux attachés de presse qui pensent à moi. Merci aussi aux amis et collègues blogueurs qui me guident dans mes choix, et à mes amis (en particulier les Pieds Nickelés du Polar qui se reconnaîtront qui sont comme des frères pour moi).

L’animation d’un blog doit rester un plaisir, un amusement. Alors je me suis amusé à cibler Le roman que je préfère année après année, la règle du jeu étant 1 seul roman par an. Le choix a été très difficile, je peux vous le dire. Cela donne la liste des 10 romans suivants, avec un petit commentaire associé !

2009 : Fakirs d’Antonin Varenne (Viviane Hamy), mon premier coup de cœur du blog, alors forcément, c’est un roman particulier.

2010 : Les derniers jours d’un homme de Pascal Dessaint (Rivages), un grand roman noir d’un auteur que j’adore, social et humain.

2011 : Mémoire assassine de Thomas H.Cook (Points2), un de mes romans préférés d’un de mes auteurs préférés

2012 : Le Diable tout le temps de Donald Ray Pollock (Albin Michel), un roman énorme, incroyable, unique

2013 : On the brinks de Sam Millar (Seuil), entre autobiographie et polar, le grand roman d’un grand auteur

2014 : Kind of Black de Samuel Sutra (Flamant Noir), ce roman m’a détruit

2015 : Papillon de nuit de Roger Jon Ellory (Sonatine), le meilleur romans d’Ellory avec Seul le silence

2016 : Rien ne se perd de Chloë Mehdi (Jigal), une vraie bombe, un portrait émouvant d’un garçon dans un monde noir

2017 : La pension de la Via Saffi de Valerio Varesi (Agullo), une des meilleures illustrations des erreurs que l’on peut faire dans la vie

2018 : My absolute darling de Gabriel Tallent (Gallmeister), un portrait inoubliable d’une jeune adolescente qui doit se construire dans un contexte noir et dur.

Enfin, comme l’année dernière, j’aimerais faire un clin d’œil au Grand Prix des Balais d’Or auquel je participe avec toujours autant de plaisir, qui me permet de découvrir de nouveaux auteurs et de rencontrer des gens passionnés et souriants. J’envoie un gros bisou à mon frère du sud, la Petite Souris. Je n’oublie pas mes amis Yvan, Vincent, et Jean le Belge. J’adresse un grand merci à tous les blogueurs qui m’aident dans mes choix de lecture. Je fais aussi un clin d’œil à l’association 813 qui défend la littérature sous toutes ses formes et que je vous conseille de rejoindre.

Un anniversaire, ce n’est pas un anniversaire s’il n’y a pas de cadeau. Cette année étant exceptionnelle, je vous propose de gagner les 10 romans coups de cœur que j’ai choisis et cités juste au-dessus. Vous ne rêvez pas : 10 romans à gagner, des lectures inoubliables que vous aimerez autant que moi … ou pas. Car chacun a sa propre sensibilité.

Le principe est simple : vous répondez à une question en envoyant un mail à concoursblacknovel@gmail.com. Le ou la gagnante sera contacté (e) par mail pour que j’obtienne son adresse postale. La date limite de réponse est le 11 mai 2019 à minuit. Le 12 mai, un billet donnera le nom du gagnant (ou son pseudo). Le tirage au sort sera réalisé par mes enfants. Les romans sont achetés par moi-même.

La question est la suivante : Quel est le titre et le nom de l’auteur de mon coup de cœur 2019 ?

J’espère que vous prendrez du plaisir à lire, que mes chroniques vous seront utiles pour vos choix de lecture, que vous n’hésiterez pas à me donner vos avis dans les commentaires. Je vous souhaite une nouvelle année pleine de lectures enrichissantes. Car moi, je continue …

Je n’ai plus qu’à ajouter : Merci à tous, à bientôt et n’oubliez pas le principal : lisez !

Bilan de l’année 2018 … et bonne année à tous

Faut-il ou non faire un bilan de l’année ? J’ai hésité à le faire cette année, et puis, je me suis dit qu’il fallait que je laisse une trace de mes lectures de cette année, et en particulier de mes coups de cœur qui auront été nombreux. Pour moi, une bonne année, c’est quand je finis l’année avec 3 ou 4 coups de cœur. 2018 en comporte 6 ; elle restera donc pour moi un excellent cru.

Je me plie donc à l’exercice du bilan, comme beaucoup de mes collègues blogueurs. Mais avant tout, je tiens à vous souhaiter à tous une excellente année 2019, que celle-ci vous apporte pour vous et vos proches tout le bonheur que vous souhaitez, et que vous trouviez dans vos lectures de quoi nourrir votre soif de culture.

Cette année, j’aurais dépassé le millier de billets, ce qui me rend fier du travail accompli. J’aurais aussi donné plus de visibilité aux livres en format poche avec une nouvelle rubrique Des poches pleines de poches. J’aurais aussi moins publié, ce qui fait que beaucoup d’avis sont passés à la trappe.

Et puis, le plaisir de partager est toujours là, même si je n’aurais fait qu’un seul salon cette année : celui de Saint Maur. Par contre, je suis toujours heureux de participer au Prix des Balais d’Or qui a consacré encore cette année d’excellents romans et dont la 9ème édition est en cours. Et puis, ma rubrique Oldies aura mis à l’honneur la collection Rivages Noir que j’affectionne particulièrement. Et si 2019 était celle de la Série Noire de Gallimard ? Nous verrons …

J’en profite pour faire un gros poutou spécial 2019 à mes amis Bruno, Richard, Yvan, Jean le Belge, Vincent, Jeanne. Et un énorme merci pour leurs chroniques tentatrices à Claude, Paul, Belette, Yan et Jean-Marc.

Je disais donc 6 coups de cœur, qui m’auront enthousiasmé, bouleversé, ému et choqué. 6 romans inoubliables pour moi, qui j’espère le seront pour vous aussi :

Sans lendemain de Jake Hinkson (Gallmeister)

L’homme-craie de CJ.Tudor (Pygmalion)

Power de Mickaël Mention (Stéphane Marsan)

Le sexe du ministre d’Olivier Bordaçarre (Phébus)

La guerre est une ruse de Frédéric Paulin (Agullo)

My absolute darling de Gabriel Tallent (Gallmeister)

Il ne faut pas oublier dans cette liste de romans ceux qui m’auront touché aussi et qui sont passés à un doigt du coup de cœur :

Xangô de Gildas Girodeau (Au-delà du raisonnable)

Par les rafales de Valentine Imhof (Rouergue)

Kisanga d’Emmanuel Grand (Liana Levi)

Racket de Dominique Manotti (Les arènes)

Les incurables de Jon Bassoff (Gallmeister)

Les ombres de Montelupo de Valerio Varesi (Agullo)

Pour services rendus de Iain Levison (LIana Levi)

Empire des chimères d’Antoine Chainas (Gallimard Série Noire)

Rouge Parallèle de Stéphane Keller (Toucan)

La dernière couverture de Matthieu Dixon (Jigal)

Dans les angles morts d’Elisabeth Brundage (Quai Voltaire)

Corruption de Don Winslow (Harper & Collins)

Je chronique peu de bandes dessinées mais je tenais à en signaler deux qui m’ont beaucoup plus. La guerre des Lulus de Régis Hautière et Hardoc (Casterman) en 5 tomes qui parle de l’itinéraire de cinq enfants orphelins livrés à eux-mêmes pendant la première guerre mondiale, une histoire touchante et passionnante. Et Il faut flinguer Ramirez tome 1 de Nicolas Petrimaux (Glénat) qui a un vrai scénario passionnant et qui fait preuve d’un humour bienvenu dans un environnement noir. Du vrai polar écrit et dessiné de façon très visuelle, cinématographique.

Il est temps pour moi de vous laisser, je vous souhaite à nouveau une excellente année 2019, pleine de bonheur, pleine de lectures et plus que jamais, n’oubliez pas le principal, lisez !

Claude Mesplède (1939-2018)

C’est avec une grande tristesse que nous apprenons la disparition du « pape du polar ».

On dit que les blogueurs sont les fils de Claude Mesplède.

Eh bien oui, Claude Mesplède était mon père du polar.

Le polar est encore un peu plus noir aujourd’hui.

Mes pensées vont à Ida et à toute sa famille

MESPLEDE  POLAR
DDM THIERRY BORDAS TOULOUSE LE 11MAR2014 PORTRAIT DE CLAUDE MESPLEDE SPECIALISTE ET PAPE DU POLAR

La chronique de Suzie : Lola, Cheffe de gang de Melissa Scrivner Love

Editeur : Seuil

Traducteur : Karine Lalechère

Suzie est de retour pour vous parler polar. C’est plutôt une bonne idée avec les fêtes de fin d’année qui approchent … Je lui laisse la parole :

Bonjour amis lecteurs. Me voici de retour à la surface pour vous parler d’un premier roman intitulé « Lola », cheffe de gang.

En lisant la quatrième de couverture, on apprend que l’auteur est aussi scénariste pour des séries policières tels que « CSI Miami » ou « Person of Interest ». J’ai trouvé cela prometteur et je me suis donc lancée dans cette lecture.
Le synopsis est assez simple. Une jeune femme faisant partie d’un gang de latinos de Los Angeles, ne semble pas être autre chose que la compagne du chef. Mais, les apparences sont trompeuses car c’est elle la tête pensante et la personne qui donne les ordres. Lors d’une descente qui aurait pu augmenter la notoriété de son gang, tout foire et Lola va devoir s’investir encore plus pour éviter de perdre sa tête.
L’histoire est racontée du point de vue de Lola, de ses problèmes, de son vécu. On est immergé dans la vie quotidienne d’un « petit » gang de quartier mais aussi des différents codes dans ces quartiers où chacun essaie de survivre à sa façon. Ce sont des zones de non droit où le communautarisme est roi, où tout n’est qu’apparence. Chacun a une place bien définie qu’on soit un homme ou une femme. Une bonne partie des problèmes de la Société est représentée dans ce microcosme que ce soient la drogue, la prostitution, la violence familiale, la pédophilie, … Le décor tel qu’il est planté est déprimant car les personnes ne devraient pas vouloir plus que ce à quoi elles peuvent accéder. Mais, pour certains, cela n’est pas suffisamment et ils feront tout pour se battre.
Au niveau des personnages, celui qui prédomine est celui de Lola. Elle est définie comme une personne que les hommes sous-estiment à cause de plusieurs critères mais surtout parce que c’est une femme et donc considérée comme négligeable. Au fur et à mesure de l’avancement de l’histoire, l’auteur va nous apprendre un certain nombre de choses sur son passé et son arrivée à la tête du gang.
C’est une personne réfléchie qui essaie d’avoir un certain code de l’honneur au sein de son activité. Elle assume toutes ses décisions bien que, parfois, elle aimerait pouvoir s’appuyer sur quelqu’un. Elle n’hésite pas à se salir les mains si besoin et elle a un énorme problème vis-à-vis de sa mère. Enfin, comme elle est obligée de cacher son rôle de chef, elle donne une apparence lisse qui la ronge de l’intérieur.
Tout au long de l’histoire, c’est la voix de Lola qu’on écoute et qui nous explique les problèmes dans lesquels elle se trouve, les relations qu’elle peut avoir avec son entourage, … Les autres personnages principaux sont composés des membres de son gang, que des hommes, de sa famille proche avec qui elle a une relation très particulière et conflictuelle ainsi qu’une petite fille qui va lui donner le courage de penser à un avenir différent. Parmi les membres du gang, deux protagonistes masculins vont être mis en avant car ils ont des interactions spécifiques avec Lola. Les autres seront plutôt des stéréotypes venus étoffés l’intrigue.
Enfin, l’intrigue ressemble à celle qu’on peut trouver dans un épisode de série. Ce qui est compréhensible lorsqu’on connait le métier de l’auteur. Les informations qui ont permis d’arriver à la situation initiale, vont être distillées au fur et à mesure de l’avancement de cette dernière pour donner plus de poids à la situation dramatique dans laquelle se trouvent les protagonistes. Comme pour montrer que les apparences jouent un rôle important dans cette histoire, l’auteur va jouer avec des voiles qui vont servir à obscurcir ou dévoiler certains pans de vérité. Comme dans un épisode de série, l’intrigue va se précipiter à la fin et éclaircir la situation pour qu’on puisse la comprendre.
Lorsque j’ai commencé à lire cette histoire, bien que je trouvais que le synopsis était prometteur, j’ai eu beaucoup de mal à m’identifier aux personnages. Je ne comprenais pas où l’auteur voulait en venir. Il a fallu que je m’accroche à l’intrigue pour commencer à trouver cela intéressant. Puis au fur et à mesure des chapitres, la personnalité de Lola se dévoile, les problèmes s’amplifient et se complexifient. On ne sait plus où donner de la tête tellement il y a d’informations contradictoires.
Finalement, c’est un roman qui m’a beaucoup intéressée. Qui n’est pas à mettre entre toutes les mains plus pour son contexte sociétal. J’attends d’avoir un deuxième livre de l’auteure pour avoir un avis définitif. Mais, si vous aimez lire les scénarios de série, ce livre devrait vous intéresser. Sur cela, je vous abandonne à vos lectures. Je pense que je vais rester à la surface un petit moment.Il y a des choses intéressantes qui se profilent. A bientôt