Trafic sordide de Simon Lewis (Actes Sud)

Première de mes lectures pour Polar SNCF 2010, voici donc ce Trafic sordide. Si le titre me parait un peu bizarre, c’est surtout le sujet qui me l’a fait choisir.

L’inspecteur Jian est chinois. Il reçoit un appel au secours de sa fille, qui fait ses études en Angleterre. Il décide de partir à sa recherche à titre privé, dans un pays dont il ne connaît rien. En effet, il ne parle pas Anglais. Il est issu d’une famille aisée. Ding Ming est un clandestin. Il débarque en Angleterre pour travailler dans le ramassage des coquillages. On le sépare de sa femme, dont on lui dit qu’elle va travailler au ramassage des fleurs. Il parle un peu Anglais, et est issu d’une famille pauvre. Son but est de ramasser de l’argent pour ensuite retourner au pays. Les deux hommes vont se rencontrer et s’allier dans leur recherche d’un membre de leur famille.

Comme je le disais plus haut, le sujet m’a plu. Il est dit sur la quatrième de couverture que l’auteur lève le voile sur un commerce sordide, plus lucratif que celui de la drogue : l’exploitation des migrants. Si le sujet est bien traité, j’ai surtout été surpris par la forme : Des chapitres ultra courts (entre deux et quatre pages), un style passe partout mais qui a l’avantage de se lire vite, et des sujets tout juste abordés, parsemés par ci par là.

Je m’explique : Jian débarque en Angleterre. Il ne connaît ni la langue, ni le pays. Il y a de quoi montrer son étonnement face à la ville occidentale, face au mode de vie qu’il croit comprendre. Là, Simon Lewis se contente de donner quelques détails, comme des publicités affichées dans la rue. Mais même là, les publicités comportent des jeunes femmes asiatiques.

De même, lorsqu’il prend le bus, il se pose des questions sur la façon d’acheter un billet, mais rien sur les stations. Rien non plus sur la façon de traverser la rue, alors qu’ils roulent à gauche.

Le sujet du dépaysement aurait pu être mieux abordé et donc nous immerger mieux dans cette histoire. Je ne peux pas dire que j’ai été déçu. J’ai lu ce livre très vite, car au final il se révèle très court, mais j’ai surtout une impression d’inachevé, ou plutôt que l’auteur est passé à côté d’un livre qui aurait pu être plus marquant que cela.

Cela en fait un bon roman mais seulement un bon roman. Son roman avait un potentiel pour en faire un livre génial : Un sujet original avec plein de sujets annexes. Mais il en ressort à mon goût un bon roman agréable à lire mais qui risque d’être aussi vite oublié qu’il a été lu.

Dark Tiger de William G. Tapply (Gallmeister)

Voici donc le dernier tome des aventures de Stoney Calhoun, après Dérive sanglante et Casco Bay, dernières en date et dernières tout court, puisque M.Tapply a eu la mauvaise idée de mourir l’année dernière. Cela clôt la trilogie d’une façon remarquable.

Deux mauvaises nouvelles tombent sur Stoney Calhoun dans la même journée : tout d’abord, il apprend que la boutique d’articles de pêche qu’il loue avec Kate Balaban va être vendue, et que par conséquent son bail ne va pas être renouvelé et qu’il va devoir déménager ; ensuite, Kate lui apprend que son mari, Walter, atteint de sclérose en plaques et dont l’état se dégrade, ne va plus être pris en charge par sa compagnie d’assurance et que par conséquent, ils ne vont plus se permettre de payer les frais de la clinique dans lequel il est soigné.

Stoney Calhoun reçoit alors la visite de l’homme au costume qui lui annonce qu’il a une mission à lui confier et qu’il peut arranger ses problèmes (pour la bonne et simple raison que c’est son organisation qui les a créés). Calhoun accepte de rencontrer M.Brescia qui l’informe qu’il va être embauché en tant que guide de pêche dans un hôtel de luxe du nord du Maine, au Loon Lake Lodge,  pendant 6 semaines, afin de découvrir l’assassin d’un agent du gouvernement nommé McNulty.

Il s’avère que cet agent, McNulty a été retrouvé mort dans une voiture en compagnie d’une jeune fille de 16 ans. Tous les deux ont une balle dans la tête, mais elle leur a été tirée alors qu’ils étaient déjà morts. Calhoun va devoir démêler ce mystère dans un environnement qui n’est pas le sien alors que les coupables potentiels sont nombreux, entre les guides, le personnel, les directeurs et les clients.

On retrouve une nouvelle fois ce formidable personnages de Calhoun, amnésique suite à un coup de foudre, qui cette fois-ci est obligé de quitter sa ville de Dublin dans le Maine pour découvrir le meurtrier d’un agent du gouvernement. Et on espère en apprendre un peu plus sur son passé, puisque sa vie privée va être mise entre parenthèses pendant cette enquête.

Pas de surprises dans ce volume, on retrouve à nouveau tout l’art de Tapply à mener une intrigue au cordeau avec son style si fluide et ses dialogues extrêmement bien écrits. Il doit y avoir beaucoup de travail pour arriver à une telle pureté, une telle simplicité, pour notre plus grand plaisir, sans que le lecteur ne le ressente.Et j’en profite pour saluer l’excellent travail du traducteur, François Happe, qui a su retranscrire cette fluidité.

Ici, on laisse de coté la petite vie bien rangée de Calhoun pour le plonger dans un environnement différent. Calhoun est plus directif dans l’enquête, ce qui change par rapport aux précédents romans, et cela le rend plus professionnel, plus impliqué dans l’enquête. Ensuite, les paysages sont toujours aussi bien décrits. Et on passe encore une fois un sacré moment dans cette nature que l’on a envie de visiter. Les descriptions des environs de Loon Lake m’ont laissé ébahi et j’avais l’impression de voir une photographie, d’entendre les animaux, de sentir les odeurs de la forêt.

Et puis arrivent les trente dernières pages. Et là tout s’accélère, pas tellement dans l’action mais dans le style. Et on a vraiment l’impression qu’il manque une cinquantaine de pages. Le décalage est si brutal que l’on ne comprend pas, et que rien dans l’histoire ne le nécessite. Il en ressort une impression de roman inachevé, fini dans l’urgence, peut-être du à la leucémie de Tapply. Au global, c’est un roman extrêmement plaisant qui sait placer une enquête policière au milieu de la nature, mais ce n’est pas le meilleur. Alors je lance un appel aux auteurs américains (on a le droit de rêver) : Messieurs, l’un d’entre vous aurait-il l’obligeance de continuer le cycle Calhoun en respectant les bases de l’œuvre de Tapply ?

Casco bay de William G. Tapply (Gallmeister)

Vite, il fallait que je lise le deuxième tome des aventures de Stoney Calhoun (après Dérive sanglante), avant la sortie du troisième opus. Et quelle enquête, mes amis !

Cela fait maintenant sept ans que Stoney Calhoun est sorti de l’hôpital suite à son coup de foudre (à comprendre au premier degré), qui l’a rendu amnésique. Il est toujours guide de pêche dans le Maine, et doit passer la journée à accompagner M. Vecchio, un professeur d’université. La partie de pêche se déroule à merveille au milieu des Calendar Islands. Pour soulager ce que j’appellerai un besoin naturel, Calhoun dépose M. Vecchio sur une île, Quarantine Island et ils découvrent un corps calciné dont on a découpé les mains. Le Shérif Dickman demande alors à Calhoun de devenir son adjoint pour résoudre cette enquête. Il refuse à nouveau car il juge que ce n’est pas son rôle. Quand M. Vecchio est découvert assassiné chez Calhoun, celui-ci accepte la proposition du Shérif et ils commencent l’enquête.

Ce qui est extraordinaire chez Tapply, c’est cette facilité à faire avancer une intrigue lentement, tout en étant génial dans sa façon de l’écrire. Le style est fluide, les dialogues très bien écrits. Cela se lit très vite et on ne veut plus lâcher le livre. (Demandez à ma femme !) On a toujours droit à des descriptions superbes du Maine et de cette nature luxuriante. On a toujours cette envie d’aller visiter ce petit coin de quiétude. Et quand on ajoute une intrigue et une enquête menée au cordeau, alors on tient assurément un fantastique roman.

Si le mystère entourant Calhoun n’évolue pas beaucoup dans ce volume, on retrouve avec plaisir ce bonhomme sans passé qui a décidé de vivre au jour le jour. Il vit en marge des autres, sans aucune volonté de les heurter. Il ne veut pas forcer les gens, ne veut pas les influencer. Il les laisse les prendre leurs décisions, et même durant l’enquête, il n’en prend pas la direction, mais se contente de poser des questions pertinentes. Cela donne des dialogues truculents et parfois un peu décalés, mais très intéressants à suivre, et, dans tous les cas, psychologiquement, c’est passionnant.

Alors, si dans ce deuxième tome, l’enquête prend le pas sur le mystère Calhoun, si on n’en sait pas plus sur son passé, Casco Bay se révèle un excellent roman policier qui se dévore très vite avec énormément de plaisir. Vous auriez bien tort de ne pas faire un petit voyage dans le Maine, dans ce petit coin des Etats-Unis pas aussi calme et paisible qu’il n’y parait.

A noter que le troisième tome (et dernier puisque M.Tapply a eu la mauvaise idée de nous quitter en juillet 2009) s’appelle Dark Tiger et est sorti le 4 mars 2010.

Oldies : Get up ! Stand Up ! de Perry Henzell (Sonatine)

Ce roman vient tout juste de paraitre chez Sonatine, alors qu’il date de 1982. D’ailleurs, si j’ai choisi de le lire, c’est parce qu’il est mentionné que c’est Patrick Raynal qui l’a conseillé. Et de fait, pour ceux qui sont adeptes de polars politiques, ce roman est très bon dans le genre.

L’auteur :

Perry Henzell est né le 7 mars 1936 à Port Maria en Jamaïque. Il suit des études cinématographiques au Canada puis rentre en Jamaïque dans les années 1950 où il tournera plusieurs documentaires et des spots publicitaires.

Dans l’idée de créer un film retraçant la vie d’Ivanhoe Martin, mieux connu sous le nom de Rhygin, rude boy (caïd) très populaire de Trenchtown, le principal ghetto de Kingston, il demande au chanteur Jimmy Cliff d’écrire une bande-son reggae appropriée. Ne trouvant pas d’acteur, il décide de recruter Jimmy Cliff pour le rôle de Rhygin.

Ce film sort en 1972, dont la bande-son est composée de chansons de Jimmy Cliff, Desmond Dekker, Toots and the Maytals etc., peut être considéré comme le seul grand classique jamaïcain.

Perry Henzell est mort des suites d’un cancer la veille de la projection de No Place Like Home au Flashpoint Film Festival, un film tourné dans les années 1970, qu’il n’avait jamais pu finir à cause de problèmes financiers. Perry Henzell envisageait également de réaliser l’adaptation de son roman Power Game (1982), qui devait clôturer sa trilogie jamaïcaine, mais le cancer aura eu raison de cette ambition.

Quatrième de couverture :

Un pays des Caraïbes, qui fait fortement penser à la Jamaïque. D’un côté, une caste privilégiée qui tient le gouvernement, l’armée, les médias, la justice et toutes les richesses locales, une élite corrompue, qui oscille entre volonté d’indépendance et soumission aux riches investisseurs étrangers. De l’autre, le ghetto, les gangs, le trafic de ganja, une misère de plus en plus noire. Un mélange explosif qu’une seule étincelle suffirait à faire exploser. Et si celle-ci venait de Zack Clay, une star du reggae de retour au pays après un triomphe international ? Lui seul a en effet le pouvoir de rassembler les gangs et la rue pour venir à bout de l’oppression, des injustices et des inégalités. Mais entre un message prophétique de paix et le passage à la lutte armée, le fossé est grand. Zack devra ainsi faire un choix dont pourrait dépendre le sort de l’île tout entière.

Mêlant musique et politique, Perry Henzell nous offre un portrait sans concession d’une société dévorée par les inégalités et la corruption. On reconnaîtra à travers la figure de Zack l’ombre de Bob Marley.

Mon avis :

Dans le genre polar politique, ce roman est un bon exemple du genre. Prendre une ile des Caraïbes, sans la citer, créer des personnages crédibles représentant chacun un pouvoir en place, ajouter une étincelle qui va mettre le feu aux poudres et vous aurez la recette de ce polar paru injustement si tard chez nous.

Du coté des personnages, Percy est le premier ministre de cette ile, qui ne comporte aucune richesse, si ce n’est la culture de la marijuana. La hausse du prix du pétrole met cette ile en grand danger. Le gouvernement repose sur les deux frères Bernard : Winston est le ministre des finances et Mark est le ministre de la sécurité. Ils représentent les riches politiques de l’Ile. La femme de Winston se nomme Michèle et détient les rênes de la radio locale. A eux trois, ils représentent le pouvoir.

Du coté des particuliers, Eddie, le frère de Michèle est riche grâce à ses trafics de drogue essentiellement, mais aussi avec ses clubs. Enfin, il y a le ghetto, pauvre, désœuvré et ne survivant que grâce à de petits boulots ou au trafic de drogue. Ils sont représentés par deux personnages Yzion et Wire, appartenant à 2 ghettos différents. Le fragile équilibre de l’ile va être mis à mal le jour où l’armée va abattre une vingtaine de jeunes issus des ghettos.

Ce roman est une excellente surprise, au sens où je ne connaissais rien de cet auteur, et où il sait mettre en place de nombreux personnages représentant leur milieu. Nous avons affaire là à un polar politique, au centre duquel l’auteur place Michèle, parce qu’elle détient les medias mais aussi parce qu’elle croit au pouvoir de la musique. Elle va faire éclore un nouveau talent, Zack Clay, et compte sur lui pour clamer la population.

Il est réellement difficile de lâcher ce roman, tant c’est à la fois bien écrit et bien mené. Et même si cela peut paraitre parfois naïf, parfois simpliste (parce que daté de 1982), si on n’est pas au niveau de ce qu’a fait James Ellroy, ce roman peut aisément assouvir les besoins des fans du maitre ou plus simplement les amateurs de polars politiques.

Aux malheurs des dames de Lalie Walker (Noir 7.5 Parigramme)

Pour cette deuxième lecture de la sélection printemps de Polar SNCF, je dois dire que celle-ci est une découverte. Je ne connaissais ni l’auteur, ni la maison d’édition. Seul le sujet me l’a fait choisir, et c’était une bonne pioche.

Tout débute avec Violette Margelin qui a disparu depuis quelques jours. Elle est caissière au marché Saint Pierre, ce grand magasin situé sur la butte Montmartre qui est spécialisé dans la vente de tissus de tous types.Au bout de six jours de captivité, elle est rejointe en captivité par une autre caissière, Marianne.

Pour remplacer Violette, Rebecca Levasseur se fait embaucher au marché Saint Pierre. Elle est étudiante en sociologie, et obtient le droit « d’aller sur le terrain » par son chef. Ses capacités de sociologue lui permettent de se lier facilement avec les autres. En plus, elle est passionnée par les mystères et les enquêtes. Elle va essayer de comprendre ce qui se passe. Elle s’aperçoit que le marché Saint Pierre est miné par des actes criminels, tels des poupées percées d’aiguilles, de fausses alertes incendie ou des lettres de menace.

Il y a aussi Thomas Klein, lieutenant de police qui est chargé de cette enquête, car elle n’intéresse personne. C’est un provincial qui a pris ce poste, car c’est le premier concours administratif qu’il a réussit. Mais, au fond de lui, il n’aime ni son métier, ni Paris. Et il a du mal à comprendre ce qui se passe tant les pistes et les hypothèses peuvent être nombreuses.

Ce roman de Lalie Walker est très attachant à plusieurs égards. D’un point de vue personnel, il se passe dans le quartier de mon enfance, et de par la qualité de l’écriture, on a l’impression de voir, sentir et vivre au milieu de ce microcosme qu’est le quartier de la Butte Montmartre. Ce roman est bigrement bien écrit, et il doit avoir fait l’objet d’un sacré travail pour arriver à cette fluidité. Et ce n’est pas la seule qualité du livre, loin de là.

Ce livre regorge de personnages, ni gentils, ni méchants, juste humains. J’en ai cité quatre ou cinq dans mon résumé, mais j’aurais pu rajouter les frères Michel, propriétaires du marché Saint Pierre, ou Léon, l’amoureux de Violette, ou les joueurs de poker comme Lucas, ou bien Ange, le bellatre et ami d’un des frères Michel. C’est un vrai tour de force de faire vivre tant de personnages en seulement 270 pages.

Enfin, les codes du roman « policier » ou d’enquête sont explosés. La structure du roman ne suit pas une enquête mais passe d’un personnage à l’autre. On n’est jamais perdu, car lalie Walker nous mène par le bout du nez, nous manipule pour avancer sans qu’il y ait réellement un héros qui sorte de l’histoire, juste en suivant les aventures de notre dizaine de protagonistes. L’ensemble est très agréable à lire, passionnant et surtout impressionnant de maîtrise.

Alors qui veut s’en prendre au marché Saint Pierre ? Vous ne le saurez que dans les toutes dernières pages. Car, une fois encore, Polar SNCF m’aura fait découvrir un auteur qui a d’énormes qualités de conteuse, et qui a écrit un superbe livre que vous vous devez de lire.

L’ange de Marseille de Cyril Carau (Editions Sombres Rets)

Ange Saint-Gabriel et Robert Gianotti sont deux quinquagénaires. Ils sont propriétaires d’un petit bar, et comme tout bon alcoolique qui se respecte, ils boivent plus que leurs clients. Lors d’une de leur cuite, leur bar prend feu. Ils s’en tirent indemnes, fort heureusement. Quand ils vont à l’agence d’assurance, l’expert est formel : il s’agit d’un acte criminel. Ils se font confirmer cela par le neveu d’Ange, Luigi dit l’Anguille, sorte de petit génie de l’électricité. Comme la police se moque de cet incendie, et comme ils manquent d’argent, ils vont chercher à savoir qui a bien pu commettre ce méfait et pourquoi.

Ce court roman est le premier d’un jeune homme qui a écrit nouvelles et contes et qui a créé la revue polar Ananké (c’est ce qui est écrit sur la quatrième de couverture). C’est un roman dense avec plusieurs péripéties mais c’est surtout un roman bigrement bien écrit. C’est très plaisant à lire et découpé en trois parties qui sont très différentes les unes des autres :
La première partie est bourrée d’humour, avec des situations très drôles et cocasses. Elle présente les personnages aux noms plus improbables les uns que les autres et cela nous aide à trouver ces deux quinquagénaires très sympathiques.
La deuxième partie est l’enquête à proprement parler, et c’est celle qui m’a le moins accroché. même si le déroulement est logique, je trouve qu’on a perdu l’humour et l’allant du début. Et du coup, on ne s’attend pas du tout à une telle troisième partie.
Car cette troisième partie est un vrai feu d’artifice. De ceux qui font les grands polars. Sans vouloir vous donner le fin mot de l’histoire, attendez vous à prendre une grande claque dans la g…
Parsemé d’expressions du Sud, bavard comme le sont les gens du Sud, ce roman très sympathique mérite que l’on en parle. S’il n’est pas parfait (je trouve que cela manque de dialogues), il nous fait passer un très bon moment de lecture entre franche rigolade et grande émotion. Imaginez juste que pour gagner de l’argent, nos deux presque vieux imaginent un cabinet de médiums ! ! !
Alors comme le disent les gens du Sud, ce roman est un putaing de bon polar.
Je ne sais pas où vous pouvez acheter ce livre, mais allez voir sur le site des éditions Sombres Rets, l’esthétique du site est très réussie.

Loverboy de Gabriel Trujillo Munoz (Les Allusifs)

Voici l’épisode 2 des aventures de Morgado, car j’avais lu et apprécié le premier : Tijuana city blues.
Morgado est convoqué par le représentant de l’état de basse Californie à Mexico pour lui montrer un enregistrement video sur cassettte. Cette video a été réalisée par Fidel Chacon, président de la commission pour les droits de l’enfant, qui a été retrouvé assassiné. Son assassinat faisait suite à une série d’enlèvements d’enfants sans précédents à Mexicali sur lesquels il enquêtait. Morgado va très vite se mettre à la poursuite de trafficants d’organes qui assassinent des enfants pour leur voler un rein ou un pancréas ou un oeil pour répondre aux besoins de riches américains.
A petit livre, petit article. On retrouve dans tout le plaisir du premier épisode à commencer par le livre lui-même : belle couverture, cartonnée, beau papier, format agréable. Ensuite, le personnage très attachant, sorte de gros ours qui se débat dans un monde cruel est noir, humain dans un monde inhumain. Enfin, la facilité de l’auteur de nous anrrer en 80 pages une histoire, voire un monde, et qui petit à petit nous dissèque son Mexique, celui qu »on ne voit pas beaucoup, celui qui est juste en dessous de la surface.
Le sujet est fort, et fort bien traité. Et dans ce format d’histoire courte, je regrette vraiment que ce livre n’ait pas fait une centaine de pages de plus, pour détailler un peu plus le rôle des Américains ou la passivité voire la corruption des autorités devant ce genre de crimes. Du coup, par moment, on assiste à une course poursuite, alors que ce n’est pas le sujet du livre. Je dois aussi vous prévenir : certains passages sont en Anglais. Certes, ce sont des mots de vocabulaire simples, mais, si vous ne parlez pas Anglais, vous risquez d’avoir du mal.
Ceci dit, il faut lire ce livre pour son sujet, et le faire lire. C’est plus efficace qu’un reportage d’Envoyé Spécial, et vous passerez deux heures dans un Mexique plus noir que ce que vous pensiez. Et puis, comment puis-je dire du mal d’un livre que j’ai dévoré en une heure et demie ?

Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com