Apportez moi Octavio Paz de Federico Vite (Moisson Rouge)

Voici un petit roman fort distrayant, édité chez Moisson rouge, une petite maison d’édition qui sort toujours des romans intéressants. En voici donc le sujet :

Le jeune Rogelio est mort accidentellement dans sa salle de bains. C’est en tous cas ce que raconte sa mère aux flics. Le commandant Ojeda qui rêve depuis tout jeune de devenir un grand écrivain, voit là l’occasion d’écrire son premier roman. Il va donc inventer un crime crapuleux, faisant une fausse déposition de la veuve Polkon, qui est bien vite accusée du meurtre de son fils.

Seulement, le commandant Ojeda n’est pas très sur de lui. Alors, il s’arrange pour enlever le poète Octavio Paz pour qu’il écrive, relise et corrige son premier roman. Le célèbre poète voit là l’occasion de voler le livre du commandant et de publier son premier roman.

Afin de bien apprécier ce roman, bourré de références mexicaines, il faut savoir que Octavio Paz a été Prix Nobel de Littérature et que sa veuve a obtenu que ce roman soit retiré des ventes au Mexique. Car il est clair que ce roman a du faire un sacré scandale là bas, tant le ton y est drôle, plein d’humour noir et légèrement déjanté.

Dans ce roman, aux chapitres courts et aux descriptions succintes, tout le monde y passe. C’est la foire aux dénonciations, de fausses preuves fabriquées par les policiers à la course aux unes affriolantes des journaux, tout y passe. Et le ton est résolument décalé, loufoque, sans autre psychologie que les actes des différents protagonistes.

Au bout du bout, c’est bien Octavio Paz qui est visé. Et comme je ne connais pas l’œuvre de ce poète, je ne peux juger de la portée de l’insulte faite avec ce livre. Je ne peux qu’imaginer combien cela a du eu choquer certains, faire rire d’autres. Pour moi, du coup, ce roman fut une bien agréable lecture très drôle.

Publicités

La nuit la plus longue de James Lee Burke (Rivages Thriller)

Je n’avais jamais lu de James Lee Burke. Pourtant, à force de fréquenter les blogs amis, après tous les conseils pour débuter dans son univers, j’ai finalement choisi le dernier en date : La nuit la plus longue.

Eté 2005, Katrina vient de dévaster la Nouvelle-Orléans. L’effet sur cette région est comparable à ceux de la bombe de Hiroshima. Les maisons sont détruites, la plupart du pays est inondé, les oiseaux cherchent un endroit où se poser, les vaches pourrissent dans les champs et on ne compte plus le nombre de morts. Dans cette atmosphère post-apocalyptique, la ville est aux mains des pillards qui cherchent par tous les moyens à récupérer de l’argent dans les habitations abandonnées.

Otis baylor fait partie de ceux à qui la vie a souri, jusqu’à ce qu’un drame survienne : sa fille Thelma fut violée et brûlée à la cigarette deux ans auparavant. Alors qu’ils contemplent les dégâts de Katrina de chez eux, Ils voient un bateau avec 4 jeunes hommes noirs à bord, et Thelma reconnaît en certains d’eux ses violeurs et son père s’en aperçoit.

Justement, ce sont 4 pillards qui reviennent du vol de la maison voisine, celle de Sydney Kovick, le mafieux local, spécialiste en fausse monnaie et prostitution. Alors qu’ils sortent de ce quartier de riches, une balle tue sur le coup le jeune Kevin Rochon et en laisse  Eddy Melancon paraplégique. Son frère Bertrand Mélancon a peur des représailles. Dave Robicheaux, envoyé en renfort hérite de cette affaire par hasard et devoir se coltiner le FBI aussi et un psychopathe pour le moins inquiétant.

Ce roman constitue ma première incursion  dans le monde de James Lee Burke. Et je comprends (enfin !) pourquoi tout le monde me dit que c’est super. Le personnage de Dave Robicheaux à lui seul vaut le détour. C’est un flic qui, quand il prend une affaire, ne la lâche pas avant la fin. Il est un fin psychologue et connaît la région et ses gens sur le bout des doigts. C’est un vrai plaisir de le suivre dans cette aventure, un peu comme si on suivait le guide dans un musée, en l’occurrence le musée des horreurs.

Car après l’ouragan Katrina qui a frappé la Nouvelle Orléans à la fin de l’été 2005 n’a laissé derrière lui que désastre et désolation. Robicheaux s’inscrit comme le témoin de cette catastrophe, décrivant à la fois les ravages avec des scènes hallucinantes mais aussi les réactions après le passage de l’ouragan. Et là où on pourrait penser que les Américains se serreraient les coudes pour s’en sortir, c’est l’inverse qui se produit. Chacun se terre chez lui, se munit d’armes pour se protéger des pillards, tirant au hasard ou pendant des noirs (qui sont forcément coupables.

Robicheaux est un homme en colère qui nous narre, en parallèle de ses enquêtes, car sa ville, sa région sont en miettes et les autorités ne font rien. Les assurances remboursent ceux qui savent le mieux se débrouiller voire ceux qui ont les bonnes relations. Ceux qui trinquent sont toujours les mêmes, ce n’est pas la peine de vous faire un dessin. Une narration exemplaire avec des dialogues extraordinaires, des personnages humains et inhumains, cette première incursion dans le monde de Dave Robicheaux va m’obliger à y retourner bien vite !

L’armée furieuse de Fred Vargas (Viviane Hamy)

Cela faisait un bout de temps que je n’avais pas fait d’incursion dans le monde de Fred Vargas. La sortie de son dernier roman en date, L’armée furieuse, au titre alléchant m’a permis de constater que Fred Vargas n’a rien perdu de son talent, bien au contraire.

Le commissaire Adamsberg doit résoudre une affaire pour le moins étrange. Un retraité, Julien Tuilot, contacte à propos de la mort de sa femme. Celui-ci accuse les rats d’avoir tué sa femme. Ce sont deux rats qui s’appellent Toni et Marie, qui cohabitent avec la famille Tuilot. Adamsberg dénoue bien vite les fils de cette histoire et découvre que ce retraité a étouffé sa femme en lui enfonçant de la mie de pain dans la gorge.

Revenu au commissariat, Valentine Vendermot, une vieille dame l’attend. Celle-ci vient lui apprendre qu’elle a vu l’Armée Furieuse du seigneur Hellequin. C’est une vision de morts vivants qui apparaît de temps en temps, avec dans ses filets des visages de gens qui vont bientôt mourir. A la suite de cette vision, les morts commencent à tomber à Ordebec dans le Calvados.

En parallèle, Adamsberg doit apprendre à être père, puisque son fils Zerk vient de débarquer, résoudre une affaire où une Mercedes a brûlé dans laquelle Antoine Clermont-Brasseur, grand ponte de l’industrie française est retrouvé mort, et trouver qui s’amuse à attacher les pattes des pigeons pour les faire mourir à petit feu. Autant dire que Adamsberg et son équipe ont du pain sur la planche.

Quoi de neuf, depuis que j’ai délaissé Fred Vargas ? Eh bien, l’histoire part dans tous les sens sans que le lecteur se sente perdu, le style est d’une fluidité exemplaire avec des dialogues très bien faits, ça se lit à une vitesse foudroyante parce qu’on n’a pas envie de lâcher ce bouquin, les fausses pistes sont multiples et les déductions du commissaire inénarrables.

Et puis, il y a les qualités que j’adore chez Vargas : cet humour froid, distant et légèrement décalé, ces quiproquos qui viennent vous arracher un sourire, cette absence de violence et ces personnages sympathiques que l’on abandonne avec tant de regrets. Fred Vargas a du succès ? Eh bien c’est non seulement normal mais mérité. Sans vraiment me surprendre, j’ai passé, avec ce roman, un très bon moment avec Adamsberg, comme des retrouvailles entre vieux amis. Ce roman donne un vrai plaisir de lecture et le seul reproche que je ferais, c’est que ça se lit trop vite malgré ses 425 pages.

Cauchemar périphérique de Karim Madani (Editions Philippe Rey)

Sélectionné pour la sélection automnale 2010 de Polar SNCF, ce roman fvient de recevoir le Prix Polar en plein coeur de Paris 2011. C’est un roman très intéressant qui nous montre la vie des gangs de l’intérieur.

Nous sommes en 1991 en banlieue sud de Paris. Les frères Berkowitz règnent sur les trafics en tous genres de la drogue à la prostitution en passant par le racket. Leur commerce a connu son age d’or et commence à être en déclin. Ils se trouvent en effet en concurrence avec Tony le Kabyle, le nouveau caïd, et les Arméniens qui blanchissent leur argent grâce à leurs sociétés de pompes funèbres.

Les Berkowitz se reposent sur leur garde rapprochée qui comportent essentiellement trois hommes : Les nettoyeurs Georges le Gitan et Jo l’Antillais et leur chauffeur Samy. Celui-ci a purgé deux ans de prison pour un braquage pour lequel on l’a balancé aux flics. Il rêve de faire quelque chose de sa vie mais a surtout pour but d’aider son frère Ismaël à réussir à l’école. Le soir, Samy rend visite à ses parents qui ne savent rien de ses activités, et retrouve son frère, dont il sait qu’il est amoureux de Linda, une jeune fille qui se prostitue pour Mario, et qui est impliquée dans un chantage auprès d’un député.

De l’autre coté de la ligne blanche, il y a Prado, un vieux flic véreux et corrompu, qui touche des enveloppes des frères Berkowitz pour éponger ses dettes de jeu colossales. Prado va être obligé de s’occuper du chantage du député sous peine d’être sous les feux d’une enquête de la police des polices, dirigée par un homme sans pitié nommé Froissart.

Karim Madani a beaucoup de courage pour avoir réussi un tel pavé, en faisant une description d’un petit microcosme qui remplit les pages de faits divers de nos journaux. Les personnages sont nombreux du grand caïd à celui qui monte, des tueurs professionnels sans sentiment au député amateur de sado-maso, des trafiquants de drogue aux proxénètes. C’est une belle galerie de personnages fort bien dessinés, que l’on suit au travers de leurs déboires.

Car le ton y est noir, gris, sans espoir, sans sentiment, sans avenir, à croire que toute la société tourne autour de ces truands. La morale y est inexistante, bafouée à chaque page tournée, les sentiments abandonnés au coin de la rue, l’humanité enterrée au fond de la cave. C’est une guerre perpétuelle pour la survie, une guerre de tranchée, comme on peut le lire dans les romans américains, sauf que l’ambiance, les décors, les gens, les quartiers, on les rencontre tous les jours.

Roman impressionnant par son volume mais aussi par son style, sachant varier de la description minutieuse aux scènes de violence, de la mise en situation aux dialogues parfaits, c’est un sacré pavé qui s’avale bien vite, parsemé d’expressions du cru pour ajouter à la véracité. Par moments, il y a des longueurs qui m’ont paru inutiles dans le déroulement du livre, et cela aurait pu être un coup de coeur.

Alors avant de vous lancer dans ce roman, qui en est un car c’est une fiction, vous devez savoir que l’on nage dans le pessimisme noir, que l’atmosphère est lourde, qu’il vous faudra oublier toute idée d’humanisme, ou d’espoir. C’est un roman noir brut, cru, dense, violent, impressionnant, dont vous ne sortirez pas indemne, comme un cauchemar, comme un voyage en enfer.

Le silence pour preuve de Gianrico Carofiglio (Seuil Policier)

A ce jour, j’ai lu tous les romans de Gianrico Carofiglio, et beaucoup aimé ceux qui constituent le cycle Guido Guerrieri. Eh bien, le dernier en date, Le silence pour preuve, ne fait pas axception à la règle.

Guido Guerrieri est avocat pénaliste et atteint maintenant l’age de 45 ans. Il a du déménager de son petit bureau qui le logeait sa secrétaire et lui pour un endroit plus grand. En effet, sa secrétaire poursuit ses études de droit, et il l’a embauchée, d’où l’ajout au personnel d’une nouvelle secrétaire et d’une stagiaire, fille d’un de ses amis. Toujours célibataire divorcé, ses passions sont la lecture, le vélo et la boxe.

Guido est le spécialiste des causes perdues, puisqu ‘il travaille surtout sur des affaires de pourvoi en cassation. Un de ses amis avocats lui présente les parents de Manuella. Cela fait 6 mois que Manuella a disparu, et le juge s’apprête à classer l’affaire, faute de pistes. Ils lui demandent de mener une enquête pour relancer la recherche de leur fille.

Guido va donc s’improviser détective privé, lisant tout d’abord les comptes-rendus des interrogatoires de l’enquête, et décide d’aller interroger les proches de Manuella, qui bizarrement, n’ont pas dit grand’ chose aux carabiniers. Et ce qu’il va découvrir est loin d’être tout rose.

Les aventures de Guido Guerrieri sont un peu comme si je rencontrais un ami. Il vient, et me narre sa vie, ses déboires, ses joies, ses peines, ses soucis, ses espoirs, ses regrets. Gianrico Carofiglio écrit d’une façon tellement fluide, que l’on écoute la voix de Guerrieri, un peu lancinante, toujours positive, un peu renfermée, sans jamais hausser le ton, avec cet humour et cette ironie qui font toujours sourire.

Dans ce roman, Guerrieri est un peu moins « Calimero » que d’habitude, un peu plus seul, et beaucoup plus nostalgique, se remémorant des événements du passé. Il joue au détective amateur pour chercher une jeune femme, et s’aperçoit qu’il ne comprend pas cette nouvelle génération, sa solitude, ses fausses amitiés et son manque d’humanisme.

Alors encore une fois, j’ai passé un excellent moment avec mon pote, et je me languis de notre prochaine rencontre. A bientôt, mon pote !

Les leçons du mal de Thomas H. Cook (Seuil Policiers)

Après les lectures géniales de Les feuilles mortes et enthousiastes de Les liens du sang, Thomas H.Cook est un auteur dont je lis tous les nouveaux romans. Voici le dernier en date : Les leçons du mal.

Nous voici donc dans le sud des Etats-Unis, au Mississipi. Jack Branch, devenu un vieil homme, se rappelle sa jeunesse, et en particulier l’année 1954, quand il est revenu dans sa ville natale de lakeland, pour enseigner au lycée une thématique sur le Mal. Il a affaire à une douzaine d’adolescents, et n’hésite pas à illustrer ses propos des pires exemples ayant existé dans l’histoire mondiale.

Un jour, l’une de ses étudiantes Sheila disparaît. Jack pense l’avoir aperçue dans la camionnette de Eddie Miller, un autre de ses étudiants. Eddie n’est autre que le fils du célèbre meurtrier Luther Miller, qui a tué la jeune Linda. Luther a été arrêté, a reconnu les faits et est mort en prison. Alors que l’émotion est grande, que tout le monde pense Eddie coupable, il s’avère que Sheila avait fugué pour donner une leçon à son petit ami avec qui elle s’entend mal.

Jack se sent coupable d’avoir dénoncé un innocent au sheriff Drummond, et va le prendre sous son aile. Alors qu’il donne un devoir à sa classe, à savoir disserter sur un personnage maléfique, Eddie choisit comme sujet de son mémoire son propre père. Jack va aider le jeune adolescent à remonter dans le passé et à enquêter sur un père qu’il a peu connu puisqu’il avait cinq ans au moment des faits.

Thomas H.Cook est un orfèvre et un sacré écrivain. Il prend une situation basique, avec des gens basiques, invente des petites scènes et les insère délicatement, relie le tout avec une ligne directrice basée sur une psychologie sans failles, et ajoute un peu de piment au travers d’un style mystérieux, qui nous amène à toujours se demander où il veut en venir et où il va nous mener. Thomas H. Cook est un super conteur.

Au-delà de toutes ces qualités, les personnages sont d’une grande complexité. Jack est un professeur de grande qualité, issu d’une bonne famille et qui enseigne aux « pauvres », pour les élever dans la société. Eddie, lui, traîne sa vie, lesté d’un poids incommensurable lié à l’exaction de son père qu’il n’a pas connu, il est rejeté, taciturne, méfiant, réservé et il veut percer l’abcès avec ce passé qui lui ronge sa vie et son âme. Ces personnages permettent à Thomas H.Cook d’aborder des thèmes aussi divers que l’héritage familial, la culpabilité, la jalousie, l’éducation, les relations Maître – élève ou les relations père – fils.

Tous ceux qui aiment lire des livres d’action doivent passer leur chemin. Ceux qui aiment lire une histoire avec des personnages consistants se jetteront dessus. Car Thomas H.Cook, c’est quand même le top, cela se lit comme du petit lait (euh, l’expression vient de ma femme !), et même si parfois, on voit les ficelles de l’auteur, ce roman est quand même d’un très bon niveau. J’adore !

Le hameau des Purs de Sonia Delzongle (Cogito)

Voici un roman bien mystérieux et plein de qualités, dont je n’avais pas entendu parler à part chez l’ami Bruno de  Passion polar et c’est un rendez vous fort réussi avec une auteur dont il va falloir suivre les prochaines productions.

En France, dans un petit village, un incendie vient de détruire une maison de la communauté des Purs et de faire sept victimes. Les Purs, c’est une communauté proche des Amish, qui vit recluse loin des autres, refusant toute technologie ou progrès de la science. Ainsi, il n’y a ni électricité, ni eau courante et ils vont faire leurs courses dans le village d’à coté sans se mêler à la population. Une fois que l’on a quitté la communauté, on n’y revient pas, devenant un renégat.

Audrey Grimaud est aujourd’hui journaliste. Elle revient dans ce hameau pour couvrir cet incendie, et se rappelle les vacances qu’elle venait passer ici, chez ses grands parents. Son père avait quitté le hameau pour devenir avocat, et parfois défendre les gens du hameau. Pour cela, il était toujours accepté, sauf par certains. Audrey se rappelle sa jeunesse, sa solitude, sa volonté d’apprendre, de comprendre.

Audrey se rappelle aussi une série de meurtres qui a marqué le hameau. Cette série de meurtres était perpétrée par « L’Empailleur ». Il y avait une vraie progression dans les meurtres, dont on retrouvait les corps horriblement mutilés, dont on ne retrouvait que la peau, empaillés. Audrey sent bien qu’elle va devoir se replonger dans les secrets du passé, et qu’elle est impliquée.

Ce roman est une belle découverte, composé de trois parties complètement différentes. La première partie, qui se nomme L’incendie, est tout simplement impressionnante. On y lit l’enfance d’Audrey, avec toutes ses découvertes et toutes les interrogations d’une jeune fille d’une douzaine d’années. C’est tellement bien écrit que l’on a l’impression de lire un conte, et c’est aussi bluffant qu’un Darling Jim de Christian Mork ou  que le film  Witness de Peter Weir. Pour continuer les compliments, on n’est pas loin des Marécages de Joe Lansdale.

La deuxième partie, qui s’appelle L’Empailleur, nous décrit par le détail l’enquête de Audrey, et si la narration devient plus classique, l’angoisse monte progressivement, sur la base de description de petits bruits, sur des impressions, sur des réactions paranoïaques, et comme on connaît par le détail le passé de Audrey, que l’on s’est attaché à elle, on marche, on court avec elle, à ses cotés, et la tension monte, tout doucement.

Et puis, il y a la troisième partie, intitulée Le Lac, qui nous donne les clés de ce roman et sans vouloir dévoiler l’intrigue, elle est surprenante, tout en étant parfaitement réaliste, cruelle et brutale. Mais au global, si le contexte est violent, elle n’est pas étalée, l’auteur préférant décrire et faire ressentir des ambiances pour faire monter la mayonnaise du suspense et du stress. Et c’est d’autant plus cruel pour le lecteur, avec une telle chute. (Note : je suis content, je n’ai rien dévoilé !).

Que ceux qui cherchent des romans d’action passent leur chemin. Ce roman en trois parties distinctes et différentes fait montre de nombreuses qualités, et j’avoue avoir adoré la première toute en finesse et sensibilité. Ce roman est plutôt à classer du coté d’un Johan Theorin tant les paysages y ont de l’importance et c’est un roman passionnant que j’ai refermé avec tristesse, car je m’étais habitué au style fluide de l’auteur, malgré la brutalité de la dernière partie. Je vous le dis Sonia Delzongle est une grande conteuse que l’on est prêt à suivre partout.

Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com