Chemins de croix de Ken Bruen (Gallimard Série Noire)

Ah Jack ! Mon compagnon annuel (car il sort une aventure de Jack Taylor par an). Vincent (toujours lui) me l’avait fait découvrir avec les Martyres des Magdalènes. Cette série est incontournable. Voici donc le dernier opus en date et je vais essayer d’en parler sans dévoiler ce qui se passe dans les précédents épisodes.

Jack Taylor sort de son précédent épisode, marqué mais il reste malgré tout sobre. Sobre d’alcool et de drogue. Il est confronté à deux enquêtes : l’une sur la disparition de chiens, l’autre sur l’assassinat du frère puis de la sœur de la même famille ; le frère ayant été crucifié, la sœur brûlée vive. Et ces enquêtes nous réservent de belles surprises !

Pas facile de raconter un roman sans vouloir en dire trop ! Soyons clair, soyons bref, parlons peu mais bien ! Si vous connaissez Jack Taylor, alors ne lisez pas cet article : cette aventure est une nouvelle fois passionnante et probablement une des meilleures de Ken Bruen.

Si vous ne connaissez pas Jack Taylor, sachez que Ken Bruen est un des auteurs les plus doués dans la catégorie romans noirs contemporains. Bruen a un style hyper efficace et une facilité pour raconter les histoires … déconcertante. Le plaisir de lire ses histoires est immense, et son personnage principal, Jack Taylor donc, tout simplement génial.

Jack Taylor est un ancien flic, devenu détective privé non officiel, qui résout des enquêtes que des connaissances et/ou amis lui confient. La particularité de Jack, c’est qu’il porte malheur. Et chaque malheur devient pour lui une nouvelle cicatrice. Jack est un écorché vif de la vie qui n’en finit pas de s’enfoncer. La série Jack Taylor, c’est l’histoire d’une déchéance continue, sans fin, sans fond. C’est l’histoire d’un combat de boxe entre Jack et Dieu. Il s’en prend plein la tête, mais à chaque fois, il la relève, la tête, jamais abattu. Il a une capacité à encaisser les mauvais coups qui dépasse l’entendement.

Jack Taylor, c’est aussi une charge implacable contre la religion, essentiellement catholique car cela se déroule en Irlande. Sa haine envers une entité imbattable se transforme en antipathie de ce monde. Jack est un humain humaniste qui déteste de plus en plus ce monde, qui évolue trop vite pour lui, qui devient incompréhensible, inhumain. Depuis le précédent roman, on voit que la distance entre Jack Taylor et Ken Bruen réduit comme peau de chagrin. Ken Bruen, de plus en plus, crache son venin sur notre quotidien, en montrant par les yeux d’un cinquantenaire (ou presque) combien nos vies deviennent idiotes et aliénées. Le monde change, et Jack avance au travers des obstacles grâce à sa rage de vivre, ou survivre.

Comme vous l’aurez compris, le personnage de Jack Taylor est complexe comme on les aime, vivant comme on les aime, vrai comme on les aime, entier comme on les aime. L’écriture de Ken Bruen est tellement fluide et limpide qu’il a donné corps à un personnage hors norme. Dans cette aventure, on voit aussi le poids des choix de Jack sur sa vie, les conséquences de ses actions, on a droit à un Jack cruellement mis face à ses responsabilités, face à ses propres erreurs. C’est à mon gout l’un des meilleurs romans de cette série, et l’évolution de Jack Taylor en devient d’autant plus passionnante.

Je pourrais vous parler pendant des heures et des heures de cette série qu’il ne faut manquer sous aucun prétexte. Pour les malchanceux qui n’ont pas (encore croisé la route de Jack), elle comporte cinq volumes qui sont à lire dans l’ordre :

Delirium Tremens

Toxic Blues

Le martyre des Magdalènes

Le Dramaturge

La main droite du diable

Chemins de croix

Pour les autres, je suis sur que vous avez déjà acheté ce volume pour faire un bout de chemin de croix avec Jack.

Envoyez les couleurs de Donald Westlake (Rivages Thriller)

C’est un roman que j’ai lu quand il est sorti (donc en début d’année) car je lis des Westlake dès que je le peux.
Le jeune Olivier Abbott vient d’être nommé professeur d’anglais à l’école de Colfax que dirige son père. Mais dès le premier jour de classe, les élèves – 87 % sont des Noirs – se mettent en grève, lui reprochant d’avoir pris la place d’un professeur de race noire. Bravant cette contestation dirigée contre lui et son père, Olivier obtient la protection d’une ravissante collègue, Leona, qui appartient au groupe modéré des contestataires noirs. Mieux : il entreprend de la séduire, et Leona succombe peu à peu au charme du professeur, ce qui provoque la panique du père d’Olivier et la fureur de la communauté noire…
Donald Westlake est un GRAND, était un grand. Dans ce roman, il aborde le sujet du racisme, sujet oh combien ! difficle. Comme toujours, il part d’une situation classique, et déroule l’histoire avec logique. Et comme toujours, cela se suit avec beaucoup de plaisir. Son écriture est limpide, les descriptions simples et les dialogues brillants.
Les deux personnages, Olivier et Leona, sont immédiatement sympathiques et on ressent beaucoup de compassion envers ce qui leur arrive. Et on poursuit la lecture avec avidité en espérant que tout se finisse bien, parce qu’avec Westlake, on ne sait jamais. Il y a aussi un coté daté dans ce livre écrit en 1969 (cette édition a été re-traduite dans le cadre d’une ré-édition des oeuvres du maître). C’est pllutot agréable, on a l’impression de voir un film américain des années 50, comme le dit justement Actu du noir là.
Contrairement aux autres romans de Westlake, l’humour est moins présent (ou du moins je l’ai moins senti / ressenti). Il y a bien quelques passages hilarants mais ils sont situés vers le début du bouquin. J’ai eu l’impression que Westlake était un peu écrasé par la gravité du sujet, qu’il n’avait pas le détachement que l’on peut trouver dans ses autres romans. Par contre, il renvoie les deux parties dos à dos comme si on était dans un match de football (américain), que le match se terminait avec un score nul, pour montrer qu’au bout du compte c’est l’éducation qui compte et pas la couleur de la peau. La leçon de morale de la fin est tout de même un peu trop « premier degré » à mon gout.
Ce roman ne restera pas dans mes annales comme le meilleur de Westlake. Essayez donc les aventures de Dortmunder, ou même Un jumeau singulier ou Mort de trouille ou Aztèques dansants. Là, je vous garantis des éclats de rire à en avoir mal aux maxilaires.

SAYA de Richard Collasse (Seuil)

Pour être totalement honnête, si ce roman n’avait pas été sélectionné par Polar SNCF, jamais je n’aurais eu l’idée de lire ce livre. Car le sujet est loin de ce que je cherche dans les romans noirs, ensuite le sujet est classique, enfin cela se passe au Japon et c’est un pays qui ne m’intéresse pas beaucoup. Ce n’est qu’un avis personnel !

Cela se passe donc au Japon dans les années 2000. Jinwaki est un cadre supérieur dans un magasin de luxe et il apprend qu’il va être viré. Tout son environnement s’écroule et il décide de n’en rien dire à sa famille. Sa femme Kaori est une femme au foyer qui dépense tout l’argent que lui ramène son mari. Ils vivent sous le même toit mais ne vivent pas dans la même vie : ils font chambre à part, ils se voient peu, ils ne se parlent pas. Jinwaki rencontre Saya, une jeune étudiante qui se livre à la prostitution pour payer ses études. Cela s’appelle là-bas des rapports subventionnés. Jinwaki et Saya vont bientôt vivre une véritable histoire d’amour, vouée à l’échec.

Ce roman, pardon, ce véritable roman est à nouveau à la limite de plus en plus ténue entre la littérature et le roman noir. C’est plutôt une bonne surprise en ce qui me concerne, et je peux vous dire que je l’ai lu en trois jours. La grande qualité de cet ouvrage est de nous montrer la vie au Japon sans en rajouter, par petites touches, racontée par les personnages eux-mêmes. En effet, les trois protagonistes sont les narrateurs à tour de rôle, et il n’aurait pas été crédible qu’ils rentrent dans des descriptions sans fin de leur vie de tous les jours.

L’écriture est très littéraire, comme si on lisait trois journaux intimes (ce qui est le cas). On a donc très peu de dialogues, très peu de personnages secondaires, très peu de détails psychologiques. Les villes ou les paysages ne sont décrits que si les personnages en ressentent le besoin, s’ils veulent nous faire partager leurs sentiments.

L’autre aspect de ce livre est le décalage entre le besoin de liberté des personnages et le carcan de la société japonaise. Le ton est très libertaire, sexuel parfois, et condamné par tout un chacun. On a l’impression que les trois personnages font ce que tout le monde voudrait faire. Il n’y a pas de descente en enfer, juste une fin inéluctable pour deux amoureux à l’amour impossible qui ne peut que mal se terminer.

J’ai parfois regretté que cela soit un peu plat, mais il y a des moments extrêmement touchants, et l’auteur ne juge pas ces personnes, ne les encourage pas non plus. Et au bout du compte, on ressort de ce livre en ayant l’impression d’avoir passé un bon moment, un très bon moment.

Vendetta de R.J.Ellory (Sonatine)

Vous savez tout le bien que je pense du premier roman édité en France de R.J.Ellory, Seul le silence, œuvre majestueuse et grandiose de cet auteur encore inconnu en France. Alors, forcément, je n’allais pas rater le deuxième roman toujours édité par Sonatine, alors que le premier sort au Livre de poche. Et je n’ai pas été déçu, loin de là.

La fille du gouverneur de la Lousiane, Catherine Ducane, a été enlevée. Le FBI est sur les dents pour la retrouver au plus vite. Le ravisseur contacte le FBI et accepte de se rendre à la seule condition qu’il puisse raconter sa vie à un petit fonctionnaire, alcoolique à ses heures, Ray Hartmann. Le ravisseur, Ernesto Perez va donc raconter sa vie au milieu de la mafia, des années 50 à nos jours, en tant que tueur à gages, étape par étape.

Le premier terme qui me vient à l’esprit pour parler de ce livre est : impressionnant. Quel souffle épique, quelle aventure, quel savoir faire de Ellory pour mener une telle histoire sans jamais ni se répéter, ni digresser, ni nous lasser. On connait maintenant sa facilité à raconter une histoire, à nous plonger dans une ambiance, on connait maintenant ses capacités d’historien. En prenant un sujet casse-gueule (excusez le terme), il raconte par le petit bout de la lorgnette l’histoire de la mafia, vue par un « petit », mêlant les grandes figures de l’après-guerre aux personnages de fiction. Il ne rentre pas dans les détails de ce qui peut se passer tout en haut de la pyramide car le narrateur n’en a pas tous les tenants et les aboutissants. Cela donne un vrai roman, et pas un livre enquête comme peut les écrire James Ellroy.

Ensuite, il faut rendre hommage au traducteur qui donne la pleine mesure de l’écriture de Ellory. C’est un livre que j’ai dévoré avec énormément de plaisir, malgré des 650 pages qu’il comporte. La construction du livre alterne entre un chapitre pour Perez et un chapitre pour Hartmann et même si cela n’est pas original, cela donne un certain rythme entre d’un coté  le récit du tueur qui prend son temps et de l’autre le FBI qui court après une enquête dont les tenants et les aboutissants sont maitrisés par Perez lui-même.

Ne vous attendez pas à un style direct, ici, comme dans le précédent roman, on a affaire à de vraies phrases, de vraies descriptions, de vraies ambiances et de vrais personnages. Et on s’y croit, à Cuba, à New York, à Las Vegas ou à Chicago. On visualise très bien les quartiers, les villes, la vie qui évolue. Car c’est aussi une chose que j’ai adoré : Perez nous décrit sa vie, et montre les changements de son environnement. Et on voit très bien comment le monde change, avec son âge qui avance, et le fait que le monde va de plus en plus vite pour un homme qui va de plus en plus lentement.

Que dois-je dire de plus pour que vous courriez acheter ce livre et le dévorer ? Evidemment, il y a le suspense, lié à la tension des flics, qui cherchent désespérément cette fille, qui savent qu’ils se font manipuler par ce tueur, mais qui ne peuvent rien faire d’autre que de l’écouter en espérant qu’il laissera le bon indice en route. Et le lecteur fait plein de suppositions, plein d’hypothèses, jusqu’au dénouement final … Quelle maitrise, quelle construction. R.J.Ellory est décidément très fort.Et on retrouve ce qui semble être l’obsession de l’auteur : est-on maître de son destin ? Dans Seul le silence, la vie du personnage principal était guidée par les meurtres ayant lieu dans son enfance. Là, la vie des protagonistes (Hartmann et Perez) est très liée à l’environnement, en l’occurence au lien qui les unit à leur père respectif. Mais peut-être ce thème n’est-il qu’un hasard étant donné les dates de parution originale. Attendons les prochains opus traduits en français pour savoir. Et je peux vous dire que je suis impatient.

Le seul petit reproche que je ferai, par rapport à son précédent roman, c’est que je l’ai trouvé moins émouvant que le premier. Mais, y a-t-il une once de sentiment chez les gens de la mafia ? Le personnage de Hartmann, censé donner le change à Perez est tout de même moins passionnant que le récit lui-même. Mais passez sur ces considérations de détail, car il faut vraiment lire ce roman, 650 pages d’histoire passionnantes, écrites par un auteur définitivement doué pour la littérature, capable de nous mener par le bout du nez, et de nous manipuler pour notre plus grand plaisir. J’attendais beaucoup de ce roman, et je n’ai pas été déçu, loin de là. Pour sur, je lirai le prochain.

Pour votre information, l’auteur a un site personnel en Anglais, dans lequel on apprend qu’il a écrit sept romans (un par an !), et sur lequel on peut lire sa biographie, écrite avec un humour très british. C’est là : link

Le livre existe en format poche au Livre de poche

Les fantômes de Saint Michel de Jake Lamar (Rivages)

Jake Lamar fait partie des auteurs dont je lis tous les livres, ou du moins dont j’achète les livres dès qu’ils sortent. Forcément, j’avais été conquis par La caméléon noir et surtout Nous avions un rêve. Voici donc le petit dernier.

Marva Dobbs est une sexagénaire, propriétaire d’un restaurant situé sur la butte de Montmartre. Sa vie est un succès, pour elle et son mari, Loïc Rose, célèbre avocat parisien. En cet été 2001, elle vit une aventure extraconjugale (pas mal le terme !) avec un jeune cuisinier qu’elle vient d’embaucher Hassan Mekachera. Alors qu’un attentat vient de frapper le WORTHEE, un organisme culturel américain, le petite vie de Marva est chamboulée. A tel point qu’après un accident de voiture, elle se retrouve à l’hôpital. Loïc, son mari appelle alors leur fille, Naima, qui fait des études de cinéma aux Etats Unis. Et Naima débarque en France quand sa mère est soit disant enlevée par Hassan, quand son père disparait sans laisser de traces, et quand Hassan est soupçonné d’être un terroriste.

Jake Lamar est américain d’origine, vivant depuis plus de quinze ans à Paris dans le 18ème arrondissement. Alors, forcément, il connait Paris et le présente avec ses yeux à lui. Et, quand il nous décrit une portion de l’histoire de France, c’est pour ses lecteurs américains mais surtout sa façon à lui de s’imprégner de notre culture.

Ici, le sujet est plutôt orienté espionnage, avec de nombreux personnages plutôt secondaires, car le vrai sujet, c’est Naima. Elle qui a vécu vingt ans avec ses parents se retrouve au milieu d’un tumulte, en ayant l’impression que finalement, elle ne connait rien d’eux. Alors, elle court (car il se passe pas mal de choses tout au long de ces 300 pages) en se raccrochant à l’image qu’elle a d’eux.

Et puis, c’est le roman de l’avant 11 septembre 2001. Le ton est désinvolte, l’écriture assez épurée et rapide. Les personnages vivent comme s’il ne pouvait rien arriver. Il y a bien Al Qaida, des attentats en Afrique, mais c’est trop loin pour qu’on s’en inquiète ! cela en fait un bon petit roman léger.

Après Rendez vous dans le 18ème, que je n’avais pas du tout apprécié car trop superficiel, Jake Lamar revient à un niveau acceptable (par rapport à ce que j’en attends). L’intrigue se suit facilement, ça se lit vite, c’est agréable. Donc Jake Lamar revient à un bon niveau avec un roman plus ironique qu’humoristique, sympatique finalement. Et je trouve qu’il retranscrit assez bien l’innocence qui était la nôtre avant l’attentat du World Trade Center, et qui, sans qu’on le veuille a bien changé notre façon de voir le monde.

Un pied au paradis de Ron Rash (Editions du Masque)

Ce roman est le premier de cette rentrée 2009, que l’on m’a prêté, et autant vous dire tout de suite qu’il faut vous jeter dessus. Mon coup de cœur de septembre.

A Jocassee, au fin fond des Appalaches, Holland Winchester, qui revient de la guerre en Corée, disparait. Le sheriff Alexander est chargé de l’enquête ; il est le seul dans ce village des Etats Unis à avoir fait des études à l’université. La mère de Holland est sure que son fils est mort, car elle a entendu un coup de feu chez le voisin Billy. Mais on ne retrouve aucun corps. Mais, détrompez vous, ce n’est pas une enquête que l’on suit mais cinq voix qui racontent tour à tour leur version de ce drame et leur vie.

Le point fort de ce roman noir, poignant et sensible est sa narration et son écriture. Jamais il fait une démonstration de ce que fut la vie des champs dans les années cinquante. Cela se fait par petites touches, par les actions des protagonistes, par leurs remarques, leurs réactions. Il montre aussi comment les fermiers sont laminés par le progrès, leurs terres étant réquisitionnées pour créer un lac artificiel.

Mais ce n’est pas le sujet principal du livre. Ron Rash fait la part belle à ses personnages, avec une bonté et une humanité que je n’avais pas lues depuis longtemps. Il ne les juge jamais et creuse leur psychologie par petites touches, aidé en cela par son choix de la narration. Et là encore, il fait fort ; il choisit d’adapter son écriture et son style au personnage, avec une poésie simple, qui vient de la terre :

Le sheriff qui est le seul à avoir fait des études et donc qui a le respect de ses citoyens, précis, analytique, obstiné, persévérant mais avec des a priori

La femme du voisin qui est romantique, torturée par son envie de devenir mère, courageuse, toute en retenue, superstitieuse

Le voisin qui est un vrai fermier honnête, travailleur, foncièrement bon et croyant, et défenseur de son foyer

Le fils du voisin qui voit son éducation remise en cause

L’adjoint du sheriff qui clôt magistralement cette fresque du sud des Etats Unis.

Ce roman, qui aurait eu sa place dans le rayon Littérature est une grande découverte d’un auteur qu’il faudra suivre. Son amour pour ses personnages transparait dans chacune de ses phrases. On est loin des histoires contemporaines, violentes et sanglantes. Ici, tout se passe au rythme de la nature, du lever au coucher du soleil car l’électricité n’existe pas encore dans le sud des Appalaches. « Jocassee, c’était pas un coin pour les gens qui avaient un foyer. Ici, c’était un coin pour les disparus ». Il faut absolument que vous lisiez ce voyage dans un passé si proche mais qui vous paraitra si lointain. Mon coup de cœur du mois de septembre 2009.

Au pas des raquettes de Luc Baranger (Suite Noire n°31)

Vladimir Pichon est un militant communiste à la retraite. Il avait juré sur le lit de mort de son père qu’il ferait la peau des neuf professeurs qui lui ont mené la vie dure en 1965. En 2008, il en reste cinq, et il va tous les éliminer un par un. Alors qu’il vient d’apprendre qu’un de ses fils, trader, vient d’être poussé au suicide par un magnat de la finance, lui qui a toujours eu horreur du capitalisme décide que le chef de son fils doit mourir.

Encore un volume de cette collection Suite Noire qui vient de se faire connaitre via France 2. En effet, cet été, 8 romans ont été adaptés au format télévisuel. Je dois avouer que je n’en ai vu aucun … à cause de l’horaire tardif. Il n’empêche que je les ai tous, tous lus et donc voici l’avant dernier en date.

Je ne connais pas Luc Baranger mais je dois dire que ce livre m’a pris aux tripes, tant le rythme est rapide et l’humour omniprésent et corrosif. Faisant toujours appel à la culture, générale et contemporaine, le roman foisonne de bons mots ou d’excellentes phrases. Le personnage est bien décrit, mais un peu superficiel, et cela est seulement du au format obligé de l’exercice : 95 pages. Difficile de raconter une vie entière en si peu de pages !

La construction est faite de flash backs, mais il manque des liens (explicites ou pas) avec le moment présent. En bref, un bon petit livre qui n’est pas le meilleur de cette Suite Noire mais qui est bien agréable à lire. Et puis, la couverture est cartonnée et, franchement, j’ai vraiment l’impression de lire un vrai livre.

Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com