Le diable de verre de Helene Tursten (Michel Lafon)

J’avais découvert Helene Tursten et son personnage principal Irene Huss lors de la sélection Polar SNCF de l’année dernière. C’était Un torse dans les rochers. Voici donc une nouvelle enquête de notre inspecteur, une enquête bien complexe et fort bien menée.

Le proviseur d’un lycée prévient son ami Andersson, le chef de la police criminelle de Göteborg, qu’un de ses enseignants, le professeur Jacob Schyttelius, manque à l’appel. Andersson part avec l’inspecteur Irene Huss dans un cottage situé au sud de la Suède, perdu au fond des bois à côté d’un lac. Le professeur est retrouvé assassiné de deux balles dans la poitrine et dans la tête. Quand Irene va annoncer la nouvelle aux parents du professeur, le pasteur Sten Schyttelius et sa femme, sont découverts assassinés, couchés dans leur lit au presbytère avec chacun une balle entre les deux yeux.

Les points communs entre les deux meurtres sont qu’un pentagramme inversé (une étoile à cinq branches) a été dessiné sur l’écran de les écrans de leur ordinateur avec le sang des victimes et que le contenu des disques durs des ordinateurs a été soigneusement effacé. Très vite, la piste des satanistes semble évidente, d’autant plus que peu de temps auparavant, une chapelle a été brûlée par eux et que le pasteur était à leur recherche. De la famille, ne reste plus que Rebecka qui travaille à Londres. C’est une informaticienne de génie et Irene va devoir aller à Londres pour l’interroger, sachant qu’elle est en dépression, et qu’elle est entourée de deux personnages intrigants : son collègue de travail et son médecin psychiatre.

Que de mystère dans ce livre ! L’enquête se déroule lentement ,au rythme des interrogatoires fort bien écrits, et petit à petit, les langues se délient, les intrigues se nouent, les pistes se multiplient pour au final mieux nous perdre en conjectures et suppositions. Helene Tursten a un sacré talent pour nous mener par le bout du nez, et ce roman là est meilleur encore que le précédent. Car les dialogues sont mieux faits, les pistes plus nombreuses, l’intrigue mieux construite qui oscille entre église, satanisme et ambitions de chacun.

Le personnage de Irene Huss occupe clairement le devant de la scène. C’était moins évident dans le précédent. Elle a un don pour démêler les fils d’une pelote de laine bigrement compliquée. Et on retrouve ce que j’aime dans cette série, c’est le partage entre sa vie privée et sa vie professionnelle. Irene est confrontée à des horreurs dans son métier mais elle retrouve une certaine tranquillité avec sa famille. J’attends avec impatience le moment où son petit monde personnel va dérailler. Là, le personnage de notre inspecteur deviendrait l’égal d’un Wallander. Attention, je ne compare pas Helene Tursten à Hennig Mankell, mais si le personnage de Helene Tursten évolue dans un registre un peu plus noir, alors nous aurons droit à de grands moments de littérature policière.

Car c’est l’un des plus beaux compliments que l’on puisse lui faire. Les enquêtes sont fouillées, bien construites, les dialogues font avancer l’enquête, et la simplicité de l’écriture nous donne beaucoup de plaisir à la lecture. Dans ce genre de roman policier, on cherche le coupable en avalant les pages, on reste à l’affût d’une incohérence ou d’un indice tombé du ciel pour trouver un reproche à faire au roman. Mais non ! C’est du très bon roman policier élaboré avec minutie. De la belle ouvrage ! Et il ne reste plus qu’à attendre la prochaine enquête pour voir l’évolution du personnage féminin sympathique qu’est Irene Huss.

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La chronique de Suzie : Surhumain de Thierry brun (Nuit Blanche-Plon)

Voici le premier d’une toute nouvelle collection Nuit Blanche de chez Plon. Et comme je l’ai vu dans un autre blog, j’ai décidé de donner la parole à une invitée, une folle des livres à qui j’ai prêté le livre pour qu’elle me dise ce qu’elle en a pensé. Elle dévore énormément de romans de la fantasy au fantastique en passant par les thrillers. C’est une collègue de travail, avec une voix chantante qui a une grande qualité : elle a toujours le sourire, et c’est bigrement important. Voici donc la prose de Suzie :

 Le parrain de la région nancéienne a décidé de se retirer en beauté. Pour éviter la mise en place d’un second empire, Béatrice Rapaic est envoyée dans le but de faire tomber le Parrain avant son départ et démanteler le réseau local. Mais, pas facile d’être infiltrée dans ce milieu surtout lorsqu’on est une femme flic, un peu paumée et  qu’on se sent en contradiction avec ses convictions.

Dans ce contexte assez changeant, malsain arrive celui qu’on n’attendait plus : Thomas Asano, un enfant du pays, venu enterrer sa mère et qui en veut au parrain et à certains des membres de son entourage, en quête de revanche …

Au début, on ne sait pas trop où on tombe. On se retrouve projeté dans une histoire assez glauque, sans avertissement préalable. Et au fur et à mesure, on est comme happé par cette atmosphère décrite, par ces personnages et leur personnalité qui se dessinent par touches successives. C’est comme si on se retrouvait dans un tunnel et qu’on puisse voir une lumière tout au fond qui approche au fur et à mesure que l’on avance, que l’on court vers elle.

Ce livre se lit quasiment d’une seule traite tellement on veut savoir, sortir en pleine lumière. Le personnage de Béatrice est tout en contrastes. On a l’impression de voir un papillon essayer désespérément de sortir de sa chrysalide mais en rester prisonnier. Et le personnage d’Asano fait écho dans une certaine mesure à celui de Béatrice.

Personnages torturés et torturant, ce roman alliant flash-back et les événements en cours, vous hantera tant et si bien que vous ne le lâcherez pas avant la fin . Et là, vous vous direz : « déjà ? ».

Je n’ai pas grand’chose à rajouter aux propos de Suzie, je l’ai lu aussi, j’ai eu aussi un peu de mal à rentrer dans l’histoire. Mais on se retrouve vite emporté grâce à de nombreux personnages fort bien décrits et pas aussi lisses qu’il n’y paraît. Thierry Brun a construit son roman comme une toile d’araignée, tissant un à un les fils pour mieux les détruire. C’est aussi l’histoire de deux écorchés, qui sont destinés à tomber. Plus qu’un polar d’ambiance, c’est un polar de personnages. Le seul reproche que je ferai, c’est qu’il m’a manqué un peu de sentiment dans le style. Un roman à découvrir, et un auteur à suivre, assurément.

Merci à Emmanuelle Allibert pour la découverte de cet auteur. Merci à Thierry Brun pour son message lors de l’articleQuelques infos pour les mordus du noir et du thriller  

Un petit message à Suzie, pour finir : voilà, il ne te reste plus qu’à ouvrir ton blog.

Les raisons du doute de Gianrico Carofiglio (Seuil Policiers)

Il y a des auteurs que je suis, dont j’achète tous les livres les yeux fermés. Je ne sais pas exactement pourquoi, mais il suffit d’un livre qui me marque pour que je sois fidèle. Carofiglio fait partie de ceux là. Auparavant édité chez Rivages, on m’avait prêté les 2 premiers titres (Témoin involontaire et Les yeux fermés) que j’avais lus aussitôt. C’est pour Les yeux fermés que j’avais eu un coup de foudre. Voici donc la nouvelle enquête de Guido Guerrieri.
Giodo Guerrieri est applelé à la prison de Bari pour défendre un prévenu appelé Fabio Paolicelli, dit Fabio Ray-Ban. Celui-ci a été condamné en première instance pour trafic de drogue. Lors d’un voyage de vacances avec sa femme et sa fille dans le Montenegro, il est arrêté avec 40 kilos de cocaine dans sa voiture. Son avocat, Maître Macri Corrado s’est présenté lui même à Fabio pour assurer sa défense mais il n’a pas fait grand’chose pour le défendre.
Mais Guido connaît Fabio. Quand il était plus jeune, Fabio et sa bande de fascistes avaient agressé Guido pour lui voler sa parka. Comme il avait refusé, Guido s’était fait tabassé dans la rue, dans l’ignorance générale des passants. Par la suite, Fabio avait été impliqué dans l’assassinat d’un communiste sans être inquiété. Quand il rencontre la femme de Fabio, Natsu Kawabata, d’origine japonaise, il prend la décision de défendre un homme qu’il souhaite du fond du coeur voir croupir en prison. Et l’enquête commence.
Pourquoi est-ce que j’aime cet auteur ? Je me suis posé cette question en écrivant cet article.
D’abord, il y a le personnage de Guido. Il a la quarantaine, est divorcé, aime les femmes la boxe et les livres. Ici, il est taraudé par l’envie d’avoir un enfant, mais sa dernière copine en date vient de partir un an pour les Etats Unis. Il a une excellente répartie, mais il a un problème : il ne dit pas toujours ce qu’il pense. Et c’est très bien fait par Carofiglio, car il ponctue ses dialogues de pensées qui souvent n’ont rien à voir avec ce que Guido répond. Et cela donne des passages truculents.
Car l’humour est omniprésent, soit directement car Guido est un personnage humain et foncièrement optimiste, malgré ce qui arrive dans sa vie privée, soit indirectement par des remarques ou des pensées qui sont parfois décalées par rapport à la situation.  Et d’ailleurs, Carofiglio fait partie de ces auteurs qui adorent leurs personnages. Cela se sent à la lecture et c’est pour cela que c’est aussi agréable à lire.
La qualité de l’intrigue est aussi un des arguments forts, mais il y a aussi une véritable autopsie de la justice italienne. Dans ce roman, le sujet est les doutes d’un avocat envers un personnage antipathique et le fait qu’on ne convoque pas un confrère avocat; ça ne se fait pas. Et si, en plus, on tombe amoureux de la femme de son client, cela devient compliqué à gérer.
Enfin, l’écriture est limpide, simple, tellement simple. Parfois, on a droit à des traits de poésie, comme souvent dans la littérature italienne. Mais là où Grisham met son style au service de son intrigue, Carofiglio met son style au service de ses personnages. C’est baeucoup plus prenant et psychologiquement bien plus passionnant.
J’espère vous avoir donné envie de lire Gianrico Carofiglio. Celui-ci n’est pas mon préféré, mais comme tous les bons auteurs, il vaut mieux les lire dans l’ordre en commençant par Témoin involontaire (fous rires garantis) puis Les Yeux fermés (Génial) pour finir par celui ci qui est très bon, avec son humour léger, nostalgique et désenchanté, un excellent portrait d’un quarantenaire en proie à ses doutes et ses cicatrices.

Docteur à tuer de Josh Bazell (JC.Lattès)

Que d’éloges pour ce roman, aussi bien de ce côté ci de l’Atlantique qu’aux Etats Unis. Il a fait l’objet d’une publicité assez tentante et surtout les droits du livre ont été achetés par M.Leonardo Di Caprio. Bref, jusque là, rien ne me destinait à le lire. Ce qui m’a tenté c’est le sujet.

Le Dr Peter Brown est interne dans le pire hôpital de Manhattan. Quand il était adolescent, ses grands parents ont été assassinés. Il n’a eu de cesse de connaître le nom des vrais coupables pour se venger. Il apprend alors que ce genre de meurtres peut être perpétré par des jeunes truands désirant montrer à la mafia qu’ils sont de « bons » tueurs et qu’ils peuvent servir de porte flingue.

Il entre alors à l’université et fait tout pour devenir l’ami de Adam Locano, parce que sa famille est dans la mafia. Il a été tellement bien reçu, qu’il considère cette famille comme la sienne. Alors, pour Noel, Mme Locano lui demande ce qu’il veut pour Noel et il répond : « La seule chose dont j’ai envie, c’est de savoir qui a tué mes grands-parents ». De fait, il les retrouve et accomplit sa vengeance. Ce qui ne le réjouit guère.

 Lors d’une tournée de ses malades, il s’occupe d’un nouveau patient. Il s’appelle Eddy Squillante, il n’a plus que trois mois à vivre, il est inscrit sous un faux nom, ou un vrai. C’est difficile à dire, tout le monde vit sous des faux noms. Eddie reconnait en Peter Brown un implacable tueur de la mafia, que l’on appelait Griffe d’ours. Le docteur Brown est protégé et caché de la mafia pour avoir participé à l’arrêt de Locano. Eddy va se faire opérer. Le marché est simple, Peter doit tout faire pour que Eddy survive à son opération, sinon, la famille Locano sera au courant de l’endroit où il se cache.

C’est à une aventure de docteur dopé aux amphétamines. Cela va à toute vitesse avec pour unique but de nous divertir. Il fait bon parfois lire un roman sans autre arrière pensée que de passer un bon moment. Eh bien, celui là fait partie des bonnes surprises. Le rythme est surtout donné par la construction, faite de chapitres courts, eux mêmes entrecoupés de « passages »., en alternant entre passé et présent  Et comme le roman abonde de dialogues, très bien faits au demeurant, ça se lit vite, grâce à l’humour omniprésent.

D’ailleurs, on comprend pourquoi Leonardo Di Caprio a acheté les droits de ce roman : le roman est en lui même un scénario, avec peu de descriptions et des situations faciles à filmer. Si l’on ajoute à cela une bonne dose d’humour, mais pas de l’humour intellectuel, plutôt de bonnes réparties et des situations comiques, on tient là un bouquin qui fait passer du bon moment. Et Josh arrive à tenir la distance et le rythme jusqu’à la fin.

Deux trois petites choses m’ont un peu géné. Tout d’abord, je suis embetté quand on présente un tueur sous un aspect sympathique. Ensuite, quelques incohérences (dont la fin un peu floklorique) dans le scénario, pardon, le roman, font qu’on se pose parfois des questions qu’on oublie bien vite. Enfin, les notes en bas de page pour rajouter une note d’humour à la narration fait ralentir le rythme (si on les lit, mais j’ai vite arrêté) et m’ont semblé inutile.

Bref, ce fut une lecture bien agréable, un bon scénario pour un futur film à grand succès. Pour ma part, j’imagine plus George Clooney dans le rôle principal que Leonardo. Mais c’est peut-être parce que je n’aime pas tellement Leonardo ! Alors, plutôt que d’attendre que le film sorte pour le lire, soyez en avance sur votre temps. Lisez le maintenant.

Une histoire d’amour radioactive d’Antoine Chainas (Gallimard Série noire)

Voici donc le nouveau Chainas, auteur français à part dans le paysage littéraire et dont je lis tous les ouvrages depuis le début. C’est donc le cinquième roman après Aime-moi Casanova, Versus, Anaesthesia et Six pieds sous les vivants, et c’est un coup de coeur.

Une affaire secoue la France : Des malades incurables au stade terminal sont retrouvés suicidés. A chaque fois, ils sont atteints d’un mal qui se rapprocherait d’un empoisonnement, ils quittent l’hôpital de leur plein gré et sont retrouvés morts d’une mort volontaire. Et ils ont tous rencontré une jeune femme pendant leur maladie, belle à mourir.

Seuls deux flics Javier et Plancher ne croient pas aux coïncidences. Javier est un vieux de la vieille, Plancher un petit jeune. Ils vont tomber fous amoureux l’un de l’autre. Et quand Plancher tombe à son tour malade, Javier va mener l’enquête pour sauver le souvenir de l’amour de sa vie.

Un autre personnage parcourt cette histoire. Il s’appelle DRH (humour?), travaille dans une multinationale dont le but est de préparer les plans de licenciement pour des entreprises. Lui aussi tombe malade, lui aussi rencontre la jeune femme, artiste, qui se prénomme Veronika. Lui aussi va découvrir la valeur de la vie, de sa vie.

Antoine Chainas démontre une nouvelle fois qu’il est un personnage à part. Sa vision de notre monde, de notre société est d’une noirceur rare.  Cette Histoire d’amour radioactive est moins glauque que ses précédents romans, mais cela reste du noir pur jus, dopé à l’adrénaline. J’ai fait preuve de tant de naiveté quand j’ai attaqué ce livre, j’ai cru qu’il allait écrire un roman d’amour situé dans le milieu policier. Mais Avec Chainas, cela ne peut pas être une histoire d’amour comme les autres. Certes, ils sont homosexuels, mais ils sont aussi adeptes d’expériences que j’appellerais jusqu’au boutistes. En cela, ce roman, comme les précédents n’est pas à mettre entre toutes les mains.

Tout sonne juste dans ce roman : le style est court, précis, concis. Les dialogues formidables, les personnages vivants, l’intrigue menée au cordeau, les chapitres courts pour donner une impression de vitesse, car c’est une course contre la montre, une course contre la mort. Et les sujets de réflexion abondent de la vie de cadres dont le métier est de virer des gens pour atteindre leur objectif à celle plus philosophe de l’amour, de la valeur de la vie, mais aussi du conformisme, de la vie bien rangée que nous avons tous car la société nous formate pour ne pas dévier du bon sens commun.

Et là où Antoine Chainas fait fort, c’est que tout au long du roman, il joue avec le lecteur, écrivant des passages désespérés sur l’amour qui, par sa magie et sa maitrise, ne sont pas mièvres, pas lourds mais simplement beaux. Chainas nous a écrit un livre sur la beauté de la vie dans un monde qui court à sa perte. C’est aussi un livre sur la perte, sur la douleur, sur l’art, sur l’homosexualité, sur … Chacun y trouveras son compte, même si beaucoup de sujets sont effleurés pour mieux laisser le lecteur dans ses pensées.

C’est un livre que j’ai dévoré, parce que j’adore Chainas, parce que j’adore le noir, parce que j’adore le style. Comme tous ses romans, je n’arrive pas à le comparer à quelqu’un et c’est tant mieux. Mais il faut être prêt à voyager en sa compagnie dans son monde, dans sa vision de notre monde. Antoine Chainas n’est pas un extrémiste, c’est un marginal qui marche sur la ligne jaune, tout le temps en équilibre. De toute évidence, ce roman, comme les autres, suscitera beaucoup de commentaires, positifs ou négatifs. De toute évidence, ce roman, comme les autres, ne passera pas inaperçu et ne laissera pas indifférent. Moi, j’adore !

Chronique virtuelle : Chasse à l’épaulard de Williams Exbrayat (Storylab)

J’avais découvert un nouveau personnage, Maddog, sorte de détective privé créé par un jeune auteur, Williams Exbrayat. Dans un style vif et humoristique, nous assistions au sauvetage de la chienne de notre nouveau héros. Voici la deuxième aventure de Maddog.

Maddog est réveillé ce matin là par un coup de fil dont il se serait bien passé : Son ex-femme Lisa l’appelle au secours pour retrouver son amant (qui s’appelle Epaulard !). Il faut savoir que le nouveau chéri de Madame est aussi détective privé … mais dans le contrespionnage industriel. Comme leur relation n’est pas au beau fixe, Maddog est plus que réticent … pour finalement céder.

Direction Pau donc. Lisa lui explique qu’elle est enceinte et qu’elle est inquiète de l’absence de son futur mari. Elle est suivie comme son ombre par un garde du corps moustachu et muet, Louis ; Puis, elle lui annonce qu’Epaulard a été vu pour la dernière fois au bar CQ, et que l’associé de son futur mari s’appelle Duvernois. Epaulard et Duvernois se sont connus pendant la guerre de Yougoslavie avant de créer leur boite. Enfin, l’ami d’enfance d’Epaulard, Bastien Chevillard a lui aussi disparu … De quoi paniquer ! Mais c’est un verbe que Maddog ne connait pas.

Je pourrais redire ce que j’ai écrit à propos du premier roman de Williams Exbrayat, Chiennes Fidèles. Le roman est un vrai plaisir de lecture, du pur divertissement avec un personnage plein d’humour. C’est vif, ça court, ça frappe, ça va vite.

Par rapport au personnage, on le découvre toujours aussi violent. C’est-à-dire que quand il cherche une réponse, il ne perd pas de temps et commence par tirer une balle dans la jambe avant de poser la question. Maddog, c’est un peu l’inspecteur Harry … mais avec beaucoup d’humour et de dérision. D’ailleurs ne ratez sous aucun prétexte le bal masqué !

Ce qui est vraiment plaisant, c’est de voir que l’intrigue est moins simple que dans le premier roman, qu’elle s’étoffe, que les personnages sont plus nombreux et que malgré cela, l’auteur ne nous perd pas, il nous donne à lire un polar dont beaucoup seraient jaloux. Et le sujet s’avère plus noir, moins léger que dans le premier roman.

Car tout fonctionne dans ce polar, les personnages, les décors, l’intrigue. Bref, vous l’aurez compris : pour deux heures de lecture divertissantes, le contrat de williams Exbrayat est rempli et plus que rempli. Bref, tout cela est excellent ! Merci M.Exbrayat et à bientôt pour le prochain !

Kadogos de Christian Roux (Rivages Noir)

Je continue mon périple Polar SNCF printemps 2010 avec le dernier Christian Roux. Cet auteur là n’est pas une découverte ; j’avais entre autres adoré La bannière était en noir dans la série Suite Noire. Mais kadogos m’a laissé dubitatif.

Marnie est une tueuse à gages d’un type un peu particulier. Elle exécute des contrats sur des malades en phase terminale , pour abréger leur souffrance, mais aussi pour se soigner … Cette fois-ci, elle doit abréger la vie du beau-père de Catherine Berman. Sauf que, après son méfait, le corps disparaît et que Catherine Berman est retrouvée assassinée et découpée en morceaux.

Eustache est inspecteur de police et est chargé de l’enquête sur la massacre. Il a la garde d’un enfant Tony, dont la mère a été aussi assassinée. Avec la pression de sa hiérarchie et les problèmes liés à l’éducation du petit, il se débat pour découvrir la vérité mais aussi protéger son petit.

Et puis, il y a les Kadogos, ces enfants de 8 à 15 ans, qui sont entraînés à faire la guerre, à devenir des enfants soldats. L’histoire de ce petit groupe de cinq jeunes noirs est parsemée tout au long du roman, jusqu’au dénouement final.

L’un des atouts de ce roman est sa construction. L’auteur nous propose de lire le livre tel qu’il l’a voulu, c’est une sorte de Director’s cut. Mais il nous propose aussi de pouvoir lire cette histoire de façon chronologique (en suivant la numérotation des chapitres, et de placer les chapitres liés aux personnages où on veut. Je trouve cela assez amusant, même si je l’ai suivi tel qu’il est présenté et que je n’ai pas essayé autre chose.

La deuxième qualité du roman, c’est le contexte qu’il nous décrit. Christian Roux nous montre le coté sombre de l’âme humaine. Plusieurs aspects sont décrits dans ce livre dont les Kadogos, et j’ai appris plein de choses. Je ne peux malheureusement pas vous dévoiler les autres sujets pour ne pas couper court au suspense du livre. Mais certaines révélations (si on peut dire) mériteraient d’être mis en avant sur la place publique.

Mais malgré la construction impeccable, malgré le style direct et très agréable, je suis un peu resté sur ma faim. J’ai trouvé que tout cela manquait d’émotion, que tout était esquissé, ébauché. La faute peut-être à la volonté de faire un roman court, comme un coup de poing. Du coup, les personnages paraissent superficiels. Et, malgré une histoire passionnante qui se lit très bien et très vite, on se dit qu’il aurait pu tirer de ce sujet un gros roman génial.

Alors, ce roman est à lire pour les sujets qu’il aborde, pour sa construction originale et pour son intrigue impeccablement menée. Et comme c’est un roman de poche (et donc qu’il ne coute pas cher), le plaisir est plus que rentable. Avec un arrière goût amer, parce que j’en attendais plus.

Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com