Docteur à tuer de Josh Bazell (JC.Lattès)

Que d’éloges pour ce roman, aussi bien de ce côté ci de l’Atlantique qu’aux Etats Unis. Il a fait l’objet d’une publicité assez tentante et surtout les droits du livre ont été achetés par M.Leonardo Di Caprio. Bref, jusque là, rien ne me destinait à le lire. Ce qui m’a tenté c’est le sujet.

Le Dr Peter Brown est interne dans le pire hôpital de Manhattan. Quand il était adolescent, ses grands parents ont été assassinés. Il n’a eu de cesse de connaître le nom des vrais coupables pour se venger. Il apprend alors que ce genre de meurtres peut être perpétré par des jeunes truands désirant montrer à la mafia qu’ils sont de « bons » tueurs et qu’ils peuvent servir de porte flingue.

Il entre alors à l’université et fait tout pour devenir l’ami de Adam Locano, parce que sa famille est dans la mafia. Il a été tellement bien reçu, qu’il considère cette famille comme la sienne. Alors, pour Noel, Mme Locano lui demande ce qu’il veut pour Noel et il répond : « La seule chose dont j’ai envie, c’est de savoir qui a tué mes grands-parents ». De fait, il les retrouve et accomplit sa vengeance. Ce qui ne le réjouit guère.

 Lors d’une tournée de ses malades, il s’occupe d’un nouveau patient. Il s’appelle Eddy Squillante, il n’a plus que trois mois à vivre, il est inscrit sous un faux nom, ou un vrai. C’est difficile à dire, tout le monde vit sous des faux noms. Eddie reconnait en Peter Brown un implacable tueur de la mafia, que l’on appelait Griffe d’ours. Le docteur Brown est protégé et caché de la mafia pour avoir participé à l’arrêt de Locano. Eddy va se faire opérer. Le marché est simple, Peter doit tout faire pour que Eddy survive à son opération, sinon, la famille Locano sera au courant de l’endroit où il se cache.

C’est à une aventure de docteur dopé aux amphétamines. Cela va à toute vitesse avec pour unique but de nous divertir. Il fait bon parfois lire un roman sans autre arrière pensée que de passer un bon moment. Eh bien, celui là fait partie des bonnes surprises. Le rythme est surtout donné par la construction, faite de chapitres courts, eux mêmes entrecoupés de « passages »., en alternant entre passé et présent  Et comme le roman abonde de dialogues, très bien faits au demeurant, ça se lit vite, grâce à l’humour omniprésent.

D’ailleurs, on comprend pourquoi Leonardo Di Caprio a acheté les droits de ce roman : le roman est en lui même un scénario, avec peu de descriptions et des situations faciles à filmer. Si l’on ajoute à cela une bonne dose d’humour, mais pas de l’humour intellectuel, plutôt de bonnes réparties et des situations comiques, on tient là un bouquin qui fait passer du bon moment. Et Josh arrive à tenir la distance et le rythme jusqu’à la fin.

Deux trois petites choses m’ont un peu géné. Tout d’abord, je suis embetté quand on présente un tueur sous un aspect sympathique. Ensuite, quelques incohérences (dont la fin un peu floklorique) dans le scénario, pardon, le roman, font qu’on se pose parfois des questions qu’on oublie bien vite. Enfin, les notes en bas de page pour rajouter une note d’humour à la narration fait ralentir le rythme (si on les lit, mais j’ai vite arrêté) et m’ont semblé inutile.

Bref, ce fut une lecture bien agréable, un bon scénario pour un futur film à grand succès. Pour ma part, j’imagine plus George Clooney dans le rôle principal que Leonardo. Mais c’est peut-être parce que je n’aime pas tellement Leonardo ! Alors, plutôt que d’attendre que le film sorte pour le lire, soyez en avance sur votre temps. Lisez le maintenant.

Publicités

Une histoire d’amour radioactive d’Antoine Chainas (Gallimard Série noire)

Voici donc le nouveau Chainas, auteur français à part dans le paysage littéraire et dont je lis tous les ouvrages depuis le début. C’est donc le cinquième roman après Aime-moi Casanova, Versus, Anaesthesia et Six pieds sous les vivants, et c’est un coup de coeur.

Une affaire secoue la France : Des malades incurables au stade terminal sont retrouvés suicidés. A chaque fois, ils sont atteints d’un mal qui se rapprocherait d’un empoisonnement, ils quittent l’hôpital de leur plein gré et sont retrouvés morts d’une mort volontaire. Et ils ont tous rencontré une jeune femme pendant leur maladie, belle à mourir.

Seuls deux flics Javier et Plancher ne croient pas aux coïncidences. Javier est un vieux de la vieille, Plancher un petit jeune. Ils vont tomber fous amoureux l’un de l’autre. Et quand Plancher tombe à son tour malade, Javier va mener l’enquête pour sauver le souvenir de l’amour de sa vie.

Un autre personnage parcourt cette histoire. Il s’appelle DRH (humour?), travaille dans une multinationale dont le but est de préparer les plans de licenciement pour des entreprises. Lui aussi tombe malade, lui aussi rencontre la jeune femme, artiste, qui se prénomme Veronika. Lui aussi va découvrir la valeur de la vie, de sa vie.

Antoine Chainas démontre une nouvelle fois qu’il est un personnage à part. Sa vision de notre monde, de notre société est d’une noirceur rare.  Cette Histoire d’amour radioactive est moins glauque que ses précédents romans, mais cela reste du noir pur jus, dopé à l’adrénaline. J’ai fait preuve de tant de naiveté quand j’ai attaqué ce livre, j’ai cru qu’il allait écrire un roman d’amour situé dans le milieu policier. Mais Avec Chainas, cela ne peut pas être une histoire d’amour comme les autres. Certes, ils sont homosexuels, mais ils sont aussi adeptes d’expériences que j’appellerais jusqu’au boutistes. En cela, ce roman, comme les précédents n’est pas à mettre entre toutes les mains.

Tout sonne juste dans ce roman : le style est court, précis, concis. Les dialogues formidables, les personnages vivants, l’intrigue menée au cordeau, les chapitres courts pour donner une impression de vitesse, car c’est une course contre la montre, une course contre la mort. Et les sujets de réflexion abondent de la vie de cadres dont le métier est de virer des gens pour atteindre leur objectif à celle plus philosophe de l’amour, de la valeur de la vie, mais aussi du conformisme, de la vie bien rangée que nous avons tous car la société nous formate pour ne pas dévier du bon sens commun.

Et là où Antoine Chainas fait fort, c’est que tout au long du roman, il joue avec le lecteur, écrivant des passages désespérés sur l’amour qui, par sa magie et sa maitrise, ne sont pas mièvres, pas lourds mais simplement beaux. Chainas nous a écrit un livre sur la beauté de la vie dans un monde qui court à sa perte. C’est aussi un livre sur la perte, sur la douleur, sur l’art, sur l’homosexualité, sur … Chacun y trouveras son compte, même si beaucoup de sujets sont effleurés pour mieux laisser le lecteur dans ses pensées.

C’est un livre que j’ai dévoré, parce que j’adore Chainas, parce que j’adore le noir, parce que j’adore le style. Comme tous ses romans, je n’arrive pas à le comparer à quelqu’un et c’est tant mieux. Mais il faut être prêt à voyager en sa compagnie dans son monde, dans sa vision de notre monde. Antoine Chainas n’est pas un extrémiste, c’est un marginal qui marche sur la ligne jaune, tout le temps en équilibre. De toute évidence, ce roman, comme les autres, suscitera beaucoup de commentaires, positifs ou négatifs. De toute évidence, ce roman, comme les autres, ne passera pas inaperçu et ne laissera pas indifférent. Moi, j’adore !

Chronique virtuelle : Chasse à l’épaulard de Williams Exbrayat (Storylab)

J’avais découvert un nouveau personnage, Maddog, sorte de détective privé créé par un jeune auteur, Williams Exbrayat. Dans un style vif et humoristique, nous assistions au sauvetage de la chienne de notre nouveau héros. Voici la deuxième aventure de Maddog.

Maddog est réveillé ce matin là par un coup de fil dont il se serait bien passé : Son ex-femme Lisa l’appelle au secours pour retrouver son amant (qui s’appelle Epaulard !). Il faut savoir que le nouveau chéri de Madame est aussi détective privé … mais dans le contrespionnage industriel. Comme leur relation n’est pas au beau fixe, Maddog est plus que réticent … pour finalement céder.

Direction Pau donc. Lisa lui explique qu’elle est enceinte et qu’elle est inquiète de l’absence de son futur mari. Elle est suivie comme son ombre par un garde du corps moustachu et muet, Louis ; Puis, elle lui annonce qu’Epaulard a été vu pour la dernière fois au bar CQ, et que l’associé de son futur mari s’appelle Duvernois. Epaulard et Duvernois se sont connus pendant la guerre de Yougoslavie avant de créer leur boite. Enfin, l’ami d’enfance d’Epaulard, Bastien Chevillard a lui aussi disparu … De quoi paniquer ! Mais c’est un verbe que Maddog ne connait pas.

Je pourrais redire ce que j’ai écrit à propos du premier roman de Williams Exbrayat, Chiennes Fidèles. Le roman est un vrai plaisir de lecture, du pur divertissement avec un personnage plein d’humour. C’est vif, ça court, ça frappe, ça va vite.

Par rapport au personnage, on le découvre toujours aussi violent. C’est-à-dire que quand il cherche une réponse, il ne perd pas de temps et commence par tirer une balle dans la jambe avant de poser la question. Maddog, c’est un peu l’inspecteur Harry … mais avec beaucoup d’humour et de dérision. D’ailleurs ne ratez sous aucun prétexte le bal masqué !

Ce qui est vraiment plaisant, c’est de voir que l’intrigue est moins simple que dans le premier roman, qu’elle s’étoffe, que les personnages sont plus nombreux et que malgré cela, l’auteur ne nous perd pas, il nous donne à lire un polar dont beaucoup seraient jaloux. Et le sujet s’avère plus noir, moins léger que dans le premier roman.

Car tout fonctionne dans ce polar, les personnages, les décors, l’intrigue. Bref, vous l’aurez compris : pour deux heures de lecture divertissantes, le contrat de williams Exbrayat est rempli et plus que rempli. Bref, tout cela est excellent ! Merci M.Exbrayat et à bientôt pour le prochain !

Kadogos de Christian Roux (Rivages Noir)

Je continue mon périple Polar SNCF printemps 2010 avec le dernier Christian Roux. Cet auteur là n’est pas une découverte ; j’avais entre autres adoré La bannière était en noir dans la série Suite Noire. Mais kadogos m’a laissé dubitatif.

Marnie est une tueuse à gages d’un type un peu particulier. Elle exécute des contrats sur des malades en phase terminale , pour abréger leur souffrance, mais aussi pour se soigner … Cette fois-ci, elle doit abréger la vie du beau-père de Catherine Berman. Sauf que, après son méfait, le corps disparaît et que Catherine Berman est retrouvée assassinée et découpée en morceaux.

Eustache est inspecteur de police et est chargé de l’enquête sur la massacre. Il a la garde d’un enfant Tony, dont la mère a été aussi assassinée. Avec la pression de sa hiérarchie et les problèmes liés à l’éducation du petit, il se débat pour découvrir la vérité mais aussi protéger son petit.

Et puis, il y a les Kadogos, ces enfants de 8 à 15 ans, qui sont entraînés à faire la guerre, à devenir des enfants soldats. L’histoire de ce petit groupe de cinq jeunes noirs est parsemée tout au long du roman, jusqu’au dénouement final.

L’un des atouts de ce roman est sa construction. L’auteur nous propose de lire le livre tel qu’il l’a voulu, c’est une sorte de Director’s cut. Mais il nous propose aussi de pouvoir lire cette histoire de façon chronologique (en suivant la numérotation des chapitres, et de placer les chapitres liés aux personnages où on veut. Je trouve cela assez amusant, même si je l’ai suivi tel qu’il est présenté et que je n’ai pas essayé autre chose.

La deuxième qualité du roman, c’est le contexte qu’il nous décrit. Christian Roux nous montre le coté sombre de l’âme humaine. Plusieurs aspects sont décrits dans ce livre dont les Kadogos, et j’ai appris plein de choses. Je ne peux malheureusement pas vous dévoiler les autres sujets pour ne pas couper court au suspense du livre. Mais certaines révélations (si on peut dire) mériteraient d’être mis en avant sur la place publique.

Mais malgré la construction impeccable, malgré le style direct et très agréable, je suis un peu resté sur ma faim. J’ai trouvé que tout cela manquait d’émotion, que tout était esquissé, ébauché. La faute peut-être à la volonté de faire un roman court, comme un coup de poing. Du coup, les personnages paraissent superficiels. Et, malgré une histoire passionnante qui se lit très bien et très vite, on se dit qu’il aurait pu tirer de ce sujet un gros roman génial.

Alors, ce roman est à lire pour les sujets qu’il aborde, pour sa construction originale et pour son intrigue impeccablement menée. Et comme c’est un roman de poche (et donc qu’il ne coute pas cher), le plaisir est plus que rentable. Avec un arrière goût amer, parce que j’en attendais plus.

22 novembre 1963 de Adam Braver (Sonatine)

Encore un nouvel auteur, chouette ! Il faut dire que Sonatine ne m’a jamais déçu dans ses choix d’édition, avec écrivains ayant des styles dans des styles très différents. Alors voici le sujet de ce 22 novembre 1963 et ce que j’en pense.
La date du 22 novembre 1963 restera à jamais marqué dans les esprits comme étant le passage des Etats unis à l’age adulte. Avant, il y avait comme une insouciance, une assurance chez les Américains. Après, ce fut comme un coup de poing, comme un mauvais réveil. Ce jour-là, John Fitzgerald Kennedy était assassiné à Dallas. Et comme tout a été dit sur le sujet, ou presque, puisqu’on ne sait toujours pas (et on ne saura jamais) qui a perpétré ce crime, Adam Braver choisit de regarder à la loupe ces quelques jours à travers Jackie kennedy et quelques personnages qui ont entouré la première dame, pendant et après le drame.

On passera donc en revue Bobby Hagis, le fic motard membre de l’escorte à Dallas, Vernon O’Neal et Al Rike des pompes funèbres, Kenny O’Donnell conseiller du président défunt, Abe Zapruder un américain moyen qui a filmé la scène du crime ou bien le personnel de la Maison Blanche et en particulier Mlle Shaw qui s’occupe des enfants du couple Kennedy.

Dans ce roman apparemment basé sur beaucoup de petits faits réels, c’est le derrière du décor que Adam Braver nous fait visiter. Le personnage principal reste  Jackie Kennedy déjà fortement marquée par la perte de son enfant quelques mois après sa naissance. Elle a du mal à s’en remettre et c’est une femme abattue mais qui n’a pas le droit de le laisser transparaitre. Et on nous montre bien toute cette mécanique, car malgré tout ce qui se passe, the show must go on. Rien ne doit arrêter le gouvernement du pays.

Ensuite, d’une façon chronologique, Adam Braver choisit des personnages qui ont côtoyé de près ou de loin Jackie Kennedy. Les personnages sont très bien décrits, et l’auteur sait bien montrer les sentiments de tout un chacun envers le couple Kennedy avant et après le drame. Tous les personnages ont leur place dans le déroulement de ce drame, et la construction est très logique. Ce que je veux dire, c’est qu’il n’y a pas de surprises, tout s’enchaine comme dans un film américain, les scènes se succédant les unes aux autres.

Ce qui m’a surpris, c’est surtout l’impression qui ressort de ce livre. Je pense que cela vient du style mais je n’ai pas réussi à y trouver d’artifices particuliers. Le livre n’est pas déprimant, ne nous plonge pas dans l’horreur, ne fait pas de démonstration de personnes bien ou mal. En fait, ce livre est triste. Certes, les événements ne sont pas gais, mais il en ressort une impression globale de tristesse immense, pas de deuil. Ce n’est pas un défaut du livre, c’est même plutôt une qualité d’avoir ce ton uniformément pesant (sur mon moral, je veux dire).

Au-delà de ces qualités, on peut se demander quelle est la finalité de ce roman. C’est la question qui m’a taraudé l’esprit après l’avoir fini. Car, en dehors d’un bel exercice de style pour les Américains nostalgiques ou pour les historiens spécialisés dans les années 60, l’intérêt d’un tel livre sauf la peinture de quelques personnages face à un événement international qui les dépasse. De plus, à parcourir ces différents personnages, il n’y en a pas un qui n’aime pas Kennedy. C’est un peu difficile à croire, et cela dessert le roman au global : ce qui devait être un roman historique pointilleux se révèle un hymne à la gloire de Jackie Kennedy.

Alors, avec le plaisir de parcourir ce livre, avec tous ces beaux portraits, si vous ètes un passionné des Kennedy et des années 60, n’hésitez plus, jetez vous sur ce livre.

Les visages de Jesse Kellerman (Sonatine)

Alors, mais que vaut LE bouquin dont tout le monde parle en ce moment ? Il est partout, dans toutes les vitrines, et il faut dire que la couverture est esthétiquement superbe. Donc voilà ce que j’en pense.

Ethan Muller est galériste, et cela lui permet de vivre aisément. Un matin, Tony Wexler, le meilleur ami de son père, l’appelle sur son portable. Il lui demande de venir voir une oeuvre hors du commun, des dessins sur feuilles A4, dans un appartement situé dans un ensemble immobilier construit par son père. Arrivé là-bas, il découvre des dessins, tous numérottés, qui mis ensemble forment la plus incroyable des fresques. L’artiste, Victor Cracke, a disparu sans laisser de traces et le voisinage est incapable de décrire ce personnage si discret et retiré. Ethan tombe amoureux de cette oeuvre et décide de l’exposer et de la vendre par morceaux les quelques 135 000 dessins, qui représentent plus de 8 000 m². Le succès est au rendez-vous, jusqu’à ce qu’un ancien flic à la retraite, Lee McGrath lui dise que la partie centrale de l’oeuvre représente cinq visages d’enfants violés et tués vers la fin des années soixante. Le bruit finit par se répoandre et Ethan reçoit une lettre de format A4 où est écrit ARRETE sur toute la feuille. Il ne fait aucun doute que cela vient de Victor Cracke et Ethan décide de retrouver Victor avec l’aide de McGrath et sa fille Samantha qui est procureur.

Pour être complètement honnête, je n’étais pas très emballé par la lecture de ce roman. Il a fallu le conseil d’Aurore (link) et ceux de Samira, une amie pour que je me décide. La première raison est : Je n’aime pas trop les fils de fils de fils de … Or Jesse Kellerman est le fils de Jonathan et Faye Kellerman, deux grands auteurs américains. La deuxième raison est dans les citations du style « le meilleur thriller de l’année selon le New York Times ». La troisième raison est le résumé et l’accroche de la quatrième de couverture. Sur ce coup-là, ils en ont fait un peu trop. A les lire, on croit avoir entre les mains le chef d’œuvre du siècle.

Finalement, ce roman est ce que l’on appellerait un best seller thriller grand public. Si le sujet ne casse pas des briques, la façon que Kellerman a de mener son intrigue fait que cela se lit vite et avec intérêt. On a rapidement envie de savoir le dénouement et au final, j’aurais passé un bon moment.

Si l’on ajoute à cela que c’est un premier roman, je deviens plus indulgent sur les petits défauts (par moments, c’est bavard quand même), et au global, cette histoire de poursuite d’un serial killer qui est entrecoupée d’interludes sur la vie d’une famille sur plus de cent ans se révèle tout de même assez impressionnant. Kellerman a un talent pour relancer l’intérêt par des événements qui sont savamment placés en cours du récit. Parfois, ça se voit un peu trop (toutes les 50 – 60 pages environ) , mais ça se tient bien. Et surtout, on n’a plus envie de lâcher le livre. L’ensemble n’est pas génial mais agréable.

Alors, non, ce n’est pas un chef d’œuvre, mais c’est un bon roman qui vous fera passer de bon temps. En ce qui me concerne, je l’ai lu très vite (ce qui est déjà un signe) car l’intrigue est très bien ficelée.Et oui je vous le conseille pour peu que vous soyez fan de littérature prenante sans autre prétention que de dérouler une enquête de serial killer pas sanguinolente.

Trafic sordide de Simon Lewis (Actes Sud)

Première de mes lectures pour Polar SNCF 2010, voici donc ce Trafic sordide. Si le titre me parait un peu bizarre, c’est surtout le sujet qui me l’a fait choisir.

L’inspecteur Jian est chinois. Il reçoit un appel au secours de sa fille, qui fait ses études en Angleterre. Il décide de partir à sa recherche à titre privé, dans un pays dont il ne connaît rien. En effet, il ne parle pas Anglais. Il est issu d’une famille aisée. Ding Ming est un clandestin. Il débarque en Angleterre pour travailler dans le ramassage des coquillages. On le sépare de sa femme, dont on lui dit qu’elle va travailler au ramassage des fleurs. Il parle un peu Anglais, et est issu d’une famille pauvre. Son but est de ramasser de l’argent pour ensuite retourner au pays. Les deux hommes vont se rencontrer et s’allier dans leur recherche d’un membre de leur famille.

Comme je le disais plus haut, le sujet m’a plu. Il est dit sur la quatrième de couverture que l’auteur lève le voile sur un commerce sordide, plus lucratif que celui de la drogue : l’exploitation des migrants. Si le sujet est bien traité, j’ai surtout été surpris par la forme : Des chapitres ultra courts (entre deux et quatre pages), un style passe partout mais qui a l’avantage de se lire vite, et des sujets tout juste abordés, parsemés par ci par là.

Je m’explique : Jian débarque en Angleterre. Il ne connaît ni la langue, ni le pays. Il y a de quoi montrer son étonnement face à la ville occidentale, face au mode de vie qu’il croit comprendre. Là, Simon Lewis se contente de donner quelques détails, comme des publicités affichées dans la rue. Mais même là, les publicités comportent des jeunes femmes asiatiques.

De même, lorsqu’il prend le bus, il se pose des questions sur la façon d’acheter un billet, mais rien sur les stations. Rien non plus sur la façon de traverser la rue, alors qu’ils roulent à gauche.

Le sujet du dépaysement aurait pu être mieux abordé et donc nous immerger mieux dans cette histoire. Je ne peux pas dire que j’ai été déçu. J’ai lu ce livre très vite, car au final il se révèle très court, mais j’ai surtout une impression d’inachevé, ou plutôt que l’auteur est passé à côté d’un livre qui aurait pu être plus marquant que cela.

Cela en fait un bon roman mais seulement un bon roman. Son roman avait un potentiel pour en faire un livre génial : Un sujet original avec plein de sujets annexes. Mais il en ressort à mon goût un bon roman agréable à lire mais qui risque d’être aussi vite oublié qu’il a été lu.

Ce blog a pour unique but de faire partager mes critiques de livres qui sont essentiellement des polars et romans noirs. Pour me contacter : pierre.faverolle@gmail.com