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Une affaire d’hommes de Todd Robinson

Editeur : Gallmeister

Traducteur : Laurent Bury

On reprend les mêmes acteurs, on reprend les mêmes ingrédients, et on recommence. Globalement, ce roman est la suite directe de Cassandra et en cela, on y retrouve le même plaisir dans ce polar de baston.

On retrouve Boo et Junior, ami depuis leur adolescence, quand ils se sont connus dans l’orphelinat de Saint Gabriel. Depuis, ils sont à la tête d’une boite de videurs, 4PC (Plans Pourris Pour Pas Chers) et œuvrent dans une boite de nuit appelée le Cellar. Cette nuit-là , ils ont été obligés de virer manu militari des hooligans qui attendaient le concert de Jason St John, chanteur des Kingly. Après avoir jeté les malpropres, ils ont pour mission de surveiller Jason St John, le chanteur, mais celui-ci leur échappe.

Ils le retrouvent au Raja, une boite connue pour être une des plaques tournantes de la drogue. Le raja est gardée par IronClad, des concurrents à 4PC. L’entrevue se termine par une baston dans l’antre même de Summerfield, le parrain de Boston. De retour au cellar, Boo et Junior sont inquiets : sans aucun doute, les gars d’Ironclad vont se venger et faire une descente. Finalement, Summerfield himself vient avec son armée. L’affaire se termine au corps à corps entre Boo et Summerfield et Boo prend cher.

Deux événements vont faire que Boo et Junior vont s’enfoncer dans la merde : L’un des mecs qui a tabassé Junior s’appelle Byron et bosse pour IronClad. Et au raja, Boo a vu Summerfield poser ses mains sur Kelly, son ex. Une vengeance s’impose. Alors, ils vont faire sa fête à Byron … Mais après ce petit moment de distraction, ils apprennent que l’on a retrouvé le corps de Byron. Les choses se gâtent …

On retrouve les deux mêmes personnages avec le même principe de narration : Boo raconte l’aventure, les dialogues fusent et c’est bourré d’humour. Alors, qu’est-ce qui change par rapport à Cassandra ? C’est relativement simple : l’intrigue est plus complexe, et donc mieux construite, il y a plus de baston, plus d’alcool, plus de femmes, plus de quiproquo, plus de tout. J’ai eu l’impression que l’auteur a cherché à faire mieux que le premier, ou du moins plus fort.

Pour autant, je dois dire que les deux énergumènes sont toujours aussi cons et aussi casse-cous. Toujours aussi cons, parce que le titre, qui peut paraitre énigmatique, se justifie totalement, et que cela nous donne quelques scènes vraiment poignante. Toujours aussi casse-cous car le nombre de scènes de bagarre a augmenté et que les états d’âme de Boo vont nous le rendre encore plus humains. On a aussi droit à de nombreux passages sur le passé de Boo et Junior, qui sont vraiment un plus dans la construction de leur psychologie respective.

La seule remarque ou bémol que j’y apporterais, est que cela fonctionne à fond tant que Boo et Junior sont ensemble. Dans cette aventure, ils vont être séparés, et j’ai trouvé que l’absence de Junior nous privait de cet humour qui rend cette série si indispensable. Malgré la présence de Twitch, un ami qui va les aider et qui est plus con encore qu’un Koala en pleine sieste, mais plus dangereux qu’un ours après une diète de huit jours, je dois dire que l’absence se fait sentir. Ce qui fait que le début est mouvementé, le milieu moyen et la fin géniale. Et quand je dis moyen, Todd Robinson nous donne un chapitre 13 qui est d’une longueur invraisemblable (80 pages) alors que ses romans ne fonctionnent bien que quand il y a du rythme et des dialogues qui pètent, donc quand les chapitres sont courts.

Dire que j’ai été déçu par ce roman est largement exagéré. J’ai pris mon pied au début et à la fin, et été ennuyé au milieu. Mais cela m’a permis aussi de comprendre que ce roman ne fonctionne qu’avec son couple de videurs au complet. Dès qu’il en manque un, le moteur tourne moins rond. Pour autant, les 120 dernières pages sont géniales et il serait dommage de passer au travers car elles sont une pierre de plus pour comprendre et apprécier Boo et Junior. A la prochaine, donc !

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Cassandra de Todd Robinson

Editeur : Gallmeister

Traducteur : Laurent Bury

Alors que je m’apprêtais à lire Une affaire d’hommes, le petit dernier de Todd Robinson, Marie-France que j’avais rencontré aux Quais du Polar m’a conseillé de commencer par Cassandra, son premier roman. Et comme il venait de sortir en format poche, l’occasion faisait le larron.

Quatrième de couverture :

Boo et Junior ne se sont pas quittés depuis l’orphelinat. Aujourd’hui adultes, ils sont videurs dans un club de Boston. Avec leurs deux cent quinze kilos de muscles et leurs dix mille dollars de tatouages, ça leur va plutôt bien de jouer les durs. Mais quand on leur demande de rechercher la fille du procureur de Boston qui a disparu, ils vont devoir recourir à autre chose qu’à leurs biceps. Que la gamine fasse une fugue, soit. Il faut bien que jeunesse se passe. Mais quand elle se retrouve sous l’emprise de ses mauvaises fréquentations, c’est une autre histoire.

Mon avis :

Ah, que j’aime les polars de détectives. Encore plus, quand il s’agit de purs amateurs ! Boo et Junior se sont connus dans un orphelinat et ne se sont plus quittés. Boo, qui est le narrateur de cette histoire, ne cache rien quant à ses états d’âme. Pour eux deux, le mot d’ordre est amitié et loyauté à tout prix. Ce couple de gros bras a créé une entreprise de videurs appelée 4PC, Plans Pourris Pour Pas Chers (hommage à Dirty Deeds Done Dirt Cheap de AC/DC). Et pur arrondir leur fins de mois, ils acceptent de rendre service et de résoudre des affaires.

Le cas qui se présente à eux est la disparition de la fille du procureur, Cassandra, âgée de 14 ans. Si nos deux amis sont de grosses brutes, ils ont aussi un cœur quand on leur promet un chèque avec beaucoup de zéros dessus. Ils ont aussi un sens de la moralité qui, allié à une envie de rentrer dans le tas, fait des dégâts. Et quand nos deux compères découvrent que la petite Cassandra a tourné un film porno, ils voient rouge !

Les couples de détectives, ça marche bien à partir du moment où on y croit. Avec Todd Robinson, on n’a pas le temps de réfléchir, ça fonce, ça bastonne, ça boit de l’alcool et ça nous malmène comme un film d’action. Le but n’est pas de revendiquer quoi que ce soit, mais bien de faire passer un bon moment de divertissement. Et grace aux dialogues nombreux et bourrés d’humour, ce roman se lit comme du petit lait. On rigole beaucoup, on en oublie que l’intrigue avance par à-coups, et on a même droit à quelques rebondissements qui font que l’on classera ce roman parmi les bons souvenirs.

Vous l’aurez compris, un roman d’action de série B pendant lequel on s’amuse beaucoup, c’est bien. Mais quand il s’agit de les regarder foutre des beignes à des gens qui le méritent, ça peut être jouissif. Et puis, franchement, j’adore quand Boo et Junior sont devant une porte en train de discuter de leur plan pour entrer. Boo demande si Junior a un plan. Non ? Bon, alors on fonce ! Fendard !

Brutale de Jacques-Olivier Bosco

Editeur : Robert Laffont – La Bête Noire

C’est avec un grand plaisir que je vous présente le tout dernier Jacques-Olivier Bosco, dit JOB. Et quand on attaque un livre de JOB, il vaut mieux avoir la santé, car ça va vite, très vite. Place à l’action !

Quatrième de couverture :

Elle est jeune. Elle est belle. Elle est flic. Elle est brutale.

Des jeunes vierges vidées de leur sang sont retrouvées abandonnées dans des lieux déserts, comme dans les films d’horreur. Les responsables ? Des cinglés opérant entre la Tchétchénie, la Belgique et la France. Les mêmes qui, un soir, mitraillent à l’arme lourde un peloton de gendarmerie au sud de Paris.

Que veulent-ils ? Qui est cet « Ultime » qui les terrorise et à qui ils obéissent ?

Face à cette barbarie, il faut un monstre. Lise Lartéguy en est un. Le jour, elle est flic au Bastion, aux Batignolles, le nouveau QG de la PJ parisienne. La nuit, un terrible secret la transforme en bête sauvage. Lise, qui peut être si douce et aimante, sait que seul le Mal peut combattre le Mal, quitte à en souffrir, et à faire souffrir sa famille.

Mon avis :

Je connais peu d’auteurs qui œuvrent sur le créneau du roman d’action pure. Je connais encore moins d’auteurs qui le font avec un tel talent. Comme je le disais plus haut, quand on ouvre un livre de JOB, il vaut mieux être en bonne santé, et se préparer à un sprint. Avec Brutale, le sprint va durer 400 pages, dans une course effrénée contre des monstres qui, je l’espère, n’existent pas et n’existeront pas.

Il ne faut pas chercher de message dans ce livre, mais pour autant, on y retrouve les mêmes thèmes qui sont la justice ou l’injustice, et la vengeance expéditive. Le personnage qui va incarner ces thèmes se nomme Lise Lartéguy. Depuis sa plus tendre enfance, elle a des accès de violence qui mettent en danger ses proches. Grace à son père, elle entre dans la police et s’avère être une enquêtrice chevronnée mais totalement hors contrôle. Et lors de ses accès de rage meurtrière, elle devient aussi féroce et mortelle que les ennemis qu’elle pourchasse.

Et c’est parti pour 400 pages de folie. JOB maitrise parfaitement le sens du rythme, alternant les scènes d’action effarantes avec des pauses fort bien venues où il peut approfondir la psychologie de ses personnages. Cela donne un livre que l’on ne peut pas lâcher de la première à la dernière page. Je peux vous garantir qu’il y a des scènes d’action dans ce roman qui sont tout simplement époustouflantes, tout cela grace à ce style si évocateur et visuel et aussi grace à cette faculté de ne dire que ce qui est nécessaire.

Il faut tout de même ajouter que le but des romans de Job n’est pas d’être toujours crédible. Les méchants sont très méchants, les innocents sont gentils. Les traits sont grossis à la limite de la caricature, comme ce que fait Tarantino au cinéma. Et quand il nous lance dans le feu de l’action, la lecture est tout simplement jouissive. J’y ai juste trouvé quelques indices qui tombent du ciel pour guider Lise dans sa quête et j’ai trouvé cela dommage.

Par contre, j’ai eu beaucoup de plaisir à retrouver un personnage que j’aime beaucoup (le Cramé) ainsi que Mako (hommage à Laurent Guillaume), croisés au fil des pages. Et puis, j’y ai trouvé une bande son qui me parle, essentiellement rock (AC/DC, Unwalkers, U2 …) ou bien faite de bruit et de fureur, avec quelques passages de douceur dont Amy Winehouse. Cela donne aussi le ton de ce livre, qui alterne entre action et calme et qui procure une sensation de passer du bon temps. De la bonne vraie littérature divertissante et populaire, quoi !

Ne ratez pas l’avis de l’ami Claude

Les anges sans visage de Tony Parsons

Editeur : La Martinière

Traducteur : Pierre Brévignon

J’étais passé au travers de la première enquête de Max Wolfe, Des garçons bien élevés, dont j’avais lu et entendu beaucoup de bien. La sortie de ce roman est l’occasion de tester un nouvel auteur mais aussi un nouveau personnage récurrent. Eh bien, le seul conseil que je peux vous donner, c’est : Accrochez vous !

En ce réveillon de la Saint Sylvestre, les festivités vont bon train. Dans un quartier riche de Londres, le petit Marlon Wood est réveillé par du bruit dans la maison. Quand il entend son père hurler de douleur, il pense à sauver sa sœur puis il s’enfuit. Il cherche à alerter les voisins mais peu de maisons sont allumées. Alors qu’il se dirige vers l’une d’elles, une voiture lui passe dessus et le conducteur sort de sa voiture pour le ramener chez lui, en le trainant par le pied.

La brigade des homicides est appelée sur le lieu du crime. La famille Wood vient d’être massacrée chez elle. Il semblerait que la mère ait connue une mort rapide, le père a été torturé et les deux enfants tués. La famille Wood a connu son heure de gloire : Le père Brad est agent sportif. Il a épousé Mary, une sportive accomplie qui a participé aux Jeux Olympiques de Lillehammer. Si elle n’a pas remporté de médaille, elle a défrayée la chronique en annonçant publiquement qu’elle était vierge et se réservait pour son futur mari, d’où son surnom de « La Vierge de Glace ». Depuis, le couple est resté présent dans la presse people, affichant son bonheur sur tous les réseaux sociaux.

Mary étant issue de la riche famille Gatling, les media font pression sur la police pour trouver l’auteur de ces meurtres. Puis, on s’aperçoit que les Wood avaient un troisième enfant, Bradley, âgé de 4 ans. Puisque son corps n’a pas été retrouvé, c’est donc qu’il a été enlevé. Une véritable course contre la montre débute alors pour Max Wolfe.

Quand j’ai commencé cette lecture, je m’attendais à un roman policier tranquille peinard. Et au bout du compte, j’ai pris une belle claque. Car ce roman se rapproche plus d’un roman d’action que d’un roman d’énigme à la Agatha Christie. Et de la première à la dernière page, les événements s’enchainent et se déchainent contre notre personnage principal … à propos duquel je vais revenir plus tard.

Action au programme donc, mais aussi et surtout une peinture bien noire de la société même si ce n’est pas forcément le sujet principal du livre. On navigue dans un Londres séparé en deux, avec d’un coté les riches enfermés dans leurs quartiers sécurisés, dans leurs maisons emplies d’alarmes anti-vol et de l’autre coté les Gens du voyage, montrés du doigt par les gens, accusés de tous les maux. Au milieu de tout cela, les flics qui essaient de faire leur boulot … dans un monde ultra violent.

Et même si la violence n’est pas décrite explicitement, elle est bien là dans toutes les lignes. Elle est bien là  par la tension que font naitre toutes les scènes imaginées par Tony Parsons. Elle est là dans les dialogues tranchants et les menaces sous-jacentes et voilées que l’on ressent derrière chaque mot. D’ailleurs, je tire un coup de chapeau au traducteur, même si l’abus d’acronyme et leur traduction a ralenti ma lecture et m’a un peu énervé si bien que je les ai sautés. Et ne croyez pas que la violence ne touche que certaines personnes : même les flics sont pris à parti, les enfants sont soumis à des souffrances inimaginables, nous sommes en plein dans le domaine du no limit révoltant.

Et à coté de cette violence, l’argument définitif qui doit vous décider à lire ce roman, c’est la vie de famille de Max Wolfe. Max est séparé de sa femme et se retrouve à élever sa fille de 5 ans tout seul. Cela nous donne des scènes d’une grande sensibilité, et montre la façon dont Max Wolfe arrive à séparer le domaine professionnel du monde personnel. Et puis, avec tous ces personnages si bien écrits, cela offre plein de possibilités à venir !

Et puis, il y a ce style fantastique. Tout est écrit en précision et concision, tout en étant parfaitement explicite, compréhensible. Il y a une vraie fusion entre l’auteur et son personnage, on ressent en tous cas son plaisir à faire évoluer Max. Pour tout vous dire, quand j’ai fini le livre, j’ai regardé la nationalité de l’auteur, car tout au long du livre, j’ai cru qu’il était Irlandais. Mais non, il est bel et bien Anglais ! Bref, voilà un roman que je vous recommande très chaudement sachant que le premier tome vient de sortir en format poche et que vous allez bientôt en entendre parler sur Black Novel.

En tous cas, ne ratez pas les avis de l’ami Claude et Polar noir et blanc

Cavale pour Leïa de Marius Faber

Editeur : Toucan

Ce roman est une magnifique surprise. Il ne fait nul doute qu’il mérite un grand succès, et je suis sur, ou du moins, j’espère qu’il vous accompagnera sur les plages ensoleillées cet été, car vous tiendrez là un pur roman d’action. De l’action pure du début à la fin de ce roman qui comporte tout de même 520 pages.

Pierre Sic est un ancien militaire, ayant fait partie du Régime d’Infanterie de la Marine (RIMA, pour les ignares). D’un instinct bagarreur, à l’aise dans l’action, à la recherche d’émotions fortes, Pierre se laisse souvent emporter trop facilement par ses émotions. A la sortie de l’armée, il s’est reconverti en photographe de mode. C’est là qu’il a rencontré Annaleïa, l’Amour de sa vie.

Un an auparavant, ils finissaient des prises de vue à Saint Martin, et dégustaient un excellent repas avant de rejoindre la métropole pour se marier. Après une dispute idiote, Leïa sort du restaurant en colère. Pierre la rattrape en voiture, cherche à lui faire entendre raison, mais elle refuse toute concession. Quand il se gare un peu plus loin, et qu’il revient sur ses pas, à pied, elle a disparu. Cela fait un an qu’il déprime.

Ce matin là, son impresario, Gaston, aussi propriétaire de l’agence de mannequins Fashion Victim l’appelle. Il lui annonce qu’une autre de ses mannequins Lisa vient de disparaitre à Saint Martin. Comme il connait son passé de militaire, il lui demande un service : aller enquêter sur place. Peu intéressé de remuer un passé douloureux, Pierre lui promet tout de même de passer le soir même chez lui. Quand il arrive sur place, il y trouve deux corps, Gaston et Christelle son bras droit, et panique : il ferait un coupable idéal. Harcelé par Dallemagne, capitaine de police, son sang ne fait qu’un tour et s’embarque pour Saint Martin. Le marathon peut commencer …

Si mon résumé peut vous paraitre linéaire, sachez qu’il n’en est rien dans le roman. Les faits liés au passé de Pierre sont distillés au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue de façon très intelligente, très professionnelle, très maitrisée. Et c’est bien cela qui est remarquable dans ce roman : cette impression de facilité que l’on a tout au long de la lecture de ce beau pavé.

Ne vous y méprenez pas ! Si j’ai dit pavé, ce n’est en rien péjoratif. Du début à la fin, j’ai couru, j’ai couru, j’ai couru … à en perdre haleine. Car vous allez vous trouver avec un roman d’action, dans la plus pure tradition du genre, un vrai polar de divertissement très haut de gamme. En fait, Pierre Sic va nous emmener dans sa folie, son besoin d’action, à un rythme effréné du début à la fin. Vous avez bien entendu, le rythme ne va jamais baisser, les scènes vont se suivre, dans un déroulement parfaitement logique, et le lecteur que je suis, s’est laissé prendre, et a avalé ce roman en à peine trois jours. Ce premier roman est tout simplement incroyable.

Dans le roman, on y trouve tout de même deux parties, chacune liée à la motivation de Pierre Sic. La première est le besoin viscéral d’action pour partir à la recherche de la top-modèle disparue, Lisa. La deuxième est l’espoir de retrouver Leïa vivante. Tout cela pour vous prouver que, même si on est dans un excellent film, pardon, livre d’action, il n’est pas exempt de psychologie. De même, le style est très humoristique, plein d’autodérision, et tout cela ajoute au plaisir de la lecture.

Je vais vous dire : cela faisait un bout de temps que je n’avais pas lu un roman d’action aussi ébouriffant, aussi époustouflant, aussi épuisant. Cela faisait même une éternité qu’à la fin d’une lecture, je n’étais pas sorti avec un grand sourire, à la fois content du dénouement, mais aussi heureux d’avoir parcouru ce marathon, comme soulagé de l’issue proposée par l’auteur. Cela faisait longtemps que je n’avais pas fini un roman aussi fatigué, au sens propre comme au figuré. Bref, allez-y les yeux fermés, ce premier roman est une véritable bombe.

Je ne peux que vous conseiller l’avis de l’ami David qui a lui aussi adoré.

Haïku de Eric Calatraba (Editions Sudaresnes)

Voici un premier roman qui, après être sorti en deux tomes en version électronique, est sorti en version papier aux éditions Sudaresnes. C’est un roman d’action, dans la pure tradition du genre, c’est du très bon.

Raphaël est de retour à Nice. Après avoir passé quelque temps à Paris, le voici de retour dans son pays, après avoir obtenu sa mutation au commissariat de cette belle ville méditerranéenne. C’est un homme qui porte en lui la mort de sa femme et élève seul sa fille Lila, sa raison de survivre. Alors qu’il rentre d’une soirée, il se fait aborder par trois hommes qui veulent son fric. En deux temps, trois mouvements, les trois hommes sont en fuite. Raphael est le plus jeune 7ème dan de Aïkido.

Au même moment, une trentaine de russes débarquent à l’aéroport de Nice. Quelque temps après, ils embarquent à bord d’un gigantesque yacht. Rachovsky accueille ses invités. Arrivé dans les eaux internationales, ils commencèrent leur présentation pour des investissements immobiliers. Un peu plus tard, ils annoncent avoir découvert un traitre, et le tuent avant de jeter le corps à la mer.

Raphaël fait la connaissance de Lucchi, son partenaire. Son surnom, Lucchi Luke, fait référence à sa rapidité pour faire feu et mouche. Leur première affaire est étrange : Ils doivent trouver le coupable d’un meurtre sur un Russe, Oulov, tué par un homme en moto, dans un parking d’Antibes, qui lui a coupé une main avant de le bruler avec de l’essence. Surtout, un haïku est tagué sur le mur :

La fin de l’hiver.

Tailler le buisson malade.

Brûler les épines.

Eric Calatraba, avec ce premier roman, se lance à corps perdu dans l’écriture de polars. Et c’est une franche réussite. Car, pour tout vous dire, ce roman m’a accompagné lors d’un voyage, et je n’ai pu le lâcher avant de l’avoir fini, le soir, très tard. Je ne vais pas vous dire que c’est un chef d’œuvre, mais c’est un pur roman d’action comme on en lit rarement. Du moins, comme on en lit rarement de bons. Car c’est extrêmement difficile d’aller intrigue, psychologie et action, tout en tenant le lecteur en haleine.

Donc, Eric Calatraba a suivi les codes du roman d’action, voire du thriller, même si le scenario lorgne plutôt du coté de l’enquête policière. La logique de la progression est impeccable, il n’y a aucun indice qui tombe du ciel et c’est un vrai plaisir à lire, aidé en cela d’un style simple mais efficace. Ce roman nous permet aussi de beaucoup voyager, de Nice à la Suisse, en passant par la Russie, le Japon ou même l’Italie (je crois que je les ai tous cités).

On peut se demander si le fait de divulguer le nom de l’assassin vers le milieu du livre est une bonne chose. En fait, cela a peu d’importance, puisque la clé est plutôt à chercher du coté de la motivation du tueur. Et là, je dois dire que Eric Calatraba fait fort, dénonçant dans un chapitre terrible des horreurs que je ne peux que vous engager à lire. En cela, avec ce mélange de polar et de sujet grave, cela m’a fait penser à Maurice Gouiran.

Il y a aussi ce personnage de Raphaël, qui tient une place prépondérante dans le roman, et qui, même s’il est très gentil et lisse, nous permet de nous initier à ses passions. Tout d’abord la moto, qui personnellement me laisse de marbre ; l’opéra ensuite ; mais c’est surtout avec ces quatre-cinq chapitres se déroulant au Japon que l’on peut lire les meilleurs morceaux. C’est non seulement beau, cette éducation d’un expert en Aïkido, et c’est surtout extrêmement bien décrit, tellement bien fait que c’en est passionnant.

Tout est fait pour que l’on arrive à un final époustouflant. Celui-ci arrive avec une course poursuite à en perdre le souffle, en moto, à travers les petites routes du sud de la France. On pourra reprocher quelques scènes moins fortes, mais ce serait vraiment pinailler, car ce roman est bluffant. Avec ce roman, Eric Calatraba joue sa carte à fond, met les gaz, vous met à terre d’un mouvement et vous en met plein les oreilles sur un air de la Tosca. En tous cas, Haïku n’a rien à envier aux maitres du genre.

Dari Valko épisodes 3 et 4

Cela fait deux ans que je suis Dari Valko, cet ancien légionnaire embringué dans des affaires pas possibles. Etant détective privé, il accepte surtout des travaux de garde du corps et cela se termine toujours avec des scènes de bagarre et un dénouement inattendu. Mais cela ne serait guère intéressant s’il n’y avait ce style si particulier qui interpelle le lecteur et cet humour omniprésent. En lisant les romans les uns à la suite des autres, je vois les progrès de cet auteur, et cela me remplit de joie.

 Tranquille le chat

Tranquille le chat !

Tu prends la mafia albanaise, un gang de sales gosses déchaînés, une chatte hystérique, un gros bonnet d’internet, quelques putes, un clan d’Algériens déjantés, un maître chanteur, et une voisine disparue, tu mets tout ça dans un bouquin, tu secoues bien fort ! Qu’est-ce que t’obtiens ? Ma dernière aventure, ma poule ! Et pour tout te dire, j’ai cru que c’était VRAIMENT ma dernière ! J’en ai pris plein la gueule pour pas un rond. Et tout ça pour que tu puisses te marrer à mes dépends !

Non mais j’te jure, c’est pas une vie, la vie qu’on vit !

Mon avis :

Même si Dari n’est pas affublé de son oncle, hospitalisé pour un calcul rénal, les embrouilles vont aller bon train dans ce roman. On sent une vraie évolution chez cet auteur. L’intrigue est beaucoup plus fouillée, et surtout, il y en a deux en parallèle ; C’est une nouveauté. Et puis, il y a cet humour omniprésent, avec au moins une blague par page, qui fait que l’on rit beaucoup.

Et puis, il y a ces remarques, portant sur la vie de tous les jours, ou sur ces salauds qui prostituent de force des jeunes filles, qui font que Dari Valko (Ben Orton ?) montre un coté humaniste qui me plait énormément. Ici, on aura droit à un jugement sur le rythme du travail qui pousse certaines personnes à des extrémités (comme tuer leur chef), ou bien des remarques sur la gestion des écoles puisque Dari est chargé de surveiller le fils d’un homme riche.

S’il n’est pas nécessaire d’avoir lu les autres romans pour apprécier celui-ci, (d’ailleurs, Dari rappelle en une phrase les éléments importants) Tranquille le chat ! fait suite à sa précédente affaire avec la disparition de sa voisine. Bref, ce roman est plus qu’un divertissement, c’est un très bon polar.

 La lune aux français

La lune aux Français !

Même si je sais que les races humaines n’existent pas, j’ai un petit doute concernant une hypothétique race de cons. Parce que dans ce bouquin, j’ai rencontré des spécimens qui auraient fait douter le père Darwin et sa théorie de l’évolution! Des néo-nazis, ma poule. Et du genre pas commode, avec dans leurs cartables tout l’attirail du parfait petit facho : ratonnades, propagande puante et idéaux du moyen âge bête. Heureusement que j’aie pu me détendre un peu en jouant à la dinette avec mon oncle, pour aider un ami restaurateur. Enfin « un ami », si on passe outre le fait qu’il ait oublié de me préciser que son boui-boui se faisait racketter depuis quelques mois!

Donc en plat du jour je te propose une brochette de blaireaux flambée au kérosène ou de la cervelle de moineaux aux pruneaux. Priyatnava appetita!

Mon avis :

On a du mal à imaginer Dari en serveur dans un restaurant russe. C’est pourtant ce qui lui arrive dans cet épisode, où il rend service à un ami qui est à l’hôpital. Mais alors, où est l’intrigue polar de ce livre ? C’est bien simple, Dari est chargé par Zoïa, sa commissaire de cœur d’infiltrer un groupuscule de nazillons, dont la principale activité est de se bagarrer lors de manifestations, voire d’assurer le service d’ordre de congrès du parti nazi.

Si on ajoute à cela le fait que Dari se retrouve amoureux de Ilhem, la jeune arabe rencontrée dans le précédent épisode, cela donne un Dari un peu débordé, jouant avec le feu, toujours à la limite. Et il faut dire qu’il a chaud tout au long de cet épisode survitaminé, dans lequel on prend un plaisir fou à suivre ses affaires.