Archives du mot-clé Action

Cavale pour Leïa de Marius Faber

Editeur : Toucan

Ce roman est une magnifique surprise. Il ne fait nul doute qu’il mérite un grand succès, et je suis sur, ou du moins, j’espère qu’il vous accompagnera sur les plages ensoleillées cet été, car vous tiendrez là un pur roman d’action. De l’action pure du début à la fin de ce roman qui comporte tout de même 520 pages.

Pierre Sic est un ancien militaire, ayant fait partie du Régime d’Infanterie de la Marine (RIMA, pour les ignares). D’un instinct bagarreur, à l’aise dans l’action, à la recherche d’émotions fortes, Pierre se laisse souvent emporter trop facilement par ses émotions. A la sortie de l’armée, il s’est reconverti en photographe de mode. C’est là qu’il a rencontré Annaleïa, l’Amour de sa vie.

Un an auparavant, ils finissaient des prises de vue à Saint Martin, et dégustaient un excellent repas avant de rejoindre la métropole pour se marier. Après une dispute idiote, Leïa sort du restaurant en colère. Pierre la rattrape en voiture, cherche à lui faire entendre raison, mais elle refuse toute concession. Quand il se gare un peu plus loin, et qu’il revient sur ses pas, à pied, elle a disparu. Cela fait un an qu’il déprime.

Ce matin là, son impresario, Gaston, aussi propriétaire de l’agence de mannequins Fashion Victim l’appelle. Il lui annonce qu’une autre de ses mannequins Lisa vient de disparaitre à Saint Martin. Comme il connait son passé de militaire, il lui demande un service : aller enquêter sur place. Peu intéressé de remuer un passé douloureux, Pierre lui promet tout de même de passer le soir même chez lui. Quand il arrive sur place, il y trouve deux corps, Gaston et Christelle son bras droit, et panique : il ferait un coupable idéal. Harcelé par Dallemagne, capitaine de police, son sang ne fait qu’un tour et s’embarque pour Saint Martin. Le marathon peut commencer …

Si mon résumé peut vous paraitre linéaire, sachez qu’il n’en est rien dans le roman. Les faits liés au passé de Pierre sont distillés au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue de façon très intelligente, très professionnelle, très maitrisée. Et c’est bien cela qui est remarquable dans ce roman : cette impression de facilité que l’on a tout au long de la lecture de ce beau pavé.

Ne vous y méprenez pas ! Si j’ai dit pavé, ce n’est en rien péjoratif. Du début à la fin, j’ai couru, j’ai couru, j’ai couru … à en perdre haleine. Car vous allez vous trouver avec un roman d’action, dans la plus pure tradition du genre, un vrai polar de divertissement très haut de gamme. En fait, Pierre Sic va nous emmener dans sa folie, son besoin d’action, à un rythme effréné du début à la fin. Vous avez bien entendu, le rythme ne va jamais baisser, les scènes vont se suivre, dans un déroulement parfaitement logique, et le lecteur que je suis, s’est laissé prendre, et a avalé ce roman en à peine trois jours. Ce premier roman est tout simplement incroyable.

Dans le roman, on y trouve tout de même deux parties, chacune liée à la motivation de Pierre Sic. La première est le besoin viscéral d’action pour partir à la recherche de la top-modèle disparue, Lisa. La deuxième est l’espoir de retrouver Leïa vivante. Tout cela pour vous prouver que, même si on est dans un excellent film, pardon, livre d’action, il n’est pas exempt de psychologie. De même, le style est très humoristique, plein d’autodérision, et tout cela ajoute au plaisir de la lecture.

Je vais vous dire : cela faisait un bout de temps que je n’avais pas lu un roman d’action aussi ébouriffant, aussi époustouflant, aussi épuisant. Cela faisait même une éternité qu’à la fin d’une lecture, je n’étais pas sorti avec un grand sourire, à la fois content du dénouement, mais aussi heureux d’avoir parcouru ce marathon, comme soulagé de l’issue proposée par l’auteur. Cela faisait longtemps que je n’avais pas fini un roman aussi fatigué, au sens propre comme au figuré. Bref, allez-y les yeux fermés, ce premier roman est une véritable bombe.

Je ne peux que vous conseiller l’avis de l’ami David qui a lui aussi adoré.

Haïku de Eric Calatraba (Editions Sudaresnes)

Voici un premier roman qui, après être sorti en deux tomes en version électronique, est sorti en version papier aux éditions Sudaresnes. C’est un roman d’action, dans la pure tradition du genre, c’est du très bon.

Raphaël est de retour à Nice. Après avoir passé quelque temps à Paris, le voici de retour dans son pays, après avoir obtenu sa mutation au commissariat de cette belle ville méditerranéenne. C’est un homme qui porte en lui la mort de sa femme et élève seul sa fille Lila, sa raison de survivre. Alors qu’il rentre d’une soirée, il se fait aborder par trois hommes qui veulent son fric. En deux temps, trois mouvements, les trois hommes sont en fuite. Raphael est le plus jeune 7ème dan de Aïkido.

Au même moment, une trentaine de russes débarquent à l’aéroport de Nice. Quelque temps après, ils embarquent à bord d’un gigantesque yacht. Rachovsky accueille ses invités. Arrivé dans les eaux internationales, ils commencèrent leur présentation pour des investissements immobiliers. Un peu plus tard, ils annoncent avoir découvert un traitre, et le tuent avant de jeter le corps à la mer.

Raphaël fait la connaissance de Lucchi, son partenaire. Son surnom, Lucchi Luke, fait référence à sa rapidité pour faire feu et mouche. Leur première affaire est étrange : Ils doivent trouver le coupable d’un meurtre sur un Russe, Oulov, tué par un homme en moto, dans un parking d’Antibes, qui lui a coupé une main avant de le bruler avec de l’essence. Surtout, un haïku est tagué sur le mur :

La fin de l’hiver.

Tailler le buisson malade.

Brûler les épines.

Eric Calatraba, avec ce premier roman, se lance à corps perdu dans l’écriture de polars. Et c’est une franche réussite. Car, pour tout vous dire, ce roman m’a accompagné lors d’un voyage, et je n’ai pu le lâcher avant de l’avoir fini, le soir, très tard. Je ne vais pas vous dire que c’est un chef d’œuvre, mais c’est un pur roman d’action comme on en lit rarement. Du moins, comme on en lit rarement de bons. Car c’est extrêmement difficile d’aller intrigue, psychologie et action, tout en tenant le lecteur en haleine.

Donc, Eric Calatraba a suivi les codes du roman d’action, voire du thriller, même si le scenario lorgne plutôt du coté de l’enquête policière. La logique de la progression est impeccable, il n’y a aucun indice qui tombe du ciel et c’est un vrai plaisir à lire, aidé en cela d’un style simple mais efficace. Ce roman nous permet aussi de beaucoup voyager, de Nice à la Suisse, en passant par la Russie, le Japon ou même l’Italie (je crois que je les ai tous cités).

On peut se demander si le fait de divulguer le nom de l’assassin vers le milieu du livre est une bonne chose. En fait, cela a peu d’importance, puisque la clé est plutôt à chercher du coté de la motivation du tueur. Et là, je dois dire que Eric Calatraba fait fort, dénonçant dans un chapitre terrible des horreurs que je ne peux que vous engager à lire. En cela, avec ce mélange de polar et de sujet grave, cela m’a fait penser à Maurice Gouiran.

Il y a aussi ce personnage de Raphaël, qui tient une place prépondérante dans le roman, et qui, même s’il est très gentil et lisse, nous permet de nous initier à ses passions. Tout d’abord la moto, qui personnellement me laisse de marbre ; l’opéra ensuite ; mais c’est surtout avec ces quatre-cinq chapitres se déroulant au Japon que l’on peut lire les meilleurs morceaux. C’est non seulement beau, cette éducation d’un expert en Aïkido, et c’est surtout extrêmement bien décrit, tellement bien fait que c’en est passionnant.

Tout est fait pour que l’on arrive à un final époustouflant. Celui-ci arrive avec une course poursuite à en perdre le souffle, en moto, à travers les petites routes du sud de la France. On pourra reprocher quelques scènes moins fortes, mais ce serait vraiment pinailler, car ce roman est bluffant. Avec ce roman, Eric Calatraba joue sa carte à fond, met les gaz, vous met à terre d’un mouvement et vous en met plein les oreilles sur un air de la Tosca. En tous cas, Haïku n’a rien à envier aux maitres du genre.

Dari Valko épisodes 3 et 4

Cela fait deux ans que je suis Dari Valko, cet ancien légionnaire embringué dans des affaires pas possibles. Etant détective privé, il accepte surtout des travaux de garde du corps et cela se termine toujours avec des scènes de bagarre et un dénouement inattendu. Mais cela ne serait guère intéressant s’il n’y avait ce style si particulier qui interpelle le lecteur et cet humour omniprésent. En lisant les romans les uns à la suite des autres, je vois les progrès de cet auteur, et cela me remplit de joie.

 Tranquille le chat

Tranquille le chat !

Tu prends la mafia albanaise, un gang de sales gosses déchaînés, une chatte hystérique, un gros bonnet d’internet, quelques putes, un clan d’Algériens déjantés, un maître chanteur, et une voisine disparue, tu mets tout ça dans un bouquin, tu secoues bien fort ! Qu’est-ce que t’obtiens ? Ma dernière aventure, ma poule ! Et pour tout te dire, j’ai cru que c’était VRAIMENT ma dernière ! J’en ai pris plein la gueule pour pas un rond. Et tout ça pour que tu puisses te marrer à mes dépends !

Non mais j’te jure, c’est pas une vie, la vie qu’on vit !

Mon avis :

Même si Dari n’est pas affublé de son oncle, hospitalisé pour un calcul rénal, les embrouilles vont aller bon train dans ce roman. On sent une vraie évolution chez cet auteur. L’intrigue est beaucoup plus fouillée, et surtout, il y en a deux en parallèle ; C’est une nouveauté. Et puis, il y a cet humour omniprésent, avec au moins une blague par page, qui fait que l’on rit beaucoup.

Et puis, il y a ces remarques, portant sur la vie de tous les jours, ou sur ces salauds qui prostituent de force des jeunes filles, qui font que Dari Valko (Ben Orton ?) montre un coté humaniste qui me plait énormément. Ici, on aura droit à un jugement sur le rythme du travail qui pousse certaines personnes à des extrémités (comme tuer leur chef), ou bien des remarques sur la gestion des écoles puisque Dari est chargé de surveiller le fils d’un homme riche.

S’il n’est pas nécessaire d’avoir lu les autres romans pour apprécier celui-ci, (d’ailleurs, Dari rappelle en une phrase les éléments importants) Tranquille le chat ! fait suite à sa précédente affaire avec la disparition de sa voisine. Bref, ce roman est plus qu’un divertissement, c’est un très bon polar.

 La lune aux français

La lune aux Français !

Même si je sais que les races humaines n’existent pas, j’ai un petit doute concernant une hypothétique race de cons. Parce que dans ce bouquin, j’ai rencontré des spécimens qui auraient fait douter le père Darwin et sa théorie de l’évolution! Des néo-nazis, ma poule. Et du genre pas commode, avec dans leurs cartables tout l’attirail du parfait petit facho : ratonnades, propagande puante et idéaux du moyen âge bête. Heureusement que j’aie pu me détendre un peu en jouant à la dinette avec mon oncle, pour aider un ami restaurateur. Enfin « un ami », si on passe outre le fait qu’il ait oublié de me préciser que son boui-boui se faisait racketter depuis quelques mois!

Donc en plat du jour je te propose une brochette de blaireaux flambée au kérosène ou de la cervelle de moineaux aux pruneaux. Priyatnava appetita!

Mon avis :

On a du mal à imaginer Dari en serveur dans un restaurant russe. C’est pourtant ce qui lui arrive dans cet épisode, où il rend service à un ami qui est à l’hôpital. Mais alors, où est l’intrigue polar de ce livre ? C’est bien simple, Dari est chargé par Zoïa, sa commissaire de cœur d’infiltrer un groupuscule de nazillons, dont la principale activité est de se bagarrer lors de manifestations, voire d’assurer le service d’ordre de congrès du parti nazi.

Si on ajoute à cela le fait que Dari se retrouve amoureux de Ilhem, la jeune arabe rencontrée dans le précédent épisode, cela donne un Dari un peu débordé, jouant avec le feu, toujours à la limite. Et il faut dire qu’il a chaud tout au long de cet épisode survitaminé, dans lequel on prend un plaisir fou à suivre ses affaires.

Les temps sauvages de Ian Manook (Albin Michel)

Après le gigantesque succès de Yeruldelgger, le premier tome de cette série, que je n’ai pas lu parce que je n’ai pas trouvé le temps, je passe directement au deuxième, qui s’appelle Les temps sauvages. Avec un certain clin d’œil, l’auteur aurait pu appeler son roman Les temps modernes.

Le roman commence en Mongolie. Là-bas, les hivers sont de plus en plus longs, les étés de plus en plus courts, signe des temps. Les terres n’ont plus le temps de se réchauffer, de plus en plus de gens meurent de froid. Le roman débute sur une scène de crime insolite : l’inspecteur Oyun découvre le cadavre d’un cavalier écrasé sous un yack. Afin de sortir les corps, ils vont installer une yourte et chauffer les environs.

Ailleurs, Yeruldelgger est appelé par un professeur, spécialiste des oiseaux. Lors de ses recherches, il a trouvé un bout d’os humain, dans le nid de gypaètes. La curiosité étant un vilain défaut, il découvre alors au bout de ses jumelles le corps d’un homme suspendu dans une crevasse. Quand Yeruldelgger se fait arrêter pour le meurtre de Colette, une de ses anciennes indics et prostituée, il décide de se lancer dans cette enquête personnelle et laisse les deux autres cadavres à son équipe.

Une video d’un hôtel incrimine Yeruldelgger mais il semble bien que cela ne soit qu’un coup monté. Dans tous les cas, on s’est donné bien du mal pour éliminer le commissaire. En plus de tous ces événements, Yerulgelgger découvre que Gantulga, un jeune garçon qu’il a envoyé chez les moines Shaolin a disparu. Ces affaires vont emmener nos enquêteurs aux quatre coins du monde.

Pour commencer mon avis, je dois dire que je n’ai pas lu le premier roman de Ian Manook, et que c’est bien dommage. Car, à cause de cela, j’ai eu bien du mal à entrer dans l’histoire. Car l’auteur ne cherche pas à expliquer le passé de ses personnages et je dois dire que j’ai un peu « ramé » pour m’attacher à eux et comprendre ce qui les motive. Ajouté à cela que les chapitres s’enchainent avec un rythme infernal, cela donne un roman où il faut s’accrocher. Donc, je vous donne un conseil en or : lisez le premier volume des enquêtes de Yerulgelgger afin de mieux apprécier celui-ci.

Je me suis accroché … et je dois dire que c’est un roman d’action remarquablement écrit que Ian Mannok nous livre. Passé les 100 pages, j’ai digéré ce début difficile (pour moi), et bien apprécié ces aventures de notre super héros mongole. Mais ce roman n’est pas que cela et Ian Manook creuse certains thèmes qui lui sont chers. Le dérèglement climatique fait partie de ceux là, quand il nous montre que les hivers sont de plus en plus longs et les températures en chute libre. Et puis, il nous montre la situation géopolitique de la Mongolie, coincée entre les deux géants que sont la Chine et la Russie, un peu comme Sebastian Rotella avec Triple Crossing. Enfin, il dénonce les trafics dans ce qu’ils peuvent avoir de plus odieux, et cela va nous permettre de voyager à travers le monde.

Quant aux personnages, c’est toujours un plaisir de se retrouver avec des personnages exotiques. L’auteur, d’ailleurs, nous détaille bien la vie privée des Mongoles ce qui aide au dépaysement. J’ai aussi trouvé dans Yeruldelgger un peu de Harry Hole, avec cette même habitude de se faire tabasser, prendre des coups sur la tête ou bien une balle dans le pied. Et les autres personnages sont du même acabit, de vrais héros capables de se sortir de situations inextricables, avec quelques cicatrices. Le trait est parfois un peu gros, mais cela participe à la légende des romans d’action.

Bref, avec son style très agréable, ses chapitres courts, son action sans temps morts, ce roman est indéniablement un roman fort bien fait qui va répondre aux attentes des fans du premier tome. Par contre, je ne peux que vous répéter ce conseil : lisez le premier tome, sinon vous risquez de rester sur le bord du chemin et d’arrêter votre lecture au bout de 100 pages, ce qui a bien failli m’arriver.

 Je tiens à remercier Babelio et Albin Michel pour cette lecture en partenariat.

Aimer et laisser mourir de Jacques-Olivier Bosco (Jigal)

Ce roman est ma deuxième lecture de Jacques-Olivier Bosco, après le Cramé, et je dois avouer que j’y ai pris autant de plaisir. Avec un titre à la James Bond, c’est un roman en forme d’hommage aux films d’action américains, en même temps qu’un beau pied de nez aux plus célèbres thrillers américains.

On l’appelle le Maudit, mais en réalité, son nom est Lucas Belveaux. C’est un tueur à gages, respectant tous ses contrats, un des meilleurs du milieu. A la suite d’un contrat en France, il a été obligé de s’exiler en Colombie, laissant derrière lui sa femme enceinte. Plusieurs légendes circulent quant à son nom. La plus célèbre, c’est qu’il se serait fait torturer et, par vengeance, aurait décimé le camp de paramilitaires. Il sait qu’il ne peut retourner en France, et porte sa croix en faisant son travail sanglant, et en étant droit dans ses bottes avec ses principes : on ne touche pas à une femme ou à un enfant.

Amanda est une pute de luxe, de celle qui se font payer quelques milliers d’euros pour une nuit. Elle est incroyablement belle, et est une experte du sexe, rendant les hommes fous. Cette nuit là, elle termine un de ses contrats, et entend, dans le couloir d’un hôtel de Nice, une femme crier. En étant trop curieuse, des tueurs croates la séquestrent et veulent la violer. Elle s’en sort par chance et tue l’un d’eux avant de s’enfuir.

Seulement, ces tueurs appartiennent au clan de Tcheck Mordeck, un psychopathe à la tête d’un gigantesque empire de proxénétisme. Il a en charge des fermes, où il dresse les jeunes femmes qu’il mettra ensuite sur les différents trottoirs d’Europe. Tcheck n’accepte pas qu’on ait tué son lieutenant. Il va tout faire pour retrouver cette femme qui a tué son ami et a disparu. Et tous ces personnages vont se rencontrer … en enfer.

Ce roman confirme tout le bien que je pense de Jacques-Olivier Bosco, dit JOB. Son sens de l’intrigue et son style percutant font de ses livres des romans boostés, allant à une vitesse folle, sans que le lecteur ne puisse se douter de l’issue. Dans ce roman, plus que jamais, on sent que l’auteur maitrise les temps forts et les temps calmes. Si vous êtes des inconditionnels de thrillers américains speedés, vous allez trouver ici un pur joyau. Car vous allez adorer cette histoire, et vous allez aimer ces personnages si profonds, si droits, avec leurs principes de loyauté et d’amitié, ce qui semble une constante dans les romans de JOB.

Je parlais de style, je vais essayer de vous le décrire : Prenez une scène de carnage, ça tire dans tous les coins, c’est une embuscade. JOB va faire un long paragraphe, fait de petites phrases, dont les mots sont soigneusement choisis pour que cela imprègne une image dans l’imagination du lecteur. Chaque phrase va créer une image, ça va à toute vitesse, cela donne une impression à la fois cinématographique et kaléidoscopique. C’est redoutablement efficace, et diablement bien fait, cela donne une impression de voir un film d’action juste derrière nos yeux. Que j’aime ça, quand je sens mes yeux s’ouvrir devant les scènes de flingage, uniquement par la suggestion des phrases et la fumée qui sort des pages.

Derrière ce style et ces personnages, il ya aussi le sujet de fond, dégoutant au possible, cette traite des blanches par des hommes qui se croient supérieurs mais qui, en fait, n’ont du pouvoir que parce qu’ils ont des armes. Comme dans le Cramé, c’est très détaillé, très documenté, et tellement bien décrit que l’on n’a aucun doute sur le fait que cela existe. Si JOB ne s’éternise pas sur le sujet, certaines scènes sont suffisamment explicites pour qu’on se demande comment tant de cruauté peut exister.

D’ailleurs tous les personnages sont cruels, L’image que JOB renvoie de ce monde semble si noire. Tous les personnages ont des surnoms pour déshumaniser l’homme qui est derrière. Cela fait parfois un peu kitsch, mais on rentre facilement dans le jeu. D’ailleurs, on notera au fil des pages un Cramé (Tiens !) ou même Philippe Georget (Tiens, tiens !), petits traits d’humour qui font sourire. Le seul bémol que j’apporterai à ce livre, c’est une fin un peu trop rapide, en particulier pour le duel avec Mordeck. S’il y avait eu quelques dizaines de pages de plus, je n’aurais pas dit non ! Et surtout, ne ratez pas le final … le chapitre final, je veux dire. Quand je vous dis qu’on ne sait pas comment ça peut se terminer ! Ce roman, c’est de l’adrénaline à l’état pur, du pur plaisir, et j’en redemande !