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Oldies : Meurtre à Greenwich Village de Kinky Friedman

Editeur : Rivages Noir

Traducteur : Frank Reichert

Je continue l’exploration de ma « collection » de Rivages Noir avec le premier roman de la série consacrée au détective Kinky Friedman.

L’auteur :

Richard S. (Kinky) Friedman, né le 31 octobre 1944 à Chicago, dans l’Illinois, est un chanteur, auteur-compositeur, romancier, chroniqueur au magazine Texas Monthly et homme politique américain. À l’élection de 2006, il est l’un de deux candidats indépendants au poste de gouverneur du Texas. Avec 12,6 % des voix, Friedman s’est classé en quatrième position dans la course à six. Surnommé le « Frank Zappa de la country », il joue dans divers films d’horreur, dont Massacre à la tronçonneuse 2, avant de commencer à écrire en 1986. Il s’impose très vite par son originalité, étant l’un des rares auteurs de roman policier à pratiquer l’auto-fiction avec une telle constance. Il a conquis un public éclectique, de l’ancien président Clinton à la romancière Fred Vargas qui le revendiquent comme l’un de leurs écrivains préférés.

Fils du Dr. S. Thomas Friedman, professeur d’université, et de Minnie Samet Friedman, il naît à Chicago, et sa famille déménage dans un ranch au Texas durant son enfance. Dès son très jeune âge, il développe un grand intérêt pour la musique et les échecs. À l’âge de sept ans, il est choisi pour faire partie d’un groupe de cinquante joueurs d’échecs locaux qui tentent de vaincre le grand maître américain Samuel Reshevsky lors de cinquante matches simultanés à Houston. Reshevsky remporte chacun des cinquante matches, mais Friedman est de loin le plus jeune compétiteur.

Il fait ses études à l’Université du Texas à Austin et obtient son baccalauréat en psychologie en 1966. C’est lors sa première année à l’université qu’il acquiert le surnom de « Kinky » en référence à ses cheveux frisés. Friedman sert alors pendant deux ans dans le Peace Corps à Bornéo.

Après un ralentissement de sa carrière musicale dans les années 1980, Friedman se convertit en auteur de romans policiers. Ses livres partagent certaines ressemblances avec sa musique, mettant en vedette une version fictive de lui-même, nommé Kinkster Friedman, dit Kinky, « un détective privé new-yorkais » qui enquête sur des crimes à New York, offrant blagues, sagesse, charme texan et whisky irlandais en quantités à peu près égales. Cet «ancien chanteur country qui fume toute la journée des cigares jamaïcains et considère l’existence avec une certaine nonchalance, […] joue au détective, assisté de son ami Ratso, une sort de Watson qui lui sert surtout de garde du corps ». Les romans de la série sont écrits dans un style direct inspiré de Raymond Chandler. À ce jour, il a également écrit quelques romans qui ne mettent pas en vedette le personnage de Kinky Friedman. Friedman écrit également une chronique régulière pour le magazine Texas Monthly depuis avril 2001, bien qu’elle ait été suspendue durant sa campagne au poste de gouverneur du Texas ; son dernier essai est paru dans le numéro de mars 2005.

Friedman vit au Echo Hill Ranch, le camp d’été familial près de Kerrville (Texas). Il est également le fondateur de Utopia Animal Rescue Ranch, dont la mission est de soigner les animaux errants, blessés, âgés et qui ont été victimes d’abus ; plus de 1 000 chiens ont été sauvés de l’euthanasie.

(Source Wikipedia adapté par mes soins)

Quatrième de couverture :

Le premier appel de Mc Govern à Kinky est pour lui apprendre qu’il y a un cadavre, avec onze roses dans la main, sur le plancher de l’appartement en face du sien. Le second est pour lui dire que les flics l’ont arrêté parce qu’ils ont trouvé l’arme du crime chez lui. Kinky sait bien que Mc Movern, reporter au Daily News, descend plus volontiers des verres d’alcool que ses semblables. Mais lorsqu’il trouve un reçu pour une douzaine de roses chez le journaliste, il n’est plus sûr de rien. Sauf que tout le monde est fou à Greenwich Village.

Mon avis :

Avec ce roman, me voilà obligé d’ajouter Kinky à la liste des personnages de détective dont il va falloir que je lise les aventures. Ce Meurtre à Greenwich Village a ce quelque chose qui le rend à la fois attachant, drôle et qui donne envie de retrouver Kinky. D’ailleurs, il n’est pas étonnant que Fred Vargas déclare que Kinky Friedman soit son auteur favori, tant on y retrouve des similitudes, surtout dans la façon de raconter une intrigue. On y retrouve une influence de Ken Bruen dans les dialogues à base de comique à répétition. Et je suis sur que les fans de la reine du Rom Pol et / ou ceux du noir vont se jeter sur ces livres.

Ce que j’en retiendrais, c’est une intrigue menée avec nonchalance, et remarquablement construite. On ne voit pas qui peut bien être le coupable, et on commence à comprendre l’affaire avec le dernier meurtre (Eh oui, il y en a plusieurs !). L’auteur va même se permettre un dernier chapitre où il nous raconte comment il a semé des indices dans tout le roman. Et je peux vous dire que c’est un vrai plaisir de se faire avoir comme cela.

Il y a ces personnages formidables, tous acteurs, scénaristes, drogués, homosexuels, à la mode du jour, passant leurs nuits dans les boites de ce quartier si « Hype » ! Et au milieu, Kinky est imperturbable, tout en cynisme et dérision, affublé de sa veste de chasse où il a remplacé ses cartouches par des cigares, regardant ses semblables avec un recul intéressant, ne se privant pas de critiquer le culte du paraître. Assurément, ce roman est pour moi une belle découverte.

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Maudits soient les artistes de Maurice Gouiran

Editeur : Jigal

Je ne sais pas pour vous, mais moi, quand je ne sais pas quoi lire, que j’hésite entre tous les livres qui me font de l’œil dans mes biliothèques et qui encombrent mon bureau, je prends un Maurice Gouiran. J’ai l’assurance de passer un bon moment et d’apprendre des choses. Son dernier roman en date est une nouvelle fois une réussite.

Samira, la femme de ménage, débarque chez Albert Facciolini. C’est en arrivant dans la cuisine qu’elle découvre le propriétaire des lieux scotché sur une chaise, surplombant une flaque de sang. Le médecin légiste remarque que le pauvre homme a été torturé au cutter avant d’être achevé de plusieurs coups à la tête. Comme les assassins ont laissé les armes sur place, ils cherchaient forcément autre chose. C’est très étonnant de tuer un homme pauvre comme les blés.

Clovis Narigou est bien obligé de se remettre au travail et de faire quelques piges pour le magazine Les Temps Nouveaux. C’est la survie de ses chèvres qui sont en jeu. Alors, il s’intéresse à la mort dans un incendie d’un vieil homme, Alexandre, qui ne sortait jamais de chez lui, mais qui pouvait bien être le mathématicien le plus doué du XXème siècle. D’ailleurs, Clovis s’aperçoit qu’Alexandre a séjourné au camp de Rieucros. Ce qui lui donna une idée d’article supplémentaire sur l’existence de ce camp en France. Sauf que la tranquillité de Clovis est remise en cause quand son fils annonce qu’il débarque avec trois couples de ses amis.

  1. Otto Landau a 23 ans, et a une passion pour l’art moderne. Au musée de Zwickau, devant une toile de Pechstein, Otto tombe sur Hildebrand Gurlitt, le directeur. Otto a grandi à Dresde, et était voisin de ce grand peintre. Les deux hommes nouent une amitié basée sur leur amour pour la peinture moderne.

Sur ce début d’intrigue qui a l’air de partir dans tous les sens, on a un peu l’impression que l’auteur ne sait pas où il va. Et puis, petit à petit, l’histoire se resserre, même s’il y a au moins deux ou trois fils conducteurs, et une nouvelle fois, je me suis laissé avoir. Parce que l’air de rien, Maurice Gouiran va nous faire traverser la deuxième guerre mondiale, dans le monde des collectionneurs d’art et au passage, j’allais dire comme d’habitude, on va apprendre plein de choses. La grande qualité, c’est d’ailleurs de situer son intrigue sur un terrain mieux construit que le lamentable film Monuments Men de George Clooney, et de proposer un polar solide, costaud et bien plus réaliste.

Bon, voilà, j’ai dévoilé le sujet du roman ! mais rassurez vous, je n’ai rien dévoilé de l’histoire de ce roman, qui de façon nonchalante, s’avère remarquablement construit. Et je dois dire que les quelques chapitres qui passent en revue la vie d’Otto et d’Hildebrand sont fantastiques de retenue et de véracité. J’ai même regretté que ces chapitres ne soient pas plus nombreux … mais il ne fallait pas en dire trop de peur de déflorer la chute.

Une nouvelle fois, je me suis fait avoir. J’ai aimé que Clovis, ce grand garçon, se révèle un peu moins gamin, et un peu plus drôle. Cela permet de faire évoluer ce personnage à qui on a du mal à donner un âge, mais qui a une verve de jeune homme. Que ce soit ce roman ou un autre, je ne peux que vous conseiller de découvrir cet auteur pas comme les autres, qui vient sans cesse se renouveler et déterrer des drames passés que l’on aurait tendance à tort d’oublier. Parce que c’est toujours bien !