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Le vacarme du papillon d’Eric Chavet

Editeur : Atelier Mosesu

Collection : Parabellum

Tout d’abord auto-édité, Le vacarme du papillon se retrouve édité par l’Atelier Mosesu et je peux vous dire qu’ils ont eu raison de mettre la main sur ce polar de cinglés. Le titre fait évidemment référence au fameux Effet Papillon, qui veut qu’un événement insignifiant engendre des conséquences à l’autre bout de la Terre. Attendez-vous à être surpris …

Monsieur Lange est en train de faire sa cuisine quand son téléphone sonne. Le numéro est inconnu. Au bout du fil, c’est Roberto Sacchi qui s’impatiente de toucher son argent. Cet argent servait à maintenir  flots son entreprise en perdition. Sacchi lui met la pression pour le récupérer rapidement. Monsieur Lange, désespéré, chasse Podekol de la cuisine, un chat qu’il héberge depuis quelque temps. Mais le chat aperçoit un papillon, étrange volatile, qui excite ses instincts animaux. Il veut se jeter dessus mais le rate et éteint la flamme de la cuisinière. Quelques minutes plus tard, l’explosion de gaz dévaste la maison quand Emile le facteur sonne et tue Monsieur Lange, qui pour le coup, n’a plus de problèmes d’argent.

Roberto Sacchi a un besoin vital de récupérer cet argent. Il a perdu une fortune au poker, face à des gueules patibulaires, 70000 euros. Quand il arrive dans le lotissement où habite Monsieur Lange, des voitures bloquent le quartier. Il apprend par les habitants du quartier que Monsieur Lange est parti en fumée … avec son fric. Comment peut-il bien faire pour sauver sa peau face çà des gens qui ne rigolent pas avec l’argent ?

Michel est un homme de main au service de Gras-Double, le caïd local au panel varié qui va de la prostitution au jeux d’argent. La cinquantaine, il est chargé de missions ponctuelles pouvant aller jusqu’au meurtre ou le recouvrement de dettes comme c’est le cas ici. Il doit aller à Lyon pour récupérer l’argent de Sacchi qui tarde à venir, et devra faire équipe avec Blondin. Il dira donc une nouvelle fois à sa femme qu’il part en voyage d’affaires puisqu’elle croit qu’il est représentant en lingerie fine. Michel et Blondin vont être une pièce du puzzle qui va déclencher la catastrophe …

On pourrait arguer que l’auteur tourne et retourne, prend des détours pour arriver à ses fins … et à la nôtre. Car si on lit la quatrième de couverture, on ne comprend pas du tout que cela ait un lien avec le roman. D’autant qu’on débarque au milieu de gens moyens, comme vous et moi, sauf qu’ils ont un petit souci d’argent avec un mafieux réputé pour ne pas être un tendre.

D’un fait insignifiant que l’on pourrait qualifier de divers, l’auteur déroule son histoire aux allures de catastrophe, et le pire, c’est que tout cela est d’une logique implacable telle, que l’on s’amuse comme des fous. C’est aussi et surtout la maitrise de cette intrigue qui force le respect. Tout cela servi par une plume qui use de dialogues forts drôles et des personnages plus vrais que nature. D’ailleurs, les psychologies aussi bien que les actions ou l’intrigue avancent essentiellement grâce aux dialogues longs mais toujours avec un humour décalé fort bien venu.

On peut se demander si l’auteur n’est pas un vicieux, en particulier envers ses personnages.  En effet, il s’amuse à prendre des personnages comme on tire un Kleenex de sa boite, se mouche avec, puis les jette à la poubelle une fois utilisés. C’est à la fois cruel mais aussi jouissif car l’ensemble est écrit d’une façon enlevée, qui fait qu’on a bien du mal à déterminer quel va être le prochain rebondissement ou le prochain personnage à y passer.

Eric Chavet est doté d’une imagination sans borne, à un tel point que c’en est inquiétant ! Mais comment peut-on imaginer une intrigue pareille pour aboutir à une telle conclusion ? A mon avis, c’est un grand cinglé, de ceux que j’adore, qui construit une histoire loufoque (quoique …) tout ça pour nous divertir. On sent derrière chaque passage son plaisir et son amusement à écrire son livre, et il arrive à nous le faire partager. Franchement, ce livre, c’est tout simplement dingue, plus gros que la réalité, plus drôle que la télévision, plus vrai que nature. C’est juste du divertissement haut de gamme !

Ne ratez pas l’avis de l’oncle Paul ainsi que l’interview de mon ami Richard le concierge masqué.

 

Luc Mandoline épisode 9 et 10

Editeur : Atelier Mosesu

Je vous avais déjà parlé de Luc Mandoline, ce personnage récurrent édité aux Ateliers Mosesu. Ce personnage, ancien légionnaire, rompu aux enquêtes et sports de combat, se retrouve toujours mêlé dans de drôles d’affaires. Chaque épisode est écrit par un nouvel auteur, comme le Poulpe par exemple, ce qui donne à chaque fois un ton particulier et original. Les huit titres que j’ai passés en revue sont :

Episode 1 : Harpicide de Michel Vigneron

Episode 2 : Ainsi fut-il d’Hervé Sard

Episode 3 : Concerto en lingots d’os de Claude Vasseur

Episode 4 : Deadline à Ouessant de Stéphane Pajot

Episode 5 : Anvers et damnation de Maxime Gillio

Episode 6 : Le label N de Jess Kaan

Episode 7 : Na Zdrowie de Didier Fossey

Episode 8 : Le manchot à peau noire de Philippe Declerck

Voici donc les épisodes 9 et 10 :

Sens interdit (s) de Jacques Saussey

Quatrième de couverture :

Le corps d’un enfant de huit ans est repêché dans un étang isolé au fond des bois. Le cadavre, complètement nu, ne présente aucun signe de lutte ni de violence sexuelle, laissant à penser que le petit garçon a succombé à un accident. Seulement, il s’agit du cinquième enfant qui meurt dans cette petite ville de province en moins de deux mois. Et cette fois, il s’agit du fils du légiste. Alors, on m’a appelé pour que je prenne le relais.

Moi, vous me connaissez, je suis incapable de refuser quand on me demande un coup de main.

Entre autres…

Mon avis :

Ce roman est étonnant pour qui connait l’œuvre de Jacques Saussey. Il nous a habitué à des romans longs de 500 pages en prenant le temps de construire des intrigues tordues avec deux personnages formidables. C’est donc étonnant de le voir se glisser aussi facilement dans le moule pour nous offrir un roman noir, plein d’action, de sexe, de sang et de rebondissements.

Ce roman est raconté par Luc Mandoline lui-même, qui a affaire à une histoire sordide de soi-disant suicides de jeunes enfants. Et plus on avance dans l’histoire, plus cela devient sordide. Il y aura bien quelques traits d’humour pour relever la gravité du propos mais le ton restera grave, surtout quand il s’agit de montrer la folie et la démesure des hommes.

Quant à la fin, comment peut-on imaginer qu’elle est très bien trouvée et extraordinairement mise en scène. Elle sera cynique, amorale mais vu le propos du livre, on peut bien se demander où est la morale dans tout cela. Une nouvelle fois, cet épisode est un excellent polar, qui dépasse le cadre du simple divertissement, de ces romans qui donne leur lettre de noblesse à un cycle tel que celui de Luc Mandoline.

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La mort dans les veines de Samuel Sutra

Quatrième de couverture :

Franck Morel, chercheur à l’Institut Pasteur, achève ses travaux sur un virus tueur, le plus dangereux qu’il ait été amené à étudier. Puis sans raison apparente, il décide de traverser Paris pour aller se jeter dans le canal Saint-Martin.

On ne retrouvera pas son corps.

Sa fille décide de raconter tout ce qu’elle sait, mais à un seul homme : Luc Mandoline, alias l’Embaumeur.

Dans cette affaire où tout le monde ment, on ne cherche pas la vérité. On court après un secret qui pourrait valoir de l’or, et que le cadavre introuvable de Morel a emporté avec lui…

Mon avis :

L’avantage avec cette série, c’est que l’on a droit à différents auteurs pour chaque enquête. Et quand il s’agit d’un auteur aussi doué que Samuel Sutra, on peut s’attendre à être surpris. Effectivement, c’est le cas ici, puisque c’est un Luc Mandoline sans corps à embaumer auquel on a droit dès le début de ce roman.

De ce démarrage tout en dérision qui fait référence à Alfred Hitchcock bien sur, notre embaumeur se retrouve donc dans la peau d’un enquêteur ce que l’on n’a jamais vu dans la série, qui va chercher le corps de Franck Morel, célèbre scientifique qui soi-disant s’est suicidé mais dont le corps a disparu aussitôt arrivé à la morgue.

En plus de cette histoire légèrement décalée et pleine de dérision, nous avons droit à une belle plume, à une écriture pleine de charme, comme Samuel Sutra sait nous l’offrir. Il nous parle de Paris comme peu d’auteur l’ont fait, nous présente un enquêteur digne des plus grands de la littérature policière. C’est donc un épisode à part, avec moins de sexe et de sang, mais qui s’inscrit bien dans la série, au sens où il respecte les codes mis en place par Sébastien Mousse, et rien que pour cela, c’est un épisode à ne pas rater.

Luc Mandoline épisode 7 et 8

Je vous avais déjà parlé de Luc Mandoline, ce personnage récurrent édité aux Ateliers Mosesu. Ce personnage, ancien légionnaire, rompu aux enquêtes et sports de combat, se retrouve toujours mêlé dans de drôles d’affaires. Chaque épisode est écrit par un nouvel auteur, comme le Poulpe par exemple, ce qui donne à chaque fois un ton particulier et original. Les six titres passés que j’ai passés en revue sont :

Episode 1 : Harpicide de Michel Vigneron

Episode 2 : Ainsi fut-il d’Hervé Sard

Episode 3 : Concerto en lingots d’os de Claude Vasseur

Episode 4 : Deadline à Ouessant de Stéphane Pajot

Episode 5 : Anvers et damnation de Maxime Gillio

Episode 6 : Le label N de Jess Kaan

Voici donc les épisodes 7 et 8 :

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Na Zdrowie de Didier Fossey

Quatrième de couverture :

Un braquage qui tourne mal, des souvenirs de Sarajevo, 1996, la mission IFOR, avec le deuxième régiment étranger parachutiste et voilà Mandoline en vadrouille dans les Balkans pour voler au secours d’Élisa, mais certains apprendront à leurs dépens que seules les montagnes ne se croisent pas, et qu’il ne vaut pas mieux mettre l’Embaumeur en colère.

Didier Fossey nous emmène dans un road-movie paramilitaire, où la musique n’est pas d’Alfred Newman, mais de Mikhaïl Timofeïevitch Kalachnikov dans lequel on ne s’ennuie pas une seule seconde.

Mon avis :

D’un braquage en plein centre de Paris qui laisse huit policiers sur le carreau, Luc Mandoline, qui trouve une balle de kalachnikov sur laquelle est gravé « Smierti », se lance dans une course poursuite derrière un ponte de la mafia russe. Il faut dire qu’un million de bijoux, cela attire les convoitises. Luc pense tout de suite au général Valeri Demedov, ancien légionnaire. Et quand celui-ci prend en otage Elisa, son amie de toujours, Luc fait appel à Sullivan et trois autres anciens légionnaires pour une expédition sanglante dans les pays de l’Est.

Didier Fossey évoque donc plutôt les qualités d’ancien légionnaire dans ce nouvel épisode et nous écrit un roman sous adrénaline. Du pur roman d’action, où en alternant les chapitres entre Luc et le général Demedov, on se retrouve à tourner les pages à une vitesse impressionnante, au rythme de cette action commando qui va se révéler prenante. Cela me rappelle certains romans des années 80-90, où on lisait souvent ce genre de romans sur des barbouzes qui entamaient des croisades pour réparer les torts. C’est donc un roman en forme d’hommage mais aussi de la lecture plaisir que ce nouveau roman de Didier Fossey.

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Le manchot à peau noire de Philippe Declerck

Quatrième de couverture :

Voici que l’Embaumeur se prend pour un barbouze au moment de régler ses comptes. Il y a des professionnels de la magouille géopolitique qui ont du mouron à se faire, car quand on lui rend ses amours éphémères, notre croque-mort devient hargneux et a méchamment envie de broyer du noir.

Une aventure palpitante au cœur de l’Afrique, où l’Embaumeur renoue avec ses habitudes d’ancien légionnaire.

Mon avis :

Pour son passage en grand format, Luc Mandoline a droit à une aventure tout simplement passionnante. Alors que Luc doit s’occuper d’un mort de couleur noire, tabassé à qui il manque la main, sectionnée à la machette a priori, il se rappelle un corps qu’il a embaumé six mois auparavant torturé aussi, mais auquel il manquait la langue. De là à penser qu’il s’agit d’un tueur en série, il n’y a qu’un pas. Les flics pensent eux à un règlement de comptes entre dealers. Et quand il demande à Elisa et son ami Max de fouiller ces affaires, il s’aperçoit qu’en fait il existe trois autres cas similaires plus anciens.

Remarquable et passionnant, voilà les adjectifs qui me viennent à l’esprit. Ce roman, lu en une journée, s’est agrippé à mes mains sans que je puisse le lâcher. Tout tient à la fois à la psychologie des personnages, qui est conforme à la série, mais aussi au déroulement de l’intrigue qui est d’une logique imparable. Il y a de l’action, du rythme, et des dialogues courts et épatants. Quant au sujet de fond, on va parler des enfants soldats, de leur réhabilitation et des salauds tortionnaires qui ont été innocentés (pardonnés !) s’ils reconnaissaient leurs fautes (crimes !). Ne ratez pas cet épisode, écrit simplement, efficacement et qui sans aucune esbroufe, vous fera passer un excellent moment de lecture.

Luc Mandoline, épisodes 5 et 6

Je vous avais déjà parlé de Luc Mandoline, ce personnage récurrent édité aux Ateliers Mosesu. Ce personnage, ancien légionnaire, rompu aux enquêtes et sports de combat, se retrouve toujours mêlé dans de drôles d’affaires. Chaque épisode est écrit par un nouvel auteur, comme le Poulpe par exemple, ce qui donne à chaque fois un ton particulier et original. Les quatre titres passés en revue sont :

Harpicide de Michel Vigneron

Ainsi fut-il d’Hervé Sard

Concerto en lingots d’os de Claude Vasseur

Deadline à Ouessant de Stéphane Pajot

Voici donc les épisodes 5 et 6 :

 Anvers et damnation

Anvers et damnation de Maxime Gillio :

Quatrième de couverture :

Et si DSK avait été tué dans une chambre d’hôtel ? Et si cet hôtel se trouvait en Belgique et non à New York ? Et si ce n’était pas le FBI qui enquêtait, mais Luc Mandoline, alias l’Embaumeur, le thanatopracteur préféré de ces dames ? Et si les pages de ce roman dégoulinaient de sueur, de sang et d’humour noir, vous le liriez, vous ? Oui ? Alors qu’est-ce que vous attendez ?

« En Belgique, il n’y a pas que les canaux que l’on retrouve pendus »

Mon avis :

Alors que cela démarre sur des chapeaux de roue, avec beaucoup d’humour à la clé, cette enquête qui prend comme prétexte l’assassinat d’un candidat aux présidentielles, se transforme rapidement en excellent polar musclé. Mandoline et son compère Sullivan vont se retrouver en Belgique aux prises avec un mystère bien sombre, et faire une incursion dans le monde de la prostitution.

Avec un mélange savamment dosé d’action, de sexe et de violence, Maxime Gillio que je découvre pour l’occasion s’avère être un auteur de grand talent, sachant poser ses mines pour mieux nous surprendre à la fin. Avec ce polar formidablement bien mené, Maxime Gillio a écrit un des meilleurs numéros de cette série avec Ainsi fut-il d’Hervé Sard. En tous cas, c’est un polar immanquable, du divertissement haut de gamme.

Label N

Le label N de Jess Kaan :

Quatrième de couverture :

Quand Luc Mandoline est appelé pour un remplacement dans le Pas-de-Calais, il ne se doute pas que ce qui l’attend est encore plus noir que le charbon des houillères d’Auchel.

Ce n’est pas au fond de la mine qu’il va descendre, mais dans les arcanes d’une organisation secrète aux vieux relents de race supérieure.

Manipulation génétique, lavage de cerveau, sexe et trahisons… Pour sa première incursion dans le milieu du polar, Jess Kaan réunit tous les ingrédients d’un vrai tour de force.

« Terril en la demeure »

Mon avis :

Pourtant, Luc Mandoline, en débarquant dans le Nord, avait décidé de rester calme. Pourtant, il n’y avait rien, dans cet accident de voiture, qui augurerait qu’il allait être confronté à des hommes plus ignobles les uns que les autres. Et pourtant, nous voici aux commandes d’un livre qui mêle action et suspense et qui se lit comme on monte les œufs en neige : ça démarre doucement, les personnages se mettent en place ; puis le blanc commence à apparaitre et Luc et Sullivan entrent en scène ; Puis ça commence à avoir de la consistance et Arlock arrive. Enfin, feu d’artifice final, les œufs sont bien durs et ils s’en sortent … comme d’habitude.

Plongé dans le monde du Sadisme, Luc va avoir à faire avec un personnage terrible, probablement le plus terrible qu’il ait eu à rencontrer à ce jour. On va trouver dans ce roman de l’action et du sexe cru, violent. Et si la place est donnée au suspense plus qu’à la psychologie, cela donne un polar sympathique à ne pas mettre entre toutes les mains tout de même. Un polar pour adultes quoi !

Ravensbrück mon amour de Stanislas Petrosky (Atelier Mosesu)

Inutile de vous dire que j’avais peur d’ouvrir ce roman. Et pourtant, je l’ai acheté au Salon du Livre de Paris, parce que je pensais que c’était une lecture importante, et je ne me trompais pas. C’est une lecture importante, ô combien importante.

Gunther Frazentich est un vieil homme maintenant. Il se rappelle sa jeunesse, lui qui est né en 1918 d’une famille de fermiers. Il était peu attiré par les travaux liés à la terre ; il était plutôt attiré par le dessin. Dès qu’il avait un peu de temps, il prenait une feuille de papier, un fusain et se mettait à tracer des traits. Ses parents ne voyant pas l’intérêt de nourrir une bouche inutile, ils l’ont envoyé, à l’âge de vingt ans, via le parti nazi pour construire le camp de Ravensbrück.

Ravensbrück était un camp de femmes. Il participa à sa mise en place, puis il passa gardien, avant qu’un des nazis découvre son talent. A partir de ce moment, les soldats, les dirigeants vont lui demander de dessiner ; certains voulaient leur portrait pour flatter leur fierté ; d’autres voulaient qu’il participe à la grande œuvre du docteur de la morgue : dessiner le corps humain sur lequel ils se livrent à des expérimentations.

Gunther n’est pas homme à se rebeller. D’ailleurs, il aurait très rapidement été exécuté. Alors, il se réfugie dans son art, essayant de dessiner pour oublier, mais aussi pour laisser une trace, faire de son art un témoignage des horreurs auxquelles il va assister.

Il vaut mieux avoir le cœur bien accroché pour lire ce livre. Car si le sujet peut faire peur, le traitement est encore pire que ce que l’on peut imaginer. Car les atermoiements de ce jeune homme vont très vite devenir un témoignage plus vrai que nature de ce qui s’est passé dans ce camp de la mort. On assiste aux débarquements de plus en plus nombreux de femmes, qui arrivent avec des formes féminines, des cheveux soyeux, pour finir par des corps dépouillés de toute fierté, de toute vie.

On y assiste à toute la vie du camp, de la tonte, des repas miséreux, des intimidations, des tortures, de l’absence de soins, des autopsies horribles, des morts par milliers, des corps brulés. Il y a bien un semblant d’histoire d’amour qui pourrait relever, soulager le ton d’ensemble, mais non, c’est bien l’horreur la plus totale à laquelle on assiste, comme un spectateur involontaire mais révolté.

Alors, dans notre période trouble, où des cinglés parlent de détails de l’histoire, où des excités du bulbe prônent la violence et la haine d’autrui, ce roman en forme de témoignage apparait comme une lecture utile, nécessaire, obligatoire pour que plus jamais on ne puisse revivre ce genre d’horreurs. Un roman important à ranger à coté de La mort est mon métier de Robert Merle.

Ne ratez pas les avis des amis Claude, Oncle Paul ou Loley, ainsi que l’interview du Concierge Masqué.

Luc Mandoline, épisodes 3 et 4 (Atelier Mosesu)

Je vous avais déjà parlé de Luc Mandoline, ce personnage récurrent édité aux Ateliers Mosesu, pour les épisodes 1 et 2. Ce personnage, ancien légionnaire, rompu aux enquêtes et sports de combat, se retrouve toujours mêlé dans de drôles d’affaires. Chaque épisode est écrit par un nouvel auteur, comme le Poulpe par exemple, ce qui donne à chaque fois un ton particulier et original. Voici donc les épisodes 3 et 4 :

Concerto en lingots d’os de Claude Vasseur

Concerto en lingots os

Quatrième de couverture :

Qui ne se souvient pas des dégâts occasionnés par la canicule de 2003 et l’augmentation vertigineuse du nombre des décès (15 000) ?

Luc Mandoline a officié durant cette canicule. Surplus de travail pour notre embaumeur, il travaille dans un entrepôt de chevillard réquisitionné pour l’occasion ! Seulement, toutes les morts ne sont pas naturelles, encore moins celle du légiste…

Entre des gendarmes un peu trop tatillons avec Luc, des vieillards priapiques ou nymphomanes, une mafia venue de l’Est et des secrets bien gardés qui resurgissent du passé, Claude Vasseur nous emmène dans un polar argotique bourré d’humour.

Mon avis :

Claude Vasseur décide de nous jouer un film d’action. Luc Mandoline se retrouve, en pleine canicule, appelé au secours vers Versailles. Seulement, le corps du novieillard dont il doit s’occuper a vraisemblablement été étouffé. Et quand il revient du poste de police, il retrouve le corps découpé comme dans un film d’horreur.

A partir de là, Luc va s’en prendre plein la figure. On ne compte plus le nombre de scènes où il se prend un coup sur la tête. Avec un humour noir de bon aloi, avec des expressions argotiques au détour de chaque chapitre, on suit cette intrigue tortueuse qui trouvera son origine dans un passé … revanchard. Un bon épisode distrayant.

Deadline à Ouessant de Stéphane Pajot

Deadline à Ouessant

Quatrième de couverture :

Un ami déclaré mort dont on n’a pas retrouvé le corps, un « accident » entre deux vieux loups de mer qui va révéler les secrets de l’île d’Ouessant, secrets que l’on croyait oubliés depuis des lustres. Des personnages intrigants et touchants, des caractères bien trempés, une ballade insulaire. Un guide du routard à la mode polar. Mandoline va vivre de drôles d’aventures sur ce bout de terre du Finistère au milieu des flots…Tout comme ses amis restés sur le continent.

Stéphane Pajot, tout en musique nous fait visiter sa Bretagne, s’inspirant de ses proches, des lieux qu’il fréquente. De l’humour, de l’histoire, la petite et la grande, un sympathique cocktail pour l’Embaumeur à consommer en ce début d’été !

Mon avis :

C’est plus à une visite de l’ile d’Ouessant qu’à une enquête policière à laquelle Stéphane Pajot nous convie dans ce quatrième tome des aventures de Luc Mandoline. En effet, on passe en revue les petites rues, et surtout les bars, où toutes les discussions vont bon train, arrosées d’alcool local. Le premier chapitre, qui fait 50 pages, nous montre d’ailleurs les discussions que l’on trouve dans tout bar digne de ce nom, avec une justesse fort appréciable.

Quand je dis qu’il n’y a pas d’enquêtes, le roman commence par une bagarre entre deux vieux, Simon et Hector. Le premier accuse le deuxième d’être un ancien collabo. Cela se termine mal, la tête d’Hector heurte un banc. C’est un accident, certes, mais cela permet à Luc de creuser les secrets de la seconde guerre mondiale. Si cela ressemble un peu à un roman fourre tout, il en ressort surtout un roman plein d’amour pour cette région, et une intrigue qui fouille des événements pas si lointains que ça.

Luc Mandoline épisodes 1 et 2 (Atelier Mosésu)

On ne présente plus Le poulpe, ni le principe de tous les romans qui racontent ses enquêtes. Vous prenez un personnage, vous ajoutez quelques rêgles indérogeables, et vous demandez à un auteur d’inventer une aventure. Depuis le poulpe, nous avons eu droit à quelques personnages, tels Mona Cabriole ou même Pierre de Gondol créé par Jean Bernard Pouy lui-même.

Un nouveau personnage vient de voir le jour. Son nom, Luc Mandoline. Son métier, Thanatopracteur. Sa description, on la trouve sur le site des éditions Mosesu :

Longtemps, il a voulu être médecin légiste. Durant sa scolarité, il dévore les manuels, romans et biographies sur le sujet, mais son caractère bien trempé et son refus viscéral de l’autorité lui valent l’exclusion de plusieurs établissements scolaires. Il s’engage alors dans la Légion étrangère pendant huit années.Huit années aussi sans voir Élisa, sa confidente, son amour platonique, huit années sans se voir mais pas une semaine sans s’écrire, tout comme avec il n’a jamais rompu le contact avec Alexandre et Max, ses potes de toujours.C’est en se liant d’amitié avec un autre camarade légionnaire, Sullivan, qu’il découvre la thanatopraxie. Sullivan a prévu de se reconvertir dans le milieu du funéraire à sa sortie de la légion. Luc s’engage dans la même voie que son ami.S’il est une chose qu’il a retenue, c’est que ses collègues ont beaucoup de mal à prendre des vacances, car trouver un remplaçant n’est pas chose aisée. Or lui est totalement polyvalent dans le funéraire, il a tout fait, même conducteur de four… Il décide donc de remplacer les copains.Il bosse quand il veut, et comme dans le bon vieux temps, il voit du pays.Les aventures d’un héros pas comme les autres. Luc Mandoline n’est pas flic, journaliste, docteur, pompier, ou bien même détective, non. Mandoline est thanatopracteur, il s’occupe de la dépouille mortelle de ses contemporains. Leur ultime toilette, c’est lui.Seulement, quand la mort lui paraît trop suspecte, la famille trop bizarre, c’est plus fort que lui, il faut qu’il fouine, qu’il enquête à sa façon. Au risque de faire remonter la vérité la plus sordide.Voici donc les deux premières enquêtes :

Harpicide de Michel Vigneron :

Harpicide

4ème de couverture :

Un polar « aventurier » dont l’action se déroule Guyane.

Un légionnaire s’est fait Tuer lors d’une mission Harpie. Le chef de corps du 3ème REI fait appel à Luc, ancien de ce régiment, afin de s’occuper du défunt, et surtout de faire la lumière sur cette affaire. Et pour cela Luc à carte blanche, ce qui n’est pas pour lui déplaire.

Nous voici plongé dans l’univers de l’orpaillage clandestin, de sa violence, des garimpeiros et de la prostitution. Un roman sans concession, violent et réaliste.

Michel Vigneron à mis toute la verve qui le caractérise dans l’écriture de cet opus de l’Embaumeur.

« Dans la forêt amazonienne, personne ne vous entend hurler »

Mon avis :

Pour une première enquête, c’est un cap vers l’aventure, direction la Guyane, mais pas celle des touristes, plutôt la version jungle. Luc et Sullivan affublés de la belle Elisa se retrouvent dans le milieu des légionnaires, des orpailleurs et truands de tout poil. Si vous cherchez un polar tranquille peinard (j’aime bien cette expression !), passez votre chemin. Entre scènes de tortures, bagarres violentes et humour noir cynique (typiquement masculin dirait ma femme), c’est un polar d’homme pour les hommes. Et même si l’intrigue est un peu trop linéaire, le style s’avère percutant et l’ambiance glauque, crade et étouffante pour dévoiler le royaume des orpailleurs clandestins.

Ainsi fût-il de Hervé Sard :

ainsi fut il

4ème de couverture :

« Quand Luc est appelé auprès d’un châtelain milliardaire, il s’attend à une mission ordinaire. Il va vite s’apercevoir qu’à la Pilonerie on meurt un peu trop souvent et d’étrange manière.

Le petit-fils du maître des lieux a été retrouvé écartelé par quatre chevaux, une pancarte portant l’inscription « RAVAILLAC » glissée autour du cou.

Mort naturelle selon le médecin de famille… »

Une enquête où l’embaumeur exprime tout son art, entouré de personnages tous plus extravagants les uns que les autres.

Un polar à l’intrigue bien ficelée, une galerie de portraits haute en couleurs, où le cynisme et la bêtise de chacun sont exacerbés dans les moindres détails.

« Au grand prix des macchabées, on parie que vous allez gagner ? »

Mon avis :

Changement d’auteur, changement de décor et changement de style. On entre ici dans une narration fort maitrisée, avec une plume légère et une dérision constante. Si on ne retrouve pas la force des scènes et la violence de la jungle, le plaisir de la lecture est décuplé par des dialogues formidables et des sourires constants par toutes sortes de petites remarques acerbes. Ecrit à la première personne, on découvre un Mandoline dont l’humour plein de dérision lui permet de faire face aux situations difficiles imposées par son métier, et un homme écartelé en est une. Hervé Sard montre encore tout son talent dans une histoire au contexte imposé, et il ne perd rien de son art à nous peindre des personnages vivants et humains … Un roman au décalage sympathique qui m’aura beaucoup fait rire, et un deuxième épisode des enquêtes de Luc Mandoline qui hausse le ton. A noter le bel hommage signé Pascal Dessaint en préface ainsi que la superbe dédicace au grand Max Obione.