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Oldies : La guerre des nains de Danielle Thiery (Belfond)

Cela faisait un petit moment que je voulais découvrir un roman de Danielle Thery, car je voyais ses ouvrages dans les librairies, sans arriver à me décider sur un titre. Alors j’ai choisi un titre qui est sorti en 1997, et qui a été réédité chez Belfond en juin 2013. Plongée crue dans les banlieues parisiennes.

L’auteure :

Danielle THIERY est née en Cote d’Or en 1947. L’ une des premières femmes de la police française à avoir accédé au grade de commissaire divisionnaire, elle a suivi une carrière multiforme, s’intéressant aux mineurs en danger, aux stupéfiants, au proxénétisme, en passant par la police criminelle et la lutte antiterroriste ciblée sur le transport aérien et ferroviaire.

Elle a écrit pour la série télévisée Quai n° 1 (France 2). Elle est l’auteur de 17 ouvrages : polars, romans policiers jeunesses, documentaires. Elle a été récompensée par plusieurs prix polar à Cognac, prix Exbrayat … Elle a notamment obtenu le Prix du Quai des orfèvres 2013 pour son roman Des clous dans le cœur (Fayard)

(Source http://www.Zonelivre.fr)

Quatrième de couverture :

Quand son pote Olive s’écroule en pleine partie de paint-ball, Biboul croit d’abord que le jeu continue. Mais il s’aperçoit que l’autre est en sang et il file chercher des secours… A son retour, Olive a disparu. Embarqué par qui ? La petite bande de copains est effarée mais tétanisée. L’enlèvement aurait-il à voir avec la cachette d’armes qu’ils ont découverte récemment, dans une précédente partie ? Ils n’imaginaient pas, alors, qu’ils étaient les témoins de quelque chose qu’ils n’auraient jamais dû voir, et se retrouveraient mêlés à des trafics glauques entre leaders islamistes, policiers véreux, et un couple de jeunes ados de leur âge qui se la jouent Bonnie & Clyde : Fleur et Antony… mais vont eux aussi être dépassés par leur jeu. Olive se retrouve enfermé dans une cave avec Fleur, elle aussi embarquée par la mystérieuse bande après une course-poursuite meurtrière qui coûte la vie à Antony.

Une descente aux enfers qu’un inspecteur désespéré, Le Guénec, va accompagner avant d’en dénouer les fils, avec l’aide d’un gosse, Jamal, dit Jaja, fou de vélo et de sa cousine Naïma, et prêt à tout pour la sortir des griffes de la bande d’islamistes qui gravitent autour de son frère, Sélim. Ultra-violence, amour à mort, mais aussi amour tout court et profonde humanité sont les ressorts de ce polar dense, imbriqué dans une actualité complexe qu’il n’hésite pas à affronter sans tabous.

Mon avis :

Ce deuxième roman de l’auteure a été écrit à la fin des années 90, et veut montrer, à travers une intrigue à plusieurs personnages, un état de fait de la montée de l’intégrisme. De trois faits divers ayant lieu simultanément, une partie de paint-ball qui se termine mal, une attaque d’un commissariat qui se termine par le vol d’une voiture de police et d’armes, et une attaque de fourgon blindé, Danielle Thiéry alterne les points de vue et nous malmène grace à une style rapide et sec.

L’auteure nous concocte donc un roman où tout va très vite (l’intrigue se déroule sur moins d’une semaine) et déroule son scenario sans prendre position et en restant très factuelle. Cela donne donc un roman où on est plus proche du roman d’action que du roman policier ou du roman social. Et comme il se doit, cela se lit vite, très vite.

Le seul bémol que j’y apporterai, c’est que j’aurais aimé des personnages mieux dessinés, et surtout que l’on cherche à nous proposer une explication sur le fait qu’à cette époque-là, des jeunes se sont enrôlés dans une guerre qui n’était pas la leur. Peut-être n’y a-t-il pas de raison, mais ce sont des questions qui m’interpellent et auxquelles je n’arrive pas à trouver de raison.

Donc, ceux qui cherchent un roman d’action réaliste, qui va vite, situé dans un contexte contemporain difficile de l’intégrisme savent ce qu’il leur reste à faire : Lire la guerre des nains. Mais il ne faut pas demander plus à ce bon polar qu’une intrigue rigoureuse et bien menée.

Oldies : Les enquêtes du commissaire Léon 3 / 4 de Nadine Monfils (Belfond)

Les éditions Belfond ont l’heureuse initiative de rééditer les enquêtes du commissaire Léon et j’avais eu l’occasion de chroniquer le premier tome. Voici la suite des enquêtes de ce commissaire hors du commun, qui tricote sur son lieu de travail depuis qu’il a arrêté de fumer, et qui est affublé d’un chien qui ressemble plus à une pantoufle endormie qu’à un représentant de l’espèce canine. Bien avant les aventures de Mémé Cornemuse, Nadine Monfils écrivait de somptueux polars drôlissimes.

L’auteur :

Mariée, mère de deux enfants, Nadine Monfils a enseigné la morale et consacre la plus grande partie de son temps à l’écriture. Elle s’est essayée à tous les genres : poésie (douze prix), théâtre, bande dessinée (un projet de scénario Chloé avec Malik), roman, nouvelle… Le théâtre fait beaucoup appel à elle puisqu’elle a elle-même joué dans des pièces en wallon brabançon au Cercle d’Effort d’Ottignies. Parmi ses amitiés littéraires, il faut notamment citer Thomas Owen avec qui elle partage un goût certain pour le fantastique.

Donnant des cours d’écriture au Parallax (école de comédiens) en compagnie de Georges Thinès et Pascal Vrebos, à l’U.E.E. (Université européenne d’écriture créative et audiovisuelle), elle rédige également les chroniques littéraires dans Père Ubu, journal satirique belge, pendant dix ans.

Elle a dirigé une galerie d’art, pendant 7 ans, à Bruxelles et a été comédienne. Elle a travaillé avec le cinéaste Walerian Borowczyk. Elle fut également critique de cinéma dans Tels Quels (revue homosexuelle). Elle a également animé des ateliers d’écriture dans les prisons (notamment à Rouen). (Source Wikipedia)

Il neige en enfer

Arnaud Rastignac, richissime industriel, meurt dans un accident de voiture, laissant derrière lui une famille de fêlés… Sa femme Jacqueline passe sa vie à coudre des paillettes partout, le pépé dans son fauteuil roulant ne pense qu’à se taper la bonne Paula, la belle-fille ressemble à Miss Piggy ; Alice l’aînée, fait de la magie noire et Momo, complètement zinzin, promène son lapin empaillé… Lou, la seule qui ait bien tourné, est hôtesse dans un bar à Pigalle. Elle a pour fidèle client le commissaire Léon. S’il avait su dans quel panier de vipères il mettait les pieds, il serait resté chez sa maman à tricoter un paletot pour son chien !

Le silence des canaux

le commissaire Léon est parti en vacances. Oh pas loin ! Il a loué un bateau, pris son tricot, ses pelotes de laine, ses aiguilles et son chien Babelutte et il navigue au fil de l’eau sur le canal de l’Ourcq. Et voici le premier mort… suivi de bien d’autres. Comme si le criminel s’amusait à suivre le commissaire Léon à la trace et à semer des cadavres sous ses pieds. Et quels cadavres ! Chacun a le visage proprement découpé au bistouri et arraché. Et puis il y a cette petite fille qui vit dans une cabane avec sa grand-mère ; cette péniche abandonnée remplie d’instruments de torture ; la maison du Diable avec ses chats de pierre… On se croirait dans un conte de fées. Mais un conte de fées noir, noir !

Mon avis :

Dans Il neige en enfer, l’anniversaire de Arnaud Rastignac va déclencher toutes sortes de meurtres et surtout mettre à jour les obsessions les plus viles et basses d’une bande de cinglés. Nadine Monfils, avec la verve qu’on lui connait va peaufiner ses dialogues et ses situations abracadabrantesques pour nous offrir un très bon moment de comédie noire, à base de rebondissements et de dialogues savoureux. A la limite, Momo, le fils attardé qui promène son lapin empaillé pour lui faire faire ses besoins, parait le plus sain d’esprit et le moins dangereux. Vous l’aurez compris, tout cela n’est pas bien sérieux, mais c’est fou ce qu’on est surpris par la créativité de l’auteure à nous surprendre et à dégotter des idées toutes plus drôles les unes que les autres. De l’excellent divertissement en somme.

Les enquêtes du commissaire Léon se suivent et ne se ressemblent pas. C’est ce qui me vient à l’esprit avec Le silence des canaux. Au flingage en règle de la précédente histoire, Nadine Monfils nous concocte une histoire policière plus classique avec ce Silence des canaux. Le scenario est bien blindé, notre commissaire Leon se retrouve en vacances sur une péniche, arpentant le canal de l’Ourcq et a affaire à une histoire de meurtres en série. Il va se retrouver confronté à un assassin en fuite de Fleury Mérogis et à une petite fille muette.

Les pistes vont être nombreuses, et l’auteure va nous amener petit à petit vers un dénouement imprévisible. Evidemment, on y retrouve le décalage des dialogues savoureusement humoristiques, cet humour noir politiquement incorrect, avec des passages hilarants. Rien que le personnage de Ginette, la mère du commissaire, qui achète des gadgets inutiles sur L’Homme Moderne, le catalogue qu’elle a trouvé dans son Télé 7 jours, vaut le détour pour une franche rigolade. Quand Nadine fait du Monfils, cela donne un excellent épisode des enquêtes du commissaire Léon.

La vieille qui voulait tuer le bon dieu de Nadine Monfils (Belfond)

Lâchez les chiens, Mémé Cornemuse est de retour. Cette mamie qui ne s’encombre de rien ni personne, qui n’a ni foi ni loi va encore nous en faire voir de bien belles. Nous avions fait sa connaissance dans Les vacances d’un serial killer, que je n’ai pas encore lu, nous l’avions suivi dans le génial La petite fêlée aux allumettes. Cette fois-ci, elle revient en bonne compagnie, en duo avec Ginette.

Alors qu’elle vient de rompre avec son amant flic, Mémé Cornemuse devient concierge … après avoir planté un couteau de boucher dans le dos de la précédente concierge pour prendre sa place. Elle qui est une fan de Jean Claude Van Damme, à qui elle emprunte de nombreuses répliques et dont le poster trône au dessus du canapé, et une inconditionnelle d’Annie Cordy dont elle n’hésite pas à chanter ses plus grands succès, elle s’est trouvé un comparse nommé Jef, qui vit dans la cave, et qui creuse un tunnel pour voler le bijoutier qui habite juste à coté.

Ginette mariée à Marcel Durite trompe son mari pour la première fois de sa vie conjugale, avec un beau male rencontré à un abribus. Alors qu’elle venait d’acquérir une paire de chaussures ayant appartenu à Lady Di, sa journée était comblée jusqu’à ce qu’elle rentre chez elle et découvre son mari mort et découpé en tranches, les mains et les pieds sectionnés et le sexe planté au milieu du camembert dans le réfrigérateur. Heureusement, Mémé Cornemuse est là pour la débarrasser du corps et pour s’assurer un peu de calme pendant son futur vol de bijoux.

Seulement voilà ! Micheline Martini, complice d’un célèbre pédophile, sort tout juste de prison et décide de se retirer au couvent … qui est situé juste en face de chez Mémé Cornemuse. Pour la tranquillité, on a vu mieux.

Le monde de Pandore peut s’apparenter au nôtre, à la différence près que Mémé Cornemuse y vit. Et heureusement que vous ne la rencontrerez jamais, sinon votre espérance de vie ne serait pas bien longue. Nadine Monfils, dans la continuité de Les vacances d’un serial killer et de La petite fêlée aux allumettes nous concocte là un roman à l’humour corrosif et cynique à souhait.

On va retrouver donc avec énormément de plaisir ce style si particulier fait de verve et de dérision, d’humour noir et de cynisme pour mieux montrer aussi l’absurdité de notre quotidien. On aime ou on n’aime pas. 9a flingue, ça descend mais toujours au nom de l’humour. C’est sautillant, bondissant, ça décoiffe et ça se termine toujours par une phrase de Jean Claude Van Damme qui ne demande pas de réponse.

J’adore, et je ne peux que vous conseiller d’essayer car c’est un bon remède contre la morosité. On lit ce roman avec le sourire aux lèvres, et on éclate de rire lors de la chute de la scène. En parlant de scènes, il y en a de désopilantes (ne ratez pas celle dans l’agence matrimoniale ou les dialogues entre notre Mémé et Jef) et le mieux que je puisse faire, c’est de vous mettre quelques extraits que j’ai relevés dans la première partie du livre. D’ailleurs, j’aurais pu n’écrire mon billet qu’avec des morceaux choisis, tant ils sont savoureux.

L’amour, c’est comme les chips. C’est vite périmé, et au bout d’un moment ça n’a plus de goût.

Tout le monde porte des cornes, et c’est, je trouve bien plus séant qu’un bête chapeau. Les rares femmes qui n’en portent pas, c’est soit parce que leur jules a un petit zizi, soit parce qu’il est tarte. Et pour les maris, c’est kif : ceux qui ont des nanas à petits nichons, ou à tronche de cake, ils ne risquent pas d’être cocus.

La grandeur d’un homme se mesure à la démesure de ses rêves.

 

N’hésitez pas non plus à aller voir du coté des amis Jean Marc ou Claude

Madame Edouard / La nuit des coquelicots de Nadine Monfils (Belfond)

Quelle riche idée de rééditer les enquêtes du commissaire Léon, depuis longtemps épuisées, surtout depuis le succès des aventures de Mémé Cornemuse. Voici donc ses deux premières enquêtes.

Madame Edouard :

Imaginez un commissaire dont la passion est le tricot, passion qu’il est obligé de faire en cachette dans son bureau pour ne pas être ridicule auprès des collègues. Imaginez qu’il tricote pour son chien (ici c’est un gilet pour qu’il est moins froid), lequel chien s’appelle Babelutte du nom d’une spécialité belge et qu’il a les pattes arrières plus longues que celle de devant. Imaginez qu’il vive encore chez sa mère, alors qu’il a dépassé la quarantaine. Imaginez un travesti s’appelant Irma, et qui attend sa fille qui le connait sous le nom d’Edouard. Imaginez que l’on découvre des cadavres de jeunes femmes assassinées, enterrées au Père Lachaise, à coté de tombes de peintres célèbres. Le point commun de tous ces meurtres est qu’il manque aux cadavres le bras droit, sectionné au niveau du coude. Imaginez que sous vos yeux ébahis, cet univers inédit et baroque débarque dans votre salon pour le plaisir du polar comique.

La nuit des coquelicots :

Maura est une femme au foyer, qui s’ennuie. En fait, elle est malheureuse, sa vie de couple a perdu de son sel, et elle n’est plus la même depuis cet accident de voiture. En effet, avec ses amies Helena et Catherine, après une soirée arrosée, elles ont renversé et tuée une jeune fille de 6 ans qui allait cueillir des coquelicots pour sa mère. Elles ont fui, ne disant rien mais appelant trop tard les secours.

Les trois amies ne se rencontrent plus, jusqu’à ce que Maura se mette à recevoir des messages, puis un petit cercueil en bois, avec un coquelicot dedans. La tension va petit à petit monter et le commissaire Léon va devoir mettre son talent et son chien aux basques du maitre chanteur.

Mon avis :

Ceux qui ont adoré Les vacances d’un serial killer ou le récent La petite fêlée aux allumettes ne vont pas être surpris par ce recueil regroupant ces deux romans de Nadine Monfils. Ils vont se jeter dessus et leur plaisir va être complètement satisfait. Ceux qui ne connaissent pas Nadine Monfils vont pouvoir découvrir cette auteure à part, plein de qualités, qui fait vivre un univers décalé, toujours humoristique mais sans aucune méchanceté.

D’ailleurs, il est amusant de se dire que Nadine Monfils a connu un grand succès l’année dernière avec Les vacances d’un serial killer (qui sort ce mois ci chez Pocket) alors que tous les ingrédients étaient déjà là il y a plus de vingt ans. Car dans ces deux enquêtes, l’intrigue n’est pas vraiment ce qui compte. C’est bien mené, on découvre petit à petit le coupable, mais l’important est ailleurs.

Tout est dans les personnages, brossés à petits coups de pinceau, rendus vivants grâce à des dialogues qui sont de petits bijoux d’humour. Tout est dans les scènes si cocasses, que l’on a forcément le sourire, le rire par leur description minimaliste mais efficace. Tout est dans cette magie des dialogues, cette art de la répartie qui vous laisse pantois devant tant de bons mots, de bonnes répliques, de fous rires.

Et puis, Nadine Monfils entame le roman comme si on les connaissait depuis toujours. Elle force le lecteur à entrer dans son univers, sans temps mort. Elle aime ses personnages, c’est écrit avec tant d’amour, de douceur, même si on ne sait jamais qui va mourir à la page suivante. Bref, vous ne connaissez pas Nadine Monfils, mais courez vite en acheter un, c’est l’assurance de passer un excellent moment d’humour et de polar.

Il est à signaler que Les vacances d’un serial killer vient de sortir chez Pocket. Enfin, ne ratez pas dès le 8 novembre la sortie du deuxième volume des enquêtes du commissaire Léon (Il neige en enfer et Le silence des canaux). En 2013, nous aurons le droit à deux nouveaux volumes, et le dernier sortira en 2014. De quoi faire une belle collection.Vive l’humour !

La petite fêlée aux allumettes de Nadine Monfils (Belfond)

Quand j’avais lu Le bar crade de Kaskouille, dans la collection Suite noire des éditions de la Branche, je m’étais éclaté devant cette pièce de théâtre aux dialogues hilarants. Il fallait que je lise d’autres livres de cette auteure, et bien qu’ayant Les vacances d’un serial killer, c’est La petite fêlée aux allumettes que je vous présente.

L’intrigue se situe à Pandore, un lieu imaginaire très proche mais très différent de notre société actuelle. Tout une belle panoplie de personnages va se mêler, se rencontrer, se lier, s’entretuer aussi. Tout cela sur fond de tueur en série de petites filles. Le fil conducteur est mené par Nake, une jeune fille qui a été élevée par sa grand-mère car son père l’a abandonné et sa mère est morte très tôt. Nake vit de trafic de drogue et de prostitution. Lors d’une de ses passes, Eric Mornier l’agresse et elle lui plante un couteau dans le ventre.

Nake, va découvrir le cadavre de sa grand-mère, alors qu’un nouveau locataire mystérieux vient d’arriver dans l’immeuble. Cachée au fond d’un tiroir, une petite boite d’allumettes va attirer le regard de Nake. Quand elle frotte une allumette, elle est assaillie de visions montrant une scène de meurtre de petite fille. Le problème, c’est que le lendemain, elle lit dans le journal que ces meurtres ont bien eu lieu.

Ce sont les inspecteurs Cooper et Derval qui mènent l’enquête. Cooper est un bourru qui ne se remet pas de la mort de son chien. Derval est flic le jour, travesti la nuit sous le nom de Betty Boop. Les meurtres s’avèrent avoir un lien avec les contes pour enfants, du Petit Chaperon Rouge au Petit Poucet. Si on ajoute à cette galerie de personnages Mémé Cornemuse, dont l’activité principale est de proposer des massages de boules à tous les hommes qu’elle rencontre, on a de quoi s’amuser.

Voilà un roman à part, et je crois bien que je n’ai jamais lu un bouquin à part. Car, tout au long du livre, on sourit, on rit de tout. Des personnages haut en couleurs, des situations multiples et pleines d’inventivité, des dialogues truculents. Rien n’est sérieux là-dedans, mais pour autant, l’intrigue se tient merveilleusement bien, passant d’un personnage à l’autre, les reliant les uns aux autres, pour mieux tisser un final trop drôle.

On a l’impression de passer un bon moment dans un petit microcosme. On a l’habitude de dire que « Le monde est petit », et c’est d’autant plus vrai ici. Car, à un moment ou à un autre, ils vont tous interagir, et si la recherche du tueur en série peut paraître secondaire, le suspense et le mystère est tout de même formidablement entretenu.

Le personnage que j’adore, c’est Mémé Cornemuse, même si tous mériteraient de figurer dans un musée consacré aux gens hilarants, décalés et bizarres. Avec ses répliques tirées d’interviews de Jean Claude Vandamme, car elle en est amoureuse, avec ses actes méchants, ses envies de sexe continus, j’ai eu droit à un éclat de rire à chaque fois qu’elle apparaît.

Vous l’avez compris, tout cela n’est pas bien sérieux. Par contre, la lecture de ce roman sort des sentiers battus, car tout se tient merveilleusement bien du début à la fin. Jamais de lassitude, mais une vraie addiction à cet humour décalé, qui met du baume au cœur. Ce qui est certain, c’est que je vais ressortir Les vacances d’un serial killer, et que je proposerais bien que les livres de Nadine Monfils soient remboursés par la Sécurité Sociale.